net, trouvant la porte
de la cuisine, je sautai ded
J'étai- dans i ,i.es.
— M ir me i riait I i I Je i péri evanl une p.n
l'ouvrir.
Monsieur, vous allez vous trouver dans le ruisseau :
inl sur les fourni aux, je vouai
\' [dément, je suts Pai où voulez*
m'en aille? Aloi me laisser dans
mon lit : au
— Mats mi ttr par ta fenêtre du premier -
Que le i brulel pourquoi ne me dites-vou;
mi de -un. d
— 11 y a une heure qu'on vous le répète; mais vous ne
•utez pas, vous courez comme un égaré.
— C'est vrai, J'ai tort; conduisez n
Nous remontâmes au premier, et en., m'indiqua une planche dont un bout s'appuyait sur la fenêtre et t'auti la montagne: cela ressemblait trop au ponl de Mahomet in un bon chrétien pût s'j hasarder sans faire quelrns.
— la ii 1 le r dls-Je en clignant de l'oeil et en n i oreil l'y a pas un autre chi m
i .-• que celui-là vous Inquiète? Bah il l'An-
ciui a une fluxion, il y a pas il n'a tait qu'un saut Vh ! il y a passé, c
Non, les guides les ont emportées
— Où
n ins la «r la
nie. n n m •' pris ni.cn parti
au lieu de faire le • hemiii a al. Quelqu'un <iui m'aurall vu d'en bac,
ii une rendant au sabbat sur un manche à balai. Lorsque |i fus arrivé a ma destination, et que le- contact . terme m eut rendu la lUx ri qui m'avait
momentanément enlevéi
i c ndrc.lt ..u Je v..\ a, - . lie- et j.- D'OU'
■ ■ magnifique - qui se
s eux
li donl en arrivant nous avions adm . ni\ que '
es ail. reS
n - qu'elles brl di -aille
pendant ci temps nu- lusqu a la ceinture c-t irmês de I ittalcnt ave. toute l'ardeur .i.
. . .i - qui poussaient sur l ■
: • la chute .1 n. r une
• c lueur
position, Ji
nain .. m.
lors, par i i
grani ,.,■ luttai
i utre . . uns
,i. i [déluge r.'ur
une
mber le
issal un
.1 moment
EN SUISSE
de fatuité que j aie eu dans I mte ma vie J'éprouvais une conviction extraordinaire de ma force; j'aurais abattu, je crois, toute la forêt sans me reposer.
m1 in le cri Assez! retentit: tontes les liai lièrent levées, les regards se tournèrent vers le torrent ; il paincu et enchaîné. La destruction cessa aussitôt qu'elle fut devenue inutile.
Nous rentrâmes à l'auberge, à peu prés certains de ne plus en être délogés; néanmoins, deux hommes veillèrent auprès du torrent pour donner l'alarme en cas de danger. J'ignore s'ils tirent une garde bien fidèle ; mais, ce que je liais, c'est que nous dormîmes tout d'une haleine jusqu'à huit heures du matin.
Nous avions dormi avec une tranquillité d'autant plus grande, que nous savions que notre course du lendemain, quoique l'une des plus longues que nous eussions faites, était l'une des moins fatigantes, quatre des dix lieues dont se composait noue étape devant se faire sur le lac de Brientz, e: Meyringen, par lequel nous passions, ne nous offrant rien d'assez curieux pour entraver notre marche, autrement que par le déjeuner que nous comptions y prendre.
Le chemin conservait des traces affreuses de l'orage de la veille; de quart de lieue en quart de lieue, la route était coupée par des torrents improvisés, qui avaient laissé à la place de leur passage un large sillon, au fond duquel coulaient encore des ruisseaux assez rapides pour rendre la marche très difficile et surtout très fatigante; de temps en temps aussi, des arbres déracinés s'étaient cramponnés, a l'aide de leurs branches, aux pierres du chemin, et formaient des barricades que les mulets de nos dames armaient beaucoup à brouter, mais m-s peu à franchir; aussi étaient- 'out moment des cris et des frayeurs qui, quelquefois, ne manquaient réellement pas de cause
Au bout de deux heures à peu près de travail plutôt que de marche, nais nous trouvâmes au sommet de la petite montagne qui sépare la vallée de Rosenlauwi de celle de Meyringen. On plateau couvert de gazon offre de loin au voyageur son riche tapis pour y faire une halte, et, lorsque, séduit par cette nappe verte, il s'en approche pour s'y reposer, il s'étonne, au fur et à mesure qu'il s'avance, de la coquetterie de la montagne, qui, au pied du plateau dans lequel il n'avait vu d'abord qu'un lieu de repos, étale toutes les richesses inattendues de la plus belle vallée de la Suisse peut-être.
