‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 135 sur 283 · IE DIM \S II. I · texte numérisé non relu

IE DIM \S II. I

une

i .i i|u un malheur

mieur.

dit gênant tête, un 1 erreui • > Plus

lUt.

manteau.

■ D TOUS priant.

Pardon ateur;

an lied du mur et se cou-

i nfant de la Yistule, dit lol-

■'." '1er au

• était

— f : fotre témoin, elieunc homme, dit

t tort : • ; 'lue je

■ m lui

la bonne heure llivet,

bi irions

■ do punch 1 je le fais un peu cràuement,

— i ' len, répond :jJ.

— Mi - je.

LU à la cuisine.

me couche.

h' mon m et je me

besoin que J'eusse de sommeil,

le ne visse

une unie Mena

la trompe des

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1er lie .1 1 r . .[U II |

gnlnqul

ALCIL'E JOIXIYET

Il était quatre heures du soir à peu près lorsque mon

nouvel ami. Alcide Jollivet. entra dans ma chambre, au mo-

Dals l'ordre qu'on m'amenât, le lendemain

une barque et des bateliers pour me rendre a Stan-

stadt.

— Lu instant, un instant, dit Jollivet, vous ne vous en ire pas comme cela ; vous savez que j'ai un compte à régler

mon goddem.

— Bah: lui clis-je, je croyais que vous aviez oublié cette ridicule querelle.

— Merci ! ou vous jettera des bouteilles à la tête sans

ne, et vous croyez que ça se passera comme ça? Obi vous ne connaissez pas Alcide Jollivet.

— Voyons vus là, et causons.

— Aver plaisir, si je taisais monter un petit verre de kirsch, hein?

— J'en ai là d'excellent. Attendez.

— Non, non, ne vous dérangez pas, je le vois i:t des

lia Maintenant, préchex, j écoute.

i ii bien, mon. cher compatriote, croyez-vous que linsuite que \ faite ou reçue soit assez sérieuse poux que vous tuiez un homme ou qu'un homme vous tue T

'lutez. dit Jollivet en dégustant son petit verre, je mot. Il est fameux votre kirsch : Je ne le la peine à un enfant; je ne suis pas querelleur, anemlii que je ne sais pas me battre. Ou lavez-vous té, hein?

— Ici même.

— Au Clietiil-Blniu?

— Oui.

— Ai ntz il ne m'en a pas donné de ce coln-tit; je m'en plaindrai â Catherine. Je conviens donc

Lit a un Français que la chose fût année, je n. c'est bien, l'affaire ne regarde que imus : compatriotes, ça s'arrange, personne n'a le droit d'y :aais avec un Anglais, voyez-vous .1 pas les sentir, tes Anglais, ils ont fait mourir un Anglais, i est autre chose; d'autant plus qu'il y avait là île* Allemands, des Russes, des UTrique et 1 vnérique, est-ce que je sais, moi? latre parties du moi

oie ne doit pas

levant un l'r.in-

dire ; mais à l'étranger, chacun de

■ qui m ■ mol vous

vi is b ius ne

r. pi ■ mol \

passée, il y avait un commis voya-

il Martin, qui avait manqué

avait prêté, il lui avait fan son

inr «lit. il ne l'a pas pave le surlendemain je

parlait de ça dans le connu

Fran ..<•- Oh ! j ai dit,

■ " esl ma lau

voilà: mettez votre pour-acquit dermol h billet. >

iiiboursé?

lement. il

min .le la nie San ' mol p. .m a été

- dans ma i e ; mais le nom

*'< i brave garçon, lui dis je en lut tendant

i ,i. .ii

puis d ail-

iie . Je i lutetlle Jetée à

a du mal à vous tirer la vérité nre.

' en le regardant dans les yeux. Je ue

EN SUISSE

tous connaissais pas : au premier abord, pardon de ce que je vais vous dire, vous ne m'avez Inspiré ni 1 intérêt ni la confiance qu'en ce moment j'éprouve pour tous.

