CHAPITRE PREMIER
L'ignorance de grand nombre de Chrétiens , particulièrement des peuples de la campagne , à l'égard des vérités de la religion.
La vie éternelle', dit notre grand iMaître (Joan. xvn, 3), consiste à connaître un Dieu et Jésus-Christ qu'il a envoyé. On ne peut donc parvenir à la vie éternelle sans cette connaissance, et elle est d'une nécessité si indispensable que l'Angélique docteur enseigne, qu'au défaut d'un prédicateur, Dieu enverrait un ange pour en instruire une personne qui ne l'aurait pu apprendre, et qui d'autre part aurait gardé la loi naturelle; car sans la foi , dit l'Apôtre (Bebr. h, 6) , il est impossible d'être agréable à Dieu. Quiconque s'approche de lui, doit croire qu'il y a un Dieu et qu'il récompense ceux qui le cherchent; il faut savoir qu'il est juste, qu'il y a un paradis pour les bons et un enfer pour les méchants ; on ne doit pas ignorer les lois fondamentales et les principaux points de notre sainte religion.
C'est pourquoi le Fils de Dieu a envoyé ses apôtres les prêcher par tout le monde (Marc, xvi, 15), et il a suscité des hommes apostoliques dans la succession des siècles, pour les publier par toute la terre. C'est ce que nous voyons encore s'accomplir heureusement dans nos jours par de zélés missionnaires de différents ordres de religieux et particulièrement par les religieux de la Compagnie de Jésus, qui annoncent l'Evangile jusque dans les extrémités de la terre, supportant de grands travaux, faisant beaucoup de voyages, s'exposant à toutes sortes de périls dans les villes, dans les déserts, sur les rivières , sur la mer, en péril de la part des nations, dans l'affliction, dans la douleur, dans de longues veilles, dans la faim, dans la soif, dans beaucoup de jeûnes, dans la nudité, étant battus, emprisonnés , chargés de chaînes , et perdant quelquefois la vie parmi tout ce que la barbarie peut inventer de plus cruel, comme il est arrivé dans les commencements de la mission du Canada.
Dieu même a voulu donner quelque part
ŒUVRES COMPLETES DE BOUDON
à la publication de son Evangile à déjeunes personnes qui demeuraient ensemble il y a environ cinquante ans; c'étaient de jeunes gens qui fréquentaient les congrégations de la très-sainte Vierge établies au collège des Pères Jésuites à Paris; et c'est dans ces assemblées de piété et sous la protection d'une si puissante protectrice, par ses charitables intercessions auprès de son Fils bien-aimé, qu'ils ont reçu la grâce qui leur a été donnée, d'aller prêcher Jésus-Christ dans les Indes, dans la Chine et les autres pays étrangers. Comme Dieu a voulu se servir de la très-pure Vierge pour opérer en elle le mystère de l'Incarnation, qui est le giand ouvrage du salut de tous les hommes, ''il continue à se servir d'elle, accordant l'esprit apostolique en sa faveur et par ses prières pour donner connaissance aux peuples du salut qu'il leur a apporté, pour éclairer ceux qui sont dans 1rs ténèbres et dans l'ombre de la mort. (Luc. I, 77, 79.)
On peut dire que ces jeunes gens ont été comme une petite source qui est devenue un grand fleuve (Esther x, 5) par Je nombre des évèques et vicaires apostoliques que l'on a choisis parmi eux pour l'Orient et pour l'Occident, qui ont été envoyés dans les deux extrémités du inonde ; et c'est de ce nombre et des premiers que l'on a pris des évêques pourSiam , pour la Chine et pour le Canada, pour en être les premiers Pères. C'est ce qui a donné l'origine au séminaire des Missions-Etrangères établi 5 Paris, qui répand 1 odeur de la doctrine de l'Evangile, et qui est la bonne odeur de Jésus-Christ.
