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■ fois, mon père, et adieu!...
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tlon que rien ne devait longtemps résiste, ., un h inme
EN SU1SSI'.
qui avait de la persévérance et de l'or, lies premières aventures ne firent que me confirmer dans cette opinion.
>■ Au commencement du printemps de IS25, une campagne voisine de celle de ma mère se trouva à vendre ; elle lut achetée par le général M... J'avais rencontré le général dans le monde, à l'époque où il était garçon. C'étaiT un homme grave et sévère que la vue des champs de bataille avait habitué à compter les hommes comme des unités, et les femmes comme des zéros. Je crus qu'il avait épousé quelque veuve de maréchal, avec laquelle il pût parler des batailles de Marengo et d'Austerlitz. et fus récréé par l'espoir que nous promettait un tel voisinage.
« Il vint nous faire sa visite d'installation, et présenter sa femme à ma mère ; c'était une des plus divines créatures que le ciel eût formées.
« Vous connaissez le monde, monsieur, sa morale bizarre, ses principes d'honneur, qui consistent à respecter
à en saisir toutes les nuances, et j'étais bien convaincu que madame M n'aimait pas son mari. Cependant, chose qui me semblait bizarre, elle recevait mes soins avec politesse, mais avec froideur. Elle ne recherchai) pas ma présence, preuve qn elle ne lui causait aucun plaisir; elle ne la fuyait pas non plus, preuve qu'elle ne lui inspirai! aucune crainte. Mes yeux, constamment fixés sur elle, rencontraient les siei ■ lorsque le hasard les lui faisait le\.M- i. , ,.,i,.vie
ou des touches de son piano : mais il paraît qu« nus regards avaient perdu la puissance fascinatrice qu'avant Caroline quelques femmes leur avaient reconnue.
« L'été se passa ainsi. Mes désire étaient devenus un amour véritable. La froideur de Caroline était un défi ; je l'acceptai avec tonte la violence de mon caractère. Comme il m'était impossible de lui parler d'amour à cause du sourire d'incrédulité avec lequel elle accueillait mes premières paroles, je résolus de lui écrire ; je roulai un soir sa bro-
Of'fice de nuit au couvent de la Grande Chartreuse.
te fortune de son voisin, qui ne fait que son plaisir, et qui permet de prendre sa femme, qui fait son bonheur. Dès le moment où j'eus vu madame M..., j'oubliai le caractère de son mari, ses cinquante ans, la gloire dont il s'était couvert, quand nous n'étions qu'au berceau, les vingt blessures qu'il avait reçues pendant que nous tétions nos nourrices; j'oubliai le désespoir de ses vieux jours, le ridicule que j'attacherais aux débris d'une vie si belle; j'oubliai tout pour ne penser qu'à une chose ; posséder Caroline.
« Les propriétés de ma mère et celles du général étaient, comme je l'ai dit, presque contiguës ; cette position était, un prétexte à nos visites fréquentes ; le général m'avait pris en amitié, et, Ingrat que j'étais, je ne voyais dans l'amitié de ce vieillard qu'un moyen de lui enlever le cœur de sa femme
• « Caroline était enceinte, et le général se montrait plus fier de son héritier futur que des batailles qu'il avait gagnées. Son amour pour sa femme en avait acquis quelque chose de plus paternel et de meilleur. Quant à Caroline, elle était avec son mari exactement ce qu'il faut qu'une femme soit pour que, sans le rendre heureux, il n'ait aucun reproche à lui faire. J'avais remarqué cette disposition de sentiments avec le coup d'œil sûr d'un homme intéressé
derie autour de ma lettre, et lorsqu'elle la déploya le lendemain matin pour travailler, je la suivis des yeux, tout en causant avec le général. Je la vis regarder l'adresse sans rougir et mettre mon billet dans sa poche sans émotion. Seulement, un sourire imperceptible passa sur ses lèvres.
« Toute la journée, je vis qu'elle avait l'intention de me parler, mais je m'éloignai d'elle. Le soir, elle travaillait avec plusieurs dames placées comme elle autour d'une table. Le général lisait le journal ; j'étais assis dans un coin sombre d'où je pouvais la regarder sans qu'on s'en aperçût. Elle me chercha des yeux dans le salon et m'a] ,
« — Auriez-vous la bonté, monsieur, me ait-elle, de me dessiner deux lettres gothiques pour un coin de mon mouchoir, un C et un M ?
« — Oui, madame, j'aurai ce plaisir
« — Mais il me les faut ce soir, il me les faut de suite. Venez là.
« Elle écartait d'auprès d'elle une dame de ses amies et me montrait la place vide. Je pris une chaise et j'allai m'y asseoir
« Elle m'offrit une plume.
« — Il me manque du papier, madame.
« — En voila, me âll elle
« Elle me présenta une lettre pliée dans une enveloppe
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