LE TRIOMPHE DE I.A CROIX. - PART. II
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jamais résister. C'esl ce qui empoche les démons .de tenter également toutes sortes de personnes. La guerre qu'ils font aui saints, et dont ils ne remportent nue de honteuses confusions, fer;iit périr des !\n\es moins aguerries dans la milice spirituelle. C'est co que nous lisons dans la Vie de saint Pocome, où il est rajiporté ciue cet homme de Dieu (larlant à un diable qui lui (paraissait en forme visible, cet esprit d'enfer lui dit que si Dieu leur permettait de livrer les mômes combats qu'il lui donnait h la [duparl des hommes, ils y succomberaient facilement.
C'est pourquoi le grand Ap/^trc s'écrie : Z)i>it est fidèle, et il ne permettra point que vous soyez tentés par-dessus vos forées ; mais il vous fera profiter de la tentation, afin que vous lapuissiez soutenir, (l Cor. x, 13.) Dieu veut encore raon'.rer parles ditTérentes vexations diaboliques des personnes possédées, combien c'est une chose horrible de tomber entre les mains des démons ; car s'ils exercent tant de cruautés sur des personnes innocentes, n'ayant pouvoir que sur leurs corps, que feront-ils et sur les âmes, et sur les corps des pécheurs, quand ils seront tout à fait engagés sous leur tyrannie durant toute l'éternité? Il se sert encore do leur manière d'agir extérieure dans ces per- .sonnes, comme il a déjà été remarqué, pour découvrir ce qu'ils font tous les jours dans ceux qui se laissent aller au péché, dans leurs blasphèmes, dans leurs rages, leurs vengeances, leurs galanteries, et les autres actions mauvaises; et pour faire connaître de quel esprit ils sont animés. L'on y voit toute la i)uissance de l'enfer renversée par de faibles créatures armées de la grâce de Jésus-Christ notre bon Sauveur, l'orgueil de ses es[)rits rebelles abaissé par les actions basses et abjectes qu'ils sont contraints de faire, la parfaite dépendance qu'ils ont de Dieu ne pouvant rien faire sans sa permission.
Mais la gloire de Dieu y éclate d'une manière admirable dans la très-sainte, et bienheureuse A'ierge ; car c'est dans ces possessions où l'on voit triompher la puissance qu'il lui a donnée sur ces méchants esprits. C'est Dieu assurément qu'ils craignent; mais la crainte qu'ils ont de cet Etre suradorable, et tout-puissant dans les créatures, s'augmente à |iro|iortion qu'il y demeure dans ïine plus grande plénitude. Voilà ce qui les fait trembler, et ce qui leur donne tant de frayeur de l'immaculée Vierge, Mère de Dieu. Voilà le sujet qui leur rend plus redoutable elle seule, que tous les bienheureux anges, et saints ensemble ; celte giamJe et auguste Keine, ayant plus de Dieu, ce que nous disojis avec unejoie toutesingulière, ne pouvant nous lasser de protester de tout notre cœur que nous prenons plus de part un million de fois à ses précieux intérêts qu'à tout ce qui nous regarde. O Ma glorieuse Dame, recevez selon votre grande bonté ces mouvements d'amour que la grâce de votre Fils adorable me donne pour vous , mais augluentcz-Jes de plus en plus jusqu'au dernier
moment de ma vie, afin qu après ma m>irt j'aie le bonheur o'èlre du nombre de ceux (pli vous aimeront le plus (lour un jamais. 11 serait diiïicile (le déclarer la crainte que les diables ont fait paraître de celte puissante reine du ciel ; aussi l'Kglise chante qu'elle est terrible, comme une armée rangée en bataille {Cunt. vi, 3) ; et saint Bernard assure que -les soldats ne fuient pas avec tant de vitesse ' devant les boulets des canons, comme ces cruels esprits à la seule jirononciation de son saint nom de M.irie.