Nous nous sommes laissé aller insensiblement à cette digression , traitant de l'ignorance d'un grand nombre de Chrétiens , et particulièrement des pauvres peuples de la campagne , sujet dont nous avons écrit plusieurs fois , le réitérant, ce qui ne surprendra pas si l'on sait, et c'est ce qui m'oblige de le faire connaître, qu'ayant été l'un des premiers de ceux que la divine Providence a choisis pour les Missions-Etrangères, nous sommes demeuré en France, indigne d'une si grande grâce; car du moins avonsnous dû exhorter, pour parler avec l'Apôtre (// Tim. iv, 2j , en temps et hors de temps, toutes les fois qu'il s'en est présenté l'occasion, à prêcher Jésus-Christ et son Evangile à plusieurs Chrétiens qui ignorent les principales vérités de la religion.
Quel spectacle digne de larmes que la nuit se trouve encore au milieu des plus beaux jours de la grâce! 11 est vrai, comme nous l'enseigne l'Apôtre(£/)/ies. v, 8), qu'autrefois le pays que nous habitons n'était que ténèbres; mais maintenant, par la grâce du christianisme , nous sommes la lumière même en Jésus-Christ. Pour vous, mes frères, nous crie encore notre Apôtre (IThess. v, 4, 5), vous n'êtes pas dans les ténèbres, car vous êtes tous enfants de la lumière et du jour. Remercions Dieu le Père, qui par la lumière nous a rendus dignes de participer au sort des saints ; qui nous a délivrés de la puis-
sance des ténèbres et nous a transférés dans le royaume de son Fils, par le sang duquel nous avons été rachetés et nous avons reçu le pardon de nos offenses.
// ne nous a donc pas destinés pour être Vobjet de sa colère, mais pour posséder le salut par Notre-Seigneur Jésus-Christ qui est mort pour nous, afin que soit que 7ious veillions, soit que nous dormions, nous vivions avec lui. Ne nous endormons donc pas comme les autres, mais veillons et soyons sobres (Ibicl., 9, 10); vivez, enfants delà lumière (Ephes.v, 8, 9), car le fruit de la lumière consiste en toute bonté, justice et vérité, et n'ayez nulle part aux œuvres infructueuses des ténèbres.
Mais voici le sujet de notre condamnation : La lumière (Joan. m, 19) est venue au monde, et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière , parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Nous nous heurtons en plein midi , comme dit le prophète Isaïe ( lix , 10 ) , comme si nous étions dans les ténèbres; nous nous trouvons dans l obscurité comme dès morts, c'est pour cela que le peuple de Dieu a été emmené captif, parée qu'il n'a point eu d'intelligence ; c'est pour cela que l'enfer a étendu ses entrailles et qu'il a ouvert sa gueule jusqu'à l'iniini, et tout ce qu'il y a de puissant, d'illustre, de glorieux dans Israël, avec tout le peuple, y descendra en foule.
Or, les peuples sont sans intelligence et ils deviennent captifs des vices et des dénions, parce qu'ils sont sans instruction ; ils meurent de faim et de soif, pendant que les pasteurs qui sont dans les délices les mettent dans une nuit terrible, dans laquelle ils s'endorment et s'enivrent, parce qu'ils sont des aveugles et des guides aveugles. Or, si un aveugle, nous enseigne notre divin Maître [Joan. m, 19), en conduit un autre, tous deux tomberont dans ta fosse. C'est, comme nous venons de le remarquer, ce qui fait damner une infinité de personnes, et les pasteurs avec eux qui les conduisent.
Vérités épouvantables, mais certaines, puisqu'elles nous sont révélées par le Saint- Esprit. Dans celte vue, la divine Providence nous a fait donner un livre, intitulé la science sacrée du catéchisme ; où l'on montre les obligations que les pasteurs ont d'enseigner, et les peuples de se faire instruire; les maux qui arrivent du défaut d'instruction, les manières dont il se faut servir, afin que les instructions aient un véritable etret et les abus qui s'y commettent.
