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CHAPITRE IX

Suite du même discours.

Dieu demeure parmi les Chrétiens d'une manière admirable, mais pleine d'une douceur si tendre, d'un amoursi touchant, d'une bonté si charmante* auc les anges aussi bien

que les hommes ne le peuvent expliquer. Ces amours d'un Dieu envers l'homme surpassent même toute pensée 1 Ah 1 qui des séraphins, ces esprits si lumineux, l'aurait jamais pensé 1 11 est donc vrai , et la foi ne laisse aucun doute, le Dieu d'infinie majesté habite au milieu de nous corporellement dans nos églises où il est tous les jours immolé. Une laveur si précieuse devrait consoumer d'amour tous les Chrétiens : mais ces ingrats s'obscurcissant l'esprit voloniairement par leurs péchés, ils ont des yeux et ne voient point. Ah! quel usage font-ils de leur foi 1 Nous avons lamenté sur les profanations qu'ils font du sanctuaire de Dieu, dans le livre que la divine Providence nous a fait donner au public sur cette matière, Mais soupirons encore ici sur leur dureté plus grande que celle des rochers. Nous en avons déjà parlé en ce que nous avons dit au sujet des chapelles; renouvelons ici nos soupirs, étendant notre vue sur les églises les plus considérables.

Jésus le Dieu de toute majesté y demeure les jours et les nuits perpétuellement. Elles sont donc les maisons de ce Seigneur de toutes choses : mais, ô ciel ! ô terre! quelles sont ces maisons que les créatures préparent à leur Créateur? En quel état même sont les autels, les ornements qui y servent, les tabernacles où il loge ? Il n'est pas nécessaire de répéter ce qui a été dit : Obi quelle différence du soin que l'on prend du corps adorable du Souverain de toutes choses et de celui qu'on prend des corps des misérables créatures! Nous avons dit, il y a bien des années, ce que nous écrivons encore, ce que nous avons vu et ce que nous avons touché. Nous avons trouvé ce divin corps au milieu des toiles d'araignée dans les tabernacles, plusieurs fois parmi les verset d'autres animaux. Combien avons-nous vu de tabernacles si chétifs, qu'on n'aurait pas voulu se servir de rien de pareil pour y mettre le pain et la viande dont on se nourrit? Nous avons vu chez des gentilshommes des pots de chambre d'argent, pendant que le ciboire du corps du Fils de Dieu n'était que d'étain. Oui, ces messieurs et les dames voudront que leurs laquais soient vêtus proprement , et on laissera le Créateur du ciel et de la terre en des états si chétifs et si pauvres , qu'il y a à s'étonner comment ses foudres n'écrasent point des hommes si ingrats. Souvent les voiles qui couvrent les ciboires dans les campagnes sont si vils, que cela fait horreur. Ordinairement les ciboires s'y ferment avec un petit morceau de bois.

Cependant les hommes ont assez de soin de leurs personnes et de tout ce qui les regarde. Il n'y a que Dieu de négligé, et négligé par les séculiers, et négligé par les ecclésiastiques. On trouve de l'argent pour s'accommoder, pour faire bâtir, pour avoir, des jardins, pour se traiter les uns les autres^ ; mais on n'en trouve point pour Dieu. Un curé vous dira s'il s'agit de la décoration de son temple; et ce qui est terrible, de ce qui sert immédiatement à son corps sacré, que

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la fabrique n'a |>as lu moyen d'y contribuer; comme s'il ne devait pas le faire lui-môme. J'en connais un dont le revenu n'est qu'environ de quatre ou cinq cents livres, qui, ménageant un bien si médiocre, a l'une des églises la mieux ornée du diocèse où il est. « Il ne faut qu'aimer, » dit saint Augustin, « et l'on fait de grandes choses. » Hélas 1 si l'on employait la dépense que l'on fait en tant de choses inutiles, au culte de Dieu, quel ordre y aurait-il en toutes les églises 1 si les grands du siècle donnaient une partie des sommes immenses qui sont employées pour leur plaisir, en combien de lieux le corps de Jésus-Christ y serait-il placé avec respect? Combien de ces temples seraient-ils magnifiquement ornés?

L'auteur de l'excellent livre Des mœurs des Chrétiens écrit que dès les premiers temps les églises étaient très-magnifiques depuis que les Chrétiens furent en paix et en liberté. Elles étaient séparées autant qu'il se pouvait des bâtiments profanes, usage bien éloigné de l'abus de ce siècle, où on remarque tout le contraire, où l'on voit môme que l'on bâtit des boutiques qui joignent l'édifice de la maison de Dieu, pour en tirer quelque lucre sordide. Les portes étaient ornées d'ivoire, d'argent ou d'or, et toujours garnies de rideaux. Les colonnes qui soutenaient l'édifice, étaient de marbre avec des chapiteaux de bronze doré. Elles étaient aussi pavées de marbre et souvent toutes incrustées au dedans. L'autel était une table précieuse, comme d'argent ou d'or enrichie de pierre précieuses. On le faisait au moins de marbre ou de porphyre; car on croyait ne pouvoir employer de matière assez exquise pour le Saint des saints. L'on trouve que l'on a donné des chandeliers d'or, jusqu'à trente-sept marcs la pièce. On trouve l'usage des cierges parfumés, même dans les provinces.

