ECCLESIASTIQUE. — CHAP. XL
que nous savons certainement. C'est d'un enfant, qui venant au monde y parut comme un grand et gros poisson, en avant entièrement toute la forme depuis la tête jusqu'à la queue. Il semblait ensuite qu'il n'y avait pas à délibérer si on l'étou lierait : néanmoins par une conduite secrète, mais miséricordieuse de la divine Providence, quelqu'un ayant pris un couteau et faisant doucement une incision à ce poisson, il aperçut de la chair comme celle d'un enfant ; ce qui Tayaut obligé à la faire plus grande, on connut que c'était véritablement un enfant qui était entièrement enveloppé sous la forme de ce poisson, il fut baptisé; il a vécu et il a été prêtre, et nous l'avons connu.
C'est encore l'un des soins des pasteurs d'enseigner aux peuples les grâces et les vertus du sacrement de l'extrême-onction, et de les tirer de l'erreur où ils sont quil faut mourir quand ils l'ont reçu; ce qui est cause qu ils diffèrent toujours à le recevoir, et qu'ils ne le reçoivent qu'avec crainte. Ce qui est contre l'une des fins de l'institution de ce sacrement que Notre -Seigneur a établi" pour expier les péchés et les restes des péchés; mais aussi pour rendre la santé corporelle au malade, lorsqu'elle sert au salut de l'âme. C'est de la sorte que l'explique le saint concile de Trente; et il y en a plusieurs qui ont été guéris de leurs maladies par ce sacrement, qui seraient morts s'ils ne l'avaient pas reçu. Or il suffit, pour Je recevoir, d'être en danger de mort par une griève maladie, et l'on ne doit pas attendre que l'on soit à l'extrémité : d'où il arrive que souvent l'on part de ce monde sans en être fortifié, ce qui est un grand malheur; ou bien que l'on se prive de beaucoup de grâces que l'on aurait reçues par l'application que l'on aurait eue à Dieu lorsqu'on le donne, et dont l'on est privé lo recevant lorsqu'on n'a plus l'usage de la raison.
Enfin les pasteurs, pour s'acquitter véritablement de leurs charges,' doivent exceller dans l'amour de Dieu; car tout est passible à celui, qui a le saint amour. Ils doivent avoir en vue ses divins intérêts dans leurs emplois, ils les doivent chercher et ils s'y doivent attacher, renonçant saintement a leurs propres intérêts et à toute recherche d'un gain sordide. Saint Augustin enseigne que ceux qui travaillaient à L'arche ^ue Noé fit bâtir, étaient une figure des pasteurs mercenaires. Ils travaillaient à l'arche, parce qu'on leur payait leur travail et qu'ils y trouvaient un. intérêt temporel ; et pas un de ces ouvriers n'y entra et fut sauvé. 11 en ira de même dit ce Père, de ces pasteurs; en cherchant leurs intérêts, ils se perdent en travaillant au salut des autres. 11 y en a peu qui ne soient très-ponctuels Jans la recherche des honneurs qu'ils prétendent des droits, des privilèges ■ du bénéfice et de l'office. On se tourmente, l'on plaide, l'on emploie son argent pour ces droits. Ahi Dieu , si l'on avait le même empressement pour les intérêts de Dieu, et
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pour conserver ses droits dans les âmes ! Mais l'aveuglement de quelques-uns est infiniment déplorable, qui, bien loin de s'acquitter de leurs devoirs, sont dans l'impuissance de satisfaire à leurs obligations. Ils pensent s'excuser , en disant qu'ils font tout de leur mieux ; mais si tout ce qu'ils peuvent faire n'est pas suffisant pour s'acquitter de leurs obligations , seront-ils quittes pour cela au redoutable jugement de Dieu, du tort qu'ils font à sa gloire et des maux qui en arrivent aux âmes? Us disent qu'ils n'ont pas facilité de parler, et qu'ainsi ils ne peuvent pas instruire, ni exhorter, ou qu'ils ont des infirmités corporelles qui les empêchent de donner les secours à leurs peuples qui leur sont nécessaires. En ce cas, ils sont obligés d'avoir un vicaire et un vicaire qui remplisse dignement tous leurs devoirs, et s'ils ne le peuvent pas, que le revenu de la cure ne soit pas suffisant, il faut qu'ils quittent leur bénéfice. O ténèbres de l'esprit de l'homme, que vous êtes surprenantes 1 Un tailleur, un cordonnier, qui, en faisant tout de leur mieux, ne pourraient pas bien faire des habits et des .souliers , ne seraient pas soufferts s'ils se servaient de cette excuse ridicule; et néanmoins il ne s'iigirait que d'habits et de souliers qui seraient gâtés; et l'on voudra qu'elle soit supportable lorsqu'il est question du prix du sang d'un Dieu, du bonheur ou malheur éternel des âmes. Cet aveuglement se trouve même dans quelques pasteurs, qui ne sont pas éloignés de leur mort par leur âge fort avancé ; et c'est dans ces ténèbres qu'ils achèvent leur vie, qu'ils la finissent sous le malheureux prétexte qu'ils ont besoin des revenus de leurs cures pour vivre, faisant peu de réflexion sur ce qu'il leur doit arriver dans l'éternité. 0 éternité 1 6 éternité ! que tu entres peu dans l'esprit des hommes !