CHAPITRE VII
Le Chrétien est fait enfant de Dieu.
Dieu est bien peu connu. Si l'on était un peu pénétré de ce qu'il est, on verrait que les moindres choses de son service sont quelque chose de plus grand que toutes les grandeurs de la terre. Si les olliciers des monarques tiennent à grand honneur d'être dans leur service, la qualité la plus glorieuse que nous pouvons espérer, serait d'être serviteur de Dieu. Nous avons déjà parlé de ce sujet dans l'un des chapitres précédents, disons encore ici que les saints de l'une et de l'autre loi n'ont rien ambitionné avec plus d'ardeur. Le grand Apôtre met sa gloire à se qualifier serviteur de Jésus-Christ, c'est ce qu'il ne peut se lasser de répéter dans ses Epitres ; et le souverain pontife prend la qualité de serviteur des serviteurs de Dieu.
Mais lorsque la plénitude des temps est venue, dit l'Apôtre (Galat. iv, k et seq.), Dieu a envoyé son Fils qui a été fait d'une femme ; il a été soumis à la loi, afin qu'il rachetât ceux qui étaient sous (a loi,et que l'adoption des enfants fût accomplie en nous; mais cette adoption passe celle de tous les hommes; car l'adoption humaine ne peut transmettre
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ni le mérite, ni l'esprit de l'adoption dans l'enfant adoptif pour être le principe des** vie, l'esprit de son esprit, l'exemple de s» conduite et la raison de toutes ses actions» ce que fait l'adoption divine. C'est pourquoi l'Apôtre dit encore : Parce donc que vous êtes les enfants de Dieu, il a envoyé dans vos cœurs l'esprit de son Fils, qui crie : « Abba, » mon Père (lbid.,6), à raison que les enfants caressent leur père et le flattent par ce nomde tendresse.
Après cela, l'Apôtre conclut {Ibid., 31) que nous ne sommes plus serviteurs , mais lesfils de Dieu. Quel honneur, quelle gloire d'avoir un Dieu pour père ! Quel avantage d'avoir un même père avec Notre-Seigneur Jésus-Christ! Ainsi ce bon Sauveur ordonne à sainte Madeleine de dire à ses frères (c'est de la manière qu'il qualifie ses disciples) : Je vas monter à mon Père et à votre Père. (Joan. xx, 17.) Et dans la prière qu'il leur enseigne, il veut qu'ils appellent Dieu, leur Père. O faveur qui excède toute faveur, qu'un homme appelle Dieu son Père ; et que non-seulement, il l'appelle son Père, mais qu'en vérité il soit son enfant I
Voyez-vous, nous crie le disciple de l'amour, le disciple si aimant et si aimé, l'aimable saint Jean l'évangéliste (I Joan. m, 1), tous les Chrétiens lui devraient avoir une dévotion singulière. Quel est le don de la charité du Père envers nous, de faire que nous soyons appelés ses enfants, et que nous le soyons en effet? Mais ce don de Dieu ne regardé pas seulement quelques-uns des Chrétiens, comme les dons du Saint-Esprit, comme parle l'Apôtre aux Corinthiens (ICor. xii, 8), à qui il écrit.: L'un reçoit, par le Saint-Esprit, le don de parler avec sagesse ; un autre de parler avec science, par ce même Esprit; un autre le don de la foi par cet Esprit; un autre reçoit, du même Esprit, la grâce de guérir les malades, un autre le don de faire des miracles, un autre le don de la prophétie, un autre le discernement des esprits, un autre le don de parler diverses langues, un autre de les interpréter ; tout cela est produit du même Esprit, qui distribue ses dons à chacun selon qu'il lui plaît.
Le don de la charité du Père envers nous, de faire que nous soyons appelés ses enfants et que nous le soyons en effet, est commun à tous les Chrétiens sans aucune exception. C'est ce que l'Apôtre, écrivant aux Galates (m, 26), leur enseigne par ces paroles : fous êtes tous enfants de Dieu par la foi qui vient de Jésus-Christ. — Celui qui a fait le monde, dit le disciple bien-aimé, adonnéàtous ceux qui l'ont reçu, la puissance de devenir enfants de Dieu, à tous ceux qui croient en son nom; qui ne sont point nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu. (Joan. i, 10, 12.) Nous sommes sa race, dit saint Paul [Act. xvn, 28) dans l'Aréopage. O vérité indubitable ! puisqu'elle nous est attestée par la Vérité môme, et dont il n'y a aucun lieu de douter. Mais nous pou-