Dieu tout bon et tout miséricordieux, qui choisit ceux qui semblent sans esprit dans le monde, afin de confondre les sages, qui choisit les faibles pour confondre les plus puissants, qui se sert de ceux qui sont vils et méprisables dans le monde, et de ceux qui ne sont rien, afin qu'aucun homme w se glorifie devant lui [1 Cor. i, 27-29), ayant voulu nous prendre dans notre faiblesse, dans notre peu de capacité, dans notre abjection, dans notre rien pour être l'un des premiers, tomme nous l'avons dit, de ceux dont il s'e*t
servi pour les Missions-Etrangères ; il a bien été de notre devoir, étant resté en Europe, de travailler en la vertu de Jésus- Christ, pour y détruire l'ignorance qui s'y trouve môme parmi les Chrétiens. La divine Providence nous y a fait donner pour ce sujet le livre dont nous venons de parler, et elle a voulu que nous y ayons parlé aux peuples de plusieurs royaumes, parla traduction qui s'en est faite en différentes langues, avec une abondante bénédiction, notre bon Sauveur dans les excès de ses miséricordes à la faveur de sou immaculée Mère (nous avons raison de parler de la sorte) ne nous ayant pas voulu priver entièrement de la grâce de nos frères. Les mômes vues du besoin d'instructions et de l'obligation aux pasteurs d'instruire, nous ont fait répéter en plusieurs des ouvrages que nous avons donnés avec son divin secours, au public, les mêmes vérités; et c'est le sujet qui nous presse d'en parler encore dans celui-ci.
Après avoir donc remarqué la nécessité de la connaissance des vérités fondamentales de la religion, faisons réflexion qu'il n'y a connaissance qui nous importe davantage ; que l'on se pourrait passer de toutes les autres; mais que celle-ci est absolument nécessaire. Mais ensuite, considérons que les pasteurs sont ohligés de droit naturel, divin et humain de l'enseigner; et qu'il ne leur suffit pas de chanter la messe, célébrer les divins offices, administrer les sacrements; ruais qu'ils ont une obligation très-étroite, et sous peine de damnation éternelle, d'instruire des vérités principales de Ja religion.
Ce qui se peut faire, premièrement en ne recevant personne au mariage, ou à être. parrain ou marraine, qui ne sache les principes de la foi. Secondement, interrogeant au confessionnal de ces mômes principes, nous parlons des peuples grossiers. En troisième lieu, faisant le catéchisme publiquement : sur quoi il faut remarquer qu'il se doit faire quand les peuples sont assemblés; car, que sert d'enseigner dans des temps où ils ne se trouvent pas? On dira : Que ne s'y trouvent-ils ! je réponds que leur ignorance en est la cause; car comme ils connaissent peu de quelle importance est leur salut, ils ne s'en mettent pas en peine. Un berger i-ourt après une de ses brebis égarées; mais un Dieu nous est venu chercher du ciel icibas et y est mort pour nous ; après cela que devons-nous faire?
Il faut donc instruire les peuples, nous parlons de ceux des campagnes, dans le temps du prône, après l'évangile; car ordinairement ils ne se trouvent pas assemblés en si grand nombre à vêpres. Le catéchisme qui se fait devant ou après l'office divin a peu d'effet, parce que ceux qui ont plus besoin d'instruction ne s'y arrêtent pas. Quand il y a une messe matinale, il faut instruire tantôt à la première, tantôt à la grand'messe, parce qu'il y en a qui assistent presque toujours à la première, comme les serviteurs, bergers, et les autres à la grande; ensuite, que si l'on n'enseigne en ces deux temps
