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rmait l.i limite de 11
■ Hi\ Mille, ((ne le l
•:ir m'y annoni er que le
abltude au auteurs favoris, Je fus tiré par un bruit
nt. un refl
j'entendis
■ limier pul meute. II-
d'une
- En une si
un lambi
,ez lui pour calmer l'inquiétude cpie mme il d< i ■ il accepta, 61 ■ rdu la chasse, il était resté a dirai i. ei la pria de rassurer son père, si i >uquelque crainte. La lstti
et me la remit En la donnant l'Orter, je lus machinaient.
lit le nom de Jenny Burdetl nain frère : La lettre s'échappa de
je balbutiai une excuse... et je ['ordres ■ donner.
1 ; : il je trouvai sir Henry tout à fait itinn. c'est moi qui «Ion: je l'avais rencontré, la craints que i lent ne i le plalsii
[ue je m'ét cela m'avait fait oublier un instant ma uni: i;. plus forte que jamais a appi rente unissait sir Henry a ..lie qui, mes i i sir Henry ne paru • rien. et. tout le temps du dîner, il lit les frais de liti éli . cote, que j aurait n lié de ma Innune e; de hm rie pour i les neuf lieures du soir, il se retira. m'avait causé, en me permis. venir me remercier de mon bi
i fui parti -; irai : toute notit
lion de deux heures, confuse dans ma tête, cotnnv
D près e qu'il m'avait dit de sa famille, je Thomas Burdett possédait à cent mille livres de rente; ce nui. en supposant
tes probabilités, quil en gardât la moitié pur lui trente-cinq mille francs de d.
é de la fortune, je poi .i la main de miss -. qu'un homme .i mon avis -ur la
[enry m'avait u habituellement par la goutte, . i
■ distrait par la
i les marier autant que possibli l'a mi, nos deux ■ l> m el sous . e i
• l'autre, il m'était donc perml quelqv
seul comme je l'étais, il me l et je senti e de Jenny, .1. lui i p.. ni- la promenade, pétais tout près de d
- tais pas Jenny Biles .le sir Thomas, un prétendant plus i plus heureux Alors '
Jenny devenait li femme d'un autre Idéi était capable île me rendre (••! lai uns
■ Em sur li - di ux heures du matin. .
m- ;i m'endormir.
■ ili. qui er metti ii' !.■": ' utimental : elle
ut venu lui-même me I I lequlttsr d
un devnir poui Li lendemain J mon an m< que je ne
i - et je
1 nalii - .le force et
H i combler ma i dl naturellement dai
, un homme dépend près
lune ' intrus intini'
l'A SI [SSE
lai combien peu m'avait été favorable le iiue Jenny jota sur noi lorsqu'elle m'avait rencon ré, il y
avait six ans, avec mmi costume de docteur; ii
aucune crainte quelle me reconnût, elle hleniem oublié cette circonstance: mais, mot, je me souel . ce s 1 1 1 1 v ,-• r 1 1 1 i tai pis au an n d i afin l'heure du dîaer vint. Je me ml ilement
à table ; mais je ne pus manger. .1 p usai que i main, à la même heure, je serais a l'ace
de Jenny, et qu'alors mon sort se déciderait pour un mat heur ou pour une félicité éternelle, et cela sur uni
Jenny directement, l" mour, lui raconti
lui lire qra Un-: leux chance-
„, . pi vivre «ternelli D
.. nl, x t\ n loin h 61 b mourir dans le déses]
ntals i»e. Je 1:' fCTafa ,l'"
éloquent passionnée : J écrirai
lui faire remettre une pai
remise, si Jenny ta i
mine perdu : ■
me présenl ittnts, devant elle; mien*
déments, qui semblaient m avoir
Je posai le pied sur le gros orlcil du baron qui jeta on grand c i.
ou une mal i I due je me verrais faire, et 9W
la n je ne pourrais pas m empêcher die faire, in pareil état n'était pas supportable. Je demandai uue plume et de l'encre: j'( rti i -n- Thomas qu'une n
me privait de i honneur ^accepter son invitation, J'HH» 1 • r.il, et je lui ordonnai de porter cette
lettre: mais à peine fut-il sorti av ■■ sentis
ma poitrine se serrer. J-e montai dans ma ihauihiv, je me jetai sur mon tapis et je me mis i pi iui « Oui, à. pleurer, à verser des larme m 'les larme*
d'adieu .m iioiilieiir dont je n'étais pas dl -due Je
ne ni atal pas la force de le cueillir sur l'arbre de
la n. des lu ni ii douleur, car cette occasion i
de voir Jenny, je ne la retrouvera i< peu! ê M i I (fc
larme i i ar je sentais qu 11 était i ter»
homme d'éi i e -i i e- m . ■■ d ■ » > -■"' timidité
et .i : un i.ii.i faiblesse.
