CHAPITRE PREMIER
De la nécessité de l'oraison mentale.
Veillez et priez, dit le Seigneur (Maith. xxvi, 41); et en un autre lieu ce divin Maître nous enseigne qu'il n'est pas nécessaire de beaucoup parler dans la prière. (Matlh. vi, 7.) Dieu, dit saint Jean Chrysostome, n'écoute pas la voix, mais le cœur. L'on rapporte sur ce sujet qu'une troupe d'excellents musiciens ayant fait un agréable concert dans une église, le jour d'une grande solennité, et s'en étant rencontré un qui avait peu satisfait, à raison qu'il avait une voix enrouée et désagréable, Dieu qui ne jugeait pas des choses par l'extérieur, comme les hommes, révéla que c'était la seule personne dont il eût écouté les prières. O mon Seigneur 1 que vos voix sont éloignées des voies des hommes ! Celui-là seul que tout le monde ne pouvait écouter est entendu de vous, et vous n*avez point d'oreilles pour tous ceux qui charment avec plaisir les oreilles des hommes. Car il est vrai, que vous êtes le Dieu du cœur, c'est ce cœur, sur qui vos yeux divins s'arrêtent et c'est pourquoi vos saints ont tant recommandé la prière qui sefait avec esprit. Quand vous criez, dit saint Augustin, criez non pas de la voix, mais de la pensée : car Dieu ne laisse pas de bien entendre ceux qui ne parlent point. Saint Thomas enseigne que l'oraison vocale doit cesser, quand elle n'est pas de précepte , lorsque l'esprit se sent enflammé.
Mais sa nécessité est bien grande selon la doctrine des saints. Le Chrétien, selon le sentiment de saint Thomas de Villeneuve, ne digérera pas les mauvaises inclinations et les vices qu'avec son secours. C'est de la manière qu'il parle. Sainte Thérèse rapporte au chap. 1er du Château intérieur, qu'une personne fort docte lui a dit, qu'une âme sans oraison est une personne qui a des pieds et des mains et qui ne les peut remuer étant paralytique ; et au chap. 16 du Chemin de la perfection, elfe soutient que l'oraison mentale est un commencement pour acquérir toutes sortes de vertus, que c'est une chose où il va de la vie à tous les Chrétiens de s'y exercer; et pas un, pour perdu qu'il soit ne la de\rait laisser, qu'un Chré-
tien qui ne l'est plus que de nom la doit faire. Il est difficile de parler plus fortement sur cette matière. Saint Chrysostome n'est pas éloigné de sa pensée, lorsqu'il dit, au liv. i" de VOraison ;« Le jugement de celuilà sera exempt d'erreur qui soutiendra que l'oraison est la cause de la vertu et de la justice, et que pas une des choses nécessaires pour la véritable sainteté n'aura d'entrée dans l'âme qui manque de communiquer avec Dieu et de faire oraison. »
Si l'on demande qui doit pratiquer l'oraison mentale, nous venons de dire que sainte Thérèse est d'avis que tous les Chrétiens la doivent faire; mais voici encore comme elle en parle au chap. 8 de sa lie, adressant la parole à Notre-Seigneur.« Je ne trouve point de cause qui empêche que tout le monde ne tâche et ne s'évertue de s'approcher de vous par cette spéciale communication. » Les méchants la doivent faire, dit Grenade, parce que les personnes qui sont partagées de plus mauvaises inclinations doivent avec plus de sujet avoir recours au souverain remède de la divine miséricorde, comme ceux qui sont accablés de nécessités ont plus de droit que les riches aux remèdes qui se distribuent dans les hôpitaux. Ils le doivent faire, dit sainte Thérèse, afin qu'ils deviennent bons, et il est juste qu'ils souffrent d'être en la compagnie de