‹ Œuvres complétesChapitre 230 sur 397 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Des vaines excuses dont quelques pasteurs tâchent de se couvrir.

Entre plusieurs excuses dont quelques pasteurs, qui n'ont pas le zèle de Dieu, tâchent de se couvrir, en voici quelques-unes qui sont assez ordinaires. La première est que leurs paroissiens ne manquent pas de connaissances des vérités de la religion. Mais l'illusion de cette excuse paraît assez en ce que, supposé même Ja vérité de ce qu'ils avancent, il y a toujours nécessité d'exhorter à la pratique du bien que Ton connaît. Mais qu'il est rare de trouver une paroisse dans laquelle il n'y ait pas une seule âme qui ait besoin d'instruction! Car quand même il n'y en aurait qu'une seule, comme nous dirons, ce serait une dernière obligation d'instruire, aûn que cette âme ne se perdît pas par ignorance. De plus , l'expérience fait assez voir qu'il se trouve des ignorants dans les paroisses mêmes où la doctrine chrétienne est enseignée avec soin ; c'est ce qui se voit tous les jours , et dans les plus grandes villes où il y a plus de secours spirituels.

J'ai connu l'un des premiers d'une paroisse de la campagne qui, étant prisonnier pour les tailles, comme on l'interrogeait dans la prison dans une visite charitable qu'on y rendait, des principaux mystères de la religion, il fit voir qu'il en était dans la dernière ignorance: et cependant son pasteur était une personne qui enseignait avec soin et avec grand zèle la doctrine chrétienne. Il faut ajouter qu'outre les enfants, plusieurs personnes viennent de nouveau de temps en temps dans les paroisses, et particulièrement les serviteurs.

La seconde excuse de plusieurs qui ne font pas le catéchisme, est que l'on n'y vient pas, ou bien qu'il s'y trouve peu de personnes. Mais le remède est facile, et nous en parlerons dans la suite de ce petit traité : c'est qu'il le faut faire dans le temps où le peuple est assemblé. Mais j'ai peu de monde dans ma paroisse, dira un pasteur. Cette excuse ne lui ôte pas l'obligation de les instruire; elle ne servira qu'à le rendre plus criminel, puisque sa charge en est plus facile.

Mais je demande si un père qui n'a qu'un enfant, si un maître de famille qui n'a qu'un domestique, sont excusés de ne leur pas donner tous les jours à manger, sous prétexte de leur petit nombre? Ah ! mon Dieu, il est vrai, il n'y a point d'aveuglement semblable à celui qu'on remarque pour ce qui regarde l'éternité ! Malheur à nous, qui ne sommes, pour ainsi parler, que ténèbres ! Un homme n'aura qu'un cheval, il ne manquera pas un seul jour d'en prendre soin. Cependant ce n'est qu'une pauvre bête, et nuus négligerons des âmes d'une valeur inestimable! Il est vrai que quand un curé

ATECinSME. — CHAP. IV.

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