LK TRIOMPHE DE LA CROIX. - PART. I
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sihie h SOS propres mnii\. Un jour qu'eHo était dans un 6\m piloyjililo, nynntune ;t|)Ostiuiie aux roins, des douleurs trùs-oiguës à la tôle, des douleurs violentes de dents, le mal de rate, la s^ç'-avelle, la colique, la fièvre, des langueurs et débilités universelles par tout le forps, l'esprit aliattu, qu'elle était encore travaillée de mélancolie , de troubles et de toute sorte de passions, elle disait que c'était [)eu de chose. Que cela ne vous surprenne pas, mon cher lecteur, toute âme véritablement éclairée sera toujours dans ces mêmes sentiments. Car nous devons tenir avec l'Apôtre qui avait l'esprit de Dieu, et parlait -par l'esjirit de Dieu, qu'il n'y a aucune proportion entre les maux de celte vie et la gloire qui nous sera découverte. (Rom. VIII, 18.) Hé! quel rapport du temps avec l'éternité, d'une vie qui disiiaraît comme les ombres, dont les années s'écoulent si vite, dont les jours passent si [)romptement, avec ce qui ne Unira jamais, ici l'esprit demeure perdu dans cet abîme, mais l'on y découvre dans une merveilleuse clarté que tout ce que nous pouvons faire, tout ce que nous pouvons souffrir n'est rien à des gens qui attendent la grande, la longue et l'interminable éternité. 11 nie prend ici envie de ni'écrier avec David : Oh! hommes sans jugement, revenez à vous, insensés, devenez enfin sages. (Psal.\\,Z.) 0 mon Dieu ! vivrou'î-nous toujours dans les ténèbres ! Nous faisons profession d'être les disciples d'un Dieu crucifié, nous regardons sa croix comme notre unirpie es|)érance, car c'est comme le chante l'Eglise , nous devons savoir que participants à la croix de notre aimable Maître, nous participerons h sa gloire ; nous disons que cette gloire est quelque chose de si doux, de si grand, de si glorieux, de si charmant, de si divin, que c'est ce qui surpasse tout ce que l'on en peut dire, tout ce que l'on peut même s'en imaginer. Cependant celte divine gloire qui est si admirable est promise aux véritables tidèles qui porteront dignement leur croix. Comment donc nous en plaindre? Comment nous en attrister? Comment nous imaginer que c'est grand'cliose ce que nous endurons dans la vue d'une félicité infinie que nous espérons?
Je ne suis donc pas étonné si notre courageuse Elisabeth ne se lassait jamais de ses douleurs, si elle priait Dieu de la laisser au monde dans cet état tant qu'il lui plairait. Si elle assurait qu'il lui semblerait être perdue, si elle ne souffrait plus, c'est pourquoi ce lui était une afllietion. quand elle était quelquefois guérie, et même miraculeusement, de certaines maladies; c'était l'une de ses maximes qu'elle reflétait souvent : Peu parler, beaucoup faire, et encore plus souffrir. La vue des peines de cette vie qui lui arrivaient l'élevait à de hautes considérations de celles de l'autre vie. Hélas, s'écriait-elle, comment donc endurer les peines de i'enler?ll est vrai qu'il n'y a point de temps plus projire pour (lenser avec fruit auv tourments de l'autre monde, ijue celui où l'on est dans la douleur,
particulièrement si ces douleurs sont bien violentes; car pour peu que l'on rentre dans soi-même par une sérieuse considération de ce qui nous alllige, et de la peine (|u'il y a de le supporter, celte vue est suivie aussitôt d'une juste réflexion des tourments que nous devons craindre après notre mort, et de ce sentiment si raisonnable : Que feronsnous au milieu de l'excès des peines éternelles de l'enfer, ou des peines temporelles du purgatoire? Comment les souffrironsnous, puisque nous avons tant de peine .\ supporter tles maux qui n'en sont que les ombres. C'est donc une grande erreur de s'imaginer que les douleurs nous empêchent de [lenser à l'éternité, puisqu'il n'y a rien qui soit plus capable de nous en occuper. Il n'est pas bien aisé de se pénétrer vivement des grands maux de l'autre vie lorsque l'on est dans le plaisir; mais certainement, une personne qui sera tourmentée d'un mal cruel, comme est celui de la pierre, de la goutte et d'autres pareils, à qui les quarts-d'heure de sa douleur semblent si longs, est bien en état, pour lors, de méditer sur ce qui lui arrivera dans des peines infinies qu'elle doit craindre. En écrivant ceci, la crainle et le tremblement m'ont surpris. Mon cœur s'est troublé au dedans de moi, et la frui/cur de la mort m'a saisi. {Psal. liv, 5.) 0 Seigneur, ne me reprenez pas dans voire fureur, et ne iiie châtiez pas dans votre colère. Ayez pitié de moi, car je languis de faiblesse; (jucrisseztnoi, parce que mes os sont ébranlés. Mon âme est toute saisi>! de trouble; mais, vous. Seigneur, jusques à quand tardez-vous à me secourir. Tournez-vous vers moi et délivrez mon âme ; sauvez-moi à cause de votre miséricorde, car nul d'entre les morts ne se souvie7it plus de vous, et qui vous confessera dans l'enfer! {Psal. vi, 2-(i.)
La méditation de ces vérités la rendait ferme et droite dans les voies par lestjuelles l'aimable providence de Dieu la ccnduisait; elle attendait pendant tout le jour efi patience, et elle se réjouissait même des jours qu'elle était affligée, et des années qu'elle sentait les maux. Elle jiouvait dire, avec le Psalmiste [Psal. xxvi, 5), pourquoi craindrai-je au mauvais-jour? Le Seigtieur m'a cachée dans son tabernacle au jour de l'affliction, il m'a retirée dans le secret de sa tente, parce que sa fidèle servante avait mis son es- [)éranee en sa bonté, parce qu'elle tenait son âme élevée en lui, parce qu'elle implorait ses miséricordes ; il écoutait sa prière, et se rendait attentif à sa voix et à ses demandes. Elle se trouvait si divinement fortifiée en sa vertu, que ce n'était que des actions de grâce de ce qu'il ne laissait aucune jiartie de son corps, sans tourment. Son entretien éiait avec le Dieu de son cœur et avec son immaculée Mère, s» chère Maîtresse; et loin tle rechercher quelque consolation dans la conversation des créatures, elle se privait même de la com[)agnie de celles qui lui étaient nécessaires, comme de ses servantes et de ses fifles. Elle les faisoil sortir pour soupirer plus à l'aise en la présence de la suradorable Trinité des trois
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personnes divines qui rem|)lissent les cieux et la terre de la majesté de leur gloire; pour dire avec plus de liberté ses sentiuients à la très-miséricordieuse Vierge. Oli 1 si nons savions ce qu'elle disaitàlatrès-sainle Mère de Dieu, et ce que cette Mère de toute bonté lui disait au cœur par les lumières qu'elle lui obtenait! Toujours savons-nous, ce qui est bien assuré, que la confiance et le recours qu'elle a eus 5 cette Mère d'amour, lui onl i ni I être une constance invincible, qui a lait trioiiifilier glorieusement la croix de notre bon Maître.