RE DE L'HOMME
Tout eu bavait : arrivés à Ibach, et comme
notre déjeuner c i I in, Je pr isai a notre
homme de manger un morceau avec nous a accepta l'offre avec la même bonhomie quelle était faite, et nous nous. minus à table.
— A propos, lui dis-je, pendant qu'on faisait notre omelette, vous avez laissé tomber un mot que j'ai ramassé.
.— Lequel, notre bourgeois? dit le bonhomme qui commençait a se familiariser avec mes manier
— Vous avez dit que vous aviez connu les Français du temps de Masséna?
— En peu répondit le paysan, après avoir vidé son verre et en faisant clàpper sa langue contre son pals
— Et vous avez eu affaire à eux?
— Oh l a un entre autres. Quel chenapan ! c'était pourtant un capitaine. .
— Est-ce que vous ne pourriez pas nous conter cela?
— SI fait : imaginez-vous... Ah ! c'est que voila l'omelette.
En effet, on apportait ce plat Indispensable, et quelquefois unique des mauvaises auberges, et, à la manière empressée dont mon convive avait salué sa présence, il y aurait eu cruauté à le détourner des soins qu'il paraissait disposé à lui rendre.
— Diable! dis-je. c'est fâcheux que nous ne suivions probablement pas plus loin la même route, nous aurions causé de la fameuse bataille.
— Oh ! oui, c'en est une fameuse- vous allez a Schwiiz?
— Oui. mais pas tout de suite; je voudrais auparavant voir la Muotta-Tlial.
— Eh bien, mais ça tombe à merveille, il me semble: j'y demeure en plein; de ma fenêtre on voit jusqu'au vi
de Muotta, où le plus chaud de la chose s'est passé. Venez coucher à la maison ; dame, vous ne serez pas crânement, mais la petite chambre est là.
— Ma. foi ! dis-je j'accepte la chose comme vous me l'offrez, sans façon.
— Vous avez raison : où il y a de la gène il n'y a pas de plaisir Vous verrez Marianne, qui est une brave tille qui a bien soin de moi : vous n an: chamois parce que le
tueur n'est plus là.
Le vieillard poussa un soupir.
— Pauvre François !.. Enfin ; mais vous trouverez des poules, de bon beurre et de fameux lait, allez !
— Je suis sûr que je serai parfaitement bien.
— Parfaitement bien n'est pas le mot; mais enfui ou | chera que vous n'y soyez pas trop mal ... A votre santé!
— A la vôtre, mon brave, et à celle des gens que vous aimez I.
-- Merci ! Vous me faites souvenir que j'ai oublié Pierrot.
— J'y ai pensé, moi, et probablement qu'à l'heure qu'il est il dîne mieux u
— Eh bien, je vous remercie. Voyez-vous Ha e, Fidèle et Pierrot, c'e-i tout <■ oui me reste sm I I
nous sommes pour rentrer, Pierrot brait, Fid li d de moi. Marri enne parait sur le
lui arrivent sont les bienvenus di Quand on vit isolé comme nous vivons, i,. : ' - les
animaux deviennent des amis dont on : tes et
, mauvaises habitude»; les bonnes leur vlet la na-
li ,,;..:,'. , rapi
sait cela, on leur pas-, | Pourquoi ■
es soient plus parfaites ". i les :'
rot n'avait jamais , non: Parisiens, soit dit sans vous offenser .
— Oh! allez, allez, |e n
— Il n'aurait pas le
i 'était vrai, au - ' ■ : ta i mlis.iwoii cor-
rompt tout. JUBOU
Tout lialogu m l un lette et le
paru ; il ne restait plus dans la bouteille que de que
nu o ' - trinquâmes cf nou-
E Dl M VS IU.ISTRÉ
;• , nssitoi gui
e maison.
a ba-
■ : je ni en :ter- **
. - passe !
de me marier il > nais en u>
i ..ié par ii rai ; je i.e ., mi voula . — .
■ , tu ii.-m.-in- i le pays
- — Depuis i Inq i ■
. i tour-
- i.i l'homme
qU q -, faites-lui donner une
lit, faites-le fusiller...
le cal naine . — 1er, répondis-je.
avant, marche.
.-la?
i 1 tout 1 l'heure.