Le baptistaire était de marbre ou de porphyre, garni de plusieurs vases d'or ou d'argent, pour garder hs saintes huiles ou verser l'eau. Ce qui donne lieu de gémir de notre temps, où dans les campagnes les vases qui servent aux saintes huiles sont d'un étain sale et noir, et ceux dont l'on se sert pour répandre l'eau, de même matière, ou d'un cuivre plein de rouille. Cependant l'on en peut avoir d'argent pour vingt-cinq ou trente livres.

Les officiers qui servaient l'église, soit pour ouvrir les portes, soitpour donner lesignal de l'heure de la prière, soit pour avoir soin dvs lampes, soit [tour orner l'église, comme pour la tapisser les jours solennels, étaient en grand nombre. Et toutes ces fonctions paraissent si grandes, que l'on ne permettait pas à des laïques de les faire ; et l'on aima mieux établir exprès de nouveaux ordres de clercs pour en soulager les diacres. Le môme auteur que nous venons de citer rapporte de saint Jérôme, qu'il louait le prêtre ÏSépotien du soin qu'il avait que l'autel de son église fût net, les murailles point enfumées, le pavé trotté, la sacristie propre et les vases luisants,

et que le portier fût assidûment à la porte.

Mais ce que je trouve de bien remarquable, est qu'il y avait des diacres continuellement appliqués à prendre garde que chacun fût attentif à la divine parole, à ne souffrir personne rire, parlera l'oreille ou faire quelque signe a. un autre, et à procurer partout le silence et la modestie. Les églises de ces siècles n'avaient point une présence plus réelle du corps de Jésus-Christ, que celles de nos jours. Pourquoi donc n'aura-ton pas le môme zèle? pourquoi n'y aura-t-il pas des ecclésiastiques commis pour fairo observer le respect dans les temples, particulièrement à l'égard des enfants qui la profanent honteusement, y courant, y badinant comme dans des places publiques? On ne peut assez louer l'usage de l'église do Saint-Nicolas du Chardonnet, où on les lient assemblés dans un lieu qui leur est particulièrement destiné, dans lequel il y a un ecclésiastique proche d'eux, qui veille avec attention à les faire prier et à les tenir dans le respect; au moins il y en devrait avoir qui allassent partout dans ces lieux consacrés à Dieu, pour y tenir les personnes âgées et les jeunes gens dans la modestie, et pour empêcher en particulier que les mères nourrices ou servantes s'y jouassent avec leurs enfants; ce qu'ils font ordinairement avec des chapelets, des clefs et choses pareilles et servant d'instruments aux démons pour distraire les autres de l'application à la prière.

Comme les églises sont le lieu de la demeure spéciale du Saint des saints, tout y doit être dans la sainteté, et tout ce qui est profane en doit bien être éloigné. Jamais des images vêtues mondainement n'y doivent paraître ; et à plus forte raison celles qui ont quelques nudités. Les conciles défendent étroitement ces honteuses profanations, et ordonnent aux évoques et aux autres visiteurs d'y remédier. En vérité, est-ce honorer Dieu dans les saints, et est-ce honorer les saints de Dieu, de les représenter en statues ou en tableaux en des manières qu'ils ont condamnées pendant leur vie, et dont ils ont horreur dans. le ciel? Cependant quelquefois, sous prétexte que ce sont des images bien faites, on ne veut pas y toucher, ce qui certainement est l'abomination de la désolation dans le lieu saint. Toutes ces nudités si indignes du christianisme ne doivent pas être tolérées dans les tableaux même profanes; et ces dames qui s'y font peindre, devraient rougir de ce que les honnêtes dames païennes ne voulaient pas faire. Les tapisseries où sont représentées les choses du siècle, et particulièrement où il y a des fables, des faux dieux , des déesses, sont absolument indignes de la sainteté de la maison de» Dieu. Il vaut mieux qu'elle ne soit pas ornée, que de l'être d'une manière si contraire à l'honneur de celui qui en est le divin Maître. L'on ne devrait pas peindre dans aucun tableau do ceux qui y servent, aucunes personnes séculières, et y placer encore moins leurs armes, ni en quelque autre endroit que ce soit

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d'un lieu consacré uniquement au culte du Créateur du ciel et de la terre, sous prétexte même d'aumônes etde dons qu'elles auraient pu faire.

C'est donc un grand abus que de placer ces armes sur les chasubles ou autres ornements. Un gentilhomme, disent Messieurs du séminaire de Saint-Nicolas du Chardonnet (et nous faisons ici un abrégé de leur sainte doctrine] ne voudrait pas les porter. Us les font mettre à la vérité sur leurs chariots, sur la couverture de leurs mulets; et ces gens qui ont peu de foi, veulent que le prêtre, au divin autel, dans l'action la plus redoutable de la religion, lorsqu'il sacrifie un Dieu, soit chargé des mêmes livrées que les animaux. Il y a plus, ils les font mettre sur les calices sacrés. Certainement le Dieu de toute' grandeur serait bien plus honoré par des ornements pauvres, mais nets et propres , que par les plus magnifiques de celte sorte, et on ne devrait jamais les recevoir.