différents, plusieurs demeurent sans nourriture spirituelle. De plus, le catéchisme à la première messe est d'une (grande nécessité, à raison que se rencontrant plusieurs villages circonvoisins, dans lesquels il n'y a qu'une seule messe, tout le mende vient en foule pour entendre cette première messe, et comme il ne retourne pas a une autre et qu'il ne le peut pas même, si l'on n'enseigne la doctrine de salut dans ce temps-là, il demeure toujours dans une ignorance grossière. Davantage, dans les grandes paroisses, il faut aller de temps en temps dans les hameaux et y faire assembler dans une maison les personnes qui les habitent, sans cela plusieurs vivent dans une négligence criminelle de leur salut, à raison du peu de soin qu'ils ont de se trouver au catéchisme qui se fait dans l'église. C'est pourquoi plusieurs manuels de différents diocèses ordonnent aux pasteurs d'avoir un registre des noms de toutes les personnes qui sont sous leur charge, afin de les connaître tous, de leur parler à tous en particulier,. pour connaître l'état de leurs âmes. Le pasteur, dit le Fils de Dieu [Juan, x, 3), appelle ses propres brebis par leur nom et les conduit. Après tout, s'il se perd une seule âme par le défaut de ses soins, c'est une plus grande perte que celle de tous les royaumes ensemble et de toutes les richesses qui y sont, c'est une perte pour une éternité. Quel terrible compte les pasteurs ont à rendre 1
Voilà la première remarque; mais la seconde est la manière dont il faut instruire. Grand nombre de pasteurs se trompent beaucoup à cet égard, se contentant d'apprendre les vérités seulement par mémoire, comme l'on pourrait faire à des perroquets, sans leur en donner l'intelligence, selon la capacité de leur esprit ; ainsi il y a plusieurs Chrétiens qui n'ont les vérités de la religion que dans la mémoire : on leur fait apprendre des mots qui expriment des articles de notre foi, sans entendre ce qu'ils signifient ; ils savent les vérités comme s'ils n'y prenaient aucun intérêt, ou bien que la chose ne valût pas que l'on s'en donnât la peine; au lieu que de ce point dépend un bonheur ou un malheur éternel. Cette remarque est tout à fait considérable, et nous en savons la nécessité par de longues années, la divine Providence nous ayant fait archidiacre, il y a plus de quarante-cinq ans, sous la protection de l'immaculée Vierge Mère de Dieu : et ayant fait nos visites tous les ans, nous avons trouvé en quelques personnes une ignorance si grossière qu'on aurait de la peine à se le persuader; et si nous ne l'avions vu et entendu, il nous serait difficile de le croire, des Chrétiens qui avaient si peu de connaissance de Dieu qu'on peut dire qu'ils ne le connaissaient point.
Cependant ces gens vous diront qu'il y a un Dieu en trois personnes ; que la seconde personne s'est faite homme; qu'il y a sept sacrements, et d'autres pareilles vérités, sans avoir l'intelligence d'aucune. Et l'on pense et l'on dit que 'les peuples d'une pa-
roisse sont bien instruits, parce qu'ils répondent bien par mémoire à ce qu'on leur demande; c'est à quoi les visiteurs doivent prendre garde; nous savons des prélats qui ont.résolu d'y veiller.
Pour remédier à cet abus, il faut raisonner avec les personnes que l'on instruit, ne les pas interroger toujours en la même manière, ne leur enseigner pas trop de choses de prime abord, mais quelquefois une vérité et quelquefois une autre, insistant spécialement en la doctrine des vérités nécessaires; on enseigne après à loisir les autres vérités. Surtout il faut travailler à donner une autre estime de Dieu, et faire connaître qu'il a créé toutes choses; la dépendance absolue que nous en avons, comme tout le bonheur de l'homme, consiste dans son service. Ensuite il faut enseigner le mystère de l'Incarnation et les autres principaux mystères : l'horreur du péché, et comment il faut s'approcher des sacrements.
J'ai connu par expérience qu'il n est pas si difficile d'instruire les [dus simples et même les enfants qui ont l'usage de la raison, lorsque l'on raisonne avec eux, qu'on leur explique les vérités, qu'on les éclaire par des similitudes, pourvu qu'on leur enseigne les vérités doucement, et une vérité à Ja fois, ne leur accablant pas l'esprit de matières. Les définitions ordinaires qu'on leur apprend par mémoire leur servent de peu, car ils n'en ont pas l'intelligence. On doit apprendre l'Oraison dominicale, la Salutation angélique, le Symbole des apôtres, les Commandements de Dieu ; mais il faut toujours prendre garde que cela ne suffit pas, si l'on n'a l'intelligence des principales vérités.