. — .Mais enfin
ume.
n n y a i -ire. Je marchai. Non- nous enga-
■ - et quand nous eûmes dépasse Scho-
nembucb, où étalent les avant-postes frai
■ — Maintenant, dit le capitaine m.- regardant en
-i plus cela 11 faut i ne ou a droite et
BOUS avons
quelqui y lui.- el •• tom-
dana quelque parti ennemi; car Je te préviens nu au (eu. il prit un (usil .les mains d un nu ei rnme une badine, et,
de mi tête, je t assomme.
• — Hais enfin. >ii- .^ ma
• — Te voilà prévenu. . ai , . plus un DO
dus nous i
n fallait n- marche
aux Russes qui • ,,< que
ut ju-iLi au delà de ma maison
■ nai vers le capitaine :
Mon officier, lui dis |e, me permettre de
■une?
\h • i rlgand, me dit ine en me donnant un
m veux nous trahir :
Mol, mon
• — • . t mari b
dlr mm. vous te voyei n.":
que je pu^e .lire un une pitié.
mes Muotta |e le lui
■ pins parler On Russes
mais
qn n- ,
qu'ils
iendre
quart
taine fi i
\l« plus i •
la main Je sentis mes cheveux
sang ; autour de moi il y avait des - morts : alors Je me rappelai tout.
■ me lever, mais il me sembla que la terre trembla.t. et je tus forcé de m'accouder d'abord jusqu que mes esprits tussent un pru revenus Je me souvins qu'une source coulait a quelques pas de l'endroit où j'étais. n ainai sur mes genoux, je lavai ma blessure, j avalai quelques gorgées d'eau, elles me firent du bien; alors je i ma pauvre femme a l'inquiétude où elle devait i .lit mon courage; je m'orientai, et, quoique je me uns en route.
11 parait que la troupe à laquelle j avais servi de guide battu en retraite par le même chemin où je lavais conduite ; car tout le long de la route je trouvai des cada- ..iis en moindre quantité, cependant, a mesure que J'avançais; enfin il vint un moment où je n'eu trouvai plus du tou> soit que la petite colonne eût changé de dlrecit que je fusse arrivé n rendrait où l'ennemi avait cessé de la poursuivre. Je marchai encore un quart d'heure -, enfin |'ap< n us la maison. Entre le bols et elle, il y avait un espace - i us faisions pâturer nos béies, et, aux deux
tiers dl e. j'aperceva's a la lueur de la lune quel-
que chose comme un homme couché: je marchai vers l'objet en question. Au bout de quelques pas, il n'y avait pas de doute: .était un militaire, je voyais briller ses épaulettes ; je me penchai vers lui : c'était mon capitaine.
- J'appelais alors, comme j'avais l'habitude de le faire quand je rentrais, pour annoncer de loin mon retour ma femme reconnut ma voix et sortit ; je courus a elle, elle tomba presque mo elle avait passé une
journée affreuse et pleine d'inquiétude On s était battu aux environs .le la maison -, elle avait entendu toute la journée la fusillade, et. dominant la mousquet, rie. le canon qui grondait dans la vallée
•Te l interrompis pour lui montrer le corps du capitaine. — Est-Il morti s'écrla-t-eUe « — Mort ou non. répondls-Je, il faut le porter dans la maison s'il est vivant encore peut-être parvlend à le sauver: s il est mort, nous renverrons à son régiment ses papiers qui peuvent être Importants, et ses épaulettes. qui ont une valeur va préparer notre lit
• Rose ■ ourut à la maison : je pris lo capitaine dans mes bras et je l'emportai en me reposant plus d une fols, car Je
bien tort moi-même ; enfin. J'arrivai tant bien que mal Nous déshabillâmes û capitaine il avait trois coups de liai. mnette dans la poitrine, mais cependant, 11 n'était pas mort.
le ne suis pas mé-
iii us |e pensai que le vin. qui fait . lu bien a ! rieur ne peut pas faire de mal i 1 extérieur : je versai une bouteille du meilleur dans un.- soupière, je trempai dedans - s et je les appliquai sur ses blessures. l'en • temps, ma femme, qui. comme tout de nos Alpes, connaissait certaines herbes bienfait
pour tacher d'en cueillir au clair de la lune, heure a laquelle ri t.- ..ut encore plus de vertu.
• Il parait que me- < nu . lent .lu bien au capl-
au bout de dix minutes, Il poussa un soupir, et.
au I t d'un quart d'heure il ouvrit le- yeux, mais
rien voir encore; on m'aurait donné plein la chambre que je n'aurais pas été plus content Enfin la i.
prirent de la vie el après avoir erré autour de la chambre. m sur mol : je vis qu'il ni -ait.
