SECTION II
Le règne de Dieu est la fin de l'Incarnation du Verbe.
C'est pour l'établissement de ce règne de Dieu que le Verbe incréé s'incarne, et, ô miracle incompréhensible! qu'il s'anéantit luimême. C'est de cette manière que l'Apôtre en parle. C'est ce que ce divin Maître nous enseigne lui-même, lorsqu'il dit aux peuples qui le retenaient de peur qu'il ne les quittât : Il faut que j'annonce aussi aux autres villes l'Evangile du royaume de Dieu; car, c'est pour cela que je suis envoyé. (Luc. iv, 4.3.) C'est ce qui lui fait dire que depuis
l'avènement de Jean, le royaume de Dieu est annoncé. La mission qu'il donne à ses douze apôtres, est de prêcher ce royaume. Il donne le même ordre aux soixante-douze disciples,
lorsqu'il les envoie, et il leur dit : Dites, le royaume de Dieu est proche. (Matth. x, 7.) L'n quelque ville que vous arriviez, allez dans les places, et dites, sachez que le royaume de Dieu est proche. (Luc. x, 10.) Nous lisons, dans les Actes des apôtres, que saint Philippe annonçait ce qui regardait le royaume de Dieu; et quand saint Paul, dans YEpilre aux Colossiens, parle de ceux qui l'assistent dans ses fonctions apostoliques, il déclare que c'est pour le royaume de Dieu.
Le règne «le Dieu est donc la fin de l'Incarnation, de ce mystère caché de tout temps, en qui Dieu n fait" paraître les richesses incompréhensibles de sa grâce, et dans lequel les principautés même et les puissances des cieux ont appris par l'Eglise la diversité de sa sagesse, dans les siècles, qu'il a destiné de la faire paraître en Jésus-Christ notre Seigneur. Oh 1 qu'ilfaut bien dire que le règne de Dieu est infiniment précieux à ses yeux, puisqu'il s'anéantit lui-nrême en s'incarûant dans les entrailles d'une Vierge toute immaculée et tonte sainte pour l'établir.