partie de piquet pour venir au-devant de nous, et son partner
lui-même se leva et vint donner une poignée de main a
I, qui le salua du nom de général.
— Peste, mon cher ami lui dis-je. quand nous fûmes at-
en face du pâti- ras de rigueur flanqué d'un
côté d'un saucisson, et de l'autre de six knatwurch, je ne -avais pas que vous eussiez de si belles connaissances dans la ville libre de Strasbourg.
— Le général, n'est-ce pas. vous voulez dire.
— Oui, le général. Et comment se nomme le général?
— Le général Garni
— Quoique le nom sur des j.lus guerriers et fort bien approprie au persoi le ponte, permettez-moi de vous dire qu'il m'est parfaitement inconnu.
— C'est un nom local, et qui s'il est inconnu dans le reste de la France, est fort en vénération à Strasbourg.
— Et à quelle occasion a-t-il acquis cette popularité?
— Tirez votre montre nie dit Gérard. Eh bien? ns-je eu lui obéissant.
— Quelle heure est-Il?
— Neuf heures moins un quart
A neuf heures, le général Garnison se lèvera, prendra
son chapeau et sortira c'est son heure, et le général est
fort ponctuel Mors vous demanderez .1 noire hôte de vous
er son histoire, et il vous la racontera; en attendant.
une cuillerée d | :,,ie gras, et un morceau de
knatwurch
Comme 11 n'y avait pas longtemps à attendre, je pris patience ; a neuf heures moins cinq minutes, j'allai me planter sur le seuil de la salle à manger, d'où je voyais .1 dans la salle de notre hôte, a neuf heures sonnant, comme me l'avait dit Gérard, le général se leva, prit son chapeau, me salua et sortit J'allai aussitôt a notre hôte, et le priai de me raconter
ire du général C.aru t.:i '.
servi, gar:
C'était vers la fin d deux mois et demi après
loo. Le général Rapp, qui commandai! eu chef l'arme,, du Rhli for é de se retirer dans Strasbourg 1 u\ divisions d infanterie décimées par les combats qu'il avait 1 el les débris de deux ■rie qu'il voulait conserver à la France. Les alliés lursulvl, et soixante-dix mille h, .iniii. nniée du général, et mena-
reux.
juillet, le prince de Wurtemberg avait déjà envoyé
i.-r. au e Louis XVI II qui m Paris, la remise
ors le gênerai avait lé .1 voir ) ird et comme le parlementaire
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un il n'y eut plus du tout moyen de s'y mépi ux Jours après, dans une attaque de nuit il urg, le emporta
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EXCURSIONS SUR LES BORDS DC RHIN
Une convention militaire suivit, <i\ii mit un terme aux hostilités dans toute 1 étendue du commandement du général Rapp. En vertu de cette convention, le général autrichien Wolkmann s établit dans la place.
Mais en renonçant à prendre Strasbourg, les alliés résolurent du moins de la surprendre. Ils avaient échoué avec le fer, ils voulurent essayer de l'or. Une révolte habilement ménagée pouvait donner ce qu'avait refusé une guerre loyale, et les agitateurs seraient peut-être plus heureux que les soldats.
La moitié de leur besogne était d'ailleurs faite. Dans ce grand désarroi de l'empire, un doute inquiet et farouche travaillait tous les esprits. Il était avéré que l'empereur était invincible, et l'empereur avait été vaincu. Il fallait donc qu'il eût été trahi, trahi par des généraux, par des officiers, par des soldats. Pourquoi les troupes avaient-elles de tenir la campagne? Les ennemis étaient vingt fois plus nombreux qu'elles ! Belle raison ! Assurément les chefs s'entendaient avec les alliés.
Voila ce qu'on se disait tout bas aux bivouacs et dans .ambrées, et ce qu'on se dit bien bas s'entend bien loin. Pendant que chacun se méfiait ainsi de tout le monde, le comte Rapp reçoit du gouvernement royal Tordre de licencier ses troupes, et de renvoyer chaque homme isolément et sans armes Mais de la solde il n'en est nullement question. On lui enjoint en outre de livrer à des commissaires russes dix mille fusils de l'arsenal de Strasbourg. Qu'on juge de l'agitation et encore plus de la tristesse des soldats. Tous ces courriers échangés avec les alliés, ces armes nuitamment transportées dans le camp ennemi ! Le général en chef était donc vraiment vendu aux Autrichiens ! Il avait donc, comme on le disait, reçu d'eux des millions pour leur livrer les Français
Rapp cependant faisait des efforts inouïs pour obtenir du gouvernement la solde des troupes avant de les licencier, et n arrachait que 560.000 francs, acompte dérisoire qu'il n'osait pas leur offrir
Alors commença le soulèvement le plus calme, la révolte la plus juste, le désordre le plus régulier, l'insubordination la plus respectueuse du monde.
