CHAPITRE V
La pratique des règles et des préceptes du chapitre précédent, confirmée par na /ameux exemple.
JI n'est rien de si aisé que de donner de belles maximes, et rien de si difficile que de les bien pratiquer. Un bon exemple, en ces matières, vaut mieux que loules les raisons imaginables. Le nombre est petit de ceux qui [lèchent, manque de savoir ce qu'il faut faire; mais la multitude est grande de ceux qui ue fout pas ce qu'ils doivent, faute desavoir appliquer les lumières de leur esprit. Jésus-Christ nous a donné pour exemple le père de l'enfant prodigue [Luc. xv passim);il ne l'a loué que pour nous dire qu'il nous le propose comme un modèle sur lequel nous devons nous former.
1. Ce bon père lit tout ce qu'il put pour empêcher que son fils ne s'échappât et ne s'éloignât de lui; mais, voyant qu'il y perdait ses peines, il commit le soin de sa conduite à la Providence, se promettant dssa bonté son retour et son changement.
Ceux qui gouvernent voudraient bien qu'on ne fît point de fautes, et souvent ce n'est pas de peur que Dieu ne soit offensé, mais par l'amoiir d'eux-mêmes; soit pour satisfaire à leur inclination que ces sorles de défauts violentent, soit par la peur d'être enfin méprisés, s'ils toléraient quelque désordre, soit par quelque autre motif secret. 11 faut imiter Dieu qui des plus légères fautes en sait tirer de grands biens.