• — Eh bien, capitaine, lui dis-je ton' Joyeux . si vous
in a ni '
i ind en entendant cela; le mot était magnifique
Quinze Jours après continua le vieillard, le . apit une i régiment . le surlendemain, un aide de camp francs .le la part du général Ma* trj (son que je tenais en location, alm i.iur ppelalt le capitaine?
le ne le lui al pas demandé
ce vieillard avait été assassiné par un homme, ir p. la vli i son assassin, et n n'avait eu dans le
• Miment du mal qu'il ava t re. n ni
- n il du bien qu il iva>!l fait, pour désirer savoir
celui qui lui devait la vie et a qui 11 avait failli
ms ne l'ai oiidis-
■ vous s dil le vieillard en . . . OUI : a
Il e que lui avait faite
moi Inq mti
• nrul ■ lu . )i. m i ii nous aper-
uil de la maison.
Bile mène un brave monsieur
■ non- demandi niper.
EN -i rSSE
- Qu'il soi, ic bienvenu, dit v ,, u mat
ipf chambr" 'I,0n ^ * m°n Mt°n IJ('ur les eD1P°rter dans
- Hem ! comme elle parle, dit Jacques en la voyant s'éloigner avec un sourire : c'est qu'elle a reçu une éducattonde
^Jî^i^^r^s^^ stsses: sas
— Si fait, me répondit Jacques ; mais Dieu a préservé le Père et les enfants : k, mère seule a péri P^serve le
,«7; fSt"Ce flUe V°'re belle-ull« consentira à me donner des détails sur cet événement?
i^Z?«* ? q"e «T0US V0Ulirez> quoiqu'elle fût bien jeune lorsqu ,1 est arrivé ; mais son père le lui a raconté si Touvent
™tiie,Se '' rappelle comme si la chose était d'hier... A bas' Fidèle !... Excusez, monsieur, c'est sa manière de vous faire' de son côté, les honneurs de la maison '
<.<ÏV»al\x nlÛile SaUtait après moi comme si "°us eussions été de vieilles connaissances: peut-être flairait-il le chaste Mtaintenant' me dit Jaciues, si vous n'êtes pas trop fa- U, L T6 V°US VOaliez molUer sur Ia Petite montagne qui est derrière ma maison, vous embrasserez d'un seul coup
femns M mr dC bataUIe de Muotta-Tfeali Pédant ce temps. Marianne préparera ses petites affaires
Je suivis mon gmide en appelant Fidèle, qui marcha derrière nous pendant vingt pas a peu près ; mais, arrivé là il s arrêta en remuant la queue, nous regarda quelque temps puis, voyant que nous continuions notre route il retourna en arr" ' lv' Pour nous regarder de dix pas en dix
pas: puis enfin il aHa s'asseoir sur le seuil de là porte aux derniers rayons du soleil couchant
~ " P"a » lue Fidèle n'est pas des nôtres? dis-je à Jacques : car tout, dans cette famille, me .semblait tellement uni ?"e le rh",Tl,:,ls la ' " '" îles plus simples choses sur d'v trouver toujours un mystère d'intimité.
