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jiliisieiirs personnes, (]ai d'autre finrl sont considéraliles et ont de l'ospril, (jm avancent inconsidérénieiit (ju'il n'y a point de mai;ie ni de niat^iiicns. et que les ellets qu'on leur attriljiic ne viennent que des personnes ,^ la vérité nieViiantes et ([ni sinit punissables. Mais, sans rapport ni liaison avee les dénions, je ipialilie leurs senliiuents d'aveuglement ; car c'est avoir bien peu de lumières que de soutenir des maximes contraires à l'expérictice de tous les siècles, et aux sentiments de toutes les nations inlidèles aussi bien que tidèles. Il ne faut pas fitre très-savant dans l'insloire pour savoir cette vt-ritè, et n'ij^uorei' |ias (]ue toute l'anti()uité a reconnu des magiciens; «lue les païens en étaient si persuadés qu'ils altrii)uaient la vertu des niiiacles que Dieu opérait par les saints martyrs, à un ell'el de la niagie. Car enfin, voyant très-bien les ))ro- (liges et les miracles que Dieu faisait pour la confirmation de notre sainte religion, pour se défendre de l'impression qu'ils en devaient recevoir, ils avaient recours aux effets de la magie qu'ils attribuaient à ces glorieux témoins de Jésus-Cbrist.
Saint Clément, saint Irénée, saint Epiphane. saint Jéiùme, saint Cyprien. saint Augustin, saint Thomas, saint Albert le Grand, le célèbre Jean Gerson, chancelier de l'université de Paris, reconnaissent qu'il y a des magiciens qui ont fait pacte avec les démons; ceux qui vomiront lire les livres de ces Pères où ils en parlent, des trouveront cotés dans le savant traité des Recherches de la Mitgie, parDetrio, leligieus de la com[)agnie de Jésus, personnage d'une grande érudition. L'Eglise reconnaît les magiciens, [luisque tous les évêques, ou la plupart, les font dénoncer publiquement pour excommuniés. Les Souverains Poniiles exhortent fes inquisiteurs de la foi d'agir contre eux, co-.nme l'on i)eut voir dans les bulles d'Innocent VI aux inquisiteurs d'Allemagne, dans celles de Jules III à l'inquisiteur de Créance, d'Adrien VI, inquisiteur de Lombardie, et dans les bulles de plusieurs autres Souverains Pontifes.
Mais ce qui est de la dernière force, est que l'Ecriture, tant de l'Ancien que du Nouveau Testament, reconnaît la magie et les magiciens : l'on ne peut rien voir de plus exprès sur cette matière (jue ce qu'on lit dans VExode, et les efïets de la magie qui y sont rapportés surpassent visiblement toutes les forces et l'industrie humaine, et font voir en même temps celles des démons. Je demande à ces esprits suflbants s'ils trouvent rien dans ce qui les sur[)rend en ce sujet et qui leur paraît incroyable, qui égale l'étonnement que leur doivent cai'ser les opérations des magiciens de Pharaon, qu'ils doivent croire indubitablement s'ils sont Chrétiens. Peut-on rien voir de plus prodigieux que toutes les rivières, les lacs et le reste des eaux d'un [lays changées en sang, et toutes les autres choses qui sont rapportées dans le livre de l'Exode / 'Smis lisons au cha[>itre xiir des Avles des apô-
tres, (pie saint Paul punit d aveuglement un magicien qui résistait à la doctrine de la foi qu'il prôcliait; nous voyons au chapitre VIII des mêmes Actes, iiu'il y avait dans la ville de Samarie un homme nommé Simon, (]ui y avait auparavant exercé la magie et avait séduit le peuple de Samarie, se faisant passer pour un grand personnage, et jii.s(]ue-l.\ que tous les ordres de la ville rappelaient la grande vertu de Dieu, leur a\ant fait perdre l'esprit par ses enchantements.
L'Kcritiire apprend ensuite que ce Simon, s'étant converti, voulut donner de l'argent pour avoir la grâce de donner le Saint-Esprit; ce ipii a donné lieu h ceux ipii l'iniitent d'être ap[ielés simonia(}ues, et l'on appelle simonie le péché qu'ils commetteni ; c'est une fieste maligne qui, ayant infecté j)lusieurs des siècles qui nous ont précédés, est venue jusqu'au nôtre, et qui est d'autant jilus maligne et dangereuse ([u'elle se cache davantage. C'est une chose dé])lorable que l'homme cherche des excuses dans ses péchés, comme s'il les pouvait déguiser aux yeux de Dieu, comme il les cèle aux yeux des hommes. On résigne, on change un bénéfice, mais il faut que l'on achète les meubles ou le revenu de l'année; et combien y en a-t-il qui en payeraient ce qu'ils en donnent, si ce n'était en vue du bénéfice 1 J'apporte cet exemple de mille que l'on pourrait alléguer où l'esprit de l'homme tâche de trouver des prétextes pour se sauver des peines que i'Eglise ordonne à ces gens-là qui se réduisent presque dans un état d'endurcissement de cœur, parce qu'il faudrait une grâce très-extraordinaire pour y satisfaire, et une fidélité toute particulière pour y coopérer, dont ces personnes sont bien éloignées. Que ces gens se souviennent qu'ils ont pour père, pour fondateur, [latron et exemplaire, Simon le Magicien, et qu'ils se convertissent de bonne heure s'ils na veulent tomber dans les châtiments qui leur sont préparés.
