VI
lux bains de Louëclie, que lendemain la visite que me proposait mon guide ' gne m offrall l'anbi échange, je
Ut, que ni i mi m l'antre ne pensaient à m<
Le Willer entra dans ma
■ moment de visiter le- l
•- . 1 1 1 t leur déjeuil b > envie
dans leur pisi lue et de res-
■i lutlon
mais Willer lut impl-
il fallut i de quatorze heures de
mell.
is trouvâmes la grande tonnt, qui alimente les bains; quant aux d'eaux Un
ei Lii r p ni.
tout différent de celui
sements de ce genre :
te, comme à
"mini hommes et femmes mêlés, ce qui offre
up • ! œil tout |
école de natation, et entouré perpendiculaire
ilx latine, et.
leurs compartiments, une trentaine de balax les autres, ce qui fall
hermétiquement
m un
L'eau thermale donnai' unes un éclat et une fraî-
cheur qu'elle ne pouvait lui rendre à elle-même; on l'eût pour une fleur morte de sa tige, au milieu
Heurs vivantes dont elle ornait son front et sa poignant, comme Ophélia, folle et prête a mourir.
latent encore du ' ou elle se noya.
sible que si j'eusse rencontré cette jeune fille à inenade, au bal. au spectacle, partout ailleurs enfin que dans cette réunion, je ne l'eusse pas même remarquée : sa taille m'eût peut-être paru gauche, sa démarche commune. tentleuse : elle eu > yeux comme
devant un miroir, s'y réfléchissant - : ser de sou-
i ce ca'lie sculpté par Callot, je
toujours cette vierge de Raphaël.
- l'avoir bien regardée, je fermai les yeux et je m'éloignai sans demander ni son nom ni s pel
que j'entendis le médecin dire en parlant d'elle ; » — Dans un mois elle sera morte :
cette atmosphère tiède, entre ces murs hutout baigné de sueur. Le ciel avait son voile d'azur, la terre sa robe de tête.
Morte au milieu de cette nature si Jeune, si robusti ite :
Je passai devant le cimetière, et ces paroles revinrent me frapper comme un écho :
Dans un mois elle sera morte '
Ainsi, à compter d'aujourd hui. le père et la mère de enfant chérie peuvent faire veur et lui dire:
« Mettez-vnus à l'ouvrag de temps, car cette
belle jeune lille que vous v ■ ivait donnée
avec un sourire, celle qui faillit notre joie dans le passé, notre bonheur dans 1 notre espoir dans l'avenir,
eli bien : dans un mois elle sera morte ; »
Morte/ c'est-à-dire sans voix, sans haleine, sans regard; elle dont la voix est si harmonieuse, l'haleine si pure, le regard si doux :
nie jour, pendant un mois, nous verrons s'éteindn une étincelle de ses yeux, un son de battement
Ci '►'■ ; puis, au bout de
nos peines, nos larmes, une heure viendra peux se
fermeront, où sa bouche sera muette, où son cœur se glacera
I i Cad; .!• ; celle que nous croyons notre fille
: fille de la terre, et sa mère nous la redemand
Oh; t est uni merveilleuse chose que la science qui peut ainsi i l'homme une des plus atroces douleurs de
l'humanité: Mais, n'est-ce pas qu'on devrait bien tuer le médecin qui laisse tomber de ses lèvres de semblables paroles? il trois quarts de lieue à i il préoccupé
du souvenir de cette jeune fille, que j'avais complètement oublié iln et le but nu il devait me conduire, lors-
que Willer m'arrêta par le bras et me dit ;
— Nous somme- En effet, nous nous trouvions dans une espèce de grotte, ay:mi au-dessous de nous la i Ime d un rocher perpendiculaire do huit cents pieds de haut, à la base duquel coule la
mmunlci et le vil-
Innen dont li b habitants seraient obll
ette route a Il fa faire
une Idée de la merveilleuse haro" habita
peur de vertige, huit cents pieds au-di écuma Dala, il fau r la pi
1er des mains el des atteindre la sail-
ïur laquell saillie, au moment ou vous niei guide que jamais
un. une puis ri il chemin.
lu sur le goufft.
ni ses fruits, un ch
m la même i
lent sur 1 i pet] di l'une .le
je |i
i1 une fi-nime qui ■. ous allez ii voir grin
iivruit notre i- de quitter, pa-
ri ■ I m ion i rameil vec une épinn faire un panl lion au lieu d'uni
on, quand un homme
EN SUISSE
parut au haut de la quatrième • di - adant tandis
nu elle montait. Cela devenait embarrassant; il n'y avait point place pour deux sur une pareille route.