— Oui oui. me répondit le vieillard : du temps de mon pauvre François. Fidèle aimait également tout le monde"™ car tout le monde était heureux; mais, depuis que nous 1 avons perdu. ,1 s'est attaché à sa veuve : il parait que c!est Enfin'"™ 'e "luVnuffe''': cependant j'étais légère? mri
ss-^iSr avait c,onné' meu ,,ous ra ôté' sa ™-
Je suivis avec respect ce vieillard si simple et si résigné
dans sa douleur, et nous arrivâmes au sommet de la petite
! J0 don on découvrait une partie de la vallée depù s
Muotta jusqu'à Schonembuch : à droite, nous apercevions la
/," ia,",Ttaf;ne' qu;r a appeiée' <» ». ™ <*
„ ' ' 'll" '"""" ;"' delà de Muotta, le mont Pragel fermait la vartêe et la séparait de celle de Klon. qui commence à laul de la montagne, et qui descend jusqu'à Nœ-
fels. Nous dominions la place même où était venue se briser *lr™*.b°"-", "- <a ^"vage réputation de Souva^ov eï
obligé Sdan, hU "0n' VenU au pas de course de Moscou, fut oblige de battre en retraite lui-même, après avoir écrit à
K"' Vk"" * :i ■l"11-""" aui avalen été ba„„ , , V
Cecommfrt«OUt0r ,rJeVi tàuteTtemS
'e'm: '"" ' des murailles Vous me rép ndez sur vo,
de chaque pas que vou ferez en arrière ,. , m.nze lot m après, celui qui avait écrit cette lettre, battu etZvaàu i
Zemmésaet'Cdixa:,,r "ï" "— l6S ™»*e™ n»if m ne pZ formé a H t , 6 "T Versait la Reuss sur un
avaLt ioint; -, t Fï deUX Sapil,S' que ses offlciers
avaient joints avec leurs echarpes
vanéereSsf1o!arrn,i,eU,'e a P6U Près a examiner toute cette taiiée. si tourmentée alors, et aujourd'hui si tranauille A.u premier plan. ., 'avais la maison, s'élevant an m i fa ,P
mm%[]on^r;u,:,:'e-I;ari,D1IUmeilS'/''-e' mosnncie Là» c^S 'eVait Perpendiculairement, tant l'at- SseP ranntth/, ;,aU SeCOnd plan' le 'rtUaW ,le Muotta, trou éiÔ.rr. e ",o1 r'our que Je visse sps malsons mais horizon^ P"Ur l""' '" «"Menasse ses ban
H v, „n,d . e '"IX dern,e» rayons du soleil Wance ' fessem-
KaTd ,lvoifrtaUtreS^WtailtS<i n'a" le
oe grand; la voix du monde couvre celle de Dieu- il non, faut, pour retrouver un peu ta , ^™
milieu des «agues. ces montagnes de 'Océan ou au MU«S des montagnes, ces vagues de la terre u. pour peu^uë nous soyons nés poètes ou religieux, ce qui' est souvent H même chose, nous sentons se réveiller dans notre -cœur une
EN sl:is*e
' ' ! ' nous sentons vibrer dans notre a™ „„
! ' '"-""<' '■'" I .n'es et™« „ Q"e
et de la religion, comme „ , ;,, [, '.",^s ' i f*au? î
l«s. ou ffi qu'a vogu'e ^i^Sîn"1^ îï?
d^r fa neH" T" ^ qU'" se^8 '^ '.' ,^a ^o ot
ce^uf:easou^.lé;a;n.rë[.1'ÏPa;ile; F'dèl-enait annon-
HISTOIRE D'UN CHIÏN
peiez. comment François vous a-t-il donc quitté „-i i™
pour aller vous attendre au ciel?
d,rh,Xl°US aT62 raiS0D' rePondit le vieillard, et vous me faites
nous' Pffl °1S' ,°U avons-no^ ''air de l'oublier pour ne pas a quittés alors „ous nous regardons tous les trois et Z
J^a veuve et ie chien s'approc) eut en même temps du
vieillard l'une lui tendit la main, i antre lu posTsi tstë sur le genou. Quelques larmes silencieuses coulèrent sur es
nXi; - -'~:le chien ^T&JZ
" le vieillard, un jour 11 rentra venant de
OUJ est à cinq lieues d'ici, du côté dAKo te
m son bras celui-ci; le vieillard étendit a ma n et là
;l"r'- ' li i i ésurup fumiej a l'avait Tetfavec
deux '-,M ' s frères ; mais les autres étaient tomnéslu»
™ pavé ' ' i(1 u< 'ués. on lui fit chauffer du i n" « en fl» comme un enfant ave un c„i 1er
':' '"/l,: P* «mode; mais enfin la pauvre petite b«é
était la on ue pouvait ras la laisser moum- de faîm - Marianne, en ouvrant la porte
'' ' "! ' nez elle, alla droil a la corbeille . i dèle
et lui donnas teter; c'était sa m i
;,;:,;;;;,:,!"V" «mayta p» ,,s,i„,f ,;q*a
elle sortit
',,,"" ,l; °ut( Speringen. \ cinq
'" .,r",,l|M ': »ce repari
manière qu'elle avail déjà rai
la P°rl' " etrouva de i u
, K"'' !" '' ' s et deux
! lluv '"•"• Ueue un ^ in m
'' ftesigen, i ava^t api i Ici; de sorte
qU.e ' dans tous les
animaux de la ci qu'ils femme le
u \u bout ne ce temps, on ne la vit pi i aeul j,,,,,.