Il faut prendre garde à ne pas laisser traîner de vieux ornements dans les églises, ou de vieilles images; il faut les brûler, et en jeter les cendres dans la piscine, ou les enterrer dans le cimetière. Les matériaux des églises que Ton détruit ne doivent pas être convertis en usages profanes, mais en une autre église, ou en quelque maison dédiée à Dieu, parce que tout cela a été consacré à son culte; et à plus forte raison on ne doit pas faire cet usage des calices et ciboires, et enfin de tout ce qui a été au service du grand maître et du Seigneur du ciel et de la terre. C'est une chose très- honteuse parmi les Chrétiens, de voir ces vaisseaux sacrés exposés en des boutiques , en attendant qu'ils soient changés en des plats, assiettes, ou en d'autres choses purement profanes. Le quatrième concile de Milan défend étroitement ces abus.

C'en est un autre considérable d'employer les corporaux qui sont troués ou déchirés, en d'autres usages que celui de l'autel. L'on a trouvé l'année 1656, en la démolition de la chapelle de Saint-Pierre et de Saint- Paul en la cathédrale de Paris, une boîte avec son couvercle , dans laquelle il y avait un vieux corporal, et un écrit en caractères antiques sur du parchemin, qui inarquait que l'on y avait mis ce corporal qui était rompu , l'année 1259. Cette pratique est à imiter par tous ceux qui ont l'esprit ecclésiastique.

Plusieurs évêques défendent les assemblées des magistrats, des frères de la Charité, ou d'autres confréries dans l'église, sous prétexte de rendre leurs comptes ou de traiter de leurs affaires. Cela se doit faire hors de la maison de Dieu, qui est destinée pour la prière, et dans laquelle il se commet quantité d'irrévérences sous ces prétextes. Jamais elle ne doit servir de passage : notre bon Sau\eur nous a laissé en ce sujet un grand exemple de son zèle pour un temple qui n'était que la figure des nôtres ; car il est écrit

qu'il ne souffrait pas que l'on y passât pour y porter rien de profane. Les supérieurs des lieux y devraient veiller à son imitation ; et quand cela se peut, donner ordre que l'on fermât l'une des portes qui donnent lieu à ces passages, ce qui est facile hors le temps du service divin. Les religieux manquent beaucoup à ce devoir, lorsqu'ils se servent de ce lieu saint pour abréger le chemin, et reconduire les personnes qui les viennent voir; et comme les démons n'oublient rien pour causer des irrévérences dans les églises, tous ceux qui en ont le véritable zèle doivent tout faire pour les en empêcher. Ainsi les supérieurs devraient donner ordre qu'il y eût des personnes qui veillassent sur les insolences des jeunes gens qui y jouent, et sur les personnes qui, à l'occasion de la quête pour les pauvres, y parlent et s'y entretiennent le long du jour, et le matin"pendant que l'on célèbre les divins mystères. On pourrait les obliger à se tenir hors de la porte.

Un autre abus intolérable, est de voir les portes des églises pleines d'affiches de papiers de choses purement séculières ; car quel rapport y a-t-il de la sainteté des sanctuaires de Dieu, avec ce qui est profane? Il ne serait pas difficile d'y apporter le remède. Une ordonnance du prélat, le soin de l'exécuter en les ôtant , ôteraient ce désordre. Mais l'on fait peu de réflexion sur ces dérèglements, qui vont jusqu'à un tel point, qu'il se trouve une église dans une ville, et l'une des plus considérables paroisses , dont les murailles servent à étendre les cuirs pour ies sécher; et la partie même qui est derrière, et la plus proche du lieu où est placé le corps de notre divin Maître. Cela se voit par une infinité de monde qui passe dans les rues, et par toutes sortes de personnes ecclésiastiques et séculières , et qui pense à y remédier? J'ai vu des églises dont les murailles servaient à attacher les bêtes les jours de marché et de foire. J'en ai vu dont les murailles étaient remplies presque jusqu'aux vitres, de boue, de l'ange et d'ordures des rues que l'on y amassait; et de l'autre côté celles des maisons des séculiers fort nettes; et c'étaient eux qui les jetaient contre celles du temple de Dieu. On l'ait servir ces mêmes murailles d'espalier, l'on y amasse le bois ; et cela se fait par des ecclésiastiques. Il y en a dont l'entrée est permise à des marchands pour y vendre leurs marchandises.

La profanation des églises passe jusque aux saints autels mêmes , où les artisans emploient sur les ornements des piédestaux des colonnes, des figures tout à fait indécentes et blâmables, comme celles d'anges tout nus, des marmousets, des cupidons, ce qui se fait aussi quelquefois sur les chandeliers. -.L'on n'y doit point mettre ni calottes, ni gants, ni mouchoirs, ni s'y appuyer. Les femmes qui s'en approchent de trop" près, sont excommuniées par un concile d'Aix,si, étant averties, elles jie s'en retirent. Quelle présomption téméraire de tes femmes qui se placent même vis-à-vis

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du prêtre qui célèbre, et qui servenfau démon par Jeurs visages et mondanités, pour le tirer de l'application à son ministère, et lui donner en de certaines occasions de fâcheuses tentations.