— Comment vont-ils faire? dis-je .1 Wilier.
— Vous allez voir.
Effectivement, il n'avait pas achevé que j'avais vu.
L homme, avec une galanterie dont peu de nos dandys se-
capables en pareille circonstan it un demi-
i i, passant a l'envers de l'échelle
ut que la jeune fille gravissait de L'autre ; ils se rencontrèrent ainsi vers le milieu, échangèrent quelques paroles et continuèrent leur route. C'était à ne pas y croire ! L'homme passa près de nous.
— Vous voyez bien ce gaillard-là ? me dit Wilier pendant qu'il s éloignait.
— Eh bien ?
— Ce soir, a sept heures, il aura bu ses quatre bouteilles de vin, il sortira du cabaret ivre-mort, et tombera trente fois sur la route depuis les bains jusqu'à la première échelle, ce qui ne l'empêchera pas de traverser ce passage et d'arriver chez lui sans accident. 11 y a dix ans que le coquin fait ce métier-la.
— Oui, et un beau jour il finira par se tuer.
— Lui? Ouiche : en descendant l'escalier de sa cave, peutêtre ; mais ici, jamais. Est-ce qu il n'y a pas un Dieu pour les ivrognes?
— Mon cher ami, il parait que je ne suis point en état de grâce devant ce Dieu, car la tête commence à me tourner.
— Alors descendez vite, et n allez pas taire comme M. B
— Qu'est-ce que M. B...? dis-je lorsque j eus regagné la terre ferme.
— Ah ! M. B...? Venez par ici. je vais vous conter cela. Nous nous remîmes en route.
— M. B..., voyez-vous, continua Wilier, c'était un agent de change.
— Oui, dis-je.
Un souvenir vague me traversait l'esprit.
— Il s'était ruiné, et il avait ruiné sa femme et ses enfants en jouant sur les fonds publics ; vous devez savoir ce que c'est, vous qui êtes de Paris?
— Très bien.
— Voila donc qu'il s'est ruiné. Bon. (ju'est-ce qu'il fait? Il assure sa vie. Comprenez-vous, sa vie.' c'est-à-dire que. s'il mourait, il héritait de cinq cent mille francs. Je ne connais pas trop ça, moi; c'est un embrouillamini du diable ; mais c'est égal, vous le concevrez peut-être, vous.
— Parfaitement.
— Tant mieux. Voilà donc qu il vient en Suisse avec une société. Une dame dit en déjeunant :
■( — Allons voir les échelles.
.. — Ah ! oui, dit M. B..., allons voir les échelles.
« Après le déjeuner, on monte à mulet, c est bon; on prend un guide. M. B..., qui avait son idée, dit :
« — Mol, je veux aller à pied.
n Arrivé ici, tenez, voyez-vous, ici sur cette petite pente qui n'a l'air de rien... N allez pas si au bord, c est glissant, et il y a cinq cents pieds de profondeur là-dessous... Où en étais-je ?
— Arrivé Ici..
— Oui, arrivé ici, voila donc qu'il laisse aller la société en avant, qu'il s'assied, et qu'il dit à son guide
« — Va me chercher une grosse pierre, entends-tu ? une grosse.
« Bon. L'autre y va, il ne se doutait de rien. Au bout de cinq minutes, il revial avec un moellon; c'était tout ce qu il pouvait tiire de le porter.
« — Tenez, en voilà un fameux, dit-il; si ites pas
content, vous sciez difficile.
" Bonsoir, il n'y avait plus personne. Seulement, "il sur le gazon une petite glissade de rien qui allait depuis l'endroit où il s était »- is jusqu'au bord du précipice. Il ne faut pas demander si le guide poussa des cris. Alors tout le monde accourut. Un monsieur qui était de la société lui dit:
« — Mon ami, voilà un louis, tâche de regarder dans l'abîme.
« Le guide ne se le fit pas dire deux fois. Il s'accrocha comme il put a ces bruyères, tant il y a qu il parvint t regarder dans le trou.
« — Eh bien ? dit le monsieur.
« — Ah! Li a fond, ré; uide. Je le vois.
•> Il n'y avait plus de doute, pulsqu il le voyait.