— Ali! c'est vrai, D'est-ce pas? parce que je suis sans façon ; j'ai des manières de commis voyageur. Que voulezvous ! c'est mon état : mais le cœur est solide, néanmoins,

i l'honneur national .je me ferais bâcher en mon

— Or, continuai-je. ce que vous avez dit de 1 importance de notre conduite a l'étranger, je le pense comme vous. Dans un duel hors de France, un témoin, c'est un second, c'est un parrain, c'est un frère : si l'homme dont il est la caution ne se hat pas, il faut qu'il se batte, lui. Ainsi, réfléchissez : quand vous m'aurez fait entamer l'affaire, si ce n'est pas vous qui la terminez, ce sera moi ; maintenant, je suis prêt.

— Eh bien, soyez tranquille, allez trouver l'Anglais de confiance, arrangez les choses avec lui comme cela vous conviendra, et puis vous me direz ce qu'il faut que je fasse, et je le ferai.

— Avez-vous de la préférence pour une arme quelconque ?

— Moi, je n'en sais pas plus à l'épée qu'au pistolet; la seule arme que je manie un peu proprement, c'est l'aune : à celle-là, je ne crains pas de rencontrer un maître. 11 est un peu joli le calembour, hein?...

— Oui : mais nous ne sommes pas ici pour faire de l'esprit.

— Vous avez raison, parlons peu et parlons bien.

— Anrez-vous du calme sur le terrain ?

— Je ne peux vous répondre de cela, moi : si le sang me monte à la tête, il faudra que ça éclate ; seulement ça éclatera en avant, je vous en réponds.

— Sacredicu, quelle stupide affaire ! m'écriai-je en frappant du pied.

— Allons, allons, allons, en route, et tout ce qu'il voudra, entendez-vous? depuis l'aiguille à tricoter jusqu'à la couleuvrine.

— Où demeure-t-il ?

— A la Bal

— St co'nmeit I" appelle- t-on 7

— Sir Robert Lesly, baronnet: passez par l'Aigle, et prenez l'Allemand avec vous ; c'est un brave homme, et puis je ne suis pas fâché qu'il soit là.

— C'est bien, attendez-moi ici.

— Ecoutez : si cela vous est égal, je monterai chez moi ; j'ai deux mots à dire à ma petite femme.

— Vous êtes marié?

— Marié !.. allons donc !

— Très bien.

— Voyez-vous, en rentrant ici, vous prendrez votre bâton de voyage, vous frapperez trois fois au plafond, et je descendrai.

— C'est dit. Laissez-moi seulement le temps de faire un peu de toilette.

— Bah! vous êtes bien comme cela

— Mon cher ami, il y a certaines propositions qu'on ne peut faire qu'avec une chemise à jabot et des gants blancs.

— Vous avez raison. Bonne chance ! et ne rompez pas d'une semelle, ne cédez pas d'un pouce. Des excuses ou du plomb !

— Soyez tranquille.

Je m habillai tout en pensant à ce singulier mélange d'expressions vulgaires et de sentiments élevés. Ce type, qu'on chercherait vainement, je crois, dans tout autre pays, et qui est si commun en France, m'était déjà connu ; mais Jamais je n'avais été à même de l'étudier de si près. De ce moment, outre l'intérêt réel que m inspirait ce brave Jeune homme, il y avait encore une curiosité d'anatomiste. Il en est de l'auteur dramatique comme du médecin : dans toute chose, il voit malgré lui le coté de l'art, et, en même temps que son âme se prend, malgré lui, son esprit étudie. Cela est triste à dire ; mais, chez l'un comme chez l'autre, il y a une partie du cœur qui est desséchée : chez le médecin, c'est celle qui touche à la science ; chez le poète, c'est celle qui touche à l'imagii

Je trouvai l'Allemand à l'hôtel de rie//.', il avait donné sa parole, et, en général, les gens de sa nation ne la retirent point. Il me suivit chez l'Anglais.

Arrivés à l'hôtel de la Balance, nous demandâmes sir : on n<->us dit qu'il était dans le jardin, nous y entrâmes. A peine eûmes-nous fait vingt pas, que nous l'aperçûmes au bout d'une allée transversale II s exerçait au pistolet; derrière lui, son domestique chargeait les armes.