C'est une chose remarquable, au reste, que le soin que prend la nature de se montrer toujours dans son aspect le ' plus avantageux, soit qu'elle se présente dans sa grâce ou dans sa force, dans sa richesse ou dans son àpreté. Au milieu de tant de pics et de rochers dont les chamois et les aigles seuls peuvent atteindre la cime, il y a toujours quelque sommet accessible au pied de l'homme, et c'est de celui-là surtout que la vue embrasse le plus favorablement les lignes du paysage- qui s'étend sous les pieds : il semble que la nature, coquette comme une femme, indifférente qu'elle est aux suffrages des animaux, a besoin, pour son orgueil, des hommages de l'homme, et que, pareille à ces reines qui sentent en elles la faiblesse de leur sexe, elle ne puisse rester sur le trône sans y faire asseoir un roi.
C'est sur ce plateau de Meyringen, plus que partout ailleurs, que doivent naître dans la pensée ces réflexions Etranges. Apre- deux heures de marche dans un pays assez médl icrement beau, où l'on n'a eu pour distraire ses yeux de l'aspect fatigant d'un double mur de montagnes qu'une chute d'eau assez élevée, mais si exiguë, qu'on l'appelle la cascade de la corde Seilibach), voilà que tout à coup, sans préparation aucune, et comme si un vaste rideau se levait, on découvre l'un des paysages les plus variés et les plus merveilleux qui aient jamais récompensé le voyageur de sa fatigue, je devrais dire qui la lui eussent jamais fait oublier.
Après être restés une demi-heure absorbés dans la contemplation de ce spectacle, que la plume ne saurait reproduire sur le papier, ni le pinceau sur la toile, nous nous acheminâmes vers la cascade de Reichenbach, dont nous ne pouvions voir encore la chute, mais dont la place était indiquée par une poussière d'eau pareille à la vapeur qui sort de la bouche d'un volcan.
Il nous fallut gravir, pour y arriver, une pente gazonneuse si rapide, qu'on a pratiqué des escaliers pour arriver à son sommet C'est du plateau qu'il forme (lue l'on plonge dans l'abîme où l'eau précipite sa chute; cette eau, brisée à quatre-vingts pied- au-d ssous de celui qui la contemple, remonte en poussière humide, assez épaisse pour qu'on cherche, dans une maison bâtie dans ce seul but, un abri .contre cette pluie venue de la terre au lieu du ciel.
Là. comme dans beaucoup d'autres endroits de la Suisse, on vend une foule de babioles de bois sculptées avec le couteau qui feraient honte, pour la grâce des formes et le fini de l'exécution, à beaucoup d'objets d'une matière plus précieuse sortant de nos manufactures. Ce sont des sucriers
3»els courent des . , ,„, „<, che
■ le couver!
«irehettes et des cuill. ., ,„nlme cel Js
du moyen Age; enfin, de, [ui rappeUen ce e*
a bergers de Virgile si
' montent quelxruefois à des pi . élevés- je vis
vendre cent francs une paire de ces vases
descendîmes de la petite maison, où se tient l'entrepôt général, iers un deuxième plateau ,,,,,,„ u-dessous d'elle ; c'est .1, ce qu'on découvre la chute inférieure du Reichr,:, ,,„,,„. tée encore que la première, par la disp sur lesquels elle rebondit. Je n'ai pas vu le Péné dom Ovide, je ne sais si le tableau qu'il en fait est res
Spumosis volvitur undis Dejectuque gravi tenues agitantia fumos Xubila conducit, summasque aspergine silvas Impllcit, et sonitu plus quam vicina fatigat ;
mais, ce que je sais, c'est que cette description s'applique si bien au Reichenbach, que je la vole au premier livre de ses Métamorphoses, pour me dispenser d'en faire une qui serait probablement moins exacte
De- ce dernier plateau à Meyringen, il y a à p»ine pour dix minutes de chemin, et, de Meyringen a Brientz, pour deux neures. Arrivés à ce dern ,„s iouâmes
une barque et nous nous dirigeâmes vers le Geissbach qui a le privilège de partager avec le Reichenbach la royauté des cascades de l'Oberland. Quant à moi. je n'émettrai pas d opinion sur cette importante question : on ■■ tout
mfim ■ des cascades, et, depuis cinq ou six jours, j'en avais tan; vu. que je commençais à prendre en grippe tous les noms qui finissaient en bach.