Dieu au moins deux heures par jour, encore qu'ils ne soient avec Dieu, mais avec les pensées du monde ; car s'efforçant d'être en si bonne compagnie, Dieu empêche les malins esprits d'agir contre eux, et tous les jours diminue leurs forces. Les gens du monde doivent s'adonner à l'oraison mentale, et ne l'a pas renvoyer aux religieux et personnes retirées, car ce serait faire comme des personnes malades qui renverraient la médecine et les autres remèdes aux gens qui se portent bien. Ces pauvres ne seraient-ils pas bien ridicules qui diraient qu'il n'appartient qu'aux riches d'aller mendier; et ceux qui marcheraient au milieu de la nuit dans des lieux tout pleins de précipices, qu'ils n'ont pas besoin ni de lumières, ni de guides, que cela n'est bon que pour ceux qui cheminent dans un beau jour par un grand chemin uni et facile. O monde 1 ô monde 1 ta folie est bien déréglée et encore plus dangereuse puisqu'elle est suivie d'une
éternité de malheur ! Oh ! que si tu savais ce que tu dis et ce que tu fais quand tu méprises un exercice qui serait le grand remède à tes maux 1 Les gens de bien doivent faire l'oraison mentale, c'est par elle qu'ils persévèrent et s'avanceront toujours de plus en plus dans le service de Dieu : les personnes qui sont en charge et dans les affaires, car quel moyen de s'en acquitter chrétiennement sans ce divin secours; les religieux, car, selon le cardinal Cajetan, comme on ne peut obtenir l'effet sans la cause, ni la tin sans les moyens, de même il n'est pas possible de parvenir à la fin de la religion sans l'exercice de l'oraison mentale : aussi ce cardinal déclare que celui-là ne peut pas être nommé religieux, qui lie se recueille pas par l'oraison.
Les prêtres qui sont dans le siècle, et trèsparticulièrement les confesseurs et les curés, car, quel moyen de s'approcher tous les jours ou souvent du saint autel sans cette divine lumière? Quel moyen de bien conduire les âmes, quel moyen de les instruire de ce qui est plus nécessaire à la vie spirituelle si on ne le pratique pas? Que dira un confesseur, un pasteur à une pauvre âme qui leur demandera avis sur l'oraison mentale, si eux-mêmes à peine savent-ils ce que c'est? Oh 1 que d'abus! que de misères parle défaut de cet exercice divin 1 Combien, de prêtres fréquentent les divins mystères et célèbrent le sacrifice redoutable dû corps et du sang d'un Dieu avec peu de respect, avec irrévérence, et hélas 1 sans penser presque même à ce qu'ils font, sans presque aucune préparation, parce qu'ils ne considèrent pas avec attention la sainteté de ces mystères adorables et qu'ils sont tous plongés dans les ténèbres, ne s'approchant pas par l'oraison mentale de celui qui est la lumière même et ne méritant pas ensuite d'en être éclairés lorsqu'ils la reçoivent en la divine Eucharistie 1 Combien de directeurs ou confesseurs passent légèrement sur des choses qui mériteraient de grandes réflexions, laissant les âmes dans leurs vices ou ne leur donnant pas les secours nécessaires et utiles pour leur avancement, parce qu'ils ignorent les voies de Dieu, qui s'apprennent dans sa divine conversation par l'oraison? Oh 1 que si l'on était plus éclairé, il ne serait pas possible de laisser perdre les âmes comme l'on fait 1 Combien de paroisses de la campagne où l'on ne fait point de catéchisme , et où ensuite l'on ignore ce qui est nécessaire pour le salut ! L'on dit assez ce que la théologie enseigne, que la connaissance des vérités fondamentales de la foi est de nécessité pour être sauvé; l'on avoue, et l'expérience au moins en doit ôter tout doute, que grand nombre de pauvres gens de la campagne sont dépourvus de cette connaissance , et qu ils ne l'ont pas parce que leurs pasteurs ne leur donnent point: et après avoir dit tout cela, qui pense à y apporter le remède efficace? On dira encore quelquefois qu'il y a des curés qui ne peuvent instruire et on en demeure là sans s'en mettre davan-
