‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 106 sur 283 · HT · texte numérisé non relu

HT

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heures <ln matin

nous mi moment

Ion, il me

voilà

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nul

âgé de fout le monde; le général me

femme plus .le liaiue cine

an an ; je vis N de sentir i

I arrivai enlin a ne

r que comme une des mille aventures dont

munie, dont on ne se sou-

iue de temp- en temps, et qu'un jour on finira

par oui

i.reno-

in ieune homme que j'avais

r visiter la ' Je vis

blte depuis six :ms. et je <t>s an

li nom de baptême de mon com-

i '. ce rioitre lorsque j'étais

it moine.

j retrouvai mes anciennes connais-

i . ■ ni même fll qui s'était

nnii madame M II me semblait que tout if i|n< raconter n'était qu'un

imuyanl a la campagne du moment avec elle, avait vendu la ; acheté un hôtel a Paris.

il, et il avait été content de mol.

r mes hommages a sa femme; mon indifférence, En entrait -, ndant une i

sortie. 1 i peu de chose, que je n'en pris aucune ude

bols et je rencontrai, pal ii sa femme

i mt de voir

eux je ii

M les

tandis

, une.

de v"i\ l'Ius affecdi i,

Frémir de irpa. .le la regard 18 mon che\ mar-

-Mie I r

laqui II lours :

ollne se retourna de imin \ enei donc ! me dit i

ne répondis

rue 'i an.

Monsieur murer cher n.uis. dit

un nu deuT M

Pardi rai, il est bien llhre

Men i i tro] Via ie

vous préférez aux nôtres, <Ii

d'un de i poui

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i1 ' m I - mon

fallu que

lui :

ellllr l'hért-

m'avait faite le général ; r celât

j'Irai n .lu général ;

EN SUISSE

ces liâmes étaient dans 1 pal On QOUS indiqua le côté où elles se promenaient : nous les >

En nous apercevant, il me sembla nue madame M... pâlissait. Elle m'adressa la parole avec une émotion a laquelle je ne pouvais me tromper. Le général accueillit Emmanuel avec cordialité, mais sa femme mit dans la ré- !i qu'elle lui fit une froideur visible. « — Vous voyez, dit-elle à son mari, en lui indiquant par un froncement de sourcils imperceptible, Emmanuel, qui avait le dos tourné, que monsieur avait besoin, pour nous venir voir, de la permission que nous lui avons donnée : •du reste, je le remercie deux fois.

Avant que j eusse trouvé quelque chose à lui répondre, elle me tourna le dos et parla à une autre personne.

Cependant cette mauvaise humeur ne tint que le temps Strictement nécessaire pour que j'eusse à m'en louer bien plutôt qu'a m'en plaindre. Au dîner, je fus placé près d'elle, et je ne m'aperçus pas qu'elle en eût conservé la moindre trace. Elle fut charmante.

« Apr.s le café, le général proposa une promenade dans le parc. J offris mon bras à Caroline : elle l'accepta. 11 y avait dans toute sa personne cette langueur et cet abandon que les Italiens appellent rnorbldezza, et que notre langue n'a pas de mot pour exprimer.

.. louant à moi, j'étais fou de bonheur. Cette passion à laquelle il avait fallu un an pour s'en aller, il lui avait suïlî d'un jour pour me reprendre toute l'âme : je n'avais jamais aimé Caroline comme je l'aimais.

« Les jours suivants ne changèrent rien aux manières de

madame M... avec moi : seulement, elle évitait un tête-a-

le vis dans cette précaution une nouvelle preuve de

sa faiblesse, et mon amour s'en accrut encore, s'il était

possible.

« Une affaire appela le général à Paris. Je crus m'apercevoir que, lorsqu'il annonça cette nouvelle à sa femme. un éclair de joie passa dans ses yeux, et je me dis à moimême :

« — Oh ! merci. Caroline, merci : car cette absence ne te rend joyeuse qu'à cause de la liberté qu'elle te donne. Oh ! à nous deux toutes les heures, tous les instants, toutes les secondes de cette absence.

" Le général partit après le dîner Nous allâmes le reconduire jusqu'au bout de l'avenue. Caroline s'appuya comme de coutume sur mon bras pour revenir ; à peine si elle pouvait se soutenir : sa poitrine était haletante, son haleine embrasée. Je lui parlais de mon amour, et elle ne s'offensait point ; puis, quand sa bouche m'eut fait la défense de continuer, ses yeux étaient noyés dans une telle langueur, qu'il lui eût été impossible de leur donner une expression en harmonie avec ses paroles.

« La soirée se passa comme un rêve. Je ne sais à quel

jeu on joua ; mais je sais que je restai près d'elle, que ses

cheveux touchaient mon visage à chaque mouvement qu'elle

. et que ma main rencontra vingt fois la sienne ;

ce fut une ardente soirée : j'avais du feu dans les veines.

« L'heure de nous retirer arriva ; il ne manquait rien à mon bonheur que d'avoir entendu, de la bouche de Caroline, ces mois que je lui avais répétés vingt fois tout bas: Je t'aime, je t'aime!... Je rentrai dans ma chambre, joyeux et fier comme si jetais le roi du monde; car demain, demain peut-être, la plus belle fleur de la création, le pus beau diamant des mines humaines, Caroline, allait être â moi : à moi !... Toutes les joies du ciel et de la terre ■étaient dans ces deux mots.

Je les répétais comme un insensé en marchant dans ma chambre. J'étouffais.