• je passa! une nuit affreu mai vinirt proj I , w
plus ridicules le* uns une le> autres Je voulu- écrire û
.n le i lion et pouvaient me i indl I
notre meilleur ami, er, je résolus de
m'en rapporter , isard
La journée se pas»
, urage Plus meure a laqui a \
approchait plUS je tl
Mali tue et i '-e " i
de m > n'ii'ii Puis n" e"'
il qpj i aurais
,,,,,.. ■ i ml de ' - mai-
ilsle; cme sans d
jemn m'aurai :,n! ; ''"""
«ré '., , .:, i i comble de la joie, a
u -,-,,,. malheureux de l
. , ,luti '
ce. je
i « m •' " nu'1
quille; je in .veillai calme et presque heureux. La jour-
.que; aussi, à peine i lue Je
pris mon Xénojl nel, je
gagnai mon arbre: J'étais plongé an 4* ma
lecture, lorsque Je me sentis touche. était sir Henry :
« — Eh bien, mon cher ; I, toujours
sauvage et retiré? Je vou< onsplration
votre misanthropie te personne de nous ait cru à votre indispe lus balbutk
N D, • - P°ur
des gens à grand- es trompé, et la
- i'hul moi-même vous dire ' -ans façon à dîner.
LUjourd'haU
« — Oui, i Je vous préviens qu'on ne
recevra an u'on vous attendra Jusqu'à ce
que v vous ne venez pas. on ne dînera
.rendre sur Tons de taire jeûner
famille.
lement, rêpondls-je.
in effort.
ajoutal-je en soupirant.
; arler tous donc là? un roman de Walter S'-ott, des ta Moore. un poème de Byron?
« — Non, répondis-Je, Je lisais ...
ne sais quelle mauvaise honte me retint au moment Hais prononcer* le nom du grand capitaine, rour lequel cependant j'avais une divine. De
Henry y laissa tomber un regard.
iiu grec: s'écria -t-il. Eh! mon cher voisin, comment
que je suis sorti du • té les yeux sur un seul de ces grands homi la collection a pensé me faire
i :• •]• le divin Homèr.
que je puis dire sans fatuité, que Je me crois maintenant incapable de distln
i!us me h
us dérangez pas, continua sir ne fais que passer.
i je. ne m'atte'nder-vous pas? ne noble chez vous? ne me présenvotre famille?
me répondit sir Hei.>
venu hier : mais J a!
ird'hul un combat d. lans lequel je suis
' anqullle, Je ferai diligence,
i serais tombé. Tout mon idée que J'entrerais dans le
la maison que .Km • phon avec un senum
in il m'avait al moi, me laissant consterné de la |i ■ el qu'il n y avait plus moyen di
i une heu. anéanti: puis Je son-
geai ■ „, habiller
»l J* dîner
' je revins en courant vers le
aérai et le rajah, qui.
ni venus au-devant dl
lui ne
■ , i OUI* : -•
..I. le.
■ ■ ' .' D enfin je Il on glli it-bou-
|i i g : un m. .ii. ter de.
i pris mon maître nie Je le possédais cuir avec noi i moment de le faii
ei mi
qualt quatre heures; j'avais cinq milles à faire, et ma science de 1 équitation n'était pas assez grande pour me permettre, si pressé que je fusse, une autre allure que celle du pas allongé ou du petit trot. Je rappelai, en conséquence, tout mon courage, et je descendis d un pas assez délibéré, en essayant de siffler un air de chasse et en me fouettant les mollets avec ma cravache.
— Je prévois, dls-je, en interrompant le narrateur, qu'il va se passer de telles choses, qu'un verre de punch n'est pas dé trop pour vous donner la force de les raconter.
— Hélas ! dit sir Williams en tendant son verre, quelque chose que vous prévoyiez, vous n'approcherez jamais de la vérité .'...