C'est ce que l'on voit sensiblement dans les possessions, où ils sont contraints d'avouer que c'est elle qui détruit tous leurs efforts. Nous lisons dans la suite des Annales de Baronius, {)ar un célèbre religieux de l'ordre des Frères [jrècheurs, que saint Domini(iue exorcisant un ()ossédé, et conimaiidant aux démons qui étaient dans son corps par l'autorité de l'Eglise, de dire quel était le saint (qu'ils craignaient davantage , et que les tidèles étaient plus oldigés d aimer et de servir , ils commencèrent pour lors à hurler si terriblement que la plupart des personnes qui étaient j)rés,entes, tombèrent par terre saisies d'une extraordinaire frayeur, les diables criant : Dominique, ayez pitié de nous, qu'il te suffise que nous soyons tourmentés par nos peines de l'enfer, fiourquoi viens-tu encore nous faire soull'rirîlls le priaient de ne les pas contraindre de répondre à cette demande, parce qu'ils prévoyaient que plusieurs personnes en feraient un grand prolii. Mais saint Dominique voyant qu'ils nevoulaient pas ré()ondre, se prosterna par terre, et invoqua le secours de la Mère de Dieu par le saint rosaire. Les démons cependant le conjuraient par la passion du Fils de Dieu, jiar les mérites de sa Mère, par les suffrages de l'Eglise de ne les pas contraindre à parler sur ce sujet, et que les saints anges lui révéleraient ce qu'il demandait, quand il le souhaiterait. Le saint faisant redoubler les prières à la reine du ciel, cent anges parurent, et la très-sacrée Vierge au milieu de tous ces esprits bienheureux, qui ayant touché le possédé du bout d'une verge qu'elle tenait en sa trèspure main, commanda aux diables de répondre. On entendit pour lors les airs retentir de ces paroles qui sortaient de la bouche du possédé. « 0 notre ennemie, notre confusion, voie du ciel infaillible, c'est toi qui épuises l'enfer. Ecoutez donc(crièrent ces es[irits malheureux), c'est elle qui réduit tous nos efforts au néant, comme le soleil dissipe les ténèbres; c'est elle qui découvre toutes nos finesses ; nous confessons que personne ne se damne de ceux qui persévèrent véritablement dans son service ; un seul de ses soupirs a plus de force que toutes les prières des saints, et nous la craignons plus que tous les bienheureux du paraiJis. Sans elle nous aurions fait [jerdro la foi à la plupart de ceux qui la conservent encore, elle obtiendra le paradis à ceux qui lui seront véritablement dévots. » Après cela
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le fidèle serviteur de Jésus et de Marie, saint Domiuique fit réciter le rosaire à haute voix, et posément par tout le peuple, et les diables sortaient en troupe du corps de ce mallieureux.
Dans la possession d'Elisabeth, ils appelaient la très-glorieuse Vierge la ruine de l'enfer, leur plus grande ennemie, et disaient, lorsqu'elle se mêlait d'une chose, qu'il n'y avflit rien qui lui pût résister dans l'être créé. C'est là que l'on a vu les [irodigues effusions de ses aimables bontés, et les assistances pitoyables de ses plus charitables miséricordes '; c'est là qu'on a vu la fidélité inviolable de sa protection maternelle en vers ceux qui y mettent leur contiance, le pouvoir des [rrières qu'on lui adresse, et surtout du rosaire quand il est bien récité. "
La haine (pi'en marquaient ces es|)rits malins faisait assez connaître combien cette dévotion est agréable à Notre-Seigneur et à son immaculée Mère. L'une de leurs plus ordinaires insolences à l'égard de ceux qui venaient aux exorcismes, était de rompre les chapelets, et quoique ensuite ils fussent contraints de réparer leur impiété, ils ne pouvaient contenir leur rage. Je suis témoin oculaire de la même chose arrivée en ma présence. Ceux qui blûment les instruments lie |iiété, comme le chapelet, le scapuiaire de Noire-Uame du mont Carmel et les autres choses qui servent à la) dévotion, peuvent voir ce qu'ils font. Nous avons écrit des [)riviléges du scai)ulaire de Notre-Dame dans le traité que nous donnons au i)ublic, intitulé. Avis catholiques touchant la véritable dévotion de la sacrée Vierge, où nous apportons les raisons qui en montrent la vérité, qui en éclaircissent les difficultés, les approbations authentiques des prélats, et les bulles des Souverains Pontifes, mais particulièrement la bulle de Clément X, donnée le huitième de mai, l'année 1673, dans laquelle ce grand Pontife [irononce qu'il approuve et soutient de son autorité apostolique, le |)rivilége accordé par la très-sainte Mère de Dieu en faveur des confrères du Scapuiaire du Carmel pour le premier samedi d'après leur mort, quand ils auront gardé fidèlement les conditions prescrites. Il déclare même dans celte bulle, que le privilège a été publié par Jean XXII , et il n'a jirononcé de la sorte qu'après un sérieux examen de la vérité de ce privilège, et après avoir donné ordre au cardinal Bona, dont la singulière érudition et la solide piété ont été assez connues, d'en faire une exacte reclierche, et de voir pour ce sujet tout ce que ses prédécesseurs avaient fait en cette matière pour ôter, comme il l'assure, tous les doutes qui en pourraient arriver.