Nous nous approchâmes lentement et sans bruit, et. arrivés à dix pas de lui. nous nous arrêtâmes. Sir Robert était de première force : 11 tirait à vingt-cinq pas sur des pains à cacheter collés contre le mur, et faisait mouche presque à tout coup

— Sacrement!... murmura l'Allemand

— Diable ! diable ! fis-Je.

— Pardon ! dit sir Robert ; je n'avais pas vu vous, messieurs, et Je faisais la main à moi.

— Mais elle ne me parait pas trop dérangée, d'après les

derniers oups que vou ,"iiez de tirer.

Nu : no : je être assez content pour moi. Nous sommes enchantés de lans ces heu-

disposïtions, monsieur; l'affaire que nous avons à n'en sera que plus facile a mener, nui; vous venez pour la bouteille, n'est-ce pas? Très bien ! très bien ! je attendais vous.

— Alors, monsieur, je vois que la négociation ne sera pas longue.

— Xo, elle sera très courte. Votre camarade, 11 hâve le envie de se battre, et moi aussi.

— Alors, monsieur, envoyez-nous vos témoins ; car il me parait que le point principal est convenu, et qu'il n'y a plus a régler mie les armes, le lieu et l'heure.

— Oui. oui t tout, ils seront a le vôtre hôtel, demain a sept heures.

— C'est bien ; à l'honneur de vous revoir !

— Adieu, adieu !

— John, rechargez les pistolets.

Et avant que nous fussions sortis du jardin, nous avions la preuve que milord continuait son exercice.

— Savez-vous, dis-je à moi rnon, que notre adversaire tire le pistolet d'une sez distinguée?

— la, répondit l'Allemand.

— Je voudrais bien avoir des : le tir, pour voir au moins ce que sait faire notre îomme ; allons chez un armurier, peut-être que nous en trouverons.

— Moi en afoir.

— Vous ! et sont-ils bons ?

— Des Kuchenreller.

— Parfait. Allons les chercher.

— Allons.

Nous rentrâmes à l'hôtel de V Aigle, l'Allemand tira les instruments de leur boite: c'était bien cela; d'ailleurs, le nom de l'auteur était écrit en lettres d'argent, incrustées sur leur canon bleu d'azur.

— Oh ! mes vieux amis, dis-je en essayant leurs Tessorts, je vous reconnais; vous n'êtes pas si brillants que nos joujoux de Paris, ni si moelleux que vos confrères de Londres, mais vous êtes bons et sûrs, et, pourvu que la main qui vous dirige ne tremble pas, vous portez une balle aussi loin et aussi juste que si vous sortiez des ateliers de Versailles ou de* fabriques de Manchester. Permettez-vous que je les emporte, monsieur? demandai-je a l'Allemand.

— Faites.

— A demain, sept heures.

— A demain.

Je rentrai à l'hôtel, assez inquiet. L'affaire prenait une tournure sérieuse L'Anglais avait été calme, digne et poli. Il était évident que c'était non seulement un homme qui se battait, mais encore un homme qui savait se battre. L'offense était réciproque; par conséquent, il n'y avait pas à refuser ou à choisir les. armes ; le sort devait en décider, et, si le sort déridait que le combat aurait lieu au pistolet, je ne voyais pas grande chance pour mon pauvre compatriote. Aussi étais-je là, debout devant la table, tournant et retournant mes Kuchenreiter, sans pouvoir me décider ;i le taire di Knfin je voulus voir s'ils étaient aussi bons

que ceux avec lesipuels j'avais comni-i éducation;

je les chargeai tous deux, et, comme ma fenêtre donnait sur le jardin. Je usu un petit arbre qui était à une Vingtaine de pas de moi, et je tirai... La balle enleva un morceau d'écoi

— Bravo! dit une voix qui partait de la fenêtre audessus de la mu nue. et que je reconnus pour celle de notre commis voyageur : bravo, bra\ Isslmo

El ,1 Se i scendre par son balcon pour gagner

le mien.

— Eh bien mais que diable faites-vous?

— Je prends le chemin le plus court.

Mal mu allez vous casser le cou, mon cher ami.