J'enfourchai donc assez courageusement mon poney, continua sir Williams, et je me mis en route, rendant la première heure, la préoccupation que me causait naturellement la nécessité de conserver mon équilibre, ne permit pas trop à mon esprit de s'occuper de soins étrangers ; mais, à mesure que je pris mon aplomb, mon inquiétude me revint, plus cruelle que Jamais: de temps en temps, cependant, j étals rappelé au soin de ma sûreté personnelle par plus vif de ma monture. Cela tenait à ce que mes études de danse, ayant radicalement vaincu la uon naturelle que j'avais à tenir mes pieds en dedans et m'ayant jeté dans l'excès contraire, mes talons
nt, avec le ventre de ma monture, un angle dont mes éperons formaient l'extrême pointe ; 11 en résultai! que, si peu caracoleur que fut mon cheval, 11 se fatiguait cependant à la longue de ce chatouillement continuel, et prenait parfois un temps de trot, mouvement qui avait pour résultat de chasser toute pensée étrangère à la situation précaire dans laquelle 11 me mettait. Mais à peine avions-nous repris une allure un peu plus douce, que la réaction s'opérait, et que le danger à venir, bien autrement terrible que le danger passé, se dressai; devant moi plus menaçant, à mesure crue j'approchais du terme de mon voyage. Tout à coup, au détour de la route, j'aper un quart de lieue devant moi, à moitié caché par un sif d'arbres verts, le château de sir Thomas En même temps une cloche sonna ; je crus que c'était celle du dîner. L'idée d'avoir à m'exeuser d'un retard produisit sur mol un tel surcroit d anxiété, qu'oubliant que Je ne tenais à mon cheval qu'en vertu d'une espèce de transaction par laquelle je m'étais engagé à ne pas le frapper et lui à ne pas courir, Je lui appliquai en même temp» mes éperons au ventre et ma cravache sur le cou. L'effet produit par cette cr.inerie fut aussi prompt que la pensée sans ménagement et sans transition, mon poney, dont l'ardeur i s contenue, prit immédiatement le g au bout de cent pas, je perdis un, étrier, au bout de deux cents pas, je pïrdis l'autre : je lâchai aussitôt la bride, et, m aci rocliant des deux mains à la selle. Je parvins, grâce à cette manoeuvre, à conserver mon équilibre ; mais, tout entier à cette préoccupation. Je ne distinguais plus rien autour de mol. Les arbres couraient comme des In-. les maisons tournaient comme des folles. Je vidant au milieu de tout cela le château de sir Thi qui si nir au-devant de moi avec une rapidité
incroyable. Enfin le tourbillon qui m'en
. .urt. de sorte crue, continuant le mouvement dlm
ils reçu, je sautai naturellement par des
-us m ..mme un enfant qui Joue au cheval tondu
. rus perdu : m moment, je sentis crue Je
m< il sur un plan Incliné, et je me ti
sur mes deux Jambes, aux grandes acclamations de lady tille, qui. m'ayant aperçu de loin, et char nt que je paraissais mettre à me rendre à leur Invitation, étalent accourues à la fer.
d. i di i nier t'.ur de voltige
ntant sur un terrain solide. Je repris quelque ge ; si peu que Je comptasse sur mes Jaml
uelles étalent i r que celles de mon quadrupède. Je rappelai donc - et. levant les yeux. J'aperçus devant moi sir
vue me donna la force fiévreui a un condamné l'aspect de l'exécuteur. Je mar-
: i entières paroles
il me lit passer devant el nous en-
11 n'y avait plus à dire il fallait parer d'audace.
J'enfilai d'un pat lt< d'appartements dont le~
qui conduisaient à la bibll
où m'attendait lady Burdett : je l'aperçus debout.
I entrai dans la chambre : puis.
Je crus conven emblal
i.i tant le pied
arrière, je le posai de toute la lourdeur i
ne et ave de mon aplomb g*ométrl-
p || jt ^ orti i gauche du baron, qui jeta un grand
| i .n il avait la goutte Je :ne
i:\ -i [SSE
retournai rapidement pour lui faire mes excuses- mais sir ls me rassura aussitôt par son air calme et digne, et . irai la force stoique que lu: donna sa nonne éducation pour supporter ce pénible accident. Nous nous assîmes.
