CHAI». IX
dans les conversations des créatures, et l'aire un déshonneur à Dieu, de le laisser seul sans l'entretenir, et de remplir son cœur pendant qu'il y loge, de pensées et d'affections du monde.
La sainteté et la grandeur des mystères redoutables demandent encore que les personnes qui y servent le fassent avec tout le respect possible ; et il serait à désirer que ce lussent des clercs tonsurés en habit long et en surplis , non-seulement à l'égard des messes solennelles, mais de toutes. Saint Charles Borromée, dans un des conciles de Milan, ordonne que même parmi ces clercs on ne prendra pour un si saint ministère que ceux qu'on aura instruits pour s'en acquitter dignement, et qu'ils n'aient été approuvés par le préfet des cérémonies. Mais comme il est difficile de trouver un assez grand nombre de ces clercs pour servir à toutes les messes qui se célèbrent, au moins devrait-on, dans toutes les églises, avoir un nombre choisi d'enfants modestes, pieux et sages, sur qui un ecclésiastique député veillerait exactement. Et quoique le même saint Charles défende que l'on donne le surplis à ceux qui n'ont pas la tonsure, néanmoins, comme l'usage est dans plusieurs cathédrales de le faire porter, ou de petites aubes aux enfants de cœur pour assister à l'office divin, on pourrait faire la même chose pour servir aux divins mystères. C'est une chose tout à fait indigne de ces augustes mystères de voir des enfants qui y servent en des postures peu respectueuses tourner la tête de tous côtés, sans aucune application, et quelquefois y.oauiner, ce qui fait le sujet de la risée des hérétiques et qui marque assez notre peu de foi. En vérité, si une personne qualifiée nous venait voir, voudrions-nous lui donner de pareilles gens à le servir? J'ai quelquefois considéré dans les premières églises les enfants qui répondaient aux messes, et il n'y avait rien de plus immodeste. On les y voyait courir avec irrévérence, y causer, y badiner, et y faire plusieurs insolences, en sorte qu'étant pris pour servir à ce qu'il y a de plus auguste dans la religion, ils servaient aux démons pour en faire la profanation. Un peu de foi de la grandeur suradorable d'un Dieu, un peu de zèle pour ses sacrés intérêts, trouveraient bientôt le remède à tous chs désordres. Qui empêcherait que dans ces premières églises et dans les autres, on ne destinât quelque somme d'argent pour des enfants choisis et modestes qui serviraient les messes ! 0 mon Seigneur 1 que l'on fait bien d'autres dépenses et qui souvent sont inutiles. Les créatures, de chétifs néants en feront bien pour avoir des personnes pour les servir; ô mon Dieu l n'y âura-t-il que votre service qui sera négligé !