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CHAPITRE VIII

De la contemplation active.

La contemplation est un simple regard affectueux de l'objet sans discours ni recherche. La très-sainte Trinité, les attributs et perfections de Dieu , Jésus-Chri'st et ses mystères , la très-sainte Vierge , les bons anges et les saints, enfin toutes les

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créatures considérées par vue de foi peuvent être les sujets de la contemplation , aussi bien que de la méditation, avec cette différence que la méditation recherche ce

que la contemplation possède. La méditation, dit un grand évoque de notre siècle, n'est autre chose que le gémissemenl ou le grommellement de la colombe, elle se fait par une considération attentive ou ratiocination intérieure qui tend à exciter en l'âme de saintes affections, elle épluche les vérités ou mystères, pièce à pièce, ce qui ne se fait pas sans peine. 11 n'en est pas de môme de la contemplation, car elle ressemble au boire, action coulante , douce et aisée, elle se fait en unité , non en multiplicité, elle laisse l'activité de Marthe à la méditation, prenant pour soi la très-bonne part de Marie qui ne lui sera jamais ôtée. Elle est un regard simple et amoureux de quelque vérité, ruais regard qui dans son acte simple comprend en éminence, en suc et en substance toute cette grande variété d'actes que produit la méditation : celle-ci exerce les puissances distinctement et séparément, celle-là les réunit et ramasse en un point, les réduit à cette unité tant célébrée par les théologiens mystiques, à cet un nécessaire recommandé par la bouche du Rédempteur.

Or, l'on distingue la contemplation en active et en passive. La passive est un don spécial de l'esprit de Dieu , qui souille où il lui plaît , et dont nous traiterons en nu autre lieu; l'active est en notre pouvoir avec la grâce ordinaire, ce qui est trèsclair en ceux qui ne l'ont que par une pure habitude, supposé toujours le secours de la grâce ; cl c'est de cette contemplation active que nous parlons ici. De plus il faut remarquer qu'il y a deux sortes (Je contemplation active, l'une qui se fait avec plusieurs connaissances distinctes, et l'autre qui se pratique avec une simple vue confuse, sans presqu'aucune connaissance particulière. « L'éminent degré de la contemplation active, dit l'éloquent évoque de Rellay, dans le chapitre 11 de la seconde partie de la Lutte spirituelle, ne regarde Dieu dans aucune affirmation, ni négation, ni dans aucune espèce particulière, mais comme un objet naturel au-dessus de toute connaissance et capacité créée. » Elle n'est pas, dit un pieux auteur, ni une variété de raisons dans l'esprit , ni une multitude d'affections dans la volonté , ni le ressouvenir de choses pieuses dans la mémoire, ni une fiction d'images dans la fantaisie. Ce n'est pas une réflexion sur les passages de l'Ecriture , mais uue vue simple ei amoureuse de Dieu présent : c'est un acte par lequel Dieu est regardé comme Dieu par la foi. Toutes ces considérations ne laissent pas à l'âme la tranquillité, l'affection et le silence qui la disposent à recevoir les divines impressions, et ne donnent pas assez de lieu à la parole de Dieu qui se fait entendre dans son intérieur. Davantage, quoiqu'en Dieu iln'y ait pas de plus ou de moins, et que

chaque perfection de Dieu soit Dieu , toutefois d'autant que notre esprit est limité , quand il pense à un attribut, il ne pense pas à l'autre; ainsi il est plus parfait de le regarder en lui-môme, car alors on le regarde avec toutes ses perfections, on le voit tel qu'il est. Mais chacun doit suivre l'attrait de sa grâce. Quelquefois l'on est rempli de lumières , de divers mouvements d'amour, de joie, de crainte, et autres semblables. Mais ces lumières et mouvements sont des effets de la contemplation, et non pas la contemplation, qui subsiste sans toutes cestehog ses,dans sa simple vue amoureuseparlafoi.

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