L'air gracieux de lady Burdett, la figure angélique de miss Jenny, la conversation facile de sir Thomas, me n mirent un peu, et je commençai à hasarder quelques paroles. La bibliothèque où nous étions était nombreuse et richement reliée, je compris que le baronnet était un homme Instruit; J'avançai quelques opinions littéraires qu'il partagea complètement, et je m'étendis alors sur la magnifique collection de classiques grecs que publiait en ce moment le libraire Longmann. Au milieu de l'éloge que j'en faisais, j'aperçus sur un rayon une édition de Xénophon en seize volumes : comme la plus complète que Je connaissais n'en formait que deux, cette nouveauté bibliographique si vivement ma curiosité, qu'oubliant ma honte habituelle, je me levai pour examiner avec quelles mainconnues on avait pu remplir les quatorze volumes de supplément. Sir Burdett, comprenant mon intention, se leva de son côté, pour me prévenir que ce que je voyais n'était qu'une planche rapportée, sur laquelle on avait cloué des dos de reliure pour ne pas interrompre la symétrie de la bibliothèque. Je crus qu'il voulait, au contraire, m offrir un de ces volumes, et, désirant lui épargner la peine, je me précipitai sur le tome huit, et, quelque chose que pût me dire le baronnet, je tirai si bien, que j'entraînai la planche, laquelle, en tombant sur une table, fit choir. à son tour un encrier de porcelaine, dont le contenu se répandit aussitôt sur un magnifique tapis turc. A cette vue, je poussai un cri de détresse ; en vain, sir Thomas Burdett et ces dames m'assurèrent-ils qu'il n'y avait pas de mal, je ne voulus entendre à rien ; Je me jetai à plat • sur le plancher, et, tirant un mouchoir de batiste, je m'obstinai à étancher l'encre jusqu'à la dernière goutte. Cette opération terminée, je mis mon mouchoir dans ma poche, et, ne me sentant point la force de regagner mon fauteuil, je me laissai tomber sur celui qui était le plus e de moi.
>< Une plainte étouffée qui sortit de dessous le coussin, au moment où je pesais dessus de toute ma lourdeur, me causa une nouvelle alarme. Sans aucun doute, je venais de m'asseoir sur un être animé, et il était évident que cet être, quel qu'il fût, était trop soigneux de sa conservation pour me laisser ajouter impunément le poids de ma personne à celui du coussin sous lequel il était allé chercher un asile. En effet, mon siège fut bientôt agité de mouvements convulslfs pareils à ceux qui secouent le mont Etna lorsque Encelade se retourne. Certes, le mieux eût été de me lever aussitôt et de laisser la retraite libre à l'animal que je comprimais d'une façon si abusive ; mais en ce moment la tille cadette de sir Thomas entra inquiète et préoccupée, en demandant à sa soeur si elle n'avait pas vu illsouf. Je compris à l'instant même que j'étais sur l'animal égaré, et que moi seul pouvait donner de ses nouvelles ; mais j'avais tardé trop longtemps à me lever pour me lever à cette heure. Un baronnet boiteux, un tapis taché, un chat ou un chien, car je ne connaissais encore l'animal que par son nom et non par son espèce, un chat ou un chien, dis-je, estropié pour le reste de ses jours, c'était pour une personne seule trop de méfaits en dix minutes ; je me décidai à dérober au moins à tous les yeux mon dernier crime. La position extrême où je me trouvais me rendit féroce. Je me cramponnai sur les bras de mon fauteuil, et à mon poids naturel j'ajoutai toute la pression musculaire dont le désespoir me rendait capable. Mais j'avais affaire à un ennemi résolu à me disputer chèrement son existence -, aussi la résistance devint-elle digne de l'attaque : je sentais l'animal, quel qu'il fût, se replier, se rouler et se tordre comme un serpent. Au fond du cœur, je ne pouvais m'empêcher de rendre justice à sa belle défense ; mais, s'il combattait pour sa vie, je combattais pour mon honneur, je combattais sous les yeux de Jenny. Je sentais que les forces commençaient à manquer à mon adversaire, et cela redoublait les miennes. Malheureusement, ùrnité qu'était obligée de conserver la partie supérieure de ma personne m'ôtalt une partie de mes avantages ; je fis une fausse manœuvre. Mon ennemi parvint à dégager une patte, et je sentis quatre griffes, quatre épingles, quatre aiguillons m'entrer dans les chairs. J'étais fixé : c'était un co it
« Soit satisfaction de savoir à quel ennemi j'avais affaire, soit puissance sur moi-même, il fut impossible aux assistants de deviner sur mon visage ce qui se passait vers irtie opposée de ma personne; la douleur que m'avait i e la griffe de Misouf déchargeait même ma poitrine d'un grand poids. Ce n'était plus un être faible et sans défense que j'égorgeais Injustement, c'était un ennemi qui m'avait blessé et dont Je me vengeais en toute justice : ce n'était plus un lâche assassinat que Je commettais.
un duel franc et loyal, dans lequel chacun em-
les armes qu'il avait reçues de la nature, et où
ttCU ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même de sa
J'éprouvai alors tout ce que peut donner de force.
dans une situation critique, la conscience de son droit ;
sentis, comme Hercule, la puissance d'étouffer le
lion de Xémée ; je fis un dernier effort de pression, et
perçus avec joie qu'il était couronné d'un plein suc-
es mouvements cessèrent, le cali abll mon
ennemi était mort ou dompté. En ce moment, un domesti-
innonça qu'on était servi; cinq minutes plus tôt,
ls perdu.