Cette association du saint Scapuiaire de Notre-Dame du mont Carmel a été autorisée du ciel même (lar les grands miracles o(iérés en sa faveur, et qui ont leurs ai)probaiions authentiques des jirélats. Celle du saint rosaire a été autorisée en la môme manière : et les démons dans la possession dont nous uarluns dans cette Vie, criaient que cette
confrérie leur coûtait beaucoup, et ils maudissaient celui qui l'avait inventée, saint Dominique. Cet homme incom(>arable eu la dévotion de la très-pure Vierge, prêchant sous le pontificat d'Innocent III cet exercice de piété, près de Carcassonne en Languedoc, et une multitude incroyable de peuple s'y engageant, un misérable hérétique parlant contre fut possédé en punition de son crime par un juste jugement de Dieu; et c'est le possédé dont nous venons de parler, ayant pris tout ce que nous en avons dit et tout ce que nous allons dire dans les Annales ecclésiastiques, com|)Osées, comme nous en avons déjà averti, par un célèbre religieux de l'ordre des Frères Prêcheurs, pour continuer celles du grand cardinal Baronius. Ce jiosséiié agissant en furieux et comme un enragé, l'on fut obligé de le garrotter de chaînes de fer, et il fut conduit dans cet état à saint Dominique. Le saint dans les exorcismes ayant interrogé selon l'ordre de l'Eglise les démons de la cause de leur entrée dans ce corps, ils répondirent que c'était en punition de son irrévérence envers la Mère de Dieu qu'ils haïssaient mortellement, et à cause des risées qu'il faisait de ses sermons et du [leu de foi qu'il y ajoutait; qu'ils étaient quinze mille dans le corps de cet homme, [larce qu'il avait parlé contre les quinze mystères du saint rosaire; qu'ils y étaient à regret et par force, [larce que cela leur ôlait le moyen de se servir de lui, et qu'ils perdaient beaucoup au gain qu'ils faisaient. Le serviteur de la reine du ciel les ayant interrogés en suite de la vertu du saint rosaire, après avoir bien crié et hurlé, ils assurèrent qu'étant contraints de parlei- par les nouvelles peines qu'il leur imposait, qu'elle était telle qu'il l'avait prêchée, et que de grands malheurs arriveraient à ceux qui s'y rendraient incrédules; qu'ils le craignaient beaucoup à cause de son oraison, et parce qu'il montrait le chemin du i)aradis par ses exemples et ses paroles. Le saint continuant à les interroger ]iar l'autorité de l'Eglise, ils voulurent sortir, lorsqu'ils se virent pressés de dire de quelle condition jiarmi les Chrétiens il y en avait beaucoup de damnés; mais étant contraints dé parler, ils dirent : Nous avons bien des prélats en enfer, grand nombre de personnes de haute qualité, et moins de jiersonnes pauvres et de basse condition, beaucoup de marchands et de bourgeois par l'injustice et la volupté, et un très-grand nombre d'ecclésiastiques.
Comme nous avons cru que cette histoire pourrait contribuer à la dévotion de l'immaculée Vierge, et que nous ne pouvoiis laisser perdre la moindre occasion de ce qui peut servir à son culte, nous nous sommes senti pressé de la rapjiorter en ce lieu, quoique nous l'ayons déjà fait dans l'un de nos livres. De la dévotion à l'admirable Mère de Dieu. Et de vrai notre bon Sauveur faisant connaître en tant de manières et en des occasions si différentes qu'il veut glorifier sa Irès-digne Mère, il est bien ju^te (jue nous
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t'iilrions d;ins «ps desseins qui ont pnni a\'i^.c tant J'éciat en la |)os.session d'I^lisalielli, que l'on peut jnucr que l'une des tins de la iiermission qu'il en a donnée, a été la gloire (le cette auguste Mère.
Mais l'on peut encore dire que ce Dieu de toute majesté en a tiré beaucoup de gloire dans l'honneur (]ui en est arrive à ses anges j]i bienheureux. Celui qui gardait l'illustre soufflante dans mille allentats que l'on a faits contre sa vie en a enj|iéclié les effets. C'est par lui que les favorables secours lui ont été donnés; c'est lui «pii mettait des bornes à leur fureur enragée, c'e>t lui qui forç.iit les dénions à l'aveu des vérités qui leur étaient plus odieuses, à découvrir les pactes que les magiciens faisaient contre elle; et ils disaient qu'il était de l'ordre des séraphins. Je sais qu'ordinairement les anges gardiens des hommes sont pris du dernier chœur lie ces sublimes esprits; mais l'histoire des saints nous ap|irendque quelquefois la divine Providence en envoie des premières hiérarchies. Elle tient une conduite singulière h l'égard de certaines personnes privilégiées; et comme elle a des desseins particuliers de les élever aux plus hauts degrés du divin amour, elle se sert des esprits célestes qui brûlent le plus saintement dans les divines ardeurs de ses f»lus pures Hammes. Ainsi elle envoya un séraphin à saint François pour lui im|)rimer amoureusement les sacrées plaies de son Sauveur; elle envoya un séraphin à sainte Thérèse ]iOur lui faire une plaie du ]>lus saint amour.