L'ancien usage de l'Eglise ne permettait les autels portatifs que rarement et pour de grandes causes. Ils doivent être placés deux ou trois pouces proche du bord de la table, et il faut prendre garde de ne les en pas éloigner trop. Il est plus à propos qu'ils y soient enchâsssés. Ils ne doivent pas être trop élevés, à raison des inconvénients qui en arrivent, dont l'un est que le corporal qui Jes couvre étant en penchant, n'est pas propre à recevoir les sacrées particules qui y peuvent tomber. Les châssis de bois qui sont larges, où l'on attache des parements de l'autel, ne doivent pas être tolérés. C'est une pure invention de quelques sacristains pour leur commodité et qui est nouvelle. Présentement en plusieurs lieux on les dore, et ils servent d'ornements; mais l'on ne considère pas que plusieurs prêtres ne les couvrant pas du corporal, élèvent la divine hostie, quand ils la montrent au peuple, vis-àvis de ces bois, où il peut ensuite tomber des particules sacrées. C'est pourquoi la nécessité demande qu'on les couvre du corporal, si on ne les ôte pas, ce qui se devrait faire.

C'est un abus d'employer des autels à faire des tombes, ou à paver des églises. Quand on veut les détruire, ou les remuer après la permission de Pévêque; il faut qu'un prêtre auparavant se mette à genoux, s'applique à la prière, invoque le saint en l'honneur duquel l'autel est consacré à Dieu; s'ily a quelques reliques, il les tirera et les placera en un lieu décent où elles seront renfermées. 11 lavera l'autel, il l'essuiera, et jettera l'eau dans la piscine ; et les ouvriers ensuite travailleront.

Les ornements qui servent àl'autel doivent nécessairement être nets et propres; et c'est un péché mortel de célébrer le très-saint sacrifice de la messe, avec des vêtements qui soient notablement sales. L'aveuglement de plusieurs prêtres est très-grand en ce point dans la campagne et quelquefois dans les villes; et on l'a remarqué des cathédrales, où ils se servent d'aubes, de pâlies, de purificatoires et de nappes pour la table sacrée où l'on prend le corps et le sang d'un Dieu, qui sont dans une entière indécence. On ne voudrait par se servir à une'table commune, de linge aussi mal propre. Cette indignité se rencontre aussi dans les corporaux, ce qui fait trembler; à peine les faiton blanchir que rarement : on les laisse des années ou des demi-années entières sous le saint ciboire sans les changer; et ce qui est surprenant, l'on en trouve, nous parlons de ce que nous voyons, de troués, de déchirés, f;ous prétexte qu'ils ne servent plus au divin sacrifice; comme si le Dieu de toute grandeur, qui réside dans les ciboires, ne méritait pas d'avoir un morceau de linge raisonnable, et qui ne serait pas propre à

servir de mouchoir à une vile créature. Ici je me souviens avec la dernière douleur de ce qu'on ma dit bien des fois, ne trouvant point de corporaux en nombre suffisant, que la fabrique n'avait pas le moyen d'en avoir davantage. Hélas 1 les pauvres paysans ont encore le pouvoir d'avoir quelques chemises, il n'y a que pour Dieu que l'on ne trouve pas quarante sous ou un écu pour avoir du linge, et y mettre son divin corps. Ces réponses se font par des ecclésiatiques, et nous en avons rencontré qui avaient de la vaisselle d'argent, d'autres qui étaient fort bien meublés, quelques-uns qui faisaient de nouvelles acquisitions de terres, et dont les églises n'avaient que des ciboires et calices d'étain, presque point de linge, des tabernacles affreux ; aussi nous avons su la mort funeste de quelques uns.

Le linge de l'église ne se doit pas blanchir avec le linge domestique ; mais avec une lessive particulière. C'est une chose bien indigne de la suprême Majesté à qui il sert, de le blanchir avec des choses quelquefois immondes. La lessive et la cendre doivent être jetées ensuite dans un coin particulier du cimetière. Les corporaux, pâlies et purificatoires doivent être lavés par un sousdiacre en surplis (car c'est une fonction de son ordre), en trois eaux, puis jeter l'eau dans la piscine, et les donner après aux religieuses ou personnes pieuses, pour les blanchir entièrement, avec la permission de ceux qui peuvent la donner: les vaisseaux dans quoi on les lave, ne doivent servir à autre chose.

Les tabernacles doivent être richement ornés au dehors et au dedans, et de temps en temps il en faut ôter la poussière. Les clefs en devraient être dorées, et on ne doit jamais les laisser dans les églises, ni autre part, sans être enfermées sous la clef, que le curé doit porter. On les laisse sous prétexte qu'elles sont cachées en de certains lieux : mais nous en savons le danger, et les outrages qui en sont arrivés au corps adorable du Sauveur; ayant tenu entre nos mains une hostie consacrée, que l'on avait prise pour faire des maléfices, et qui était enveloppée dans un morceau du cierge pascal, que l'on devrait tenir pour ce sujet enfermé après l'office, et Je rompre après la fête de la Pentecôte. De quelque côte que l'on se tourne, partout l'on remarque un délaissement effroyable de Dieu, et de ce qui le regarde. Hélas! si l'on prenait au moins autant de soin de son sacré corps, comme l'on fait de son argent; néglige-t-on les clefs des coffres où il est gardé.