tage en peine, et cependant les pauvres âmes s'en vont, en enfer. Oui, il est vrai, si un tailleur, un cordonnier gâtaient un habit ou des souliers, se contenterait-on de cette excuse qu'ils ne peuvent pas mieux faire, ne leur dirait-on pas qu'ils quittassent un métier qu'ils ne savent pas? Je dis plus, pourrait-on leur donner l'absolution dans cet état? Je veux dire si, un homme se mêlait d'exercer un métier qu'il ne peut faire, par exemple, un homme qui se mêlerait de la médecine sans la pouvoir exercer, un architecte d'un bâtiment considérable sans y veiller, un homme qui prendrait des pensionnaires et aurait leur argent sans les nourrir, et ces gens seraient-ils quittes pour dire qu'ils ne peuvent pas faire autre chose? Après tout, il ne s'agirait que de la santé d'un corps qui doit aussi bien périr par la mort que d'un bâtiment qui doit quelque jour tomber, que de l'entretien d'une vie qu'il faut perdre. Ici il s'agit d'une âme immortelle et de tant d'âmes, il s'agit de la perte du ciel, il s'agit de l'enfer, il s'agit du prix infini du sang d'un Dieu, il s'agit des intérêts et de la gloire de cette Majesté suradorable. À tout cela l'on ne voit que des insensibilités extrêmes, parce que l'on est dans une grande ignorance de la science des saints. Science des saints, et non pas seulement celle de l'Ecole, qui porte efficacement à procurer le remède à ces maux infinis et qui s'acquiert au pied du crucifix et non pas dans les livres.Oh ! quelle différence d'un docteur sans oraison et d'une autre personne qui aura suffisamment de la science, mais qui sera remplie de la science des voies de Dieu. Quelle différence de ces hommes apostoliques et de ces autres qui sont tout plongés dans l'extérieur, et qui ne rentrent presque jamais en eux-mêmes. De là s'ensuit bien clairement la très-grande nécessité de l'oraison mentale pour les prélats, pour pouvoir être avec vérité dans leur état, qui est un état de perfection acquise, qui suppose en eux l'établissement le l'esprit de Jésus- Christ par un dégagement particulier do toutes les choses de la terre et par les inclinations à ce qu'il a plus aimé, savoir est la pauvreté, le mépris, l'abjection, la fuite de l'honneur, de l'estime et de l'amitié du monde et par un grand amour d'une vie mortifiée et de croix, et qui demande de plus des lumières pures et efficaces pour perfectionner les âmes soumises à leur soin pastoral. Mais un état si saint ne se donne guère et ne se conserve non plus que par la raison ; c'.est pourquoi les saints apôtres instituèrent des diacres pour se décharger sur eux des soins extérieurs et pour s'appliquer instamment à l'oraison et à la prédication de la parole de Dieu : mais remarquez que l-'Ecriture parle de l'oraison, auparavant que do l'administration de la divine parole et qu'elle parle d'une application à l'oraison qui n'est pas commune par ces mots : Nous autres, disaient les apôtres, nous serons appliqués instamment à l'oraison.