« Je me couchai, et je ne pus dormir. .Te me levai, j'allai à la fenêtre et je rouvris. Le temps était superbe, le ciel flamboyait d'étoiles, l'air semblait embaume : tout était tieau et heureux comme moi ; car on e?t beau lorsqu'on «St heureux

Je 1 irisai que cette nature tranquille, cette nuit, ce silence, me calmeraient, peut-être: ce parc où nous nous promenés toute la journée était là Je pouvais ver dans les allées la trace de ses petits pieds ent les miens: je pouvais baiser les placi elle s'était assise: je me précipitai dehors.

« Deux fenêtres seules étaient illuminées sur toute la large façade du château: c'éfaient celles de sa chambre. Je m'a mtre un arbre, et je collai mes yeux contre

les rideaux.

« Je vis son ombre: elle n'était p int encore couchée elle veillait brûlée, comme moi peut-être, de pensées et de désirs d'amour... Caroline! Caroline 1

« Elle était immobile et semblait écouter. Tout à coup elle s'élança vers la porte qui touchait presque à la fenêtre. Une autre ombre parut près de la sienne, leurs deux têtes se touchèrent, la lumière s'éteignit; je jetai un cri et je restai haletant.

» Je crus n'avoir pas bien vu, je crus que c'était un

Fe re les yeux fixés sur ce>- rideaux sombres que ma vue ne PO Le moine prit ma main et la broya dans I

— Ah : monsieur, monsieur, me di ié jaloux .'

— Vous les avez lues: lui dls-je.

11 se mit. à rire d'une manière convulsive, entrecoupant ce rire de sanglots; puis tout a coup il se leva, croisant ses et se cambrant eu arriè oussant des

cris inarticulés.

Je me levai et le pris à bras-le-corps.

— \ lyons, lui dis-Je, du courage

— Je l'aimais tant, cette femme! je lui aurais donné ma vie jusqu'au dernier souffle, mon sang jusqu'à la dernière goutte, mon âme jusqu'à sa dernière pensée! Cette femme m'aura perdu dans ce monde et dans l'autre, monsieur ! car je mourrai en songeant a elle, au lieu "de songer à Dieu.

— Mon péri

— Eh : ne voyez-vous pas que je suis toujours ainsi ; que, depuis six ans que je suis enfermé vu ulcre, espérant que la mort qui l'habite tuerait mou amour, il ne s'est point passé de journées sans que je me roulasse dans ma cellule, de nuits sans que le cloître ne retentit de mes cris; que les douleurs du corps n'ont rien fait à cette rage de l'âme?

Il ouvrit sa robe, et me montra rine déchirée sous

le cilice qu'il portait sur sa peau.

— Voyez plutôt, me dit-il

— Alors, vous les avez donc tués'? repri

— Oh: j'ai fait bien pis, me répondit-il II n y avait qu'un moyen d'éclaircir mes doutes; c'était tendre jusqu'au jour, s'il le fallait, dans le corridor ou donnait la porte de sa chambre, et de voir qui en sortirait.

« Je ne sais combien d'heures je passai là: le désespoir et la joie calculent mal le temps. Une lin e corn-

ait à paraître à l'horizon, lorsque la porte s'entr'ouvrit ; j'entendis la voix de Caroline, et, quoiqu'elle parlât voici ce qu'elle dit :

« — Adieu, mon Emmanuel chéri ! à demain !

« Puis la porte se ferma ; Emmanuel passa près de moi ; je ne sais comment il se fit qu'il n'entendit pas les battements de mon cœur... Emmanuel !..

« Je rentrai dans ma chambre et je tombai sur le parquet, roulant dans ma pensée tous les moyens de vengeance et appelant Satan à mon aide, pour qu'il m'en choisit un : je crois bien qu'il m'entendit et qu'il m'exauça Je m'arrêtai à un projet; dès lors je fus plus calme Je descendis à l'heure du déjeuner. Caroline était devant mu' glace, entreil. i chèvrefeuille dans ses cheveux: je m'avançai derrière elle, et elle aperçut tout à coup dans la psyché ma tête au-dessus de la sienne; il parait que j'étais fort pâle; car elle tressaillit et se retourna.

■ — (ju'avez vous donc? me dit

a — Rien, madame, j'ai mal dormi.

« — Et qui a causé votre insomnie? ajouta-t-elle en souriant.

.< — Une lettre que j'ai reçue hier soir en vous quittant, et qui me rappelle à Paris

■ — Pour longtemps?

« — Pour un jour

« — Un jour est bientôt p « — C'est une année ou une heure.

« — Et dans laquelle de ces deux classes rangez-vous celui d'hier?

« — Parmi les jours heureux: on en a un comme cela dans toute une vie, madame, car arrivé à ce degré le bonheur, ne pouvant plus augmenter, ne fait nue déi mitre. Quand les anciens en étaient là, ils Je ique objet

ax a la mer. afin de conjui i li 5 dtviniti Je crois que j'aurais bien fait hier soir d'agir comme eux. « — Vous êtes un enfant me dit-elle en m>: donnant le bras pour passer dans la salle à manger. liai des yeux Emmanuel: il matin pour la liasse. Oh! leurs mesin i n ar-

iiu on ne surprît pas mêm s le déjeuner, je demandai à l -e de

musique : j'avais, lui les ro-

mances i acheter Elle prit un morce cette adresse, et me la donna. Je n'i .utre

chose

» Je lis seller m -lieval. au lieu de prendre mon tilbury;

il me fallait aller

■oline lin: sur le perron pour me vol tant

qn elle put m'apercevoir, j'ai! rivé au pre-

mier déi l ventre a Is dix

lieues en deux heures.

« En arrivanl auier de ma

mi ri .. j pi i mille frac I me rendis

chez Emmanuel. Je demandai ibre ; on le

fit venir. Je fermai la porte sur nous deux et je lui dis ;

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