Le 2 septembre, dans la matinée, le général en chef, alors malade, était dans le bain. On vient lui dire que cinq officiers subalternes de divers régimens demandaient a lui parler au nom de leurs camarades. Il donne ordre qu'on introduise
— Mon général, dit un des délégués, nous venons pour avoir l'honneur de vous soumettre une délibération de l'armée, concernant l'ordre de licenciement.
Et il lit :
« Au nom de l'armée du Rhin, les officiers, sous-officiers et soldats n'obéiront aux ordres donnés pour le licenciement qu'aux conditions suivantes :
« Art. 1«*. Les officiers, sous-officiers et soldats ne quitteront l'armée qu'après avoir été soldés de tout ce qui leur est dû.
; ■ Art 2. Ils partiront tous le même jour, emportant armes, bagages, et cinquante cartouches chacun.
• « Art. 3.. »
Le général Rapp ne laissa pas achever. Il n'était guère plus commode à ses soldats qu'aux ennemis Furieux, il s'élance du bain, arrache le papier des mains du malencontreux orateur : Des conditions à moi ! Ah ! vous m'imposez des conditions !...
Et les envoyés ne le laissent pas achever non plus, et font volte-face au plus vite pour aller rendre compte aux troupes de l'accueil peu gracieux du général en chef.
Les sous-officiers, au nombre de cinq cents, les attendaient gravement sur la place d'Armes. Le rapport des députés est écouté avec calme. Puis, on voit ces cinq cents hommes se rapprocher, se réunir en groupes, et chuchoter entre eux quelque chose à voix basse. Au bout de dix minutes, le silence le plus profond se rétablit
— Sergent Dalouzi, dit une voix.
Dalouzi, sergent au 7e régiment d'infanterie légère, s'avance. C'est un homme de trente-cinq ans, à la mine honnête, sérieuse et froide, au geste sobre et solennel, à la parole brève et imperturbable. Sa bouche ne sourit pas souvent, son regard ne s'étonne jamais.
— Sergent Dalouzi, à l'unanimité des suffrages, vous êtes élu général en chef. Acceptez-vous?
Dalouzi répond: J'accepte l'honneur et le péril. Vous allez me promettre trois choses : Vous vous abstiendrez de tout désordre, vous respecterez les propriétés, vous protégerez les personnes. Je vous jure sur ma tête, moi, que tous serez payés avant vingt-quatre heures.
Mille acclamations de' joie s'élèvent. Dalouzi ne sourcille
l',s u m»i aux siens d'un geste remarquable de
dignité, et sans embarras, sans émotion, reprend:
— Major Garnier?
Le tambour-maitre du 58» sort d'un groupe.
WaJ i G mu -i j. ,ae cnef de moa état-major
— Sergent Dup
— Vous remplirez les fonctions de gouverneur de la place
— Caporal Simon?
— Vous commanderez la première division d'infanterie.
— Caporal Adonis?
— Vous prendrez le commandement de la cavalerie...
cinq minutes, les régimens ont des colonels, les bataili < hefs, les compagnies des capl-
• Voilà un état-major complet en galons et en épaulettes de laine.
PS on bat la générale. Infanterie, cavalerie, artillerie se dirigent en bon ordre et au pas de course sur la place d'Armes. Dalouzi fait reconnaître les nouveaux chefs, et assigne aux différens corps les points de la ville qu'ils doivent occuper
Bref, le général Rapp. si vite qu'il se fût habillé, ne sortit de son logement à la tête de son état-major que lorsque l'état-major Sosie fut en plein exercice de ses fonctions usurpées. Et on ne laissa même pas à Rapp le temps de quitter la place du Palais : car. de toutes les rues qui aboutissaient à cette place, les colonnes débouchaient en courant, se rangeaient précipitamment en bataille, et croisaient la baïonnette dès que le général essayait de passer. Huit pièces de canon chargées à mitraille barrèrent formidablement une des issues.
Dire la stupéfaction et la fureur du comte Rapp quand il se vit ainsi cerné et emprisonné par ses propres troupes, ce serait assurément difficile. II courait d'un bataillon à l'autre, mais sa colère se brisait contre l'attitude morne et résolue des soldats. Il voulait parler, mais sa couverte par les huées du peuple, et surtout par les v< rations des agitateurs. Il s'élança vers un obusier près duquel se tenait debout le canonnier, mèche allumée.
— Misérable, veux-tu me tuer? Mets le feu me voici à l'embouchure.
L'artilleur jette son boute-feu.
— Ah! général, dit-il simplement, j'étais au siège de Dantzig avec vous.
Néanmoins, derrière les rangs des soldats immobiles et muets, les cris et les provocations continuaient.
— Tirez... il a vendu l'armée !... Tirez donc !.. Quelques jeunes soldats égarés couchaient en joue le général. Le chef d'état-major Garnier accourt à lui bride abattue.
— Mon général, pour Dieu! retirez-vous; n'exposez pas inutilement votre vie. Que pourriez-vous faire? Nous sommes absolument décidés à nous faire payer.. Ainsi, rentrez au palais, et le général Garnison répond de tout.
— Qu'est-ce que le général Garnison, s'il vous plaît ï
— Mon général, c'est notre nouveau général en chef.