Après cela, s'il est vrai que de croire trop facilement est une marque de la légèreté, il est aussi certain que de ne pas croire du tout el ne jias entrer dans des sentiments reçus généralement, c'est, dit saint Augustin, une folie insupportable ; mais ne pas croire ce que l'Ecriture nous enseigne, c'est tomber manifestement dans l'hérésie. Aussi ceux qui ont soute.iu opiniâtrement qu'il n'y avait point de magiciens, ont toujours été lort suspects. Le savant Detrio rapfiorte que le démon fait promettre souvent à ses suppôts qu'ils soutiendront partout qu'il n'y en a point. Et de vrai, c'est le moyen de les mettre à 'couvert et de leur donner une liberté tout entière dans tous les maux qu'ils font sans aucune crainte de punition. Le docteur Ulart, qui était l'un des conseillers de l'Electeur de Trêves dans le dernier siècle, soutenait partout avec beaucoup de hardiesse que la magie était une fable ; que c'était une illusion vie s'imaginer qu'il \ eût des sorciers; que cette
opinion n'était recevable que par les esprits simples et crédules, et qu" elle tHait iiuiigna des bons esfirils et des uiajjislrats. Bonstel, assez connu par ses écrits, qui était de ce diocèse, où ce personnage déhilait ses niaximes, le réfuta par un docte traiié); mais la divine Providence s'en mêla elle-même. Je ne sais comment cet lioiiime se rendit sus- •,)ect; mais il fut pris, et il cnut'essa luimême qu'il était atteint du crime (]u"il niait: ce qui obligea ses juges , avec les preuves qu'ils eurent d'autre part, de le condamner à être brûlé. Moiistrelet rap|H)rte dans son histoire, et d'autres auteurs avec lui , qu'il y avait dans le diocèse d'Evreux un célèbre tlocteur dont ils disent le nom , que nous supprimons pour de bonnes raisons, qui avait de bonnes qualités, et qui s'était acquis une réputation considérable ; mais, s'élant laissé aller à lamour de la créature, il tomba bientôt dans l'aveuglement et dans l'endurcissement que les attaches trop grandes aux créatures causent. Ce misérable docteur alla donc dans une telle extrémité, qu'il se donna au dial)le [lour jouir malheureusement d'une demoiselle de qualité; mais l'un des pactes qu'il lit avec le démon , comme il le confessa depuis, fut, comme il était grand prédicateur, qu'il prêcherait partout qu'il n'y avait point de sorciers, [larceque, lui dit le démon, il appuierait beoucoup son empire par ce moyen. Or Dieu très-bon et très-miséricordieux, lui ayant touché le cœur par une grâce extraordinaire , il confessa publiquement son crime à l'évêque d'Evreux qui était pour lors, et s'étant présenté devant lui dans sa salle, il pleura son impiété avec des témoignages d'une forte douleur; il avoua qu'il avait été transporté réellement plusieurs fois au sabbat; et, s'étant soumis à la pénitence qu'il plairait à son évèque de lui imposer, il fut condamné à une prison perpétuelle avec plusieurs autres ]ieines.
Nous avons cru. pour la gloire de notre Maître, devoir parler de ce sujet, en traitant de la (jossession de Loudun, où Dieu a fait, par son juste jugement, que les desseins de ceux qui voulaient perdre ces religieuses soient retombés sur eux-mêmes, et ont été cause de leur propre perle. Car encore que ces gens eussent assez de réputation, comme il a été ci-devant remarqué, et qu'ils se lussent acquis l'amitié des juges du lieu qui les soutenaient beaucoup dans l'ignorance où ils étaient de leurs malices, comme il n'y a point de prudence si grande pour résister aux ordres de Dieu, le roi ayant envoyé M. de Laubardemont, intendant de la province, pour examiner la vérité des choses, et l'ayant député pour commis- .saire, afin que l'on ne jiût pas attribuer à aucune préoccupatiun je jugement qui s'en ferait, sa majesté voulut qu'il eût pour adjoints à cette cause quatorze juges de diilélents présidiaux, qui après avoir examiné mûrement et à loisir le procès d'Urbain «Irandier, il demeura convaincu d'avoir donné les maléfices aux religieuses, et, jiar
le consentement unanime de tous les juges, il fut condamné à être brûlé vif dans la place publique de la ville, ce qui fut exécuté, les démons ayant remaïqué dans les exorcisme» qu'ils le tenaient pour l'éternité dans les feux de l'enfer. Toujours est-il certain que, sans s'en rapportera ces malheureux esprits, sa mort a été bien funeste par l'emlurcissement de cœur qu'il a fait paraître, dont nous en avons touché quelque chose. // ne faut pas se tromper, dit le grand Apôtre, on ne se moque pas de Dieu. [Galat. vi, 7.^