‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 95 sur 436 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

La conduite de la divine Providence dans la permission des possessions.

Notre divin Maître voulant apprendre aux fidèles la (conduite de son aimable providence en toutes choses, il les assure qu'elle veille avec des soins si doux et si exacts sur tout ce qui nous regarde, qu'un seul cheveu no se perdra pas de notre tête sans ses ordres. C'est dans la vue de cette grande vérité qu'il les exhorte à ne rien craindre, et à n'avoir pas de peur même des plus gr.mds maux de la vie, comme de la mort. Ne craifjnez pas, dit-il, ceux qui font mourir le corps, mais qui ne peuvent foire mourir l'âme. Craignez plutôt celui qui peut faire périr l'âme, et le corps, en les jetant dans l'enfer. N est-il pas vrai que deux passereaux ne se vendent qu'un sou? et cependant il n'en tombe pas un seul en terre sans l'ordre rie votre Père. Il n'y a pas jusqu'aux cheveux de votre tète qui ne soient comptés. C'est pourquoi n'appréhendez pas, vous êtes bien pLis considérables que plusieurs passereaux.

[Matlh. X, 28-31.)

Or, si c'est une consolation bien douced'apprendre de la bouche de la Vérité même, (jue les moindres choses, comme la chute d un seul cheveu de notre tête, n'arrivent passans la conduite de sa divine providence: c'est une joie bien grande à un cœur qui aime Dieu de savoir qu'il n'y a rien dont il ne tire sa gloire. Car c'est cette gloire qui fait tout le contentement d'un bon cœur. Le pur amour de Dieu ne voit que lui seul, le pur amour de Dieu n'estime que lui seul, le pur amour de Dieu n'aime que lui seul. Dieu seul fait tout son honneur et toute sa gloire. Dieu seul lait toute sa joie, tout son plaisir. 11 n'a plus d'autres intérêts que les siens. Ce sont des vérités que nous ne nous lassons jamais de répéter ; et il nous est infiniment doux de les direct redire. Disons donc ici que sa très-sainte providence permet aux démons quelquefois de tourmenter les hommes, jusque même à les posséder corporellemeni, ce qui est un tourment bien violent, mais que c'est une permission qui lui est glorieuse.

Il y fait éclater sa gloire dans la connaissance de la sagesse, et de la douceur de son aimable providence; car si, d'un côté il permet aux malins esprits de vexer lus hommes d'une manière si affligeante, d'autre pan il arrête leur pouvoir, et leur fureur, ne soulfrant ]ias ni qu'ils se servent de toutes leurs ruses, ni qu'ils emploient toutes leurs forces, à qui une créature mortelle, qui est faible, ne pourrait

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