Tel était, en effet, le nom collectif que venait d'adopter spirituellement Dalouzi, pour mettre quelque peu sa responsabilité â couvert. Ulysse avait dit à Polyphème : Je m'appelle Personne. Dalouzi dépassait Ulysse de toute la hauteur de l'homme civilisé sur l'homme primitif. Dalouzi avait l'honneur d'appartenir au siècle qui devait être le siècle du gouvernement représentatif et de la presse. Soyez sûr que Dalouzi eût fièrement répondu au Cyclope : Je m'appelle Tout-o-) Personne Tout-le-Monûe, il y a cinq mille ans entre ces deux mots-là. Personne, Totit-le-Monde, n'est-ce pas au fond la même chose?
Rapp savait que son armée n'était pas tendre à l'ennemi, et il lui répugnait d'être l'ennemi pour elle. Il se n dans ie palais. Aussitôt mille hommes d'infanterie, huit escadrons et huit pièces d'artillerie l'y suivirent et en prirent la garde extérieure. Un bataillon de grenadiers s'établir dans la cour, et s'intitula garde intérieure. Sois factionnaires furent placés leux a deux sur tous les escaliers, à toutes les portes, et jusqu'à la porte de la chambre à coucher du comte
Rapp était d'ailleurs merveilleusement suppléé : le général Garnison multipliait les ordres com fait que cela toute sa vie. Il commandait comme un dictateur; on lui obéissait comme à un ami
— On va s'emparer du Télégraphe et de la Monnaie, lever les ponts, et nul ne pourra communiquer avec le dehors sans une permission signée du gouverneur de la place. — afficher la défense, sou ' ,,:,ns les cabarets et tavei i .leurs du désordre du pillage et de VU Des bivouacs permane'ns seront organisés sous deux heures dans les rues principales et sur les places. Voilà pour les ennemis du dedans la ligne extérieure et les lie soient double: De
des gardes aux p lié vieux i
Saint-Louis: je ne sais pas comment le général Rapp pou-
vait négliger ci - c'était d'une étouxdcrie : — Com-
mand.. es dire au général autrichien Wolk-
mann <iu il n a absolument rien à craindre, et mettez un sa disposition. Il faut être poil, sarpejeu : — Vous, major Garnier, rendez-vous avec un trompette au <i 'léral des alliés, et signifiez-leur que, s il-
respectent la trêve, la garnison ne se portera à aucun acte mais que nine cle nous attaquer, ou
seulement de mettre le n< affaires de ménage,
nous i Eh bien ! colonel
ez l'air tout penaud.
— Pardon, m c'est le fusilier Lebertre qui m'appelait colonel
— Eh bien?
— Eh biei mon général, je l'ai fait mettre aux fers.
— A merveille.
— Oui. a metreille : mais au moment où je disais : — Aux fei ■■ me suis trouTé nez à nez avec mon i l'ancien, le vrai... qui m'a dit comme
S > gredin ! — Est-ce qu'il fallait le faire mettre aux fers?
— An Hl le général Garnison. — Eh bien! dit-il
H, la chose est fort simple : tous les généraux et tous ceux qui ont un commandement de quelque impur i ignés dans leur logement jusqu'à non-
Tel ordre Chacun d'eux sera gardé par des soldats d'un corps étranger au sien. Les plus minutieux égards. Si quelque chef se révolte, on lui représentera doucement que la discipline et la subordination militaires passent avant tout, et qu'il est d>- r de donner l'exemple en s'y soumet-
tant. On n'agira de rigueur qu'a la dernière extrémité.
A midi, toutes les mesures de police étant bien prises, et la sûreté intérieure et extérieure parfaitement assurée, le général en chef Garnison fit place à Garnison l'administrateur il constitua messieurs les fourriers en commission di et messieurs les sergens majors en commission de- Puis 11 manda l'inspecteur aux revues et le i '-rai Le premier fit un état approximatif es pour mettre la solde au connut ; la le montant de son avoir en caisse Alors il. et, avec une poli a le maire d'aviser aux moyens de réaliser les fon .' iir acquitter l'arriéré
Pendant que les conseillers municipaux disentaient à motel de Mlle, les bourgeois tremblaient dans les rues,
«es. Il faut vous dire que l'ai divers mouvemens. marches
tait immobilisée et comme pétrifiée aux b les postes C'était véritablement ter-
rible à voir, pour peu qu'on fut époux et père de famille. ni l'arme au bras, sombres, Inertes et parler, sans bouger, dans ce calme majesde i orage Les soldats s'étaient i vain les boutiquiers, saluant, souriant, leur taisaient les plus coquett.
les plus paternelles questions, un brutal lit sauter
et les bon
et Incendie, con- ■mmes nécessaln plus habile et plus persuasif que B ipp major aupn ■n de lemprui!
rii ei rent cet offii 1er a l'Hôtel de Ville.
I palais ! us la même escoi
se calmèrent un ; lient toutes
i. qu il
même
imanl-
salenl >us les