Fidèle commençai! ,, BUe ne Mn)
que toutes le , ,„,,.,.„, ,(|rl
Pai a la manière d'une voisine de cam-
pagne qui fait sa visite.
INDRE DUMAS ILLUSTRE
. j-r ■ un hardi chasseur di
. \uus voyez :
. iToyat une Tjalli
montagne
. i.ainois sur les épan an ■ : nous en vendis
'lue Franon autre métier . mais François Malt en Ci Par (tout que
u dans
nos montagnes.
I n Jour, un V ' •>'* d«
tuer un sui ';i" "" "•' Pieds
d'env. : te pourra
qu'il fall
i mois , tira l'adresse d'un négoi lani de .... i m • avi lui el qui -■
I r, niçois deux louis lui remettrait le ntre les deux aie li
lé Marianne et moi, la visite de l'An-
i , un soir en ren' i
ouvé un nid d'aigle.
bien simple qu'il nous disait, et il tvent « — Où cela- h ! je
rohn-Alp
, grande montagne a la tête neigeuse
que '.
ie que je la voyais.
I i in. ois nulle d'habitude
,i pendant une i entaine de
n. \i.ui. un»' nous regardait - li s deux
de la main
ne vous trompi i, inier - fort
que d habitu le D'ail poui er ; Fi-
: i m parti il i
[ollel ■
ie ni-
i t risti
dans la ma
i notre
vous la
enoux . prier a peine ■ . i li ment d'un chien qui le sentis
un frl int, le i hrl
■ se ! hurli
plot > 'in sa
■ la voix de
ini pas
ouvrit D il ne
ii plus
ouvrit
nie ; Je il me nger de mi
Bit |3
en lambeaux li
envie de trier à François que J'arrivais à son secours-, - ou plutôt Je n'osais | Partout "d Fidèle i vous dire où et com-
ie n'en sais rien. Une avalanche tomba de la montague, j entendis un bruit pareil a celui du tonnerre, je sentis n aller i omme dans un tremblement de terre; j. me cramponnai à un arbre. l'a» Je tus entraînée
I>ar un torrent, je me sentis lelque temps, puis J'al-
lai me heurter contre un roc auquel je me retins, et. sa voir i oinment, je me retrouvai sur mes pieds et hors de l'eau briller les yeux d'un loup dans un buisson qui se trouvait sur ma route; je marchai droit au buisson, sentanr que j'étranglerais l'animal s'il osait m'attaquer-. le loup eut. peur et prit la fuite. En un, au point du jour, toujours guli' Fidèle, j'arrivai au bord d'un précipite au-dessus duquel planait un aigle ; je vis quelque chose au fond. un homme couché ; je me laissai couler sur un rocher en pente, et je tombai près du cadavre de François.
Le premier moment fut tout a la douleur: je ne cherchai innieiit il s était tué; je me couchai sur lui. n n ses mains, sa figure, tout était froid, tout était mort je mis que j'allais mourir aussi, mais je pus pleurer ne sais combien de temps je restai ainsi ; enfin je levai • et je regardai autour de moi.
l'r ois était une femelle d . sur
île d'uu roc. un petit aiglon vivant, triste el immobile comme un oiseau sculpte, et dans l'air le maie décrivant des éternels et faisant entendre de temps en ti ; el plaintif; quant à Fidèle, bail Durant lui-
même, il était couché près de son maître et léchait son \ de sans.
François avait été surpn re : attaqué
par eux au moment, sans doute, où il venait de s'emparer de leur petit, et forcé de détacher ses mains du
lequel il gravissait, il était tombé étranglant celui des deux aigles qui s'était abattu sur lui, et ••lotit les serres ni encore marquées sur son épaule.
— Voilà pourquoi nous aimons tant Fidèle, voyez-vous i ontlnua I» vieillard ; sans lui le corps de François
par 'es loups et par les vautours tandis que gi lin. il est tranquillement couché dans une tombe chrétienne. sur laquelle, de temps en temps, lorsque la i i nous
mue ' | ouvons aller prier...
impris que .Tacques et Marianne avaient bes ;l- ■ i. au lieu df me metti< a table, je sortis.
IIISTOIItE DE LA FEMME
A dix heures, le vieillard me conduisit a li
avait préparée pour moi; sur une table, près de mon lit.
m. manuscrit de I s plumes.
