ALEXANDRE DUMAS IT.I.IS I RE
porte de Loulle. poursuivi, menacé, mais Bon point arrêté encor> .urlemems de la populace. Il croyait déjà
être : -teinte de ses ennemis, lorsqj en arrivant
à la porte Rhône, il trouva un groupe d'hommes armés de fit- aiinandés par Farges et Roquefort. Ce groupe
et ordonna au postillon de rebrousser chemin. Force lut d'obéir au bout de cinquante pas. la voiture se retrouva en face de ceux qui la poursuivaient depuis . du Palais-Royal. Le postillon s'arrêta; en un moment, les traits des chevaux lurent couper Le maréchal • uvrtt alors la portière, descendit avec son valet de chambre, rentra par la porte de Loulle suivi par la seconde voiture où étaient ses aides de camp, et revint frapper â l'hôtel du Palais-Royal, qui s ouvrit pour le recevoir, lui et sa suite, et se referma aussitôt derrière eux
maréchal demanda une chambre. H. Moulin lui donna le n° l. sur le devant Au bout de dix minutes, trois mille personnes encombraient la place ; la population sortait de pavés. En ce moment, la voiture abandonnée •ehal arriva, conduite par le postillon, qui avait rattaché les trait5 : on ouvrit la grande porte de la cour. La foule voulut se précipiter ; mais le portefaix Vernet et M. M s nt deux hommes dune force colossale,
repoussèrent chacun un battant, parvinrent à les rassembler, et barricadèrent la porte. Les aides de camp, qui étalent restés Jusque-là dans leur voiture, descendirent alors e; voulurent se rendre auprès du maréchal ; mais M. Moulin donna ordre au portefaix Vernet de les faire cai lier dans une remise. Vernet en prit un de chaque main, les entraîna malgré eux. les jeta derrière les tonneaux vides, étendit sur eux une vieille tapisserie, et leur lit avec cette voix solennelle du prophète
51 vous faites un mouvement, vous êtes mort'. Les aides de camp restèrent immobiles et silencieux. En ce même moment, M. de Salnt-Chamans, préfet d Avignon, arrivé dans cette ville depuis une heure à ; S'élança dans la cour. On brisait les fenêtres et la porte de la rue : la place était encombrée, et on entendait mille (ris de mort que dominait le terrible zaou. M Moulin vit que tout était perdu si l'on ne tenait pas jusqu'au moment où arriveraient les troupes du major I.amb l dit i ' irger de ceux qui enfonçaient la porte :
qu'il se chargeait, lui. de ceux qui avaient passé par eux hommes, seuls contre toute une santé, entreprirent de lui disputer le sans dont elle avait soit
Tous deux s'élancèrent, l'un dans 1 allée, l'autre dans !a
-aile a manger. Porte et fenêtre étaient déjà enfoncées;
plusieurs hommes étaient entrés. A la vue de Vernet. dont
ils connaissaient la force, ils reculèrent. Vernet profita Je
i-.einent et referma la porte. Quant à M Moulin, il sai-
sll à deux coups, qui était accroché à la che-
uut en joue les cinq hommes qui se trouvaient dans
de faire feu sur eux s'ils re
al Instant. Quatre obéirent ; un seul
vant homme à homme, posa son fusil, prit
i- ; iiies. l'enlera comme 11 êùt fait d un
le jeta par la f. Is semaine-
irut. non de la chute, mais de l'étreinte M. Meu-
■ lenètre pour la fermer.
Au a i il en 1 lissait les battants, il sentit qu'on
lui pi te et qu ..h la lui penchait violemment sur
un carreau vola an ' -ur son épaule. M de e larme, et c'était lui qui avait i pas le fer mais le but qu'il cherchait
ilin prit la hache par le manche et l'arracha d< Blui qui renaît de lui porter un coup qu il puis il referma la fenêtre la ban ' monta chez le mare' !
