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il abjure, après-demain personne ne lui contestera Itre
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je roulais iri rs Cliambéry, et, eoup .„,. „„„;
ïi'is, je n'osai my arrêt r. Je remarquai seulement, en passant, qu'un aubergiste, qui axait pris pour rue de or , aseign ■, i es mots: - Aux arn
'vé 'es trois rteurs de lis de la branche aînée
que l.i main du peuple a grattées si brutalement sur l'écusson de la branche cadette.
A trois lieues de Cliambéry, nous passâmes sous une voûte qui traverse une montagne: elle peut avoir cent cil de longueur. Ce chemin, commencé par Nanoli hi vé par le gouvernement actuel de la Savoie passage franchi, on rencontre bientôt le village des Echelles : puis, à un quart de lieue de la, une petite ville moitié française, moitié savoyarde. Une rivière trace Les frontières des deux royaumes: un pont, jeté .sur cette rivière a lune des extrémités par une sentinelle sarde' et a 1 autre par une sentinelle française Ni L'une ni L'autre n'ayant le droit d'empiéter sur le territoire de son voisin «lacune d elles s'avance gravement de chaque cote jusqu'au milieu du pont; puis, arrivées a la ligne des pavés qui en forment l'arête, elles se tournent le dos réciproquement et recommencent ce manège tout le temps que dure la faction. Je revis, au reste, avec plaisir, le pantalon garance et la cocarde tricolore qui me dénonçaient un compatriote
Nous arrivâmes à Saint-Laurent; c'est à ce village qu'on quitte la voiture et qu'on prend des montures pour gagner la Chartreuse, distante encore de quatre lieues du pays Nous n j trouvâmes pas un setil mulet ; ils étaient tous à je ne sais quelle foire. Cela nous importait assez peu, à Laniark et a moi, qui sommes d'assez bons marcheurs ; mais cela devenait beaucoup moins indifférent a une dame qui nous accompagnait ; cependant elle prit son parti Nous fîmes venir un guide, qui se chargea de nos trois paquets, qu'il réunit en un seul. 11 était sept heures et demie: nous n'avions plus guère que deux heures de jour, et quatre de marche Le val du Dauphiné, où s'enfonce la Chartreuse est di°-ne detre compare aux plus sombres gorges de la Suisse- c'est a même richesse de nature, la même ardeur de végétation le même aspect grandiose ; seulement, le chemin tout en s'escarpant de même aux flancs des montagnes ' est plus praticable que les chemins des Alpes, et conserve toujours près de quatre pieds de largeur. Il n'est donc point dange^ reux pendant le jour, et, tant que la nuit ne vint pas tout alla merveilleusement. Mais enfin la nuit s'avança' hatee encore par un orage terrible. Nous demandâmes à notre guide ou nous pourrions nous réfugier ■ il n'y a pas une seule maison sur la route, il fallut continuer notre voyage : nous étions à moitié chemin de la Chartreuse
Le reste de la montée fut horrible. La pluie arriva bientôt et avec elle Tobscurité la plus profonde. Notre compagne sattaoha au bras du guide, Laniark prit le mien et nous marchâmes sur deux rangs; la route n'était pas assez large pour nous laisser passer de front; à droite, nous avions un précipice dont nous ne connaissions pas la profondeur et au fond duquel nous entendions mugir un torrent La nuit était si sombre, que nous ne distinguions plus le chemin sur lequel nous posions le pied, et que nous n'apercevions la robe blanche de la dame, qui nous servait de qu'à la lueur des éclairs, qui heureusement étaient rapprochés pour qu'il y eut a peu près autant u le nuit. Joignez a cela un accompagnement de tondon t chaque écho multipliait les coups et quadi le bruit : on eut dit le prologue du jugement dernier
loche du couvent, que nous entendîmes, nous annonça
que nous en approchions. Une demi-heure après un
éclair nous montra le corps gigantesque de la vieille Char-
iché a vingt pas de nous; pas le moindre bruit
u entendre dans l'intérieur que celui des tlnte-
de la cloche; pas une lumière ne brillait a ses ein-
"ii eut dit un vieux cloître abandon: n
louaient de mauvais esprits.
sonnâmes. Un frère vint nous ouvrir. Nous allions
entrer, lorsqu'il aperçut la dame qui était avec nous \,,-
i referma la porte, comme si Satan en personne in.
venu visiter le couvent. Il est défendu aux chartreux de
«r aucune femme; une seule s'est intr,,
tbits d'homme, et, après son départ gUlls surent que leur règle avait été enfreinte. ,1- . .. purent, dans les appartements et les cellules où elle avait. Pied, toutes les cérémonies de l'exorcisme La perm seule du pape peut ouvrir les portes du couvent à 1 ennemi femelle du genre humain. La duchesse de Ben
0 182», obligée de recourir a ce moyen pur visiter ia chartreuse.
