CHAPITRE XI
La magnificence et les richesses de la grâce
de Jésus-Christ répandues sur le P.
Seurin.
Le Seigneur mortifie et vivifie, dit la divine parole; ce Dieu, d'une puissance et d'une bonté inlînie , plonge dans les abîmes et «ttvi: jusqu'aux deux, (l Rcg. ii 6.) Le P. Seurin pouvait dire avec le Psalmisle -.Les douleurs de Cenfcr m'ont assiégé, les filets de la mort m'ont prévenu (Psal. xvii ,5.6); mon âme est accablée de maux , et ma vie est tout proche de l'enf-r {Psal. lxxxvii , 4-); votre fureur , ô mon Dieu , s'est appesantie sur moi, et vous avez fait fondre sur moi tous les flots de votre colère; vous avez éloigné de moi tous mes amis , ils m'ont en abomination (/6«d., 8,9); les impressions de votre colère ont pénétré mon esprit , et j'ai été saisi de la frayeur de vos jugements (Psal. cxvni, 1-20) ; mes ennemis m'ont mis au plus bas de la terre, dans les lieux les plus ténébreux et dans l'ombre de la mort. [Psal. lxxxvii , 7.) \\ pouvait dire qu'il était du nombre de ceux dont parle ce prophète, qui descendent en enfer tout vivants {Psal. liv, 16) ; mais il pouvait aussi dire avec lui : 0 mon Dieu! si je descends jusqu'aux enfers, vous vous y trouvez présent. (Psa/. cxxxvui, 8.) Pour moi Dieu délivrera mon âme de la puissance de l'enfer, lorsqu'il m'aura pris en sa garde. {Psal. XLvni, l6.)Srigneur vous avez tiré mon âme de l'enfer, vous m'avez retiré d'entre ceux qui descendent dans la fosse {Psal. xxix, k) ; vous avez changé mes larmes en joie, vous avez rompu le sac que je portais et vous m'avez revêtu de joie, afin que ma gloire vous chante de suints airs et que je ne sois plus dans la douleur. Seigneur mon Dieu, je vous iiuerui éternellement (Ibid., l2,13);j"ot espéré en vous, je sentirai des transports de joie et d'allégresse dans votre miséricorde. (P.s-n/. XXX, 2, 8.)
Mais ces transports étaient si grands , qu'il proteste qu'il ne les saurait dire, qu'il ne sait à quoi les comparer, et qu'on no peut pas les comprendre. Il écrit « que la joie du Seigneur venait à lui comme une mer qui se décharge dans un petit vaisseau, et qu'ainsi il en regorge; en sorte que si au|iaravant Icsflotsde la colère de Dieu l'avaient comme submergé, pour lors il se trouvait tout inondé de ses divines consolations. Il disait môme qu'il ne savait pas connnent sa joie et sa|)aix [lourraient s'augmenter sans en mourir, étant des torrents de biens si grands, qu'il ne sait comment ni à qui les dire; qu'ils sont au delà de toute mesure, et (ju'il fallait attendre à l'autre vie pour en donner une pleine connaissance. » Dieu qui se sert quelijuefois >ies méchants, et même des infidèles pour prédire les choses futures, avait voulu se servir des démons, pour lui jirédire qu'après ses maux il aurait [ilus (ie joie qu'il n'en pourrait po'rter.
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