La troisième remarque est que toutes sortes de personnes qui ont l'usage de raison sont en état d'être sauvées ou damnées, et qu'ainsi il ne faut négliger le salut de personne; c'est néanmoins ce qui arrive assez souvent à l'égard des enfants qu'on laisse malheureusement ou sous prétexte qu'ils sont innocents, quoique quelquefois ils aient commis des péchés notables, ou parce que l'on s'imagine qu'ils n'ont pas encore assez de lumière. On dit que l'usage de la raison leur arrive ordinairement vers l'âge de sept ans, cependant il y en a plusieurs qui l'ont bien auparavant : c'est ce qu'il faut discerner par leur lumière, et il ne faut pas penser qu'ils ne sont pas coupables de péchés, parce qu'ils ne sont pas instruits des vérités du christianisme; il suffit qu'ils discernent le bien d'avec le mal; autrement les infidèles n'offenseraient pas Dieu, qui sont néanmoins sans excuse, comme le dit l'Apôtre (Rom. i, 18), en ne suivant pas ou ne cultivant pas la vérité qui leur est manifestée par la lumière naturelle : c'est pourquoi il dit qu'ils tiennent injustement la vérité de Dieu captive.
On doit les instruire, et ensuite les confesser. L'archevêque de Cosence, dans les avertissements qu'il a donnés aux curés, livre qui a été reçu avec tant d'estime que
de grands prélats l'ont ordonné aux pasteurs par leurs statuts synodaux, veut même que dans un doute raisonnable on leur donne l'absolution sous condition : et je ne vois pas que l'on en doive faire difficulté, puisqu'on donne le baptême de celte manière, qui est aussi un sacrement.
D'autre part il faut considérer que l'obligation de l'instruction chrétienne ne s'arrête pas seulement aux enfants, mais généralement à toutes sortes de personnes; et qu'ainsi c'est un abus d'y penser satisfaire, parce qu'il y aura une école pour la jeunesse où l'on fera le catéchisme. Nous trouvons des personnes fort âgées qui ignorent les principes de la foi, et qui sont celles qui sont le plus en danger, étant plus proches de la mort.
Enfin la quatrième remarque est (nous parlons principalement pour Ja campagne, quoiqu'il soit vrai que l'ignorance se rencontre dans plusieurs personnes des villes) qu'il ne suffit pas de faire le catéchisme pendant l'Avent et le carême, autrement les vérités que l'on y apprend seront bientôt oubliées. C'est pourquoi le dernier concile général ordonne d'instruire tous les dimanches et les fêtes; sur quoi on doit beaucoup considérer que les instructions ne regardent pas seulement les vérités spéculatives, mais de plus les vérités pratiques, sans l'exercice desquelles il n'y a point de salut. La foi est de nécessité de salut; mais sans les bonnes œuvres elle est morte. 11 faut donc donner aux peuples des motifs pour la pratique des vertus, et les y animer par la crainte de la mort, des jugements de Dieu, de l'enfer, ou par la vue du paradis et principalement de la grandeur infinie de Dieu. Il est très-utile de rapporter des exemples tirés de l'Ecriture sainte, de la Vie des saints et des bons auteurs qui en ont écrit.
C'est ce qui est entièrement nécessaire, c'est l'esprit de l'Eglise, c'est ce qu'elle ordonne. Ainsi les hérétiques nous reprochent mal à propos, que nous enseignons l'Evangile dans une langue que l'on n'entend point, puisque l'Eglise commande qu'il sera expliqué dans la langue vulgaire du pays; et si les pasteurs ne le font pas, elle leur ordonne des peines dans ses conciles généraux et particuliers. Mais que ces pasteurs se souviennent du lieu qu'ils donnent aux reproches des hérétiques; qu'ils soient couverts de confusion dans leur négligence criminelle, pendant que des personnes qui sont dans l'erreur sont si appliquées à les enseigner. Davantage, que les pasteurs ne se trompent pas eux-mêmes, s'imaginant s'acquitter de leur devoir en récitant seulement leur prône : il faut toujours le répéter; on est obligé de donner la connaissanoe-<des vérités fondamentales, et d'exhorter à leur pratique. Nous ajoutons de plus, que dans les lieux où l'on ne célèbre qu'une messe, il faut prendre encore quelque autre temps propre pour les bergers, pour les serviteurs ou autres personnes qui sont obligées de