LA DEVOTION A LA TUES S
Certainement l'adorable Jésus nous a été donné pour l'exemplaire sur lequel nous devons régler toutes nos actions. Jamais, disait très-bien l'une des plus grandes servantes du Sauveur, la séraphique Thérèse, nous n'en devons détourner les veux.
Grande faveur que le Père éternel nous a faite î Mais ce n'est pas où s'arrêtent ses bontés infinies, il veut encore, par un miracle d'amour incompréhensible , que nous soyons une même chose avec son Fils bienaimé, nous faisant les membres de son corps mystique.
Nous voilà donc unis avec Jésus, comme les membres du corps naturel avec leur tête, et dans cette union, nous sommes animés de son même esprit. Comme tous les membres du corps d'un homme n'ont qu'une seule âme qui les anime, et qu'ils reçoivent leurs mouvements et leur vie de celte âme: de même tous les Chrétiens ne faisant qu'un corps mystique avec Jésus-Christ , n'ont point d'autre esprit que le sien en qualité de Chrétiens. Le Saint-Esprit est l'esprit de notre esprit, et le cœur de notre cœur; c'est cet Esprit-Saint qui est le principe de toutes les actions chrétiennes , et qui par suite doivent être toutes divines. Saint [Augustin s"écrie ici : O homme, ton corps reçoit-il la vie d'une autre âme que celle qui l'anime? le corps mystique de Jésus-Christ ne peut aussi vivre que de l'esprit de Jésus-Christ.
Cesvéritésne sont pas seulement pieuses, mais de foi , la divine parole nous les enseignant ; et de telle manière qu'elle nous apprend que le Chrétien en tout ce qu'il est, et le membre d'un Dieu fait homme, puisqu'il l'est et selon l'esprit et selon le corps ; car le grand Apôtre s'écrie dans son Epître aux Corinthiens (ICor. vi , 15) : Ne savezvous pas que vos corps sont les membres de Jésus-Christ? Paroles bien terribles, dit saint Jean Chrysostome , puisqu'elles font voir que celui qui pèche avec une femme impudique , fait des membres du Sauveur, les membres d'une prostituée; ce qui a fait dire à saint Augustin : « Si quelqu'un se déshonore lui-même, et s'il se méprise en sa propre personne, qu'au moins il n'y méprise pas Jésus-Christ ; épargnez Jésus-Christ en vous. »
Mais ces vérités infaillibles, à peine sontelles connues. Ohl qui sait bien parmi les Chrétiens, qu'étant une même chose avec Jésus-Christ, il doit vivre comme il a vécu ! Combien même de personnes qui font profession de craindre Dieu, réduisent-ils le christianisme à s'abstenir de péchés notables, à assister au saint sacrifice de la messe, aux offices sacrés, aux sermons, à exercer quelques œuvres de miséricorde 1 Tout cela sans doute est très-louable , très-bon, et il le faut faire ; mais ce n'est pas là où se termine la grâce de notre vocation. Répétonsle, et disons-le après le Saint-Esprit dans la I" Epître de saint Jean (n, 6) : Celui qui demeure en Jésus-Christ, doit vivre comme il a vécu, et cela en toutes choses, et dans les actions les olus communes: il doit