« Alors la société revint aux bains : on lit venir des hommes pour aller chercher le corps, le guide les conduisit.
« Cinq heure-, après, on rapport;! deux paniers pleins le chair humaine ; c'étaient les restes de M. B...
— S'était-il tué avec l'intention de se tuer?
— Jamais on ne l'a su. La compagnie d'assurances a voulu lui faire un procès comme suicidé ; mais 11 parai [Ui M. I!... a gagné, car il a hérité des cinq cent mille francs.
J'avais déjà entendu raconter cette histoire à Paris : mais
i qu'elle m'avait fait i - d'impression qu'elle ne
m'en lit sur le lieu même où elle s'était passée; c'est au que, lorsque Wilier lui nui. je fus forcé de m'asseoir; aibes me manquaient, et la sueur me coulait sur le' front.
Bizarre organisation de notre so le dévelop-
i de son industrie et de son ionne à un
homme l'idée d'un pareil dévouement, et lui permet d'es-
conrptor jusqu'à sa mort !... Il faut 1 imiste
qu'on soit, nous sommes bien prés de la perl tion I
Un quart d'heure après ce récit, nous étion ir la place
tle Loueche-les-Bains. Il y avait grande réunion près de la
ine; des voyageurs faisaient cuire une poule dans
:liermale. C'était une opération trop curieuse poux que
je ne la suivisse pas jusqu'au bout; je dis à Wilier d'aller
payer l'hôte et de venir me reprendre avec mon bagage.
Au i ! minutes, il me retrouva mangeant un ai-
leron de ranimai, sur lequel, je dois le dire, l'expérience s'était faite à point ; cet aileron m'avait été offert par le propriétaire de la poule, qui voyant l'intérêt que je prenais a son expérience, m'avait juge digne d'en apprécier les résultats.
A mon tour je lui offris un verre de kirsehenwasser, qu'il refusa, à son grand regret ; diable ne buvait que
ï i eau, et de l'eau chaude encore!
Après cet échange de politesses, nous nous mîmes en route pour Louëche-le-Bourg. A mi-chen in, Wilier s'arrêta pour me montrer le village d'Albinnen. auquel conduit le pas-
i des échelles que nous avions visité deux heures auparavant ; ce village est situé sur la pente d'une colline tellement rapide, que les rues ressemblent à des toits; ce qui fait, me dit Wilier, que les habitants sont obligés de ferrer leurs poules pour les empêcher de tomber.
A trois heures, nous arrivâmes à Louéche-le-Bourg. qui ne nui- offrit rien de remarquable, et où nous ne i i.iice^ que pour dîner.
A quatre heures nous traversions le Rhône, et. à quatre heures et demie, je prenais congé de mon brave Wilier pour monter dans une calèche de poste, qui devait me conduire le même soir à Brieg-
Le chemin que nous suivîmes dès lors était celui qui mène au Simplon, au pied duquel est situé Brieg. Depuis Martigny jusqu'à cette ville, la route fut exécutée par les Valaisans, et ce n'est qu'à cent pas environ avant les premières maisons que les ingénieurs français commencèrent ce merveilleux passage.
Du moment où je m'étais engag - ax " • route. remarqué à l'horizon des nuages amoncelés dans la gorge du Haut-Valais, qui se déployait devant moi dans toute sa profondeur. Tant que le jour dura, je les pris pour un de ces orages partiels si communs dans les Alpes ; mais, à mesure qu il baissa, ils se colorèrent d'une teinte sombre, qui fit enfin place aux lueurs d'un Immense incendie; toute une forêt située sur le versant septentrional du Valais était en flammes et faisait étinceler a trots mille pieds au-dessus d'elle la chevelure glacée du Fin i de la Yung-
frau. Plus la nuit s'épaississait, plus le fond devenait rouge, et plus je voyais se dessiner d'une manière bizarre les objets placés sur les plans intermédiaires Nous fîmes ainsi sept
marcham toujours ver- l'incendie qu'à < instant nous semblions près d'atteindre, et qui reculait devant nous. Enfin nous aperçûmes la silhouette noire de Brieg ; à peine parut-elle d'abord sortir de terre, puis petit elle grandit sur le ridi int de 1 horizon,
comme une vaste découpure noire. Bientôt nous ne vîmes plus d Lie qu'une lueur flaml
des don n qui couronnent les clochers; enfin il nous
que nous nous enfoncions < i a n un soûl nain sombre
et prolongé. N'ous étions arri êi . n i i Son la
ons dans la ville muette, calme et endormie, comme Pompéia au pied de son volcan.