sentiment de ma victoire me donna une espèce d'exaltation, grâce â laquelle j'eus le courage d'offrir le bras à us traversâmes les appartements dans lesquels j'avais déjà passé, et nous arrivâmes sans encombre à la salle â manger. Lady Burdett me fit asseoir entre elle et miss Jenny. à qui je n'avais pas encore eu le courage d'adresser la parole, et sir Thomas et miss Dinah, son autace de nous. Quoique depuis l'aventure du Xénophon mon visage fût resté rouge comme un tison ardent, je commençai cependant à me remettre et à sentir que je rentrais dans une température confortable, lorsqu'un nouvel accident vint de nouveau me faire monter la rougeur au front. 1 lectueusément placé le plus
près possible du bord de la table l'assiette pleine de potage que lady Burdett venait de m'offrir, lorsqu'en m'inclinant pour répondre à un compliment que miss Dinah me faisait sur le bon goût de mon gilet, je pesai sur l'assiette, qui, faisant immédiatement la bascule, renversa sur moi tout ce qu'elle contenait d'un bouillon si brûlant, que personne encore n'avait osé en porter une cuillerée à sa bouche. La douleur m'arracha un cri ; le potage avait inondé mon pantalon et coulait jusque dans mes bottes. Malgré le secours de ma serviette et de celles de lady Burdett et de miss Jenny, qui s'empressèrent de venir à mon aide, l'effet du liquide bouillant fut prodigieux; j'avais la partie inférieure du corps comme dans une fournaise ; mais, me rappelant la puissance que sir Thomas avait eue sur lui-même lorsque je marchai sur son pied goutteux, je renfonçai mes plaintes, et je supportai ma torture en silence, au milieu des éclats de rire étouffés des dames et des domestiques.
<• Je ne vous parlerai pas de mes gaucheries pendant le premier service : la saucière renversée, le sel répandu sur la table, un poulet que l'on me passa â découper par déférence ou par trahison, et dont je ne pus jamais trouver les joints, continuèrent à donner à sir Burdett et à sa famille une idée avantageuse du convive qu ils avaient admis ii leur table. Enfin le second service arriva ; c'était là que m'attendait la troisième série des malneurs à laquelle je devais définitivement succomber.
« Parmi les plats du second service, on avait apporté un pudding au rhum tout allumé Lady Burdett avait eu l'adresse de m'en servir une portion sans qu'il s'éteignit, et j'étais en train d'alimenter, à l'aide d'un morceau piqué au bout de ma fourchette et bien imbibé d'alcool, la flamme qui brûlait sur l'autel placé devant moi : en ce moment, miss Dinah, qui semblait avoir juré ma perte, me pria de lui passer un plat de pigeons qui était près de moi. Dans mon empressement à lui obéir, je me hâtai de fourrer le morceau de pudding tout enflammé dans ma bouche ; autant aurait valu y mettre les charbons ardents de Porcie : il n'y a pas de paroles pour vous faire comprendre une pareille agonie; mes yeux sortaient de leur orbite: je poussai une espèce de rugissement nasal qui devait être déi lui.nii à entendre. Enfin, en dépit de ma résolution, de mon courage et de ma honte, je fus forcé de rejeter sur mou • • la cause première de mon tourment. Sir Thomas, sa femme et ses filles éprouvèrent, je le voyais bien, une compassion réelle pour mon infortune et y cherchaient , 1 1 1 ' Ique remède, car j'avais l'intérieur de la bouche complètement brûlé; l'un proposait de l'huile d'olive; l'autre. de i eau une troisième, et c'était encore miss Dinah. affirma que le vin blanc était ce qu'il y avait de mieux n pareille circonstance. La majorité se réunit à
in. Aussitôt, un domestique m'apporta un verre plein i la liqueur demandée; par obéissance plutôt qr i onvlctlon, Je portai le verre à ma bouche, et Je la r machinalement : je crus avoir mis du vitriol sur mes brûluïes; soil mauvaise plaisanterie, soit erreur, le sommelier m'avait envoyé un verre de la plus forte eau Sans aucune habitude des liqueurs I ne pouvais
avaler le gargarisme infernal, qui cependant brûlai B i ai ms et ma langue. Je sentis que, malgré mol, J'allais rejeter l'eau-de-vie comme j'avais rejei pudding Ji tal mi ma bouche, et
vement sur es; mais le liquide, repoussé par les
convulsions de la nato ' violemment à travers mes
PS le crible d'un arrosoir. e plats de la table. Des éclats de rire
ALEXANDRE DUMAS ILU
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