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II. — EXCURSIONS SUR LES BORDS DU RHIN

EXCURSIONS SUR LES laiBDS DU RHIN

responsabilité de l'accident devait naturellement retomber. [ue lui seul avait la clef de r, lerma la porte

laia que personne ne sortirait que le bras de la .Madeleine et la joue de la remis

daii^ leur état naturel: il n> avai rie: dll à cela;

c'était justice : les élèves étaient prisonniers, ils capitulèrent. On alla aux voix pour que l'élection portât sur le plus capable, et l'un d'eux fut nommé. Le jeune homme alors, tout tremblant, prit la pal« les pinceaux du

e, ei au milieu des in ouragemens d camarades,

il répara le dommage causé, avec une telle perfection, que non seulement Rubens ne s'aperçut point de l'accident, mais ■ que. regardant le lendemain avec complaisance son ouvrage de la veille

— Voilà, dit-il en montrant le bras de la Madeleine et la tête de la Vierge, une tète et un bras qui ne sont point ce que j'ai fait de plus mal hier

Le jeune homme qui avait droit à une part du compliment que s'adressait Rubens était Van Dyck.

Quant a l'auteur de l'accident, c'était le jeune Dlepenbii k, qui venait de quitter la peinture sur verre pour entrer dans 1 atelier de Rubens. et dont on peut voir des premières œuvres sans quitter la cathédrale: les vitraux dune des fenêtres qui représente les quatre administrateurs à genoux, ont été peints par lui et sont d'une admirable couleur.

De l'autre côté de l'église, l'Elévation de la trois fait pendant à la Descente ,• il est impossible de rien voir de plus osé que cette disposition diagonale, qui ne pouvait être tentée avec succès que par un peintre si capricieux, et si puissant! La tête du Christ, que Rubens seul peut-être a fait homme et Dieu à la fois, offre une expression de douleur majestueuse et de sublime résignation que je n'ai vue nulle part : tout le vide du haut est illuminé par un ray,.n de lumière véritablement céleste ; c'est le regard que Dieu laisse tomber du haut de sa gloire sur la victime expiatrice qu'il a soumise aux misères et aux douleurs humaines, tandis que le vide du bas peint les ténèbres dans lesquelles la terre était plongée. Le curé de Saint-Valhurge, qui avait lait prix avec Rubens pour deux mille florins de Brabant, exigea avant de les compter au peintre qu'il remplit ce vide par une ligure ou un objet quelconque. Rubens ' y peignit son chien ! ijue tout cela est merveilleux d'igno- . rance d'une part et de dédain de l'autre !

Après avoir été au hasard d'un chef-d'œuvre à l'autre, je revins en face du maître-autel, que surmonte l'Assomption i lerge. Ici, Rubens a compris que pour faire sentir que la mère de Dieu montait vers son fils, il fallait la montrer plus près du ciel que de la terre : alors il devait abandonner cette carnation puissante qui donne à toutes impostions un caractère si humain, pour ce coloris vague et poétique qui appartient a des anges escortant une ' ombre ; c'est ce qu'il exécuta avec le bonheur du génie. Tout le monde connaît ce tableau, avec son croupe de têtes i h irubines qui semblent un énorme bouquet de roses, ses mètres aux fronts graves, avec leurs draperies si rimi étendues et si largement jetées : il a été fait en seize tours, pour la somme de 1,600 florins, c'est-à-dire <leu\ cent vingt francs par jour: c'était le prix ordinaire que Rubens mettait à ses compositions.

Après ces trois tableaux, il est difficile de parler des autres compositions qui ornent, l'église de Notre-Dame et qui mplètent l'ensemble. Lorsque l'on entre dans la chatlnt on n'a d'attention fine pour le Jugement deret cependant les murailles sont couvertes de fresques qui, partout ailleurs, seraient longuement et minutieusement admirées. 11 en est ainsi des génies de premier ordre. [ Ils écrasent tout ce qui les entoure et se grandissent en abaissant.

Cependant, en sortant par la porte latérale, il faut jeter un coup d'oeil sur un puits dont les ornemens battus au i rteau sont vierges delà lime; c'est l'ouvrage de ijuenfin Metsys, qui, obéissant aux ordres ou plutôt au défi de son beau-père, de forgeron se fit peintre pour obtenir la femme qu'il aimait ici on admire l'ouvrier: au musée P on jugera l'artiste. En effet, un des premiers tableaux a volets que l'on trouve en entrant est de lui : il réprésente au fond l'inhumation du Christ; sur un volel de droite, la tête de saint Jean-Baptiste servie à la table d'Hérode; et sur le volet de gauche, saint Jean dans l'huile bouil- . lante Ce fu ■' ce tableau que Metsys reçut de son bi-

zarre beau-père la main de sa fiancée:

Au pied de la tour de la cathédrale, où de l'église des

Chartreux de Kiel, dans laquelle il avait d'abord été enterré,

.■ce peintre fut transféré après sa mort, on li naphe:

QUENTINO METSYS.

INCOMPARABH.IS AIÎTIS PICTORI ADMIRATRIX

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