OBERGESTELEX
Brieg est. située à la pointe c I i '■ iorn, et
forme l'extrémité la plus ibranchement des
routes du Simplon et de la R " la première,
large et belle, s'aVance vers 1 i gorge de la Ganter; la seconde, qui n'est i 1er étroit et
ai : ilalne pour aller s'es-
r au revers méridional de la Yungfrau, et s'enfonce
NDRE DUMAS ILLUSTRE
ce que la réunion ■; n et du alors
iuel le Jans une
pied le
main de m • inq heures du
, douze lieues
dix-huit i.tnce. AJoir- ntler va toujours en
ant.
Les premli tre sur te sentier
rs en allemand, et vmi- lient, dit une légende,
.1 un .1 et qui le lui a légué en mourant.
Ce dragon ne. d où il
.•êtes et les gens qui avalent le malheur due lui permettait demi tellement devenu la Interrompu toute commun it le Bas-Valals. Plusieurs montagnards
attaqué; mais comme Ils avale!
. l unes de leur coui
m; i er a une mort que l'on re-
omme certaine.
un serrurier, qui avait a
rencoupable demanda à combattre le monstre Sa demande lui fut accordée, et, de | race lui 1"
h sortait vainqueur du combat Le serrurier demanda deux mois pour rendant < .■ temps il se forgea une armure du plus PUT qu'il put trouver, puis une épée qu'il tremp
dans le sang d'un taureau fral-
II pa i et la ouït qui précédèrent le combat en
pif" daj Brleg ; le matin il communia, comme
Poui d mu pul il s'avança
du dragon,
S peine l'animal l'eul il aperçu qu I I rocher,
déployant un tel
l'i'int même oui étalent hors de sa portée en
fui-
ent 1 un .nuire l'autre comme toux uveris de leur armure.
l'un 'i ai 1er, l autre d
lu dragon, le serrurier balsa la
mblail i om prendre Qu'il n'avait point aSalre a un iinuitatiK.nl ordinaire.
Cepei .-it.it ion. il se dressa
damné imboya comme n du ma i i . dragon jeta un i Iles, tourna auti
■ m .i rosée de sang, i
écraser sous son poids .
éi de i • Qu'elle
i . une aile tel re se tramant su
ordanl sa queue et mu-
I tUI par la in:.
Il nt de toutes li
mi m- d agonie
Il ■!• (H
ul l1'' rul se trouva
lolll .1
coup
rmiire . • lui-
. I An m. m.
.quelle
on re-
l hommi
lentemeir | ■ ution. Rien ne
remuait; l'homme et le di n-nt étendus l'un sur
A vingt pas autour deux, l'herbe était rasée comme si un moissonneur y eut passe la taux, et cette i était pavée d'écaillés qui éllncelaient comme une pou-
dre d'or.
Le dragon était mort, l'homme n'était qu'évanoui. On fit revenir l'homme en le dégageant de son armure et en lui jetant de l'eau glacée : pu - mena au village, qui
reçut, en commémoration de ce combat, le nom de A'alen \ ipere).
Quant au dragon, on le Jeta dans le Rhône. Je vis. en passant a N'ati rs la lu dragon : c'est une
.'ion du rocher ouvert, sur la prairie où eut lieu le combat. On me montra encore l'endroit où le monstre se lit habituellement, et la trace que sa queue d'écaillés .i laissée sur le roc A partir de cet endroit, le sentier s'attache au versant i.onal de la chaîne de montagnes qui sépare le Valais de l'Oberlai] il faut rendre justice à tout, même
chemin, J'ai lui l esi isseï praticable.
Je mari. dix lieues de France.
i peu près; J'entrai dans un café, et j'y déjeunai côte à côte avec un brave étudiam qui parlait assez bien français, mais qui ne connaissait de notre littérature moderne que Télémaque ; il me dit lavoir lu six fois. Je lui deman- II y aval! dans les environs quelques légendes ou queltraditions historiques: il secoua la tête.
— Oh! mon Dieu, non, me dil-il ; on jouit d'une fort belle vue de la montagne qui est devant nous, mats seulement les jouis où il n'y a pas de brouillard.
Je 1 . poliment, ei Je mis le nez dans le flou-
vellitte vaudoil Ceux qui ont lu ce journal peuvent avoir ainsi i de l.i détresse où J'étais réduit.