Tenez, me dit Jacques. vous m'avez demandé des ren
-ni i éboulement de Goldau h n .n point voulu
a ma lille de cet accident qui lui aurait rappelé la
mère, surtout dans m lu elle ava.r
r brisé; mais voilà un ré. i celte catas-
i,i par son père, mon vieil ami. Joseph Vlgeld le copier, et vous verrez que c'est le bon Dieu qui préa rve ma pauvre Marianne, afin qu'elle put être un jour l n d'un vieillard qui n'a t. lus de Bis
rclal mon bote; mais J'avais suiflsammenl de
i . et je remis au lendemain manu . <
i travail t.- tus réveillé par un rayon de soleil, qui vint dan fermés, qui ut ouvrir, -le i rus il abord que j ai
. . angi s Plerrol irianne et i l embrouil
mu. il, que i eus toutes les peines du m#nd dans nia i faire luire
-i e faite je n une dernli i.iphc de famlUi
■ 1 1 Ible, a enr. :
mes le, t. urs le récit dan- nuit.- sa -im i plutôt traduit Httéralemc
le M Daguerre. >n peul
i Mi .i ans 'i. . 'i"e de
• nement.
le 18 vall été très orageux, des pluies contl-
EN SUISSE
nuelles avaient détrempé la montagne : mais cependant nous étions arrivés au 2 septembre a ms m i ien pût taire présager le danger qui nous menaçait. Vers les deux heures de l'après-midi, je dis à Louisa, l'aînée de mes Biles, d'aller puiser de l'eau à la source; elle prit la cruche et partit , mais. au bout d'un instant, elle revint, me disant que La source avait cessé de couler. Comme je n'avais que le lardln à tra verser pour ni 'assurer de ce phénomène, j y allai moi-même, et Je vis qu'effectivement la source était tarie ; je voulus donnai trois ou quatre coups de bêche dans la ir me
rendre compte de cette disparition, lorsqu'il me sembla sen-
« Dans ce moment, quelque chose passa en l'air qui fit une ombre: Je levai les yen. < était un rocher qui, lancé le un boulet dé canon, alla briseï une maison situ
cents pas du village M alors, tournant
i n 'l; la rue. avec trois de nos entants; je couiu
i pris deux dans mes bras, et je lui criai de me suivre.
« — Et Marianne, s'écria-t-elle en s, ers la mai-
■.i .m. unir, qui est restée chez nous ... iue!
« Je la retins par le bras, car, au momeu i mal-
son tournait sur elle-même comme un dévidoir Mon père.
Près de François était une femelle d'aigle étranglée.
tir le sol trembler sous mes pieds ; je lâchai ma bêche au moment où je venais de l'enfoncer dans la terre. Mais quel fut mon étonnement lorsque je la vis se mouvoir toute seule. Au même instant, une nuée d'oiseaux prit son vol en poussant des cris aigus; je levai les yeux, et je vis des rochers se détacher et rouler le long de la montagne ; Je crus que j'étais en proie a un vertige. Je me retournai pour revenir vers la maison. Derrière moi, un lusse svinu (oriiie dont je ne pouvais mesurer la profondeur. Je sautai par-dessus comme j'aurais fait dans un rêve, et je courus vers la maison; il me sembla que la montagne glissait sur sa base el me poursuivait Ai rivé devant ma porte le père qui
venait de bourrer sa pipe; il avait souvent préd lésas
tre. Je lui dis que la montagne chancelait comme un h >mme Ivre, et allait tomber sur nous; il regarda de son Côté
•■ — Bah ! dit-il, elle me donnera bien le temps fl allumer ma pipe.
» Et il rentra dans la maison.
qui mettait le pied sur le seuil, fut poussé de l'auti
la rue Je tirai ma femme ù moi, el Je la toi ai
'l'ont à coup un bruit affreux se fait ei '
poussière couvre la vallée. Ma Gemme m vlo
lemment ; je me retourne, elle i son on
faut ; i était quelque i hose d'in nfernal
La terre shii ouverte et refermêi sous ses pieds; je n'au
ralspass i elle était passéi n'était res
tée hors du sol Je me Jetai i tel re ser
rail comme un étau , : I la place
< epi ni mes enfa ! at à. leur se-
cours . le me releva 'ni oùs chaque
bras, et le un' ml entis la tene se
mouvoir sou- me pu un-s enfants, t mi
■ i is posslbli
in- debout : Je voul il me nii iui arbres, el les
puyer S an roi lier, el I
omn I «al mes enfants contre
nr.