Nous étions fort embarrassés. lorgne [a ,,,„.,„ ,„ ,
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Villon Situé a cinquante pas du doit,, i toute voyageuse qui, comme la nôtre, vient fi
'reuse, ignorant les , re. ^s
1 I le saint Bruno
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Lit de recevoir les voyager , de 1 rvlr et de
Leur faire visiter te cuvent, il comi ,..,„,. ,,u,.,,.
quelques cuillerées dune liqueur | , Ml.s et
aestinéi i chauffer les voyageurs
"" « I était bien le cas ou nou ,,s et
jamais I oci aslon pe s'était présentée de fane ,
- élisir. Un effet, a pêne : , '}uf* ■■ ' il nous sembla que nous avi
leu, et que nous nous mîmes à courir par i comme des possèdes. en demandant de l'eau a
'le nous approcher en ce moment
une uuiierc la bouche, je crois que ,10US .„„.„„„ cl,.l.
cite ai comme i açus.
Pendant ce temps, L'àtre immense s'éclairait et la table se couvrait 4e pain et de beurre; les chartreux
non seulement font toujours maigre, mais encore le font faire a leurs visiteurs.
Au moment où nous achevions ?e repas plus que frugal, la cloche du couvent sonna matines. Je demandai au frère Jean-Marie s il m'était permis d'y assister. Il me répondit que le pain et la parole de Dieu appartenaient a tous le* chrétiens. J entrai donc dans le coin :nt.
Je suis peut-être un des hommes sur lesquels la vue des objets extérieurs a le plus d'influence, et. parmi et s objets ceux qui m'impressionnent davantage sont je crois les monuments religieux. La grande Chartreuse, surtout à un caractère sombre qu'on ne retrouve nulle part Ses' habitants forment, de plus, le seul ordre monastique que les révolutions aient laissé vivant en France: c'est tout ce' oui re <r debout des croyances de nos pères; c'es ,'re
forteresse qu ait conservée la religion sur la terre de l'incrédulité. Encore, chaque jour, L'indifférence la iniue-t-elle au dedans, comme le temps au dehors: de quatre cents qu ils étaient au xve siècle, les chartreux, au \i\« ne sont plus que vingt-sept: et comme depuis six ans ils ne se sont recrutés d'aucun frère, que les deux novices qui y sont entrés depuis cette époque n'ont pu supporter la rigueur (lu noviciat, il est probable que l'ordre ira toujours se détruisant, au fur et à mesure que la mort frappera à la porte dis cellules; que nul ne viendra les remplir lors, quelles seront vides, et que le plus jeune de ces hommes leur survivant à tous, sentant a son tour qu ,1 va sm lier, fermera la porte du cloître en dedans, et in se coucher in -même vivant dans la tombe qu'il an,., cjjeusée car le
lendemain, il ne resterait plus de bras ,,- i y porte, m0rt.
On a dû voir, par les choses que j'ai écrites précédemment, que je ne suis pas un de ci irs qui sentliou siasanent à froid, qui admirent là où leur guide leur dit d admirer, ou qui feignent d'avoir eu. devant des hommes et des localités recommandés d'avance à leur admiration des
sentiments absents de leur cœur ; non, j'ai dé] illé'mes
sensations, je les ai mises à nu pour les présenter a ceux qui me lisent; ce que j'ai éprouvé, je l'ai raconté faiblement peut-être, mais je n'ai pas raconté autre chose que ce un ,1 avais éprouvé Eh bien, on me croira donc si je dis que jamais sensation pareille à celle que j'éprouvai ne m'avait pris au cœur, lorsque je \is. au bout d un immense corn dor gothique de huit cents pieds de long, s ouvrir la porte -I me cellule, sortir de cette porte et paraître, sous les arcades brunies par le temps, un chartreux a barbe blanche vêtu de cette robe portée par s.-,,.„ Bruno, et sul. la„Ueii, huit sie.hs .,,,,1 passes sans en changer un pli. Le Lumwne savança, grave et calme, au milieu du rer, Lumière tremblotante projetée par la lampe qu il a la mam. tandis que. devant et derrière lui, toi sombre. Lorsqu'à se dirigea vers moi. je sentis m- -nibai a genoux; il m'aperçut ,: ,
posture, s'approcha avec un a,,- i, , .,. „, ,
mam sur ma tête inclinée, me dit:
— Je vous bénis, mon aïs, si vous ,--.■ ,,„ls Mnk
encore s, vous ne croyez pas
Qu on rie. si Ion veut, mais, dans e,- n aJ?ajs
pas donné cette bénédiction pour un Imne.
Lorsqu'il fut passé, je me releva je l'y suivis. La, un nouveau Toute la pauvre communale
de seize père- et ,i,- .... ,,
église, éclairée par une lampe qu et m uni,- ,
chartreux disait la messe, lateni
non point, assis i, ,aia prosternés, mais
les mains et le front sur le mari lai "i nt. voie leurs crânes nus et usés n - , Jeunes gens et ,,. .. a ,iin ;
poussé par des sentiment- di les uns par i
antres par le malheur ; ceux-ci par des passions, Ci n i le crime peut-être. Il y en avait la dont 1
leurs
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la dis-
j eau-Marie
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