La première chose que j'y trouvai, c'était la condamnamort de deux républicains pris les armes à la main .ry.
ii lu n tomber ma tête entre mes mains, et Je poussai I soun r Je n'étais pi I
\ il, us, j'étais à Pa Je relevai la tête, je rejetai mon sac sur mes épaules, et,
a la main, je me mis en route.
Voilà doni où nous en étions venus au bout de deux ans! Des têtes roulent, tantôt sur u- jali. tan
.le la Grève, compte en pal tenu
m profil de la mort entre le peuple et la royauté, et écrit i ouge par le bourreau .
Oh : quand formera-t-on ce livre, et quand le jettera-t-on, scellé du m dans la tombe du dernier martyr?
Je marchais, et ces pensées faisaient bouillonner mon
sang je marchais sans calculer ni l'heure ni l'espace, voyant
autour de mol ces scènes sanglantes de juillet et de juin,
entendant les cris, le canes, la fusillade; Je marchais enfin
comme un fiévreux qui se lève de son lit et qui fait sa
route en délire, poursuivi par les spectres de l'agonie.
Je passai ainsi dans cinq ou ~i\ Villages; on dut m'y
ir le Juif errant, tant je semblals taciturne et
r. El mu une sensation de fraîcheur me
vers lu n" I Lisait d,u bien ;
je ne . lien liai pas d'abri et continuai ma route, mais plus
nent.
Te traversai le village de Mnns .aime
avei - sur [u un petit gar-
...ii de quinze a seize ans courut après i , et me dit en
Ulez vous au glacier du Rhône, monsieur?
— Oui. mon garçon, répondis je aussitôt dans la même langue qui m avali fall l ressallitr di i
■u- vent il un cheval l
— Non
On guide?
• lui si c'est toi.
ilontlers, nsieur; pour cinq francs Je vous con-
\ vu donnerai dix : viens.
— Il faut que J'aille dln adieu à ma mère et chercher m. i patrapl
Eh bli linue. tu me rejoindras sur la route
ommi ' les tatou- en cou 'ant de
i-uivis mon chemin.
celle de notre machine! Quel-
i u avalent apaisé ma fièvre et ma colère.
. n ' hors de la
. i alla disant ; « il
■ '.te nuit, i
avali plu li u i...
'■'i i ..n ne
: n aplule, et i mi s bal s.ms ( ulrasse.
étais i.'i lonqui mol le galop de
EN SUISSE
mon petit guide. Le pauvre diable me rattrapait enfin ; je lui avais fait taire une demi-lieue en courant.
— Ah ! c'est toi ? lui dis-je ; causons.
— Prenez d'abord mon parapluie.
— Non, j'aime l'eau; mais prends mon sac, toi.
— Volontiers.
— D'où es-tu?
— De Munster.
— Et comment se fait-il que tu parles italien dans un village allemand?
— Parce que j'ai été mis en apprentissage chez un cordonnier à Domo-d'Ossola.
— Ton nom ?
— Frantz en allemand, Francesco en italien.
— Eh bien, Francesco, je vais non seulement au glacier du Rhône, mais je descends de là dans les petits cantons-, je traverserai les Grisons, un coin de l'Autriche; j'irai à Constance, je suivrai le Rhin jusqu'à Bâle, et reviendrai probablement à Genève par Soleure et Neuchàtel ; veux-tu venir avec moi ?
— Je le veux bien.
— Combien te donnerai-je par jour'
— Ce que vous voudrez ; ce sera toujours plus que je ne gagne chez moi.
— Quarante sous et je te nourrirai ; cela te fera à peu près soixante-dix ou quatre-vingts francs à la fin du voyage 1
— C'est une fortune i
— Cela te convient donc ?
— Parfaitement.
— Eh bien, en arrivant au prochain village, tu feras dire à ta mère que ton voyage, au lieu de durer trois jours, durera un mois.
— Merci.
Francesco posa son parapluie à terre et fit la roue. Je reconnus, depuis, que c'était sa manière d'exprimer un extrême contentement. Je venais de faire un heureux; 11 avait fallui comme on le voit, peu de chose pour cela.
C'était du reste une admirable et naïve confiance que celle de cet enfant qui s'attachait avec tant de candeur et d'abandon à la suite d'un inconnu qui, passant à pied dans son village, le rencontre par hasard et l'emmène par caprice. Il n'y a qu'un âge où une pareille résolution ne puisse être troublée par la défiance : un homme aurait exigé un gage, cet enfant m'en aurait donné, s'il en avait eu.