C'est ce qui donne lieu de remarquer encore
qu'il n'y a point d'occupation, telle qu'elle puisse être qui exempte de l'oraison, non
tlus que de manger, de boire, de dormir, 'oraison est appelée par les Pères la nourriture de l'âme et la conservation de la vie spirituelle; il est donc bien juste que nous prenions pour le moins, 6 mon Dieu ! en faut-il venir là? pour le moins autant de soin de notre vie spirituelle et qui regarde une éternité que de la vie corporelle qui périt. Cependant y a-t-il homme sur la terre , quelque occupé qu'il puisse être, qui ne trouve pas du temps pour manger et pour boire et pour dormir. Avez-vous ouï ou lu qu'il se soit rencontré des hommes qui, à raison de leurs grandes occupations, n'aient pas Irouvé le loisir de manger et qu'ils soient morts par ce défaut de nourriture. Les enfants du siècle sont trop prudents pour cela, il n'y a qu'à l'égard de la nourriture spirituelle que l'on est insensible, l'on n'a pas le loisir de se sauver : aussi est-il vrai qu'il va un nombre incroyable d'âmes dans la perdition éternelle. Mais y a-t-il occupation plus grande que celles des apôtres qui étaient chargés de tout l'univers et dont les soins immenses pour ainsi dire ne les empêchaient pas de s'appliquer instamment à l'oraison ? Nous l'avons déjà dit autre part: où peut-on trouver des personnes plus occupées qu'un saint Bernard et un saint François Xavier, dont l'un était chargé des soins d'un grand ordre et affaires de l'Egiise, et l'autre de grand nombre de royaumes, et d'une partie du monde pour y prêcher l'Evangile, et cependant, c'étaient des gens d'une continuelle oraison. Il ne faut donc pas s'étonner si saint Bernard que nous venons de citer écrit au Pape Eugène, que les occupations si universelles de la papauté ne l'excusaient pas de prendre du temps pour vaquer à l'oraison. Nous avons de nos jours un illustre exemple des soins qu'il faut prendre de l'oraiscm mentale en la personne de feu monseigneur l'évêque de Cahors, dont la mémoire est en bénédiction, qui, au milieu de ses grandes occupations, donnait tous les jours des six ou sept heures à cet exercice angélique. Et afin qu'on ne pense pas qu'il n'y ait que les personnes ecclésiastiques et religieuses qui gardent cette fidélité, en peut-on voir une plus grande qu'en David qui, tout roi qu'il était, se levait à minuit pour s'appliquer à ce divin exercice, qu'il continuait au matin, à midi, le soir, et sept fois durant le jour selon ce qu'il en dit luimême. Saint Louis, roi de France, ne s'y rendait-il pas assidu tous les jours. Le bienheureuxFrançois de Borgia étant encore séculier et vice-roi de Catalogne, y donnait tous les jours six heures. La sérénissime infante Isabelle-Claire-Eugénie, princesse des Pays- Bas, y employait beaucoup de temps et de la nuit et du jour, comme nous l'avons remarqué plus particulièrement en notre livre de l'esclavage de l'admirable Mère de Dieu, au chapitre de l'oraison de la très-sainte Vierge. Il n'y a donc point d'occupations qui en puissent légitimement empêcher
Mais comment, me dira, quelqu'un , où trouver le temps au milieu de tant d'affaire;,? Mais comment, vous dirai-je, trouver le temps de boire, de manger, de dormir parmi ces mêmes affaires? Si vous ne l'avez, il faut le trouver, aussi bien que pour ces choses. Croyez-moi, vos affaires en iront mieux, et une heure d'occupation aura plus de bénédiction ensuite de l'oraison qu'une journée tout entière, quoique employée avec bien du travail sans la sainte oraison. Si on vous pressait d'affaires pendant vos repas, vous diriez qu'il faut boire et manger ; si on venait, pour vous faire passer toutes les nuits sans dormir sous prétexte d'affaires , vous sauriez bien vous excuser ; que ne prenezvous donc votre temps pour vaquer à Dieu ? N'est-il pas vrai qu'une forte fièvre vous ferait quitter toutes vos occupations pour donner du temps au mal et aux remèdes? Hélas 1 les maladies de l'âme seront-elles les seules négligées?
Il est vrai qu'il peut arriver de certaines affaires qui font retarder, ou qui interrompent les repas et le sommeil ; il en peut aussi venir de pressantes, et il sera nécessaire de quitter Je temps de l'oraison pour y satisfaire. Mais ensuite faites ce que vous ne manquez pas de faire pour le soutien de votre vie corporelle : n'avez-vous pas eu le loisir de manger à votre heure ordinaire, ou de dormir ? vous reprenez d'autres temps, et tôt ou tard vous le savez bien trouver. Disons encore que comme les personnes d'affaires vont passer quelques jours à la campagne de temps en temps pour prendre l'air, et pour se débander l'esprit , vous devez aussi de temps en temps choisir quelques jours pour vaquer à Dieu dans la retraite, comme huit ou dix jours, tous les ans , un jour tous les mois. Bienheureux ceux qui, au lieu d'une semaine, y en emuloient plusieurs.