On ne doit bénir du [tain, qui se distribue aux fidèles durant la messe, que ce qui est nécessaire; et comme cela tient lieu de la sainte communion, on le doit distribuer également, et n'en donner que ce qui suffit pour être mangé dans l'église. C est une horreur extrême de voir des Chrétiens disputer à qui en aura des premiers, dont il arrive quelquefois des effets funestes. C'est le profaner que d'en vendre, des pièces au

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Îirofit de la fabrique ; et on ne doit pas soufrir que ceux qui le coupent, s'en réservent une partie pour servir à leur table.

Les cimetières, qui sont solennellement bénits, sont des lieux saints qui ne doivent servir à aucun usage profane, comme à y étendre du foin, du grain, du linge, ni à y faire aucun travail. Non -seulement on n'y doit pas mettre des botes pour paître , mais l'herbe môme ne doit pas être vendue pour leur nourriture. L'on n'y doit pas planter d'arbres fruitiers, sous prétexte que la fabrique en tire quelque revenu. Tous ces abus sont défendus par l'un des conciles de Milan, qui défend • encore expressément qu'on y élève des sépulcres magnifiques, comme aussi ceux qui sont environnés d'armes et enseignes, et à plus forte raison dans les églises, et il déclare que c'est un abus qui ne se doit tolérer, que des corps puants et infects soient honorés comme s'ils étaient des reliques des saints. Il défend encore que l'on y demeure pour y causer; car ce sont des lieux où l'on ne doit penser qu'à la mort. Les tombeaux qui y sont, sont appelés des monuments, parce qu'ils avertissent les vivants de la mort et de prier pour les trépassés. Dans plusieurs lieux de la campagne les habitants y vont tous faire leurs prières pour leurs amis décédés, sur leurs tombeaux, avant que d'entrer dans l'église, et de même en sortant : c'est une coutume très -pieuse, très-sainte, et il serait à désirer qu'elle fût établie partout.

Saint Charles s'était beaucoup appliqué à empêcher les profanations des cloches, qui sont bénites avec des cérémonies très-saintes, et c'est même l'une des fonctions d'un ordre que l'évêque donne, que de les sonner.

C'est pourquoi ce grand saint exhorte les princes et les magistrats, de ne pas permettre qu'elles soient employées pour aucun usage profane, comme pour avertir des assemblées où. l'on plaide, ou de la retraite dans ies villes de guerre. On ne doit pas tolérer que les femmes séculières les sonnent, comme il se pratique en quelques endroits aux baptêmes et aux fêtes de Pâques, où ceux qui ont le soin des cloches, pour un gain sordide, les laissent monter au clocher pour ce sujet, et souvent avec des garçons, ce qui ne se fait guère sans insolence, et ce qui est entièrement les profaner, les faisant servir au pur divertissement des personnes qui les sonnent.

i II n'est pas à propos de permettre qu'on les sonne durant toute la nuit le jour de la mémoire des trépassés , à cause des désordres qui en arrivent dans les campagnes en présence du très-saint sacrement de l'autel. Il suffit de les sonner jusqu'à neuf ou dix heures du soir et le lendemain de grand matin. Il serait à désirer, dans les mêmes campagnes, qu'il y eût des personnes destinées pour sonner les cloches, quand les processions y viennent, et qu elles tirassent les conJes au haut du clocher, pour empêcher mille irrévérences que des jeunes gens y commettent , et qui précèdent souvent la

procession pour s'y divertir. Il faut aussi \eiller que les enfants ne badinent pas et ne se jouent point avec les cordes. Il serait à souhaiter qu'elles fussent enfermées dans les clochers, ce qui ôterait grand nombre d'irrévérences qui se font par les sonneurs en présence du corps adorable de notre Sauveur. J'ai su qu'en des églises cathédrales, ces gens sonnant durant toutes les messes de certains obits , causaient incessamment avec impudence, et dans le temps même de l'élévation de la divine hostie. Ohl qu'il vaudrait mieux que ces coutumes fussent abolies, puisque la maison de Dieu et son corps sacré en sont si indignement profanés 1

C'est ce corps que le Verbe s'est uni par un excès d'un amour incompréhensible, s'anéantissant soi-même, comme parle l'Apôtre [Phil. h, 7) ; et c'est ce même corps que son amour, qui ne se peut rebuter, nous laisse toujours sur nos autels , y continuant ses anéantissements, et en portant de nouveaux, qui feront l'étonnement de toute la bienheureuse éternité. C'est pour les hommes qu'il Jes soutfre,et les hommes y pensent bien peu ; et ce qu'à peine oserait-on penser, ils les négligent même par une insensibilité inconcevable. Cependant une seule, et la moindre de toutes ces humiliations demanderait avec justice les attentions de toutes les créatures du ciel et de la terre ; et toutes ensemble devraient sacrifier mille vies, s'ils les avaient, pour l'empêcher.