— Moi» "li! pas s; jeune, on connaît sa gymnastique et

U lâcha la dernière barre de fer, qu'il ne tenait plus que à m o i I tomto i îur m n

— Voilà, sans b ilancler

— Ma parole, vous me faites peur.

— Et pourquoi cela ?

Parc mus êtes un i i "1"'e ',|lose-

— Bab ' dans i w ie, soyez tran-

bten, qu i a-t-ll

— J'ai vi tri

— An !

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— Tai m

— Nous l'avon li,n-

1rs fraises est passé.

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— Il s'exerçait

— C'est un amusement comme un autre.

IE DUMAS ILLUSTRE

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: même, rayons, ■ il est

: lire?

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— .\f vous inquiétez ; '■ : »™>ns,

— C'est bon n'en

— Et pour quelli

— Mais pour h

ii. , vous me frapperez mours- taa

me un écurt-

,-ari(ri,. balcon, et rentra chez

me procurer Ues épées eD i ran esco se i bargea, de son

irque prête: Je la louai pour toute la

sepl heures, l'Allemand était chez mol: lient les témoins de sir Etoberl Ci,mme Je

Lte lie

. du golfe de B

- se retirèrent, nme il étall le plafond avec mon

Ide rue répondu avec le talon de sa

et i iii'i mlnnti

IUSS) aTaj| entendu ce que

voulu me prouver qu'il ne

ment sa toilette était des

plus mai laquelle elle devait

lé, un panate de satin noir, surmontée d'un

— Voua allez remonter chez vous et changer entièrement

•urne, lui d i i inrquol cela? Je suis tout flambant neuf

mais les raies :■■ habit e( le

: is un

quant

lera ez tranqu i ...ii ■ elle lieu?

D Dans un In

I minutes après, Il rentra dans le costume

indiqué

\,.i la ..,: H .-•urne complet d'entrepreneur des pom- I h.' m. m. r

ne de retarder le d

je ne voudrais pour

le bateau de sir

' llivel aux :

avant la barque

petite

le La

i ' ngueur ■ ti ver un

W.ll'l

lu monument de l'abbé Raynal ; parfaitement solitaire, du reste, attendu que. dans les crues du lac occasionnées par la fonte des neiges, l'eau doit la recouvrir entièrement. Je venais de l'examiner dans toutes ses parties, lorsque la barque de sir Robert aborda à 1 extrémité opposée à ielle où nous nous trouvions. Sir Robert resta au bord de l'eau, ses témoins s'avancèrent vers nous ; Je fis un pas pour aller au-devant d'eux, Jolltvet m'arrêta par le bras. l'Allemand que J'allais le rejoindre : il s'avança

-quence à la rencontre de ces messieurs.

— Une seule chose, dit Jollivet

— Laquelle?

— l'romettez-moi que. si le sort nous accorde la faculté

1er les conditions du combat, vous accepterez les mienseront telles d'un homme qui n'a pas peur, soyez tranquille.

— Je vous le promets.

— Allez maintenant

Je m'avançai vers nos adversaires. Sir Robert leur avai-

expn ii it i . ; détendu de faire aucune concession, de sorte

que nous n'eûmes a nous occuper que des préparatifs du combat. Nous jetâmes en l'air une pièce de cinq francs. Ces messieurs retinrent tête pour le pistolet, et nous pile pour l épée la pièce retomba tète, le pistolet fut adopté. e une seconde fois en l'air, pour savoir si l'on se servirait des pistolets de l'Anglais, qui lui étaient familiers, ou de ceux de l'Allemand, qui étaient étrangers à l'un comme a l'autre : cette fois encore, le sort favorisa nos adversaires.

Enfin, on lit un troisième appel au hasard, pour savoir à qui appartiendrait de régler le mode du combat: cette ■ sort fut pour nous. J'allai trouver Jollivet.

— Eli bien, dis-je. vous vous battez nu pistolet.

— Très bien

- : Robert a le droit de choisir ses armes.

— Ça m'est égal.

— Maintenant, c'est à vous de régler le combat.

— Ah: dit Jollivet en se levant, eh bien, dans ,e cas-là nous allons rue je veux... entendez-vous bien? Je puis dire : je veux, car j'ai votre parole .. Je veux que nous marchions l'un sur l'autre, un pistolet de chaque main, et que

Ion té.

