‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 114 sur 283 · rites \ i · texte numérisé non relu

rites \ i

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rs étaient autrefois enferme.- dans la ville et touchait

.le la prison. Une nuit, un d. mné à

riant parvi e fer, se mit

trou dans la muraille; après deux ou trois

de travail, 11 crut entendre que, du osé du

mur, on travaillait aussi à quelque chose de pareil ; cela lui

un nouveau courage. Il pensa qu'un malheureux

mer comme lui habitait le cachot contlgu, et il es-

iue. une fois réuni à lui, leur fuite commune devlen-

plùs facile, le travail étant j espoir ne

que croître à mesure que la besogne avançait ; le

travailleur caché opérait a\e< un qui paraissait lui

• r toute j les pierres détaché,

lui roulaient bruyamment ; son souffle se faisait entendre avec force Le condamné n'en sentit que mieux la nécessité puisque l'imprudence de son compagnon pouvait, d'un moment a l'autre, trahir leur évasion. Heureusement, il restait peu de chose à faire pour que le mur fût mis à jour. Une j rre seulement résistait

encore a toutes ses attaques, lor- sentit s'ébranler;

Ile roula du côté opposé La fraîcheur m extérieur pénétra jusqu'à lui; il vit que ce secours ré qu'il avait reçu venait du dehors, et, ne voulant de temps il se mit en devoir de passer par . rture qui lui était offerte d'une manière si inattendue. A moitié chemin, il rencontra un des ours qui faisait, de son loi i- dans !e cachot. Il avait entendu le bruit que faisait le détenu a l'intérieur de la prison, et. par 1 instinct de destruction naturel aux animaux, il s'était mis à le seconder de son mieux. Le coud. un uvait entre deux chances être pendu ou dévoré; la première étall onde était probable; i - it laseconde. qui lui réussit. L'ours, intimidé par la puissance qu'exerce ton même mu l'animal le plus féroce, le laissa fuir sans lui faire de mal.

un, le geôlier, en entrant dans la prison, trouva ititution de personne; rouis était couché sur la palUe du prisonnier.

Le geôlier s'enfuit sans prendre le temps de refermer la porte; l'ours le suivit gravement, et, trouvant toutes les Issues ouvei rrlva Jusqu'à la rui hemtna tran-

vers la place du marcl : > m de-

vine l't'lïel que produisit sur ■.. . . 1 iisj.r.t de

m .i.-.ii- En un Instant, la pis rouva vide, et

fruits et les lé-

ix qui étalent le pi onvenance

m tit pas faute, et. au lieu d'employer son t^in;.- a

i montagne, ou personne ne l'aurait probable-

d'an Iver, il se mit à faire f. mieux

aux poires et aux pommes, fruits pour lesquels, comme

chai .m i il a la plus grande prédilection. Sa

perdit,

Deux maréchaux, dont la boutique donnait sur la place

it un moyen de reconduire le fugit; sse. Ils

iresque rougi - deux enallles, et.

s'approchant de chaque ...t..- du maraudeur, au moment où

ié par l attention qu'il portait a son

rem vigoureusement chacun par une

oreille.

Bl, ne

suivit-l] humblement ses

conducteur! pat quelques

qu'on avait

■ luit .. .mm on peu»;., qu'un i Ident pour-

renouveler, et ne finirait peut-être pas une seconde

une manière au il de Berne dé-

li la ville, et qu'on

mrd'hul ■-' dont

' Lui est v leur capital, car

oûta trente milN

il fallut qu'il ndn i • ni- ription

dère hypothèque sur leur propriété.

.ils sur mon al-

"iirses

i h in ■ - s'offrait

r le monde.

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entre

- i ' I eux et

h lit un mu prit le

i mande

Ime la val Malheureu»

l'un d plaisirs.

i que n ie me

iml! offrant a la première

mol ma main qu'elle ac-

EN SUISSE

cepta sans trop de façon, bien que j'eusse des gants, luxe tout à lait inconnu dans cette joj mblée. Je partis

aussitôt, saisissant du premier coup la mesure de cette valse balancée et rapide, comme si toutes mes études avaient été dirigées du côté de cet art. Il est vrai de dire que l'orchestre nous secondait merveilleusement, quoique composé entièrement de musiciens de village, qui jouaient de je ne sais quels instruments, et je dois dire qu'aucun de nos orchestres parisiens ne m'a jamais paru mieux approprié à cette danse.

La valse finie je demandai à ma danseuse, en allemand mi- in ellig b la permission de l'embrasser; c'est lune des phrases de cette langue dont la construction et l'accent sont le mieux restés dans ma mémoire ; elle me l'accorda de tort bonne grâce.