Que l'on ne s'étonne pas si j'en parle , si j'en écris, si je répète en plusieurs des livres que la divine Providence m'a fait donner au public, ce que j'en ai dit. J'estimerais à une faveur inestimable, si par tout ce qu'il plaît à- notre bon Sauveur me faire la grâce d'écrire, j'empêchais la plus petite irrévérence de celles qui se commettent à l'égard de son corps adorable , 11 s'en commet par les prêtres qui, eu montrant la divine hostie aux peuples , l'élèvent au-dessus de leur tête, ou vis-à-vis de ces bords larges de bois qui servent à soutenir les parements, que l'on devrait ôter, comme nous l'avons dit, ou qui doivent être couverts du corporal; car autrement les particules sacrées qui se détachent de la sainte hostie, ne tombant pas sur le corporal , sont profanées. Il faut donc prendre garde à l'éleverde telle manière que, s'il s'en détache , elles y soient reçues ; comme aussi à remuer la sainte hostie doucement , et ne la pas rompre brusquement sur le calice, mais à trois fois , commençant à la plier par le haut, puis par le milieu et par le bas; autrement, particulièrement dans le temps de sécheresse ou de gelée, si on la rompt tout à coup, il en tombe des fragments sur les bords du calice et quelquefois plus loin. C'sst aussi ce qui arrive quand l'on frappe de la patène sur les calices pour les y mettre, parce que la patène est plus large que la coupe.

Les saintes rubriques ordonnent de recueillir avec soin les fragments qui peuvent être sur le corporal, ce que plusieurs négii-

gent, ne prenant presque pas la peine d'y regarder, ou le faisant à la hâte, en usant de ix même manière à l'égard de la patène, qui ne doit pas être purifiée du coin, et à côté de l'index , parce que ne regardant pas aux saintes particules qui s'attachent à cette partie, et l'ablution n'allant pas jusqu'au-dessous et à côté de ce doigt, ellesy demeurent, et tombent ou se perdent dans le purificatoire, surtout à l'égard des patènes qui ont les bords fort larges, contre l'ancien usage, et ce qui ne doit pas être, parce que J'extrèmité avance par delà le milieu du doigt : . outre que l'on ne peut pas prendre le calice ou la palle sans s'exposera perdre les espèces consacrées, puisqu'on les prend entre •es doigts dont l'on a purifié, et par le même endroit; ce qui a lieu à l'égard de ceux qui purifienUa patène avant que de donner la communion au peuple; c'est ce qui ne se doit pas faire. Pour remédier à ces inconvénients, il faut purifier la patène du plat du doigt ; et si par mégarde on avait fait le contraire, en ce cas il faudrait de l'autre main faire tomber les fragments s'il en était resté au-dessous, et au côté de l'index, et pour ce sujet y regarder , et la rubrique du Missel romain ordonne, non-seulement que l'on aura grand soin des particules qui sont sur la patène, mais encore de celles qui peuvent être attachées aux doigts. C'est une bonne pratique, toutes les fois qu'ils. ont touché à la divine hostie, de les purifier doucement sur Je calice.

Quand on communie le peuple, il faut faire verser le vin de la première ablution dans le calice , avant que de faire tomber les saintes espèces, parce que, venant à remuer et verser le vin du calice où elles sont, elles viennent à monter, et s'attacher audessus du vin aux côtés; et ainsi elles se perdent , à moins que la dernière ablution ne fût en grande quantité , et ne surpassât l'endroit où elles sont, ce qui n'arrive pas ordinairement : il faut aussi faire tomber dans le milieu de la coupe les fragments pour la même raison et non pas vers les bords.

11 arrive beaucoup d'irrévérences à l'égard du corps de notre divin Maître, lorsqu'en communiant les peuples on porte la sainte hostie assez loin d'ordinaire sans la tenir sur la patène, ou sur le ciboire , l'expérience faisant voir tous les jours que plusieurs particules s'en détachent ; ainsi de la sorte elles tombent par terre au milieu de la poussière, et sont foulées aux pieds. Le haut ces balustres où l'on eommunie, et qui est fort large, est très-incommode pour cela, parce qu'on a de la peine à approcher de la bouche de ceux qui y sont pour participer aux divins mystères, le ciboire ou la patène. La nappe dont on se sert ne peut pas remédier à ces humiliations extrêmes d'un Dieu, parce qu'on n'y peut pas discerner les petites particules , et de plus qu'on n'y regarde pas même ; et davantage , comme on la laisse tomber en la quittant, s'il y en avait, elles seraient jetées par terre.