Cependant, comme on aurait évidemment crié à l'hérésie si j'étais passé devant le Geissbach sans m'y arrêter, je mis bravement pied à terre, et je commençai* de gravir ia montagne, du haut de laquelle il se précipite par les onze chutes successives dont nous entendions le bruissement depuis Brientz, c'est-à-dire à la distance d'une lieue.
A la moitié de la montée, à peu près, nous trouvâmes le régent Kcerli et ses deux filles, qui nous attendaient pour nous offrir l'hospitalité dans un joli chalet, dont la principale chambre était ornée d'un piano, devant lequel il s'assit ; ses filles se mirent aussitôt à chanter plusieurs airs suisses et deux ou trois tyroliennes. Quoique cette hospitalité et cette musique ne fussent pas tout à fait désintéressées, elles étaient offertes avec tant de bonhomie, qu'il n'y avait, pas moyen de se croire quitte avec ce brave homme en le payant : nous le remerciâmes donc de toutes les manières. Aussi enchanté de nous que nous paraissions l'être de lui, il nous fit don, en nous quittant, de son portrait et de celui de ses enfants. Il est lithographie, accompagnant sur son piano ses deux filles qui chantent debout derrière lui. Une singularité qui paye à elle seule la peine que l'on a prise pour gravir le sentier assez difficile qui conduit aux chutes supérieures du Geissbach, est une grotte pratiquée dans le rocher, derrière l'une de ces chutes ; elle en couvre entièrement l'orifice, de sorte qu'après être parvenu dans cette grotte sans recevoir une goutte d'eau, grâce à la courbe que décrit cette cascade par la rapidité de son élan, on voit tout le paysage, c'est-à-dire le lac, le village de Brientz et le Roth-Horn auquel ils s'adossent. On jouit de cette vue à travers une gaze d'eau qui, mouvante elle-même, donne une apparence de vie aux objets sur lesquels elle est tendue ; ceux-ci, à leur tour, se meuvent derrière elle, silhouettes sans couleur, comme de gigantesques ombres chinoises.
Après avoir consacré une heure environ au régent Kcerli et a sa cascade, nous nous embarquâmes Une double, que nous promîmes à nos bateliers si nous arrivions avant cinq heures à Interlaclten, donna -; notre barque. Nous passâmes, comme des oiseaux de mer attardas, près d'une jolie petite île appartenant à un général italien longtemps au service de la Franc, et je crois, de son pays, s'est retiré là. Un peu plus loin, ii is guides nous indiquèrent le Tanzplaz. rocher coupé à pli dont le sommet offre un magnifique plateau couvert •on; c'est à cette place qn liages
environnants se réunissaient autrefois pour c a la
danse. Un jour, un jeune homme et 1 ' Mie, que leurs
- refusaient d'unir l'un à l'autr " ren-
dez-vous ; une grande valse se forma, à laquelle ils prirent part comme les autres; seulemen larqua qu'à chaque tour ils se rapprochaient du précipice; enfin, à une dernière passe, ils se serrèrent plus étroitement dru. s les bras l'un de l'autre : on vit leurs lèvres se toucher ; puis, comme si l'ardeur de la danse les eût entraînés, ils s'approchèrent de l'abîme et s'y précipitèrent: on les retrouva le lendemain dans le lac, morts et se tenant embrassés.
LNDRE DUMAS ILLUSTRÉ
is un
i lieu aller
: depuis la base
de trois ou
vue. ména-
• n mesure qu'on
nt, une fois arrivé
\ part la rue
■ remar-
rollne
ivai Willer. (lui me
■ir le lendemain de 1 '(
- petits cai: lis le
"iontagnes : le Brunir, le
!;ii pour le Gemmi, que je
Le surlendemain. J'eus l'avan-
• ce qui veut dire qi>
rai cette fois par le
re Jusqu'à
iiemin avions qui
■ ■min. lune des plus
i ùmes-
• 'i- ■-•■• Sans la rallée de la Rander, donl dous remontâmes
■ réglâmes t.