— Mais, mon cher ami ...

Voilà mes conditions, je n'en accepterai pas d'autres.

Je n'avais rien à dire : j'étais lié par ma promesse. Je

transmis ma mission aux témoins de sir Robert. Us allèrent

ipi - quelques mol -, l'un d'eux se

retourna.

— Sir Robert accepte, dit-il.

nous saluâmes i ment.

J'allai chercher les pistolets dans la barque, et je les us a les charger, lorsque Jollivet me prit par le bras.

— Laissez faire la besogfte i notre ami l'Allemand, me ci it - 11 ; J'ai deux mots a vous communiquer.

Nous nous écartâmes.

— Je n'ai personne au monde, et. si Je su

séquent personne ne me pleurera, si ce n'est pourtant une pauvre Bile qui m'aime de tout son cour

— Lui avez vi

Oui, voila une lettre Si je suis tué. dis-je. faites-la-lui el qu'on ne trans-

ii a Lucerne. allez la trouver \. et en-

/ la-mol où je serai.

— Elle demeure donc dans cette ville?

: fille de notre hôte. Catherine. Je lui ai promis de l'épouser, pauvre fille; et en attendant... vous comlei '

iien. la chose sera faite Merci Allons sommes-nous prêts, mes petits amours?

h vers nos adversaires, ils attendaient. je crois qu'oui, i i de nain.

ild :.

S \ ei tranquille.

l'Allemand se rapprocha de nous ai

nous conduisîmes Alclde Jollivet a .ut que les - de lui. nous revlnme ■

i i ic- l'un de l'a -i l'on pouvait donner le nous frappâmes s dans et, au troisième coup, les adver-

e mirent i

lus poignantes <i mmes pleins il levrali

1 un au-devant de l'autre, le chaque main. En pareille circonstance.

EN SUISSE

le rôle d'acteur est, je crois, moins pénible nue celui du spectateur, et je suis sûr que le coeur de ces hommes, qui d'un moment à l'autre pouvait cesser de battre, était moins violemment serre que le nôtre. Pour mol, mes yeux étaient fixés comme par enchantement, sur ce jeune homme, dans lequel la veille au soir, je ne voyais en ore qu'un farceur d'assez mauvais goût, et auquel, à cette heure, je m'Intéressais comme à un ami. Il avait rejeté ses cheveux en arrière, sa figure avait perdu cette expression de plaisanterie triviale qui lui était habituelle; ses yeux noirs, dont seulement alors je remarquai la beauté, étaient hardiment fixés sur son adversaire, et ses lèvres entrouvertes faisaient voir ses dents violemment serrées les unes contre les autres. Sa démarche avail perdu son allure vulgaire : il marchait droit, la tète haute, et le danger lui donnait une poésie que je n'avais pas même soupçonnée en lui. Cependant là distance disparaissait devant eux ; tous deux marchaient d'un pas mesuré et égal, ils n'étaient plus qu'à vingt pas l'un de l'autre L'Anglais tira son premier coup. Quelque chose comme un nuage passa sur le front de son adversaire, mais il continua d'avancer. A quinze pas, l'Anglais tira son second coup et attendit. Alcide fit un mouvement comme s'il chancelait, mais il avança toujours. A mesure qu'il s'approchalt, sa figure palissante prenait une expression terrible. Enfin il s'arrêta à une toise à peu près ; mais, ne se croyant pas assez près, il fit encore un pas, et puis un pas encore. Ce spectacle était impossible à supporter.

— Alcide ! lui criai-je, est-ce que vous allez assassiner un homme? Tirez en l'air, sacredieu ! tirez en l'air!

— Cela vous est bien aisé à conseiller, dit le commis voyageur en ouvrant sa redingote et en montrant sa poitrine ensanglantée : vous n'avez pas deux balles dans le ventre,

A ces mots, il étendit le bras, et brûla à bout portant la cervelle de l'Anglais.

— C'est égal, dit-il alors en s'asseyant sur un débris de l'obélisque, je crois que -mon compte est bon ; mais au moins j'ai tué un de ces brigands d'Anglais qui ont fait mourir mon empereur!...

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