la terre, je me coucBai sur eux ; un instant après le dere la création sembla venu, la montagne tout entière tombait.
res ai ainsi avec mes pauvres enfants tout le jour et
une partie de la nuit : nous cro: les derniers êtres
- du monde, lorsque nous ente ' Quel-
de nous: c'était un Jeune domine de Busingen qu;
marié le jour même: il revenait d'Art avec la noce.
au moment d'entrer a Oui : en arrière pour
liï dans un jardin m • sa fiancée.
Ydlage, noce, fiancée, tout avait disparu tout a coup, et il
Liï tomme ui m il les débris, son bouquet de
a la main, en criant : » Catherine ! « Je l'appelai, il
; nous, nous regarda, et voyant que celle qu il cherchait
i! point avec nous, ii repartit comme un insensé.
■us nous relevâmes, mes enfants et moi : en regardant
autour de nous, nous aperçâmes, à la lueur de la Inné; un
grand crucifix qui était resté debout ; nous allâmes vers lui ;
un vieillard était couché auprès de la croix, je reconnus mon
Je le crus mort tpital sur lui. il se réveilla ;
liesse est insoucieuse.
e lui demandai s'il savait quelque chose de ce
dans la maison, où 11 était rentré au moment
catastrophe; mais il n'avait rt'en vu. si ce n'es; que
Lsque, notre cuisinière, avait pris la main de la petite
Marianne, en criant :
C'est le jour du jugement, sauvons-nous, saavons-
Hals en ce moment tout avait été i et lui-même
repoussé dans la rue: il ne savait plus rien, sa tête ayant frappé contre une pierre et la violence du coup l'ayant il avait repris . .-nnaissance. il avait pensé à ix. était venu a elle, avall (ail sa prière et s 'était en- ,l,„.m mes deux infants et je me mis à
errer parmi tous ces décombres, essayant de deviner où" était la place de notre chalet.
fin, en m'orientant d'après la croix et la cime du
Rossberg. Je crus me Teoonnattre : je montai sur une
i- formée par la terre qui rouvrait les débris
in, je m'inclinai comme lorsqu'on parle a des
t dans une mine, et j'appelai de toutes- mes
ndis une voix U enfant qui répondait
,,,,. ,: je reconnus celle de Marianne. Je n'avais
lie. je me mis a creuser au. mes mains;
terre était mouvante, J'eus bientôt fait un trou
in cinq pieds de profondeur . Je sentis le toit
tuiles qui le couvraient. Lorsqu'il
Lge pour mon corps, je me laissai glisser
dune poutre, et. comme le plafond était défoncé,
[ dans l'intérieur de la mai.- ni. pleine de
l.ris de Charpente. J'appelai une seconde
«tendis des plaintes du coté du h; .était l'en-
■ tte : je sentis sa tête
moi. mais
i bois de lit et la terre : le toit,
..ii.liette : la . .menotte lui
la jambe.
lit par un effort presque Surnai - mains. Je la pris qn -lie n'était quelque part. T'appela] Praa-
■ PO I1"' par dl s
e me mis à
qu'elle avait elle était la tète en bas. le tri \m
mains
i elle se mais
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niant . mais Mariai - .t demain!
nientç s'affaiblirent, et Francisque ne rut que la pauvre enfant était i l'ange qui venait de ipiitter la terre de se sou-
venir d'elle au ciel. Bien des heure- -ent. ainsi
Francisque éprouvait un froid, insupportable ; son sang, qui ne pouvait circuler à cause de la pression de ses membres, se portail à sa poitrine et l'étouffait : elle se sentait mourir à son tour.