Le remède serait d'avancer le ciboire près le menton. Ceux qui ont des couvercles attachés y sont fort propres ; mais comme ils reçoivent les sacrées espèces , il faut de temps en temps y regarder pour les faire tomber dans le*ciboire, ce qu'il ne faut pas faire avec le purificatoire , ce qui serait une irrévérence considérable. C'est un saint usage en plusieurs monastères de religieuses, d'avoir une espèce de grande platine d'argent doré, qui couvre le passage de la grille de la communion , que le prêtre rapporte ensuite et qu'il purifie , et où pour l'ordinaire il se trouve des particules sacrées, qui auraient été sans cela perdues. Le remède à ces profanations est facile dans ces maisons où l'on fait bien d'autres dépenses qui ne sont pas si nécessaires; car y en peut-il avoir de plus pressées? toutes les décorations des églises n'en approchent pas. Mais il faut ici remarqner l'abus de quelques religieuses, c qui, s'approchant de la communion vivifiante du corps du Seigneur du ciel et de la terre, se tiennent éloignées de la platine ou plaque d'argent doré. Elles doivent tenir leur bouche vis-à-vis , et le prêtre de son côté tenir le ciboire tout proche, afin qu'il n'y ait point d'intervalle. Un autre abus que j'ai remarqué, est que de certains prêtres rapportant la patène ou plaque d'argent , à peine y jettent-ils les yeux; ce qui a donné occasion à quelques religieuses d'y regarder elles-mêmes, et de prendre avec leur langue, avec respect, les divins fragments qui restent ; ce qui se fait par la dernière qui communie, qui est ordinairement l'une des sacristines. Je conjure ici messieurs les visiteurs et supérieurs des communautés religieuses, d'employer leurs soins pour établir le saint usage dont nous parlons. Il est en leur pouvoir d'empêcher ces irrévérences du corps d'un Dieu : ils n'ont qu'à parler et à donner des ordres.

Il faut prendre garde à ne pas trop remplir d'hosties le ciboire, à raison de l'haleine forte de certaines personnes qui en ont fait tomber, ou du vent, ou de quelque autre accident. 11 est bon aussi de temps en temps de le vider entièrement, parce que si on en laisse d'anciennes, souvent elles sont pleines de particules qui sont tombées des autres; et ainsi il y a du péril d'en communier. On peut cependant un peu secouer la main quand on en remarque, ou bien qu'on les sent, afin qu'elles tombent dans le ciboire et non pas par terre. Elles doivent être assez grandes, afin que le prêtre, enjjcoiumuniant, ne touche point la bouche et ne mouille pas ses doigts de la salive.

Après la communion des peuples , il faut ramasser les fragments sur le corporal, ce que plusieurs oublient de faire. L'on doit avoir soin qu'il n'y ait ni trous, ni dentelle, ou s'il y en a, qu'elle ne soit large que d'un doigt : il est mieux qu'il n'y en ait point du tout. C'est un grand abus, qui est assez ordinaire parmi les religieuses , de voir des corporaux qui ont des dentelles très-grandes contre leur fin ; car quel moyen de retirer

DE LA SAINTETE DE L'ETAT ECCLESIASTIQUE. — CHAI». IX

de ces dentelles les saintes particules qui y tombent, et sont-elles propres à les recevoir? Comme cet abus est contraire à l'intention de l'Eglise et a de grands inconvénients à l'égard du corps du Sauveur, il ne doit être en aucune manière toléré , et les supérieurs et visiteurs des lieux y doivent remédier. Quelques-uns estiment que l'on pourrait mettre un corporal aux grilles des religieuses pour la sainte communion ; mais l'usage des patènes dont nous avons parlé est plus propre et plus assuré. Il est plus aisé d'y discerner les saintes espèces; et de plus plusieurs prêtres les rapporteraient sans y regarder exactement ; et de la sorte le corporal servant à la célébration d'une autre messe, elles seraient emportées par le voile (73).

Quand l'on consacre de nouvelles hosties, s'il en était resté, il faut faire en sorte qu'elles soient les premières usées, et ainsi les mettre au-dessus des nouvelles. Mais il est plus à propos, comme il a été dit, de n'y en point laisser du tout; et pour ce sujet on n'en doit pas consacrer un si grand nombre à la ibis.

Après la communion des peuples, il faut voir avec soin s'il y a quelques fragments aux doigts, et mouvant le bout du pouce avec l'index, les faire tomber dans le ciboire, si c'est après la messe. Plusieurs par une négligence criminelle, vont droit à la piscine ou au petit vaisseau qui est sur l'autel, et y lavent leurs doigts, jetant de la sorte le corps du Sauveur dans l'eau.

Une difficulté se présente ici, touchant la communion que quelques-uns donnent le jour de la sainte Nativité de Notre-Seigneur en des chapelles où ils célèbrent, et où il n'y a ni tabernacle, ni ciboire; car s'ils la donnent après la première ou la seconde messe, où mettront-ils les particules sacrées, puisque l'on n'y prend point d'ablution. On ne peut pas les mettre dans le calice, carie corps de Jésus-Christ y serait avant la consécration. Si on laisse une partie du sang précieux pour le prendre et les y faire tomber auparavant, il est difficile et dangereux qu'en tombant, comme il reste peu des espèces consacrées du vin, elles ne s'attachent aux côtés du calice. 11 n'est pas aussi aisé de les recueillir les unes après les autres avec les doigts pour les prendre en la bouche, à raison du temps qu'il y faudrait employer, et de plus, de la salive dont les doigts auraient été mouillés les premières fois : ces choses cependant paraissent les uniques remèdes. Il serait donc à désirer que, dans les chapelles où il n'y a point de ciboire, on n'y communiât ce saint jour qu'à la dernière messe, ou plutôt que tout le monde communiât aux seuls autels où il y aurait des tabernacles et des ciboires.