I âmes
n avec soi
ri qui
ji-
sur 11
■ finit
veux en re me déta..' poème
n. avant que nia voix le chantât, troublait comme un nuage orageux ma raison obscurcie, que je le CD sait a mes propres oreilles comme
le cri hiboux... de ce poème qui a été tissu
'. sembla! -ement du raie -d'un niou-
qul, bien que faible, porte la terreur jusque dans la moelle des os. >
tenant, voulez-v ce que c'es' que ce po
as le dire en deux nu Un paysan habite avec son père une de* i mies les
pagne se fait sentir au jeune Kuntz. et, malgré le lard, il épouse Trude. fille d un pasteur du Berne, qui n'a rien laissé en mourant que de vieux livres, de longs sermons et une belle fille.
Le vieux Kunt/ regret entrer une maltresse dans
la maison dont il était le maîwe ; de là des querelles intére le beau la bru. querelles dans les-
quelles le mari, blessé dans la personne de sa femme, s'algt i en jour contre son père.
le ii février, il revient joyeux d'une fête ne. 11 rentre, la gaieté au front, la chanson à la bouche. Il trouve le vieux Kuntz qui gronde et Trude qui pleure. Le malheur intérieur veillait à la porte il vient de franchir le seuil.
Plus 11 avait de Joie dans le coeur, plus il a maintenant lant son respect pour le vieillard lui ferme la bouche ; l'eau lui coule du front ; il mord
sang s'allume, et pourtant il se tait Le vteU? rte de plus en plus
regarde en riant de ce rire amer el convuV sif de damné, prend une faux pendue à la muraille :
croître, dit il, il faut que j'aiguise •r père n'a qu'à continuer de gi Je vais l'accompagner en musique.
tout en aiguisant sa faux a l'aide d'un couteau, il chantait une jolie chansonnette des Alpes, fraîche et ie une de ces Heurs qui s'ouvrent au pied d'un 1er :
chapeau sur la tête, i ie pe( Ites Meui - dessus .
. hemlse de berger Avec de jolis rubans.
le vieillard de i
toujours. Alors le vieillard mme une de ces lourdes injures qui soufflettent la face d'un mari Le jeune Kuntz se releva le et tremblant. Le couteau, le couteau n n -a faux lui échappa des malt
■ n on qui veilli erte de
Il alla frapper le vieillard. Le vieillard tombe. or maudire le parricide, puis retomb
le malheur entra dans la chauml i ie un hôte qu'on ne peut chasser Kunti et Tri. ■ de s'aimer cependant, mais de cet
amour snir. e et morue, sur lequel il a pas
la Jeune femme accoucha. Les der-
i mi avaie: per l'enfant dans
mme Cain. il portait avec lui le signe
du m inte sur li
la ferme de Kuntz brûla, la morta-
ii. du
ir une main vengeresse : un éboU-
i nt la terre sur une surface de deux
ni engloutis les champs les
plus riches du
rh di fermier qu'il
uchee
d un garçon. Tr rnreot
nt belle, et in sur le i
alors deux
itent sur le seuil
ir aïeul ; 1»
le petit gar-
re a la Jeunesse
fai iP. 1 avait
allons jouer ensemble : Je
nu prit II -raina sa petite soeur
iprès, la mère lit un cri. elle secourut: la petite fille était Baignée le lui couper le cou. Alors • maudit mme son père l'avait maudit.
mil devint.
EN SI
A compter de ce jour, tout alla de mal en pis
liabitants de la chaumière Les i us du lac mourut
nt de germer; la neige, qui ordinairement
di aux plus grandes clialeu I ivi la ri
un linceul rnel les eurs qui alimentaient
la pauvre hôtellerie devinrent de plus en plus rares, parce i de plus en plus diffl il. Kuntz fui le dernier bien qui lui restait, cette petite lire de celui .1 qu il l'avait ( -ut plusieurs années du prix de cette vente: puis un 1 se trouva ;i qu'il ne put payer le lo
miserai ; - 1 ne le vent et la m tentent
h- inti comme pour arrivi r jusqu à la tète du parricide. I 11 soir, c'étai Ci ,-rier, Kuntz rentra, revenant de
le ; il nvi nte le matin pour aller supplier
priétalre. qui le poursuivait, de lui accorder du temps. 1 . nvoyé au bai) le bailli lavai
ans les vingt-quatre heures. Kuntz avai
11 1rs avait priés, implorés, conjurés, im de tout ce qu'il y avait de sacré dans le monde, de sauver un homme du désespoir. Pas un ne lui avait tendu la main. Il remontra un mendiant qui par pou pain avec lui. Il rapporta ce pain à sa femme, le jeta sur la table, et lui dit :
— Mange le pain tout eutier, femme; j'ai dîné là-bas, moi.