Toujours est-il vrai que les hommes reçoivent une intinité de biens par le ministère de tous les anges qui, dans la doctrine de l'Apôtre, sont tous des esprits servants qui sont envoyés dans le ministère pour ceux qui hériteront du salut. Mais qui de ces bienheureux esprits serait exem|it de ce ministère, puisque saint Michel, saint Gabriel, saint Raphaël, qui en sont les premiers, y ont été bien assujettis? Arrêtonsnous ici, mon cher lecteur; que notre esprit y demeure perdu dans un abîme d'admiration sur les bontés d'une si douce Providence, dans la mission de ces aimables esprits, sur les amours ravissants de ces esprits si aimants qui sont envoyés. Laissonsnous perdre pour un jamais dans cet abîme d'amour. 0 Seifjneur, qu'est-ce que Vhomme, pour être un objet de la sorte de votre souvenir? (Psal. VIII, 5.) 0 mon âme, que rendronsnous à ce Seifineurpour ces grands biens qu'il nous a faits'/ (Psal.cw, 12.) Ah 1 est-il uonc vrai que nous qui ne sommes que poussière et que cendre, ayons à notre service une infinité presque d'esjiriis immortels 1 Comment après cela ne plus vivre uniquement dans l'amour, de l'amoar et pour le Dieu de l'amour? Adorable Jésus, ou ôtez-moi mon cœur, ou qu'il ne soit plus a l'avenir qu'une vive flamme de votre pur amour. Ah! quand sera-ce, quand sera-ce? O mort, quelque terrible que vous puissiez être, que vous devenez douce lorsqu'on pense que vous
OElVRES COMPI.. DE BoiDON. IIJ,
êtes le grand moyen du règne île ce pur amour 1
Ceiiendanl et les bontés infinies du grand Dieu des éternités qui nous fait servir ses anges, et les amours inexplicables de ces aimables esprit'^ qui nous servent, sont bien capables d'allumer de grands feux dans nos cœurs. C'est dons celle vue que nous en avons donné un traité au public, intitulé : De la D('votion aux neuf chœurs des saints Anyes, afin d'inviter, d'exciter, de presser les cœurs en la vertu de celui sans lequel nous ne pouvons rien, d'aimer le Dieu des anges et d'aimer les anges de Dieu. C'est à quoi je vous exhorte présentement, vous qui lisez ces choses, et je vous crie avec le grand saint Léon pape : « Faites des amitiés avec les saints anges. » Vous verrez par une heureuse expérience ce que cette union céleste vous firotitera.
Notre vertueuse Flisabclh l'a toujours expérimenté, particulièrement au milieu de tous ses combats avec les anges apostats et damnés ; mais elle y était encore assistée i)ar les anges gardiens" de ses enfants qui venaient au secours du sien, contre les troupes nombreuses et effroyables des démons qui se trouvaient en même tiMups dans son cor|)s. Ils étaient même obligés de publier les bontés des anges bienheureux, et ils déclarèrent que l'ange gardien du magicien Poirot les avait empêchés de l'étouffer, pour lui donner le temps de se convertir, lui obtenant quantité de grâces pour cette fin, qui lui furent inutiles |iar la résistance qu'il v apporta et la malice de sa volonté. C'est ainsi que Dieu tout bon a voulu être glorifié dans ses anges célestes dans cette possession, mais il a voulu encore y être glorifié dans ses saints |»ar le triomphe de leur puissance sur les attaques des démons.
