‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 16 sur 283 · LE MARÉCHAL BRUNE · texte numérisé non relu

LE MARÉCHAL BRUNE

Le maréchal, connaissant l'état du Midi, et sachant les dangers qui l'y attendaient, avait demandé la permission de revenir par mer; elle lui avait été formellement refusée. M. le duc de Rivière, gouverneur de Marseille, lui avait donné un sauf conduit. Les assassins Tugirent de joie en apprenant qu'un républicain de 89, un maréchal d'Empire, allait traverser Avignon. Des bruits sinistres coururent : on disait, et c'était une calomnie infâme, déjà cent fois démentie, que Brune, qui n'était arrivé à Paris que le 5 septembre 1792, avait, le 2, porté au bout d'une pique la tête de la princesse de Lamballe.

Bientôt la nouvelle se répandit à Avignon que le maréchal avait manqué d'être assassiné à Aix ; elle se confirma.

Le maréchal n'avait dû son salut qu'à la vitesse de ses chevaux. Pointu, Farges et Roquefort jurèrent qu'il n'en serait pas de même à Avignon.

En suivant la route qu'il avait prise, le maréchal n'avait que deux débouchés pour arriver à Lyon : il fallait passer par Avignon, ou éviter la ville en quittant, deux lieues en avant, la route au Pointet, et en s'engageant dans un chemin de traverse. Les assassins prévirent ce cas, et, le 2 août, jour où l'on attendait le maréchal. Pointu, Magnan et Nadaud, accompagnés de quatre de leurs gens, montèrent a six heures du matin en carriole, et partant du port du Rhône, allèrent s'embusquer sur la route du Pointet.

Arrivé au point de Jonction, le maréchal, prévenu des dispositions hostiles d'Avignon, voulut prendre le chemin de traverse qui s'offrait à lui et sur lequel l'attendaient Pointu et ses hommes; mais le postillon refusa obstiné; ment de marcher, disant que sa poste était à Avignon e' non au Pointet ni à Sorgues. Un des aides de camp du maréchal voulut le forcer de marcher, le pistolet au poing; il s'opposa à ce que l'on fit aucune violem e à cet homme, et donna 1 ordre de continuer la route par Avignon.

A neuf heures du matin, le mnrér.hal entrait à Avignon.

si s'arrêtait à l'hôtel du Palais-Royal , qui était alors celui

Poste. Pendant que l'on changeait de chevaux ei que

visait les passeports et les sauf-conduits à la porte de

Loulle, le maréchal descendit pour prendre un bouillon. Il n'était pas dans l'hôtel depuis cinq minutes, que ■' rassemblement considérable s'était amassé à la porte. M. Moulin, le maître de l'hôtel, reconnaissant ces figures sombres et sinistres, monta aussitôt chez le maréchal, l'invita à ne point attendre la remise de ses pa ilers, lui donna le conseil de partir à l'instant promit de

faire courir après lui un homme à cheval qui lut reporterait, à deux ou trois lieues de la. ville, les passeports de ses nMes de camp et son sauf-rondo i; Le maréehal descendit: les chevaux étaient prêts: il m ntnre au milieu

des murmures de la popiH I laquelle commençait

i circuler le terrible '.aov irl d'excitation qui renferme

toutes les menac i '« l""' ,] '";! "l''

,,■ i,, .,. .i llabe : « Mordez! dtV

tuez !»

Le maréchal p; galop, franchit sans obstai

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