Cependant il faisait un ouragan terrible. Le vent rugissait autour de la maison comme un lion autour d'une établi la neige tombait toujours plus épaisse, comme si sphère allait finir par se condenser ; les corneilles et le-, hiboux, oiseaux de mort, que la destruction réjouit, se jouaient au milieu du désordre des éléments, comme les as de la tempête, et venaient, attirés par la clarté de la lampe, frapper de l'extrémité de leurs lourdes ailes les m, aux de la cabane où veillaient les deux époux, qui, en face l'un de l'autre, osaient à peine se regarder, »t qui. lorsqu'ils se regardaient, détournaient aussitôt la vue, (pouvantes des pensées qu'ils lisaient sur le iront l'un de' l'autre.
En ce moment un voyageur frappa. Les deux époux tressaillirent.
Le voyageur frappa une seconde fois. Trude alla ouvrir. C'était un beau jeune homme de vingt à vingt-quatre ans, vèiu d'une veste de chasseur, ayant une gibecière et un coude chasse au côté, une ceinture à mettre de l'argent iir du corps, et deux pistolets dans cette ceinture; il lit d'une main une lanterne près de s'éteindre, et de l'autre un long bâton ferré.
En apercevant cette ceinture, Kuntz et Trude échangèrent un regard rapide comme l'éclair.
— Soyez le bienvenu, dit Kuntz.
Et il tendit la main au voyageur.
— Votre main tremble, ajouta-t-il.
— C'est de froid, répondit celui-ci en le regardant avec une expression étrange.
A ces mots, il s'assit, tira de son sac du pain, du kircheq- , du pâté et une poule rôtie, et offrit à ses hôtes du souper avec lui.
— Je ne mange pas de poule, dit Kuntz.
— Ni moi, dit Trude.
— Ni moi, dit le voyageur.
Et tous trois soupèrent avec le pâté seulement. Kuntz but beaucoup.
Le souper fini, Trude alla dans le cabinet voisin, étendit i'i hutte de paille sur le plancher, et revint dire à l'étranger :
— Votre lit esi ,
— Bonne nuit ! dit le voyageur.
— Dormez en paix ! répondit Kuntz
Le voyageur en lia dans sa chambre, en poussa la porte, et se mit à genoux pour faire sa prière... Trude alla s'étendre sur son lit.
Kuntz laissa tomber sa tête entre ses deux mains. An bout d'un instant, le voyageur se releva, détacha sa are, dont il se fit un traversin, et accrocha ses habits 1 un - lou i. 1 lou était mal srellé ; il tomba, entraînant les habits qu'il devait soutenir.
Le voyageur essaya de le fixer de nouveau dans la muraille en frappant dessus de son poing. L'ébranlement causé par cette tentative ht tomber un objet suspendu de l'autre de la cluison. Kuntz tressaillit, chercha craintivement eu l'ol lont la chute venait de le tirer de sa rêverie. 1 deux fois maudit qui avait tué le pèrv par la main lu fils, et la sœur par la main du frère. Il était tombe près d la porte de la 1 hambre qu'occupait l'étranger. Kuntz se leva pour l'aller ramasser. En se baissant, son regard plongea par le trou de la serrure dans la chambre 1 hôte. Celui-ci dormait, la tête appuyée sur sa cein- | ture. Kuntz resta l'œil sur la serrure, la main sur le couteau. La lampe s'éteignait dans la chambre de l'étranger.
Kuntz se retoui ua 1 1 r voir si ell
m appuj ée ne
11 Kuutz.
— Lève-toi et éclaire-moi, Kuntz.