Le château de Reichenbach eut ensuite notre visite. Une tradition moitié historique, moitié poétique, comme tou.es les traditions suisse:-, s'y rattache. C'est là que le vieux Rodolphe d Erlac se reposait de ses travaux guerriers, et passait les derniers jours d'une vie si utile à sa patrie et si honorée de ses concitoyens. Un jour, son gendre Rudenz vint le voir, comme il avait l'habitude de le faire ; une discussion s'engage entre le vieillard et le jeune homme sur la dot que le premier devait payer au second. Rudenz s'emporte, saisit à la cheminée l'épée du vainqueur de Laupen, frappe le vieillard, qui expire sur le coup, et se sauve. Mais les deux chiens de Rodolphe, qui étaient à l'attache de chaque côté de la porte, brisent leur chaîne, poursuivent le fugitif dans la montagne, et reviennent deux heures après couverts de sang ; on ne revit jamais Rudenz.

Le jeune homme qui nous raconta cette anecdote revenait à Berne ; il nous proposa de faire route avec lui ; nous acceptâmes. Chemin faisant, nous lui dîmes ce que nous avions déjà vu. et nous nous informâmes près de lui s'il ne nous restait pas quelque chose à voir. Il se trouva que nous avions déjà exploré a peu près toute la partie pittoresque la ville ; cependant, il nous proposa de faire un petit circuit et de rentrer à Berne par la tour de Goliath.

La tour de Goliath est ainsi nommée parce qu'elle sert de niche à une statue colossale de saint Christophe.

Comme cette dénomination ne doit pas paraître au lecteur beaucoup plus conséquente qu'elle ne me parut à moimême, je vais lui expliquer incontinent quelle analogie exista entre le guerrier philistin et le pacifique Israélite.

Vers la fin du quinzième siècle, un riche et religieux seigneur fit don à la cathédrale de Berne d'une somme considérable qui devait être employée à l'achat de vases sacrés. Cette disposition testamentaire s'exécuta religieusement, et un magnifique saint-sacrement fut acheté et renfermé dans le tabernacle. Possesseurs de cette nouvelle richesse, les desservants de l'église pensèrent aussitôt aux moyens de la mettre à l'abri de tout accident. On ne pouvait placer une garde humaine dans le sanctuaire ; on chercha parmi la milice céleste quel était le saint qui donnait le plus de garantie de vigilance et de dévouement. Saint Christophe, qui avait porté Notre-Seigneur sur ses épaules, et dont la taille gigantesque constatait la force, obtint, après une légère discussion, la préférence sur saint Michel, que l'on regardait comme trop jeune pour avoir la prudence nécessaire à l'emploi dont on voulait l'honorer. On chargea le plus habile sculpteur de Berne de modeler la statue, que l'on devait placer près de l'autel pour épouvanter les voleurs, comme on place un mannequin dans un champ de chènevis pour effrayer les oiseaux. Sous ce rapport, lorsque l'œuvre fut achevée, elle dut certainement réunir tous les suffrages, et saint Christophe lui-même, si Dieu lui accorda la jouissance de voir du ciel le portrait qu'on avait fait de lui sur la terre, dut être fort émerveillé du caractère guerroyant qu'avait pris, ^ous le ciseau créateur de l'artiste, sa tranquille et pacifique personne.

En effet, l'image sainte était haute de vingt-deux pieds, portant à !a main une hallebarde, au côté une épée, et était peinte, de la tête aux pieds, en rouge et en bleu, ce qui lui donnait une apparence tout à fait formidable.

Ce lut donc avec toutes ces chances de remplir fidèlement sa mission, et après avoir entendu un long discours sur l'honneur qui lui était accordé, et sur les devoirs que cet honneur lui imposait, que le saint fut installé en grande pompe derrière le maître-autel, qu'il dépassait de toute la longueur du torse.

Deux mois après, le saint-sacrement était volé.

On devine quelle rumeur cet accident causa dans la paroisse, et la déconsidération qui en rejaillit tout naturellement sur le pauvre saint. Les plus exaspérés disaient qu'il s'était laissé corrompre ; les plus modérés, qu'il s'était laissé intimider ; un troisième parti, plus fanatique que les deux autres, déblatérait aussi contre lui sans ménagement aucun ; c'était le parti des michélistes, qui, en minorité lors de la discussion, avait conservé sa rancune religieuse avec toute la fidélité d'une haine politique. Bref, a peine si une

" deux voix osèrent prendre la in gardien fidèle.

U lut donc ignominieusement exilé du sanctuaire qu'il avait si mal défendu; et, comme on él lil en -mire avec les Fribourgeois, on le chargea de tour de Lombach,

qui s'élevait hors de la ville, en ., la porte de Fri-

bourg. On lui tailla dans cette i mil habite

de nos jours, on l'y plaça comme un soldat dans une guérite, avec l'injonction d'être plus vigilant cette fois qu'il ne l'avait été la première.

Huit jours après, la tour de Lonib.i prise.

conduite inouïe changea la déi mu en mé-

pris . ie malheureux saint fut dès lors regard' iai : mes les plus raisonnables non seulement comme un lâche, encore comme un traître, ef débaptisé d'un commun accord, on le dépouilla du nom respecté qu'il avait compromis, pour le flétrir d'un nom abominable; on l'ap- Goliath.

Eu face de lui, et dans l'attitude de la menace, est une jolie petite statue de David tenant une fronde à la main.

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