Il est encore dangereux de frotter les doigts de prime abord après la communion contre les bords du ciboire, à moins que d'a-

voir fait premièrement tomber les fragments, car ils pourraient demeurer sur le bord, et en y mettant le couvercle tomber dehors. L'on doit pareillement veiller à ne pas remplir d'hosties les petites boîtes d'argent que l'on donne aux pauvres villages, ou dont l'on se sert pour porter le viatique aux malades ; car le couvercle se trouve plein de particules qui s'en détachent et qui s'y attachent; et comme plusieurs n'y prennent pas garde, et qu'en l'ôtant ils le renversent, elles tombent et sont profanées. Jamais donc il n'y en doit avoir qui puissent toucher le couvercle. L'on doit encore avoir soin qu'il ne reste point de particules sacrées ni aux cristaux, ni au dedans, ni autour du croissant du soleil, où le très-saint sacrement de l'autel est exposé ; et il ne faut pas, quand l'on en veut conserver la divine hostie, la laisser dans le croissant et la mettre en cette manière dans le ciboire au milieu, ou au-dessus des autres hosties ; il faut auparavaut en ôter le croissant, à quoi plusieurs ne pensent pas, ni aux irrévérences qui peuvent en arriver à raison des fragments divins qui peuvent s'arrêter au croissant, i

Ceux qui célèbrent en hiver de grand matin, ou en des lieux très-obscurs, et qui ne se servent pas de chandelles, exposent manifestement le très-saint sacrement à la profanation, la lumière des cierges, qui ne sont pas assez proches, ne suffisant pas pour découvrir les espèces sacrées. Les prêtres aussi, qui sont fort avancés en âge et qui ont la vue faible, doivent veiller avec plus d'attention à n'en laisser perdre aucune : mais s'ils prennent |des lunettes pour lire, pourquoi ne s'en serviront-ils pas pour une chose incomparablement plus nécessaire? Ceux qui ont la vue courte doivent employer plus de soin et plus de temps que les autres, et regarder de près, et à la patène, et au corporal, et à leurs doigts ; et s'ils consacrent les hosties sur le corporal, ne les pas mettre si au derrière, afin qu'ils puissent approcheleurs yeux plus facilement de l'endroit où ils ont consacré, ou retirer le calice un peu à côté quand il faut recueillir lesfragmenis de cet endroit, alin d'y pouvoir regarder de plus près. Car enfin y.a-t-il raison qui puisse donner lieu d'exposer à l'irrévérence le Dieu d'infinie majesté ?

L'eau qui a servi à purifier les doigts, doit êtrejetéedansla piscine, et jamais parterre ; ainsi on ne doit pas les purifier dans le bassin qui sert à laver. Saint Charles, conformément au Rituel romain, ordonne que le prêtre usera cette ablution s'il a célébré.

Enfin, pour ne rien oublier des soins que l'on doit apporter pour empêcher de nouvelles humiliations au corps adorable du Seigneur de toutes choses, il est bon d'ôter les fragments des hosties avant que de les porter à l'autel ; et pour cela il faut les faire agiter et les mouvoir dans une boîte qui soit

(75) Pour éviter cet inconvénient , il ne faut déplier le corpond Qu'à roifortoire; o:i le replier

sons le pied du calice, en sorte que le dedans \u\ puisse être touché par le voile.

ŒUVRES COMPLETES DE BOUDON

de bois sec, ou de fer-blanc, pour les mieux faire sortir. Le prêtre aussi peut passer Ja main par-dessus pour les faire tomber; et afin qu'elles se coupent plus nettement, il faut les mettre auparavant dans un lieu humide, comme dans une cave en quelque boîte :'mais il faut prendre garde qu'elles soient bi^n faites, car il y a des personnes qui y travaillent si mal, qu'une grande partie s'en va en parcelles.

Nous nous sommes étendu sur cette matière, estimant que l'on ne peut apporter trop de précautions à une chose de telle importance. Ah 1 si pour un seul degré de gloire de Dieu, des millions de mondes devraient être sacrifiés, que doit-on faire, que doit-on penser pour empêcher tous les jours une infinité de profanations, au moins matérielles, qui regardent immédiatement sa divine personne? Si le zèle de la maison du Seigneur nous doit dévorer, quel est celui qui nous doit consumer pour son sacré corps? Sans doute que tous ceux qui ont quelque supériorité dans l'Eglise, ^peuvent beaucoup contribuer à des choses qui le touchent de si près, comme les prélats, les archidiacres dans leurs visites, les supérieurs et visiteurs des communautés ecclésiastitiques et religieuses, et les pasteurs des paroisses, par des ordonnances, avis et sujets de conférence. Quelques personnes mêmes de doctrine et de piété ont pensé que ce serait un digne sujet de zèle des personnes qui peuvent avoir quelque accès auprès du Souverain Pontife, afin d'en obtenir quelque règlement pour toute l'Eglise universelle.

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