11 la lampe ; Kuntz 1 i la po ; le
■ m la main g un lie sur I tu de la main di
1. ii ranger H.I un mouvement, E dl lin ■ que La victii .Mon père ! »
kuiii ! . ena 11 de tuer son fils
ne s'était enrichi à l'étranger et r. . ne a rec ses par, ats
\'"i! de Werner et la légende de Schwartbach.
luger jusqu'à quel point un pareil souvenir Le désir de voir l'auberge qui avait é li erribles événements m'avait surtout déterminé ;i prendre le mai II y avait bien, une
lieue au delà de l'auberge, certai nte que les gen
pays eux-mêmes regardent comme un des plus effi des Alpes, ce qui ne prome 1 1 1
aux vertiges, une grande li tirer le
travail des hommes qui ont pratique 1 ette deso nte. et le caprice de Dieu qui a dressé 1 iels elle rampe; mais à force de penser à 1 , bemin facile qui y conduit, j'avais uni ordir sur le chemin infernal par lequel on en sort.
Pendant que je repassais dans mon esprit tout ce drame, nous avions gravi la montagne. En art 13? son
plateau, un vent froid nous prit tout à coup, Tan1 que nous avions monté, il passait au-dessus de notre tête et nous ne l'avions pas senti. Parvenus au sommet, rien ne nous garantissait plus, et il descendait par bouffées terribles des pics de l'Altels et du Gemnil, comme pou] ga lui le domaine de la mort et repousser les vivants dans I 1 vallée où ils peuvent vivre.
11 était d'ailleurs impossible d'inventer une décoration plus en harmonie avec le drame. Derrière nous, la délicieuse vallée de la Kander (Kander-Thall, jeune, joyeuse et verte ; devant nous, la neige glacée et les rochers nus ; puis, iu milieu de ce désert, comme une tache sur un drap mor tuaire, l'auberge maudite qui vit se passer la scène que nous venons de raconter.
A mesure que j'approchais, l'impression était plus vive. J'en voulais au ciel, qui était d'un bleu d'azur transparent, et au soleil joyeux qui éclairait cette chaumière j'aurais voulu voir l'atmosphère épaissie par les nuages-. J'aurais voulu entendre les sifflements de la tempête, 1 usant rage autour de cette cabane. Rien de tout cela Du moins, sans doute, la mine sauvage de nos bûtes allait s'harmoniser avec les souvenirs qui les entouraient. Point deux beaux
enfants blancs et roses, un petit garç il un ■ petite fille,
jouaient sur le seuil de la porte, creusant di trous dans la neige avec un couteau. Un couteau : Comment leurs parents étaient-ils assez Imprudents pour laisser encore on couteau aux mains de leur fils» je le lui arracha! vivement : le. pauvre petit me laissa faire et se mit à pleurer.
J'entrai dans la cabane; l'hôte vint a moi 1 ■ un gros homme de trente-cinq à quarante ans, bien gras et bien gai.
— Tenez, lui dis-je, voila un couteau que j'ai repris .1. votre fils, qui jouait avec sa sœur; ne lui laissez plus une pa reille arme entre les mains n ez ce qu'il pourrai! en résulter?
— Merci, monsieur, me dit-il en me regardant avec étonaement , mais n n'y a pas de dang
— Pas de danger, malheureux! et le ii fêvTiei L'hôte ht un geste marqué d'Impatience
— Ah! dls-je, vous comprenez!
le leta l i. ■ eu ■ autour de m 1 disposition Intérieure de la cabane était bien la ■ ne du
temps de. Kuntz-. Nous étions di iremièn
■ nom . dan - un enion ment, étal
Trude, mais un 1 1
à gauclc ■ était le cabinet ou le to; igeui 1 a! 1 ii ,1 .1 i., porte in 1 al Li l'on
1 1 1 1 1 les hôtes . 1 u 1 p u
rega rdal le plani lier, il m embl du sang.
— Que cherché! roua, monsieur" me dit l'hôte; avez-vous perdu quelque cln
— Comment, dls-je, 1
demande, avez-vous eu 1 Idi ■' le ci ■ abtnet une
salle à manger?
— Pourquoi pas?] mme l'avait fait mon prédé eu nutll Ici, oft peu de voyageurs s arrêtent pour passer la nuK.
— Je le crois h 1 ' mment affreux dont cet!" cabane a été témon
— Allons, encore un : grommela l'hôte entre .-es dents,
NDRE DUMAS ILLI
mauval rchait
le coui toujours
EU
urne Hantz.
