LÀ SCIENCE SACREE DU CATECHISME. — CHAP. X
lOi'i
qui font les délices du paradis, fermés, et ses lumières ensevelies dans les obscurités de la mort; et tout cela pour le salut des hommes, dont l'importance étant si peu connue par le défaut de l'instruction chrétienne, voilà, voilà la cause de la perte éternelle de tant de milliers d'âmes; mais c'est la cause de la profanation du sang d'un Dieu, et qui rend inutiles toutes ses souffrances, par le mauvais usage que l'on en fait. Ainsi cette négligence criminelle passe de l'homme à Dieu, je veux dire que, perdant l'homme, elle ravit à Dieu sa gloire, elle en combat les desseins; elle en attaque l'amour immense, elle en foule aux pieds le sang précieux.
Cette vue me donne quelque lumière sur les paroles surprenantes de l'Ecriture, qui nous enseigne que si quelqu'un n'a pas soin des siens, et par ticulièrement de ses domestiques, il a renié sa foi et est pire quun infidèle (1 Tim., v, 8); car, en vérité, en vérité, est-ce croire à un Dieu crucifié, que de négliger des âmes pour lesquelles il a donné jusqu'à la dernière goutte de son sang? Voir ce qu'il a souffert pour leur salut, voir la négligence où l'on en est; oui certainement, c'est n'avoir point de foi, ou bien c'est l'avoir reniée; oui, c'est être pire qu'un infidèle; car, comme il ne croit pas ces grandes vérités, il n'est pas si criminel. Si un autre que le Saint-Esprit s'était exprimé en ces lermes, l'on crierait à l'excès ; mais, parlant dans sa lumière et dans sa vérité, il faut dire qu'un père, qu'une mère , qu'un maître, qu'une maîtresse, et à plus forte raison qu'un pasteur, quand ils négligent notablement l'instruction du salut qu'ils doivent à leurs enfants, à leurs domestiques, à leurs paroissiens, ce sont des apostats de la religion chrétienne; ils sont pires que des païens et des Turcs. 0 mon Dieu ! ces gens pensentils bien au péché qu'ils commettent, à leur apostasie, à leur infidélité? Et que pensent faire les confesseurs qui leur donnent l'absolution sans y remédier?
Mais mon peuple, dit Dieu , a gardé le silence, parce qu'il ria pas eu la science. [Osée, iv, 6.) L'on parle assez des maux de la vie présente; hélas 1 c'est que l'on agit par les sens qui les font assez connaître. Partout l'on remarque nn profond silence à l'égard des maux spirituels; c'est qu'on ne les connaît pas, et cette ignorance y rend insensible. Un Dieu-Homme meurt pour le salut des âmes ; l'insensibilité même s'y rend sensible; il semble que le soleil se voile et retire ses lumières, de honte qu'il a du supplice de son Créateur; il couvre de ténèbres les hommes, pour en cacher la confusion; la terre tremble d'un tel attentat; les pierres se brisent, les marbres se fendent, les tombeaux s'ouvrent; il n'y a que l'homme qui n'est point touché. Parlez aux pèies, aux mères, aux maîtres négligents; qu'un évoque même parle aux pasteurs qui ne s'acquittent pas bien du catéchisme; qu'on les invite tous à jeter les yeux sur les souffrances d'un-Dieu qui est venu sur la terre pour
nous apprendre cette science sacrée du catéchisme qu'ils négligent; ils demeurent dans une dureté inconcevable. Admirable Mère de Dieu, heureux anges, glorieux saints, appuyez par vos puissantes intercessions ces vérités qui soutiennent le christia'nisme !