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Sauveur, cn.inler éternellement ses» miséricordes. O ma sainte et bonne dame, je veux me souvenir de vous toujours; votre louange sera toujours dans ma i'Ouohe.Mon âme vous bénira en tout temps, et toutes mes entrailles loueront votre saint nom. Je n'oublierai jamais les grâces que j'ai rerues )>ar votre faveur, a,\ant été délivré de la mort par votre puissant crédit auprès de la divine majesté, et comblé de miséricorde. Je veux me joindre aux bienheureux anges et à tous les saints pour vous glorifier et célébrer votre magnificence.
Cette grande et incomparable reine du ciel et de la terre, dont la pureté surpasse celle des purs esprits du ciel, n'a jamais su ce que c'est que le péché. Dès le premier instant qu'elle a commencé d'être, elle a été pleine de grâce, elle a commencé d'aimer Dieu, et toute sa très-sainte vie n"a été qu'une vie du pur amour. C'est une vérité qu'elle a révélée elle-même à sainte Brigitte, lui assurant qu'elle avait été préservée du péché originel. Jl est bien juste que la reine des anges ne soit pas moins privilégiée que ces heureuses intelligences, que les serviteurs ne l'emportent i)as au-dessus (Je la maîtresse ; qu'elle soit sans tache aussi bien que tnutes leurs glorieuses troupes, et qu'il n'y ait que Dieu seul dans sou béni cœur, cœur le [ilus aimant, le [ilus aimé, et le plus aimable des pures créatures. C'est donc une vérité que notre bonne et glorieuse maîtresse a toujours été immaculée, et même dès le premier moment de sa toute sainte conception. C'est une vérité qu'elle a toujours été vierge, vierge devant son enfan- '.eraenl, vierge en sou enfantement, vierge ajirèsson enfantement; mais ce qui sur|iasse toute pensée, c'est le choix qu'un Dieu en a fait pour être sa très-digne Mère. C'est ce <]ui fera l'étonnement et l'admiration des anges et des saints pour jamais. Celte faveur est incompréhensible.
Mais avec toutes ces faveurs et toutes ces grâces, elle ne laisse pas d'être un sujet (le douleur et de peine. Lorsqu'elle apporta l'Enfant Jésus au temple, afin de faire pour lui selon la coutume de la loi, Siméon, homme ju.^le et craignant Dieu, qui attendait la (on.'olation d'Israël, et qui avait le Saint-Kspril qui lui avait révélé qu'il ne mourrait point qu'il n'eût vu auparavant le Christ du Seigneur, cet homme qui avait le don de projihétie, ayant pris le saint Knfant entre ses bras et béni Dieu, il pri;-dit qu'il serait en butte à la contradiction, mais à même temps il prédit à sa mère qu'elle aurait l'âme percée de l'épée, voulant lui marquer les grandes peines qu'elle devait souffrir. Aussi l'Eglise la considère comme une mère de douleur, et elle l'appelle la reine des martyrs. Cette conduite de la divine Providence sur une personne qui lui est si chère, fait assez voir que les peines ont souvent dus causes innocentes.
Mais le Saint-Esprit ne nous dit-il pas qjie les justes ont beaucou[) d'alllictions, et l'Eglise chante que tous les saints ont beau-
coup souffert. C'est une vérité que traite dignement le grand saint Jean Chrysostume, dans ce qu'il a écrit admirablement de la divine Providence, voulant consoler l'un de ses amis qui était possédé du démon. Il lui dit qu'il ne faut |ias qu'il pense qu'un étal si affligeant soit une punition de Dieu, qu'au contraire il le doit regarder comme un cfTet (le ses grandes miséricordes, comme un bien avantageux à ceux qui en veulent faire un saint usage, que sa vertu a donné lieu à cette épreuve, qu'elle lui servira pour lo purifier de ses taches, qu'il en peut tirer de grands avantages jiour son salut, que cet état est un sujet de couronnes que les anges lui pré[>arent dans le ciel ; que ceux qui font de sa possession le sujet de leurs railleries méritent eux-mêmes d'être moqués.
Nous pouvons appliquer les sentiments de ce Père avec bien de la justice, à notre illustre souffrante, dont les démons, interrogés par l'autorité de l'Elglise, et selon les règles qu'elle prescrit en telles occasions, du sujet de l'entrée dans son corps, ont toujours dit que de son côté il n'y avait pas le moindre péché qui en fût la cause, que Dieu l'avait permise pour sa gloire et ])Our de très-grands secrets qu'ils ne savaient pas. Mais par tout ce que l'on a pu découvrir en toute sa vie, jamais il ne s'y est trouvé de péché notable, quoi qu'elle exagérât beaucoup ses péchés, et elle a conservé son innocence baptismale. 'L'horreur même qu'elle avait des plus légères offenses, lui avait fait demander à Dieu d'être plutôt possédée corporellement des diables, et de souffrir les peines des enfers que (ie commettre le moindre péché véniel avec une entière connaissance et délibération. Ceux qui ont peu du divin amour, n'entendent guère ce langage ; mais celui-là le comprend parfaitement, qui aime Dieu avec générosité. Or cet amour généreux suppose une vive lumière de la grandeur infinie de cet Être suradorable, et dans cette vue il n'y a rien que l'âme ne soit prête de faire, rien qu'elle ne soit prête de quitter ou souffrir pour éviter le plus petit péché. Mille mondes, et tout ce qu'ils pourraient avoir d'agréable aux sens ou à l'esprit, toutes les richesses possibles, tous les honneurs imaginables, ne seraient pas capables de l'ébranler dans sa généreuse et constante résolution. Elle se jetterait plutôt dans tous les feux et les flammes de l'autre vie, que de commettre la plus légère otrense. Kien ne la pourrait séjiarer de l'amour du Très-Haut, la pousser à rien faire qu'elle saurait être désagréable au Dieu qu'elle adore. Toutes les eaux des contradictions ne pourraient jias éteindre les divines ardeurs de la charité de Dieu qui est en elle. Mais elle est si rt'solue, appuyée sur les mérites de son Sauveur, et assistée de ses secours, de vivre et de mourir dans ces sentiments, que dans les obstacles que la nature, les hommes et les démons y forment, elle n'hésite (las. C'est un sujet où elle ne délibère jamais. A ^a moindre vue du [dus petit péché, elle se dé-