‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 98 sur 436 · I.L TllIOMl'IlE DE LA CROIX. — PART. II · texte numérisé non relu

I.L TllIOMl'IlE DE LA CROIX. — PART. II

manda le nom d'un matlre (jui lui avait appi\>- un métier, et dont il y avait longtemps

cpril n'avait entendu iiarler,elaus.sitôteHe le luiniuiima, ce qui lesurprii étrangement. Un docteur de Sorbonne avant écrit (juatre billets sans que personne en sOl rien, et qu'il avait apportés l>ien |iliés ; il commanda au diable de faire ce (pie portail le premier. Le diable dit (juil n'était pas obligé de répoadre ni de donner de nouveaux signes, eu ayant déjà fait voir plus qu'il n'était néces- .sâire pour confirmer cent possessions ; que néanmoins il savait fort bien le contenu du billet, car ton billet, lui dit-elle, est écrit en latin, et tu l'as mal écrit. Le doileur avoua (pi'à la vérité il était écrilen latin, et l'ayant relu, il s'aperçut ipi'il avail omis quelque lettre, n'en ayant mis qu'une où il en fallait deux.

Klle a connu les personnes sans les avoir amais vues, ni n'en avoir jamais ouï parer. Nous l'avons déjà dit. Elle a distingué les choses sacrées d'avec les profanes, les reliques sup[iosées d'avec les véritables; et elle ou plulAi le diable en elle, était beaucoup tourmenté par les véritables reliques, ce qui fut remaniué sjiécialement en l'élole de saint Charles. Les seules images de la Mère de Dieu lui faisaient souffrir de grandes peines, car la seule figure de cette auguste Reine des armées de Dieu jelle la peur et la confusion dans tout l'enlcr. Oh I qu'heureuse est la personne qui, [larmi tant de combats qu'il nous faut donner et qui sont d'une conséquence infinie, marche sous les étendards de cette invincible souveraine. Ah 1 que les hommes ne savent-ils la gloire, l'honneur, la sûreté et les autres avantages qui se trouvent dans son service 1 0 ma sainte dame el bonne maîtresse, que je vive et que je meure à vos [lieds. Aimable esprit qui êtes défiuté de la divine Providenco à ma garde, obtenez-moi de cette môme Providence, ma fidèle Mère, celte grâce que je demande en toute humilité.

Elle a fait des actions corporelles qu'aucun homme du monde ne peut faire. Elle a soutenu les vingt-quatre heures entières des violences extraordinaires, étant élevée en haut de telle im|)éluosiié qu'îi [)eine cinq ou six personnes des jibis robustes pouvaient la retenir. Elle grimpait sur les arbres, el allait de branche en branche avec la même facilité que l'on remarque dans les animaux les plus agiles. On l'a vue tout le corps élevé en l'air, s'y tourner d'une manière admirable. L'on pourrait enliii apporter une infinité de signes qui prouvent manifestement sa [lossessibn, et qui ont donné lieu à tous les grands personnages qui l'ont vue dans cet état d'en être persuadés et d'en rendre des témoignages authentiques. Mais je dflis avertir ici , puisque la divirte Providence m'en donne l'occasion, que le peu de loisir que j'ai ne me le permet pas, à raison des ditférentes occupations que cette même Providence toujours adorable. et toujours ai'mable me donne. L'on m'a mis entre les mains assez de mémoires pour coiMposer

plusieurs volumes de la vie de la vénérable mère Marie Elisabeth de la croix de Jésus. A peine ai-je eu le temps seulement de tout lire ; jo ne fais donc qu'un abrégé des merveilles que notre divin Sauveur a opérées dans cette grande âme, laissant h son aimable providence le soin de susciter quand il lui plaira une personne plus éclairée que je ne suis, et meilleure, pour en donner dos traités plus amples au public.

Je sais cependant que tout ce que Ton en pourra écrire, ne manifestera jamais toutes ses grâces et ses vertus. Un grand nombre de ces saintes actions mêmes extérieures demeurera toujours inconnu, parce que le grand soin qu'elle avait de se cacher, en a ôlé la connaissance. Mais ce qui s'est passé de (ilus considérable en elle qui sont ses ai-tions intérieures, est ce que l'on ne peut pas savoir, et ce que l'on aurait de la peine mémo à expliquer. Tout cet honneur de la fille du roi qui est au dedans, comme parle le Psalmisle {Psal. lxiv, 14), est un secret pour les hommes qu'ils ne pénètrent pas. C'est proprement o<1 la vie des saints est cachée avec Jésus-Christ en pieu. C'est où il les cache dans le secret de son visage, et les lient à couvert dans son tabernacle, t Qu'il soit à jamais béni de toutes ses conduites dans ces âmes éminenles. Mais [tendant, mon cher lecteur, que nous les admirons, prions-le selon la multitude de ses plus grandes miséricordes de nous y donner quelque part. N'y apportons point'd'obstacle par l'attache aux choses créées. Laissons le lieu à son esprit d'opérer en nous tout ce qu'il lui idaira selon ses divins desgeins, et louons cependant à jamais ses aimables bontés.

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