« Ce fut alors que Marianne, qui n'était qu'endormie, se réveilla et recommença ses plaintes ; cette voix humaine, toute faible et toute impuissante qu'elle était, ranima la pauvre Francisque ; elle fit des efforts inouïs, dégagea une de ses jambes et se trouva soulagée. Alors lassoupissement la prit à son tour, et elle venait d'y céder lorsque ma petite Marianne entendit ma voix et me répondit. Je trouvai enfin Francisque, et, avec une peine incroyable, je parvins â la dégager. Elle croyait avoir les bras et les jambes lie demandait de l'eau, car ce qui la
faisait le plus souffrir, disait-elle, c'était la soif. Je la portai près de Marianne, au-dessous du trou que j'avais pratiqué et â travers lequel on voyait le ciel; je lui demandai si elle apercevait les étoiles ; mais elle me répondit qu'elle croyait être aveugfe. Alors je lui dis de rester a l'endroit où elle était, et que j'allais revenir à son secours; mais elle me saisit par le bras et me supplia de ne pas la quitter. Je lui répondis qu'elle n'avait rien à re, que tout était tranquille maintenant, que j'allais commencer par faire sortir Marianne, et qu'aussitôt je retournerais a elle et lui rapporterais de l'eau : elle y consentit.
■■ Je dénouai alors le tablier qu'elle avait autour du corps, je me l'attachai au cou ; je mis Marianne dans le tablier, j'en pris les deux extrémités opposées entre mes et, grâce à cet expédient qui me laissait les mains libres, je parvins à remonter le long de la poutre à l'aide de laquelle j'étais descendu. Je courus au pied de lai croix; sur la route, je vis passer près de moi. comme une ombre. le malheureux jeune homme qui cherchait sa fiancée : 11 tenait toujours son bouquet de roses à la main. .. — Avez-vous vu Catherine? me dit-il. <■ — Venez avec moi, du côté de la croix, lui répondfe-je.
« — N'on. eontlnua-Orl, 11 faut que je la retrouve. ■ Et il disparut au milieu de» décombres, appelant toujours sa fiancée.
•■ Je retrouvai au pied du crucifix non seulement mon père et les deux enfants, mais encore trois ou quatre personnes qui avaient échappé au désastre, et qui. instinctivement, étaient venues chercher un refuge au pied de la rroix. Je déposai Marianne près d'elles, la recommandant à son frère et â sa sœur, plus âges qu elle : je racontai â ceux qui étaient là que Francisque était restée dans les décombres, et que je ne savais comment l'en tirer. Ils me dirent alors qu'une seule maison, placée a lé. art. était debout et qne j'y iwiurrais trouver une échelle ou des cordages. J'y courus: elle était ouverte et abandonnée. les propriétaires en avaien- fui; cependant j entendis du bruit au-dessus de ma tète, j'appelai :
Bst ce toi. Catherine f dit une voix que je reconnus Ix.ur celle du fiancé.
« Il me brisait le cœur; j'entrai dai ir pour ne
pas revoir ce malheureux jeune homme: j'y trouvai une que Je mis sur mon épaule, une gourde que Je rempli- .1 eau. ei je retournai au secours de Fraie lsque.
La fraîcheur de la nuit lui avait rendu un peu de .lie était debout et m'attendait. ,f introduisis le: elle était assez longue pour toucher la terre. Je ■ .1 -que. et lui donnai la gourde, qu, i rec avidité, puis je l'aidai à mont .ne,
la guidant, car elle n'y voyait pas et je parvins à la conduire hors de l'espèce de tombeau où elle était restée nies. Pendant cinq jours, elle fut aveugle, et tout le reste de sa vie elle resta sujette à des mouvements l-iî- et a des accès de terreur.
I.e jour parut. Rien ne peut donner une idée du speréclalra. Trois villages avaient disparu; deux
- et cent maisons étaient enterrées; quatre cents per-
- ensevelies vivantes : un fragment de la montagne roulé dans le lac de Lowertz, et. le comblant en par-
- lUlevé une vague de cent pieds de hauteur et
lieue détendue qui avait passé sur l'Ile de Schwanau
olevé les maisons et les habitants.
La chapelle d'OHen, bâtie en bois, fut trouvée flottant
comme par miracle; la cloche de Goldan, em-
ravers les airs, alla tomber à un quart de lieue
de l'église.
personnes seulement, survécurent à cette catas-
i Art, en 1 honneur de la très sainte Trinité, le t donné â ma fille Marianne, pour qu'elle
amals, quand Je ne serai plus là pour le lui • r. que. si le Seigneur nous a châtiés d'une main, - a soutenus de l'autre.
« JOSEPH VIGELD. »
EN SUISSE
Mou hôte entra dans ma chambre comme je copiais les dernières lignes du manuscrit de son beau-père ; il venait m'annoncer que le déjeuner était prêt.
C'était le souper de la veille, auquel personne de nous n'avait pensé a. toucher.