- avez bien fait.
i merci! j'espère n'en
même, Werner n aura
; llU .
i ..s-nous, me dit Hantz.
i- alliez au-devant de mes - demander des détails -ur vous toucher de si près, us al li z me dire... n'es
rue J'ai dit vingt fuis, cent OS dire ce qui, depuis quinze ans, sa femme, ce qui Unira un beau Ire quelque mauvais coup.
i demi-voix.
une persécution pâlie calvin lui-même. 11 n > al i ette auberge est aussi
ie pour l'enfan: :
■ le brigand qu la. pulsqu i! est resté quinze jours ici. Eu
i i. mon Dl ■ i it "il n'y a jamais eu
la ronde on seul homme du nom de Kuntz. in misérable qu W .mer.
Oomn poète I
ir c'est comme cela au Ils monsieur, le poète est venu chez mon i ix valu, pour son
i qu'il se i
us allez descend:
et digne flgu» m m
- oui ncr \ussi, quand il a
loin OU dix loin ion, Il lui a dit m, II!
ez pas blei n'ai que i
liiuil li a TOUS 'loin ■
ure, a répondu
us auise ccpendan la première nuit, il al comme un
|e me levai pour n
m- ; Il était veux tantôt
up, il gesticulait comm
si bien plutOI quinze i
oiir de la m i près qulnu |oui ■
un
i.n li : ,.,:,. vu que je
■ Al"' î même bit
puli
■ . li • iiil>-rge.
dit
a Qu
in brave •
de parler toute la nuit mlr.
Eh bien, tenez, mon ami, voilé ce qu il a êcrll dans votre aul
a un mauvais petit livre en tête du
pas de mal : le .
vrier i - me un autre, et je n'ai rien a due ;
mais je n'eus pas lu trente pages, que ce livre me tomba des
mains des mensonges, et puis encore des menson-
- cela >ur notre pauvre hôtellerie, et tout cela
de malheureux aubergistes. SI nous lut avions
pris n ur son séjour ici. il pouvait nous le dire.
n'est-ce pas? On n est pas des Turcs pour s'égorger; niais
non, il ne du rien : U paye : il donne un pourboire même.
sournois qu'il est, U va écrire que notre maison ça fait frémir, quoi, ' ette indignité, une infamie! Aussi, qu'il revienne un poète ici, que j'en trouve un, qu'il m'en passe un entre les mains, oh : il payera pour son camarade :
— Comment, rien de ce que raconte Werner n'est arrivé? Mais rien du tout, c'est-â-dire pas la moindre chose.
Mou bote trépignait.
— Mais al - que les questions que fait là-dessus doivent être fort ennuyeuses pour \
monsieur! Dites il prit ses cheveux à
deux mains Dites il n'y a pas de mots, voyez-vous! C'est
ni qu'il ne passe pas une âme vivante qu'elle ne nous
la même chanson. Tant que la faux et lé couteau sont
restés là :
Tenez, disait-on voilà la faux et le couteau.
pan e qu à la Bn ça rem- .ii, Ire toujours répéter la ménii été une autre antienne.
,, —Ali : an : disaient les voyageurs, ils ont retiré la faux et le couteau : mais voilà encore le cabinet. « — Diable !
,, — Oui, oui, ma foi. c'est vrai.
« — Ah ! monsieur, c'était à se manger le cœur : ils en ont
abrégé la vie de mon i - lendre dire
il i.i maison où l'on est né, l'entendre
ir tout le monde, et cria ur que Dieu fait,
et plutôt deux fois qu'une ei l y plus tenir •<
■ que pour ci écus ! Oui, ji ai n'en
- me l'ai beter cen( éi us : Je vou
el je m'en irai, et je n'entendrai plus parler ni di " â KuntZ, ni de la faux, ni du
Vo] imei vous el taii
dîner, cela l mieux qui li désespérer.
Qu'est-ce que vous voulez manger 1 répondit notre homme se caïman uip et levant le coin de BO
hlier. qu'il passa dans sa ceinture.
— rue volaille froide.
Vh : oui. une volaille, i i une Ici. C'était bien
autre chose quand on voyait îles poules 11 a mis une ,
n affaire: je vous demande un peu. une poule faut croire qu il ue les aimait pas, ou bien alors i une i
— Tout ce i m'importe ; vou- m
. cela pendant que j'irai faire un tour dai environs.