Etant pressés dans les exoreismes, ils ont avoué que la divine Providence s'était servie jiour les confondre du glorieux saint Joseph, de l'aimable saint Jean l'Evangéliste, de saint François, de saint Bernard, de sainte Elisabeth la mère de saint Jean Baptiste, et de sainte Elisabeth de Hongrie. En ce temps la vénérable Mère Alix Le Clerc, première religieuse et supérieure des religieuses de la Congrégation de Notre-Dame, hlle spirituelle du saint homme le P. de MataincouFt, si célèbre pour les miracles que la toutepuissance de Dieu opère par ses mérites, et fondateur de ladite l'ongrégation; en ce tem|)s-là, dis-je, cette sainte fille mourut, et notre Elisabeth en fut puissamment assistée. On la menait à son tombeau, oiî les odeurs divines et miraculeuses qu'elle y ressentait la fortifiaient dans ses pe'nes. Les démous criaient qu'elle leur était une puissante adversaire ; la seule prononciation de son nom les faisait trembler. Elle avait soutenu leurs tentations durant bien des années avec une constance admirable, et avait triomphé des furieux combats qu'ils lui a valent livrés contre la chasteté avec une fidélité. iuviolaùle. Les démons étaient .encore tourmentes par les petits enfants d'Elisabeth .qui étaient morlv«
OKtVIlES COMPLETES DE BOL'DOX.
après ieuv baplêuip, et TOême par les petits enriinls tjui se tiouvaieiit aux exorcismes, qui étaient encore dans l'innocence liaptisluale. Les exorcistes se servaient d'eux pour les confondre, et leur seule présence, (]u;ind ils se rendaient rebelles, les obligeait à obéir. Dieu a voulu de |)lus être bonoré dans l'honneur (jui est arrivé à son Eglise dans cette possession, |.;ir l'>s marques éclatantes que les diables ont été contraints de donner (le son pouvoir sur eux. Le^ exorcistes leur faisaiei.t des conimandenients très-humi- Jiants, et ces esprits orgueilleux élaieiU forcés de s'y assujettir. Mais Ton remarquai' qu'ils étaient beaucoui) plus soumis ;i l'é- Téque iju'aux autres, et qu'ils craignaient lieaucoup sa présence. Une seule par(jle de sa [)art sans aucuns exorcisnies, la seule imposition de ses mains avaient des etfetstout extraordinaires. On les a \'us aussi donner des sijinestout particuliers de la peur qu'ils avaient de l'eau bénite : ce qui doit bien confondre les libertins et les hérétiques, et apjirendre aux catholiques le resiiect qu'ils doivent avoir pour toutes les cérémonies de J'Kglise. La sérajihique sainte Tliérè^e, l'une des grandes lumières <le ces tlerniers temps, déclarait hautement qu'elle aurait voulu mourir (,'Our la moindre do ces saintes cérémonies; et elle avait appris en particulier par son expérience la force que Dieu donne à l'eau bénite contre les esprits d'enfer, dont les hurlements effroyables qu'ils font dans les exorcismes quand on leur impose de nouvelles peines, témoignent assez les tourments qu'ils en souffrent, et l'emiiire de l'Eglise sur leur tyrannie.
Mais qui racontera les miracles du Sei- •gneur, qui publiera toutes ses louanges dans la conduite que son adorable Providence a tenue dans la permission de cette vexation diabolique 1 Les démons de l'enfer, et leurs plus grands suppôts de la terre les magiciens s'étaient unis ensemble, et avaient formé des projets contre Noire-Seigneur Jésus-Christ. Mais celui qui liabile dans les cieux renversant tous leurs desseins s'est moqué d'eux, et a voulu même détruire en la Ibrce de sa puissance le parti de l'enter par Sis propres [jartisans. Ainsi l'on a vu plusieurs magiciens se convertir, ce qui est très-rare, plusieurs hérétiques ont embrassé la véritable religion. L'on a vu un notable changement dans plusieurs personnes de la cour et de la noblesse du pays. Ce qui était un étrange tourment aux malins esprits, d'auuint jilus qu'ils étaient forcés d'y coopérer par les vérités rju'ils disaient aux libertins et aux pécheurs, et par leurs péchés qu'ils révélaient. C'est pourquoi ils tirent tant par leurs malheureuses suggestions, et par une personne (]ui était engagée à leur parti, qu'ils persuadèrent à Madame la duchesse de Lorraine ii'em|JÔcher que les exorcismes ne se lissent en public ; mais l'évêque Fen ayant reprise avec une grande force, aussitôt elle se désista de cette entrepri se, elle qui était fort pieuse, et qui ne lavait fait ({ue L'ar les urières importunes de gens mal
intentionnés, après qne révèque lui eut dit généreusement qu'elle usurpait une autorité cjui n'appartenait qu'à un légitime successeur des a|iôtres. Davantage plusieurs personnes de probité, dans la vue de ce (pii se passait, en prirent sujet de s'avancer dans la ■vertu, et ils \ hrent de très-grands progrès. C'est ainsi que Dieu tire les |)lus grands biens des plus grands maux, et qu'il fait triomuliei sa croix des ennemis de la croix.