En arrivant à Obergestelen, je dis à Francesco que J'étais parti de Brieg le matin j il me répondit que j'avais fait dix-sept lieues d'Italie.
Je trouvai que c'était assez pour un jour, et je m'arrêtai à l'auberge.
C'est là que Franscesco commença à me rendre service. Il était presque chez lui, puisque nous n'avions fait que deux lieues depuis Munster : il connaissait tout le monde dans l'auberge, ce qui me valut incontinent la meilleure chambre et un feu splendide.
Je m'étais laissé mouiller jusqu aux os; je fis donc, avant de penser au dîner, une toilette d'autant plus délicieuse qu'elle était assaisonnée du sentiment égoïste et voluptueux de l'homme qui entend tomber la pluie sur le toit de la maison qui l'abrite.
J'entendis à la porte un grand bruit ; je courus à la fenêtre, et je vis un guide et un mulet qui venaient d'arriver au grand trot, précédant de cent pas, tout au plus, quatre voyageurs qui descendaient de la Furca lorsque l'orage avait commencé, et s'étaient égarés deux heures dans la montagne.
Comme il y avait parmi ces quatre voyageurs deux dames, qui me parurent jeunes et jolies, malgré leurs cheveux, pendants sur le visage et leurs gigots collés sur les bras, je me hâtai d'ajouter trois ou quatre morceaux de bois au feu ; je Toula i vivement en paquets mes effets éparpillés çà et là ; et, passant dans une chambre voisine, j'appelai Francesco, et le chargeai de dire à la maîtresse de l'auberge qu'elle pouvait disposer, en faveur de ces dames, de la chambre qu'elle m'avait donnée et qui se trouvait toute chauffée, chose qui me parut fort essentielle pour des voyageurs qui arrivent dans l'état où je venais d'apercevoir les nôtres.
.\u---i, cinq minutes après, je recevais, par Francesco, les actions de grâces de ces dames et de leurs cavaliers, qui me faisaient demander la permission de changer de vêtements avant de revenir me remercier eux-mêmes.
Lorsqu'ils rentrèrent, je m'occupais des préparatifs de mon dïnèr, qu'ils m'invitèrent à interrompre pour partager le leur. J'acceptai. C'étaient deux hommes de trenti -ïuatre à trente-six ans, l'un Français, gai, spirituel, bon compagnon, portartt ruban rouge et figure ouverte, vieille connaissance des rues et des salons de Paris, où nous nous étions croisés vingt fois, comme cela arrive entre gens du monde; l'autre, pâle, grave et empesé, portant ruban jaune et figure froide, parlant français juste avec ce qu'il fallait d'accent pour prouver son origine allemande: du reste, complètement étranger à mes souvenirs. Ils n'avaient pas fait un pas dans
ma chambre, que j'avais flairé le compatriote et l'étranger; n'avaient pas dit vingt r 'les. que je savais qui Us il le Français se non tnton, et je me rap-
pelai le nom de l'un de nos plus distingués;
l'Allemand se nqmmait Kœfford, et ambeUan du
roi de Danemark.
Après les premiers compliments échangés, j'appris que les dames étaient visibles; en cou êqu ord se
sa de me conduire près d'elles, tandis que M. Brunton i- endait à là cuisine. A tout hasard, J'ind
le marmite bouillant à la crémalllèr . ei de laquelle s'échappait une odeur tout à fait succulente; il me promit de s'en occuper.
couvai dans les femmes les menu s .pin nales que chez leurs maris. Ma vive et jolie compatriote se leva en m'apercevant, et m'avait déjà remercié vingt fois avant que sa compagne eût achevé la révérence d'étiquette avec laquelle elle m'accueillit. Celle-ci était une grande et belle femme, blanche, pâle et froide, n'ayant de flamme en tout le corps que l'étincelle mourante qui s'éteignait noyée dans ses yeux.
Le désordre de la toilette était, du reste, complètement réparé chez ces dames, et elles avaient la tenue matinale de la campagne. M. Kœfford, à peine rentré, ouvrit deux ou trois Guides en Suisse, déploya tue carte, conculta un Itinéraire, et laissa bientôt aux dames le soin de faire les honneurs de la chambre que je leur avais cédée.