.u ni ure, vous trou dîner pr i
bien slm èremeni le désespoir
de ii
I qu'il
lieu se peuple i sa fan mvenlrs heureux ou malheu-
ri iix, el qu'il change les êtres qui l'habitent en aie nions.
Je me mis en cour-, aussitôt : mais l explication d» Hantz avait fait un singulier tort à son paysage L
- mvage, mais le pi li mil mon soufflé sur le fantôme
l'avait fat ii une nature terrible.
lait la mige. mais sans ta Il un Uni eul, mais i •• linceul ne i ouvrait plus le
liantemeni abrégea d'une bonne heure au u ,,u nous étion
up d'oeil à l'orient,
sur le sommet auquel 10m de '
. probabli n ' ouest sur le vaste
, n Lammern i mtat l'a vu
Daube D du u 1 un en venant, et j'allai*
bllgé de côtoyer i autre en m'en alla m re rentrai mi-heure, mi
■ ,n bout pi d'un :'' pas l Brvie.
., nommi de toul
nie dont 11 était victime Je qui iqu'iin Ue mes lecteurs
■■■ artbach, je lui serai fort m li\re, dont sans cela
EN SUISSE
il ignorerait probablement à tout jamais l'existence, rétabli les faits dans leur plus exacte vérité.
Nous n'avions pas fait vingt minutes de chemin, que nous nous trouvâmes sur les bords du petit lac (Je la Daube. C'est, avec celui du Saint-Bernard et celui du Faulhorn, l'un des plus élevés du monde connu. Aussi, comme les deux aune-, est-il inhabité ; aucun hôte ne peut supporter la tempérât uie île ses eaux, même pendant l'été.
Le lac dépassé, nous nous engageâmes dans un petit défilé, au bout duquel nous aperçûmes un chalet abandonné. Willer me dit que c'était au pied de cette cabane que commen-
-un, pour leur tout expliquer, (nie de cette seule pbj tais arrivé eu courant jusq i d d'un rocher pi
are qui s'élève cl la hauteur de ttts pieds au
du village de Louëche : un pité.
Willer accourut à moi; il me trouva - a mes
■ que je serrais sur mes yeu louir, il approcha de ma boui
:it j'avalai une large gor( : enanl
bras, il me conduisit ou plutôt m p seuil
de la cabane.
AUOWS
Il gesticulait comme un possédé, puis il èi rivait, i) écrivait.
rait la descente. Curieux de voir ce passage extraordinaire, et retrouvant mes jambes, fatiguées par trois heures de mauvais chemin, je hâtais le pas ;'i mesure que j'avançais, si bien que j'arrivai en courant a la cabane.
Je jetai un cri, et, fermant les yeux, je me, laissai tomber en arrière.
Je ne sais si quelques-uns de mes lecteurs ont jamais connu épouvantable sensation du vertige; si, mesurant des yeux le vide, ils ont éprouvé ce besoin irrésistible de se préi ipiter ; je ne sais s'ils ont senti leurs cheveux se dresser, la sueur couler sur leur front, et tous les muscles de leur corps se tordre et se roidir alternativement, comme ceux d'un cadavre au toucher de la picje de Volta ; s ils l'ont éprouvé, ils savent qu'il n'y a pas d'aï er tranchant dans
le corps, du plomb fondu dans les veine-, de Ri tirant
dan- les vertèbres dont la sensation soit aussi aiguë, aussi dévorante que celle de co frisson, qui, dans une sec <>nde, fait le tour de tout votre être ; s'ils l'ont éprouvé, dl
Je le vis si effrayé de ma pâleur, due, réai
tant même par la force morale sur
ie me mis à rire pour le ra rire dans lequel mes dents se heurtaiei I
comme celles des damnes gui ttabi ' ' ■■ '
du Dante.
c c p.-ndant, au bout de qui I I i .i-. ils éprouvé ce qui m'est hal i pa lie c Ircons
tance i 'est - •■ un boule mes fa
suivi presque aussiti : à arfait. i
première sens appai terrasse Ins
tlnctivemeni le i al, et] i 1 reprend - i
pulssan i i l K" l,n
rois - i - -i moui d ■ ' ■ ' '■"■ ,|,,li: ''"■'
du i aime que du
boulevi c -ment.
je in M al donc d'un air pai nt t ranq iill
m'avai dont la vu
Jd petit
le pris
mon guide ;
m de mon
village ctc
je le lui mon- .,vec un rasoir.