Quelqu'un pourra m'objecter que »out le monde n'est pas capable de l'oraison mentale. Sainte Thérèse , grande maîtresse de l'oraison, soutient le contraire. Mais il faut dire que si l'on entend par l'oraison mentale celle qui se fait avec beaucoup de discours,, j'en demeure d'accord , et j'ai déjà dit avec notre séraphique sainte , qu'il y a des esprits qui ne peuvent pas discourir; mais où est la personne, laquelle, si elle ne peut méditer, ne puisse aimer, et en aimant se présenter devant Dieu en l'une des manières dont j'ai parlé ci-devant ? Après tout il ne> faut pas croire que ce soit une chose si difficile que l'on pense : je connais une paroisse de la campagne où les paysans viennent faire une heure d'oraison mentale avec leur pasteur dans l'Eglise du lieu les dimanches et fêtes. N'a-t-on pas vu dans une des provinces de France l'exercice de l'oraison mentale familier parmi les pauvres villageois et simples gens de la campagne? Les plus pauvres esprits ne sont-ils pas capables de veiller, de faire attention sur leurs affaires, s'il leur arrive des procès, des pertes, des gens de guerre ? et pourquoi ne
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feront-ils pas réflexion quand ils sont instruits sur la perte du paradis, sur les peines de l'enfer, qui sont des suites du péché? Y at-il un enfant qui ne puisse parler à son père de ses besoins, un malade au médecin de sa maladie, un sujet à son seigneur pour lui demander sa protection ? et pourquoi donc ne pourra-t-on s'adresser à Dieu qui est notre Père, le médecin de nos âmes, et notre bon Seigneur? Mais si au moins nous sommes muets dans notre pauvreté, demandons l'aumône comme ces pauvres muets, tendant la main , exposant notre misère , nous mettant en présence de celui qui remplit de ses richesses les plus disetteux , et les plus misérables.
Enfin j'ai quelquefois considéré que le grand saint François de Sales ayant voulu ôter un abus diabolique qui était fort commun, en ce que l'on pensait que la dévotion ne pouvait se rencontrer dans les personnes du monde, il avait pris à tâche de détruire cet abus, et pour cela il avait autant qu'il le pouvait faire dans l'ordre de Dieu , facilité tous les moyens dont l'on pouvait se servir pour mener une vie dévote, prenant garde de ne rebuter personne , et de ne leur pas donner des pratiques qui fissent peur, ou qui fussent bien difficiles. Cependant il avait reconnu la nécessité de l'oraison mentale si grande, qu'il en ordonne une heure tous les jours à ces personnes du monde pour lesquelles il écrit, quoique certainement cela puisse sembler bien rude à ces gens, mais c'est qu'il était pénétré par la lumière de Dieu de la nécessité de l'oraison mentale. Sainte Thérèse assure qu'en ayant discontinué l'exercice, elle connut très-clairement qu'elle eût été damnée si elle ne l'eût pris. C'est une chose que plusieurs devraient beaucoup considérer. Cette sainte rapporte au chap. 29 de sa Vie, que quand ses confesseurs lui ôtèrent l'oraison, Notre- Seigneur lui fit voir qu'il en était indigné , et lui commanda de leur dire que c'était une tyrannie. C'est une chose merveilleuse. Ses confesseurs lui avaient commandé de se moquer des personnes qui lui paraissaient dans ses visions ; et quoique ce fût notre bon Sauveur, il lui dit qu'elle faisait bien de leur obéir, et ne le trouva pas mauvais, quoique cela en une manière offensât sa propre personne, voulant par là nous instruire qu'il ne faut pas ajouter foi facilement à ces sortes de vues; mais quand ils voulurent empêcher la sainte de faire l'oraison mentale, il ne le put souffrir, il s'en fâcha , et appela cette conduite une tyrannie.