En quelque lieu du monde qu'on se rencontre, il y a, entre Parisiens, un sujet de conversation à laide duquel on peut s'étudier, et bientôt se connaître : c'est l'Opéra, pierre de touche de bonne compagnie, qui éprouve les fashionables. L'Opéra forme dans ses habitués un monde à part, parlant cette langue des premières loges qui seule a cours pour transmettre, de la Chaussée-d'Antin au noble faubourg, les fluctuations de la Bourse, les variations do la mode, et les changements de ministère de la beauté.
J'avais un avantage sur ma jolie compatriote, c'est que je la connaissais et qu'elle ne me connaissait pas ; il est évident qu'elle cherchait à savoir à quelle classe de la société j'appartenais, et qu'elle ne pouvait le deviner à ce premier essai ; elle changea donc la conversation, et l'amena sur l'art en général.
Au bout de dix minutes, nous avions passé en revue la littérature, depuis Hugo jusqu'à Scribe ; la peinture, depuis Delacroix jusqu'à Abel de Pujol ; l'architecture, depuis M. Percier jusqu'à M. Lebas. Je connaissais encore mieux les hommes que les choses, et je parlais plus savamment des individus que de leurs œuvres. — L'esprit de ma compatriote était toujours flottant.
Après un moment de silence, quelques questions que je lui adressai sur sa santé firent virer de bord la conversation, qui entra à pleines voiles dans la médecine. Ma spirituelle antagoniste avait une névralgie. C'est, comme on le sait, la maladie de ceux qui ont besoin d'en avoir une. Lorsque vous entendez sortir de la bouche d'une femme ces mots : « J'ai affreusement mal aux nerfs » vous pouvez, incontinent, les traduire par ceux-ci : « Madame a de vingtcinq à quatre-vingt mille francs à dépenser par an, sa loge à l'Opéra, ne marche jamais, et ne se lève qu'à midi. » On voit donc que mon Interlocutrice se livrait de plus en plus. Je soutins la conversation en homme qui, sans avoir des nerfs, ne nie point qu'ils existent, et qui, sans avoir l'honneur de les connaître personnellement, en a beaucoup entendu parler.
Madame Kœfford, qui, tant que nous avions escarmouche sur un terrain tout national, était restée simple témoin du duel, voyant que la conversation ballottait en ce moment une question d'humanité générale, fit un léger effort qui colora ses joues, et laissa tomber quelques paroles au milieu de notre dialogue : elle aussi, la pauvre femme, avait des nerfs, mais des nerfs du nord. Cela me fournit l'occasion d'établir une distinction très subtile et très savante su? la manière de sentir selon les degrés de latitude ; et 11 demeura clairement démontré à ces deux dames, au bout de quelques minutes, que je m'étais beaucoup occupé de la Utférence des sensations.
Ma compatriote hésitait donc de plus en plus à fixer son i sprll sur ma spécialité. J'é1 mine du monde pour
n'être qu'un artiste, j'étais trop l'être qu'un
homme du monde; je pari ias peur un agent de
change, trop haut pour un m ■ parler mon
interlocutrice, ce qui prouva | < ' avocat.
En ce moment, M. Brunton ren are romiquement
bouleversée; il marcha droi oefford toujours plongé
dans des Guides et d Iti ei lui 'lit gravement :
— Mon pauvre ami !
Qu'est i nambellan en se tournant tout d'une
pièce.
— Avez-vous lu dans votre F.bel. continua M BrU] que les habitants d'Obergestelen fussent anthropophages?
ALEXAXDP.E DUMAS ILLUSTRE
. ,,..ii mais y est.
in livre, arriva «-rges-
age du la i mille
disons sont
ion du
soleil sur la résine que ci s de mélèze dont
causent de
inua gravement M Kœl - an il n'y a pas
.'iiimaine.
— En as que je vous dis que
ignorants.
— Pi
— ii. . uisine, levez le couvercle de la : r le (eu, et vous remonterez nous
vu.
i fait extraordinaire à consigner
i pas aire deux fois, il se leva
dams Brunton et moi avions
Son mari conservait invariablement
li - plaisants de bon goût savent si
: madame Koefford, elle était retombée
et, plutôt couchée qu'assise dans son fau-
. uement fixés au ciel, quel-
' mages à forme bizarre qui lui rappelaient ceux de sa
patrie.
l rentra pile et s'essuyant le front .
— Eli bien, qu'y a-t-il dans la marmite?
