‹ Œuvres complètes: HistoireChapitre 17 sur 124 · RÉCAPITULATION · texte numérisé non relu

RÉCAPITULATION

renseignement. Il y a un paria dans notre France d'aujourd'hui, c'est le maître d'école.

Avez-vous jamais réfléchi à ce que c'est qu'un maître d'école, à cette magistrature où se réfugiaient les tyrans d'autrefois comme les criminels dans un temple, lieu d'asile? avez-vous jamais songé à ce que c'est que l'honmie qui enseigne les enfants du pauvre ? Vous entrez chez un charron , il fabrique des roues et des rimons; vous dites : c'est un homme urile^ vous entrez chez un tisserand, il fabrique de la toile; vous dites : c'est un homme précieux; vous entrez chez un forgeron, il fabrique des pioches, des marteaux, des socs de charrue; vous dites : c'est un homme nécessaire; ces hommes, ces bons travailleurs, vous les saluez. Vous entrez chez un maître d'école, saluez plus bas; savez-vous ce qu'il hh? il fabrique des esprits.

Il est le charron, le tisserand et le forgeron de cette œuvre dans laquelle il aide Dieu : l'avenir.

Eh bien ! aujourd'hui, grâce au parri prêtre régnant, comme il ne faut pas que le maître d'école travaille à cet avenir, comme il faut que l'avenir soit fidt d'ombre et d'abrutissement, et non d'intelligence et de clarté, voulezvous savoir de quelle £açon on fait fonctionner cet humble et grand magistrat, le maître d'école? Le maître d'école sert la messe, chante au lutrin, sonne vêpres, range les chaises, renouvelle les bouquets devant le sacré cœur, fourbit les chandeliers de l'autel, époussette le tabernacle, plie les chapes et les chasubles, rient en ordre et en compte le linge de la sacristie, met de l'huile dans les lampes, bat le coussin du confessionnal, balaye l'église et un peu le presbytère; le temps qui lui reste, il peut, à la condirion de ne prononcer aucun de ces trois mots du démon. Patrie, République, Liberté, l'employer, si bon lui semble, à faire épeler l'A, B, C aux perits enfmts.

M. Bonaparte frappe à la fois l'enseignement en haut et en bas; en bas pour plaire aux curés, en haut pour plaire aux évêques. En même temps qu'il cherche à fermer l'école de village, il mutile le Collège de France. Il renverse d'un coup de pied les chaires de Quinet et de Michelet. Un beau matin, il déclare, par décret, suspectes les lettres grecques et larines, et interdit le plus qu'il peut aux intelligences le commerce des vieux poètes et des vieux historiens d'Athènes et de Rome, flairant dans Eschyle et dans Tacite une vague odeur de démagogie. Il met d'un trait de plume les médecins, par exemple, hors l'enseignement littéraire, ce qui fait dire au docteur Serres : Noms voilà di^enses par décret de savoir lire et écrire.

Impôts nouveaux, impôts somptuaires, impôts vestiaires; nemo audeat cornedereprater dm fercula cum potago; impôt sur les vivants, impôt sur les morts, impôt sur les successions, impôt sur les voitures; impôt sur le papier, bravo.

hurle le pirti bedeau, moins de Iittcs ! impôt sur les chiens, les colliers payeront • impôt sur les sénateurs, les armoiries payeront. Voili qui va être populaire! ii: M. Bonaparte en se firottant les mains. C'est l'empereur socialiste, vocifèrent les ^dcs dans les £iubourgs^ c'est l'empereur catholique, murmurent les beats dans les sacristies. Qull serait heureux, s'il pouvait passer ici pour Constandn et la pour Babeuf! Les mots d'ordre se répètent, Tadhcsion se déclare, l'enthousiasme gagne de proche en proche, l'école militaire dessine son chil&e avec des bavonnettcs et des canons de pistolet, l'abbé Gaume et le cardinal Gousset applaudissent, on couronne de fleurs son buste à la halle, Xanterre lui dédie des rosières, l'ordre social est décidément sauve, la propriété, h famille et la religion refirent, et la police lui dresse une statue.

De bronzer

Fi donc ! c'est bon pour l'oncle.

De marbre! tm es Pûfri et SMper bampUtram adificabû effigem meam ^^l

Ce qu'il attaque, ce qu'il poursuit, ce qu'ils poursuivent tous avec lui, ce sur quoi ils s'acharnent, ce qu'ils veulent écraser, brûler, supprimer, détruire, anéantir, est-ce ce pauvre honmie obscur qu'on appelle insdtuteur primaire? est-ce ce carré de papier qu'on apf>elle un journal.'^ est-ce ce fascicule de feuillets qu'on appelle un livre .^ est-ce cet engin de bois et de fer qu'on appelle une presse.^ non, c'est toi, pensée, c'est toi, raison de l'homme, c'est toi, dix-neuvième siècle, c'est toi. Providence, c'est toi. Dieu!

Nous qui les combattons, nous sonmies « les étemels ennemis de l'ordre »; fK)u» sommes, car ils ne trouvent pas encore que ce mot soit usé, des démagogues.

bans la langue du duc d'Albc, croire à la sainteté de la conscience humaine, résister à Tinquisition, braver le bûcher pour sa foi, tirer l'épée pour ^A pairie, défendre son culte, sa ville, son foyer, sa maison, sa famille, son I )iru , ( cla se nommait laguemerie; dans la langue de Louis Bonaparte, lutter l'our hi liberté, pour la justice, pour le droit, combattre pour la cause du |»»nj»r(M, (le la civilisation, de la France, de l'humanité, vouloir l'abolition

'•' On ht x\a\\% une t orrcHpondancc bona- «police, le 20 mai i8j2, entre les mains de

I'""*" • « M. Piétri, préfet de police. »

« I ,\\ « ofnniiMinn nonirnrc par les employés « Les souscriptions entre les employés, dont •I»' h |.r/(nii,,,' lie poliar a estimé que le il a fallu modérer le zcle, seront ainsi répar- Itf'.M/.. nVi.Hi |,.M .li^jnr ilr fcproduirc rimagc ties : chef de division, 10 francs; chef de .In l'ilfiM. .Vm ni riMi lire. |u*cllc»cra taillée; bureau, d francs; employés k 1,800 francs • V.,» int iMiiMilitciinVni U superposera. L'in- d'appointements, 3 francs ;k i,joo francs d'apis »l|.ilMn '.nivMnir <ir».i Ininutéc ijans le luxe pointcmcnts, 2 fr. jo; — enfin )k ipoo francs ••» Il rni/iniliiriiM* .Ir U pierre: «Souvenir d'appointements, 2 francs. On calcule que cette •mIh i»'»mi.ni i|i< li.Mllt/ mu prince président, souscription s'élèvera k plus de 6,000 francs.» " !«»/'»•' )ii«i l(«« tMiiployi** ilr U prriccturc de

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