Il le tf.ii. nt i chambre. une. comme 9 homme- tout* ni demandaient pas sa M Moullt liambre n° l dans la chambre n" a. qui, t derrière et donnant dans
lut que l'autre n'avait t lettre, une plume ■ re M Mou In a ; le maréchal
• une petite table et se mit à é. rire
ment, de not frein entendre M. de
•t ai roi '■■ qui
iécllné
«ns le préfet qu ' lui avait-
Malt , m illes de M di S Int-i
d un pantalon de nankin et ■ t un gilet de pi : ne peu Imposant dans u -
reille circonstance. Il monta sur un banc pour haranguer la populace ; mais une voix se mit a crier :
— A bas l'habit vert : nous avons assez de charlatans comme cela.
Il fut obligé de descendre Vernet lui rouvrit la porte. Quelques hommes voulurent profiter de cette circonpour rentrer en même temps que lui mais Vernet laissa retomber trois fois son poing, et trois hommes roulèrent a ses pieds comme des taureaux abattus par la masse du boucher. Les autres se retirèrent. Douze défenseurs comme Vernet eussent sauvé le maréchal ; et cependant cet homme était royaliste aussi : il professait les opinions de ceux qu'il combattait, et pour lui comme pour eux le maréchal était un ennemi mortel ; mais il avait un noble cœur ; il voulait un jugement et non un assassinat.
Cependant un homme avait entendu ce qu'on avait dit à H. de Salnt-Chamans à propos de son costume, et il était allé revêtir le sien Cet homme, c était M de Puy. beau et digne vieillard a cheveux blancs a la lurure d voix conciliante. Il revint avec son habit de maire, son écharpe et sa double croix de Saint-Louis et de la l d'honneur, mais ni s.m âge ni son titre n'imposèrent hommes : ils ne le laissèrent pas même arriver jusqu a la porte. Il fut renversé, foulé aux pied- son habit ■ écharpe furent déchi :eveu.x blancs souillée de
poussière et de sang. L'exaspération étar mble.
Alors parut la garnison d'Avignon ; elle se composait de quatre cents volontaires, formant un bataillon qu'on appelait le Royal-Angoulême. Elle était commandée par un homme qui s intitulait lieutenant général de l'armée libératr Vaucluse Cette troupe vînmes de l'hôtel du Palais-Royal ; elle était presque entièrement i parlant le même bat. us que les portefaix et les frens du peuple. Ceux-ci demandèrent aux soldats ce qu'ils venaient faire, pourquoi il- ne li pas tranquillement faire leur justice, et s'ils comptaient les en empêcher.
— Bien au contraire, répondit l'un ts; jetez le par la fenêtre, nous le recevrons sur nos baionni
Des cris de joie atroce accueillirent cette réponse, a laquelle m silence de quelques Instants il facile de voir que ce peuple était dans l'attente, et que ce calme n'était qu'apparent. En etfet. bientôt devoclférations se firent entendre, mais lans l'intérieur de 1 hôtel. Une trou] e mblement. Conduite par Farges i 1 aide - murailles, et, se laissant glisser le long du toit, elle était retombée sur le balcon qui longeait les fenêtres de la chambre du maréchal, qu ilassis et écrivant
Les uns -,. préclpil BS les
ouvrir, tandis que d'autres sel. ir la porte. Le
maréchal, surpris et environné ainsi tout (e leva,
et. ne voulant point que la lettre qu'il ■tnman-
dant autrichien pour réclamer sa pr< aibat entre
les main- d tura L'n homme qui
i une classe plus élevée que le et qui
aujourd'hui la croix qu'il recul pour la duite qu'il avait sans doute tenue en cette oi ne a
vers le maréchal l'épèe a la main, et lui dit qui quelqui faire, il les fi' ■nt. parce
qu il n avait plus que dix minutes a vivre
e que VOUS due- doni 'Il v Ill.lli. < Far-
dirigeant le canon d un pistolet - me du nia
réchal.
Le maréchal leva le bout du canon partit, et la balle alla se perdre dans I ■ - Maladroit, dit le maréchal en baui
t un homme a bout portant !
— CU vraie, répondit en quefort : va* veiire a q<- se
En même temps, il ajusta le ni bine.
ip partit, et le maréchal tomba rolde mort La balle la poitrine et e er dans le
mur