— In en: se laissant tomber sur une
enfant i
— I'auvi .laine Koefford, qui avait
□tendu sans comprendre, et qui
n ires quelque chérubin
oie d'or.
n gigot braisé ou sur une tête de
i depuis une heure.
i la fumée d'une mar-
irmite ne contient
un ange, comme l'ai-
lent un irop triste équivalent pour
- donc imbi ■ iue M. Brunton m ■ par I n :
- alliez le voir, on va vous le
i -n entra 1 ur un
ir un lll d barbe, un objet qui avait l'un enfant nouveau-né, écorché et bouilli.
te. M. Koef-
rrt dans lame, du
irJé attentivement, 11
D aiguisant tu'au siège de I
ur tout son
on avait re-
t loupes,
i dispos que
■ ptlon.
• venus • n et
qu'il I:
comme les nt un
ut
rr.au-
moins Frapp nimo des membn BU» ur ni empêcher do jouter de ce mets.
que Wilier m'avait tant vanté en gravissant le Faulhorn.
— N'avez-vous donc pas autre chose? dis-je à notre caii re.
— Une omelette, si vous voulez.
— Va pour une omelette, dirent ces dames.
— Mais saVezAous la faire, au moins? Une omelette, ajoutai-je en me retournant vers ces dames, est a la cuisine
- -■ la poésie-
— Il me semble au contraire-, répondirent-elles, que c'est l'abc de l'art.
Usez Boileau et Brillât-Savarin.
— Vous entendez, la fille ? dit M. Kœflord.
— Oh : quant à ce qui est de r omelette, nous en faisons tous les jouis, et, Dieu merci ! les voyageurs ne s'en plaignent jan.
m.us verrons bien 1
La fille alla faire son omelette : dix minutes après, elle
apporta une espèce de galette plate et dure qui couvrait
toute la superficie d'un énorme plat. Dès le premier coup
ituil, je vis que nous étions volés; je n'en découpai pas
i en servis un morceau à chacune de ces
liâmes , elles y goûtèrent du bout des lèvres, et repoussèrent
aussitôt leur assiette. Je tentai la même épreuve ; mes pré-
li ai pas trompé: autant aurait valu mordre
une courte-pointe.
— Eh bien, dis-je à la fille, votre omelette est exécrable, mon enfant.
— Comment cela peut-il se faire? on y a mis tout ce qu il fallait.
— Qu'en dites-vous, mesdames?
— Mais nous disons que c'est désespérant, et que nous mourrons de faim !
— Dans les cas désespérés, il faut donner quelque chose au hasard. Ces dames veulent-elles que j'essaye de leur en fane une?
— Une omelette?
— Une omelette, repris-je en m inclinant modestement, • dames se regardèrent.
— Mais, dit Kcetford en se levant vivement et en se rattachant a la seule planche de salut qu'il voyait flotter dans les eaux, mais puisque monsieur a la bonté de nous affrir...
. . ■" ridant, rein \i Brunton 81
me serviez d aides de cuisine.
— Volontn i i. ni ces deux me^s.^.irs pvec une
i dénotait la confiance de la faim.
— Volontiers, ajoutèrent ces dames avec un sourire de doute.
— Kn ce cas, dis-je à la fille, du beurre frais, des œufs
de la crème fraîche.
Je chargeai M Brunton de bâcher les fines herbes, et M. Ko ntre les œufs : je i>ris la queue de La
] mi UtiLre avec nheur
de ces dames. Déjà l'omelette cuisait dans le leurre et tout le monde me regardait avi poissant, lorsque
M Brunton interrompit le silence g lierai :
— Moi sienx me OUI il. serait il Men Indiscret de vous demander qui nous avons l'bouneur d'avoir pour cuisinier?
mon Dieu, non, monsieur.
— C'est que Je nie je vous al rencontré à
— Et mol aussi. Ayez la bonté de me passer le beurre..., Merci !
j'en fis glisser quelques morceaux sous lomelette. qui mire, allé i la poêle
D que si vous nu diriez votre nom...
— Alexandre Duroa*
— L'auteur d'Anton]/ ' ! nrunton.
i m nie ré] en mettant dans le plat lome-
arfaltsment cuite et en la r la tabla
N'entendant an tatton ni pour le drame ni pour
je levai les yeux : la on s était fait de ma personne une ld.
ne ne le ' lUS que Je
donner Par malheur l'on trouva excel-
lâmes la mangèrent jusqu'au dernier morceau.