SPOLIATION DES D'ORLÉANS
Les républicains proscrits ont quelque chose de commun avec les dynasties proscrites, c'est l'exil. Hors de là, rien. Le présent semble les rapprocher, mais l'avenir les sépare profondément. Les hommes qui souffrent à cette heure pour la République appartiennent à jamais à la République. Dans cette situation si nette et si franche, ils peuvent, quand l'occasion s'en présente, dire simplement ce qu'ils pensent des dynasties tombées à côté d'eux, les blâmer pour ce qui est blâmable, les louer pour ce qui est louable, justement et librement, car que sont-ils, sinon des hommes de justice et de liberté I
La Ëimille d'Orléans semble, dans l'œuvre immense de la régénération politique et sociale universelle, avoir une fonction analogue et parallèle à celle que remplit la iamille.Bonaparte. La révolution a marqué ces deux familles de son signe ^ elle a engendré l'une et transformé Tautre. Depuis plus d'un demi-siècle, ces deux familles, l'une venant de saint Louis, l'autre venant du dix-huit brumaire, travaillent, chacune selon la loi qui lui est propre, quelquefois sciemment, à leur insu le plus souvent, à dax>mposer l'antique idée attachée au mot prince et à dissoudre la royauté dans la nation; œuvre évidemment providentielle. Par moments, de cette action sourde et continue de dissoudre la royauté, elles passent à l'action directe et terrible; elles firappent la vieille monarchie à la tcte et lui font jaillir le sang; Philippe- Egalité guillotine Louis XVI, Napoléon fusille le duc d'Enghien. Parfois, car telle est l'infirmité misérable des hommes, outils de Dieu, instruments aveugles dans la main de celui qui voit, ces familles, la Ëimille Bonaparte en particulier, ne savent plus où elles en sont et, de parent à parent, se prennent au collet dans les ténèbres;
l'un dédit ce que l'autre a (ait. En 1849, un Bonaparte» Louis-Napoléon, £ût rentrer dans Rome la papauté qu'un Bonaparte, Canino, en a chassée.
Aujourd'hui , après avoir réduit la royauté de droit divin à un tel état de néant que, dès à présent, on peut entrevoir dans l'avenir un cardinal de Bourbon destiné à servir de pendant historique au cardinal d'York, après avoir, chacune pour sa part et dans la mesure de son aaion spéciale, £ût le xnYTjl de nivellement révolutionnaire qui doit précéder la reconstruaion sociale, les deux maisons, les d*Orléans et les Bonaparte, la Êimille princière séculaire et la £unîlle prindère parvenue, se rencontrent face à fece sur ce terrain où il n'y a plus qu'elles, — et le peuple — , et il semble qu'il soit dans les desseins de la Providence de les détruire l'une par Tautre.
( Dire cette lutte. Loyauté d'un côté, grandeur d'âme, clémence. In&mie de l'autre. )
Victor Hugo avait eu le projet d'étudier le fonctionnement du suffrage universel ainsi qu'en témoignent les notes sommaires reproduites ici et le passage entièrement rédigé sur le caractère des paysans :