V. peine l'aveu fut-il fait, que, sans leur donner le temps
• ndre aucune disposition, le cemte les fit saisir tout
habillés et tout armés commi '.t. et les fit jeter dans
la vue du peuple, qui eut ainsi dans la même
journée deux spectacles pour un.
In autre jour, Beaudoin venait de tenir l'assemblée de ses
comme c'était une grande cérémonie, pour
lui donner plus d'éclat encore, il avait ce jour-là fait six
on six appartenant aux plus nobles famille» i'e
le serment habituel, juré
tion aux faibles, aux veuves et aux orphelins,
'.n.' quoi Beaudoin leur avait donn le le
sa pro] .nu
érémonie achevée, Beaudoin était reparti pour son u, accompagné des nouveaux chevaliers qu'il avait faits, lorsqu en traversant la forêt même ou 11 était situé, ils remarquèrent tous les apprêts d'une fête -, Ils s i. -rciit un Instant et virent effectlvemenl venir un cortège de paysans accompagnant deux nouveaux époux. Beaudoin s'avança vers la mariée qui était charmante, et tirant une bague île son doigt Puisque le hasard m'a conduit ^ur chemin lui dtt-11, qui rd -."t pour vous une
i-.-..\ tdi . mais bes iln de mol, envoyé/ moi
B et réclami Istance, elle ne vous man-
quera point. » A son exemple, chai un des chevaliers qui le suivait tu un i adeau à la jeune fille, et la cavalcade seigneu- - hemln du château.
qui devait être envoyée à Beaudoin en cas de
.In- vu milieu de son premier
sommeil, le i lllé par un de qui.
ntrani ta bague, lui dit qu'un paysan toul haletant et
de la Beaud i nna au— itot que le i
fut Introduit c'était le tri
l.a i aime on la conduisait à la n.
nuptiale, été enlevée par les six nouvi allers,
ses amis avaient voulu faire résistance, mais enl sans arme-, ils avaient été repoi, i trois paysans avaient même reçu des blessures -i bien que la pauvre Je avait eu que le
temps de Jeter l'anneau en m mari Porte
i mte Beaudoin le mari, qui voul
avait donné la banne à son frère, en le ■ nit de la commission . et. appelant tout le village à ] lursulvre - urs.
ne voulait pas croire a une telle audace; Il . valiers et les trouva nielle qu'on venait de rel. ver, iv, nient les six i lie. .- il y avait une heure el demie à peu
paysan, et lui demanda de quel
Le paysan répondit
Mal Or, la
torl mal famé -Itué aux
Beaudoin, ne doutant
dl Mimes
lier le plus de l'y
Quant a lui, il sur le premier cheval venu. et. -a liai lie à la main se dlrt-
i:\' i:i;sio\s si n i i;s i;i (RDS DU RHIN
A peine fut -il arrivé en vue :< la Maison Rouge, une Beaudoin fut convaincu au il ae ■ était point trompé. Le premier étage brlllammen êclaii | ,i, rire, de jurons et de blasphème que le re.
était obscur, muet et solitaire. Beaudoin mit pied â terre, attacha son cheval à un des anneaux du mur et frappa à, la porte. Mais au bout de trois ("is, voyant que personne ne lui venait ouvrir, il l'enfonça d'un coup de : entra.
Ce rez-de-chaussée était en effet solitaire et obsi ur, tuais guidé par les voix qu'il entendait, Beaudoin se dirigea vers l'escalier, le monta à talons, et se trouva bientôt a la porte de la chambre d'où sortait tout le bruit. La ciel était a la serrure, car les chevaliers se croyaient suffisamment gés par les précautions qu ils avaient prises au rez-de-( haus de sorte que Beaudoin ouvrit la porte ^aIl> difficulté, et jetant un coup d'oeil rapide sur la chambre, il aperçut la jeune fille fortement garrottée, tandis que ses ravisseurs jouaient aux dés à qui elle appartiendrait.
L'apparition de Beaudoin fut un coup de foudre pour les coupables. Ils poussèrent un cri de terreur auquel la jeune fille répondit par un cri de joie ; puis aussitôt voyant aux regards que Beaudoin jetait sur eux qu'ils étaient perdus s'ils ne fuyaient au plus vite, ils s'élancèrent vers l'escalier : mais le comte se plaça devant la porte, sa hache à la main, menaçant de fendre la tête au premier qui ferait un mouvement. Tous demeurèrent immobiles.
En ce moment Beaudoin vit au dehors la lumière des torches et entendit le galop des chevaux : c'était ses hommes d'armes qui arrivaient.
— Ici, leur cria Beaudoin, ici !
Et ils entrèrent par la porte brisée, montèrent l'escalier et parurent derrière le comte.
— Avez-vous les clous et les cordes? demanda Beaudoin.
— Oui, monseigneur, répondit le brigadier.
— En ce cas, répondit Beaudoin, enfoncez six clous dans ■ >:•' te poutre, et préparez six cordes.
Les chevaliers pâlirent, car ils virent bien que tout était fini pour eux. Alors ils commencèrent les uns à demander grâce, et les autres à se confesser tout haut ; mais Beaudoin, sans les écouter, pressait la besogne, de sorte qu'au bout de quelques minutes les clous furent plantés et les nœuds coulans en état.
Alors il fit apporter un banc au-dessous des cordes, et ordonna aux six chevaliers de monter sur le banc. Les uns obéirent avec résignation, les autres voulurent faire résistance ; mais il en fut des uns comme des autres. Au bout d'un instant, les six chevaliers avaient la corde autour du cou. Baudoin jeta un dernier i oup d'oeil sur eux, pour voir si tout était bien en ordre, puis, satisfait de l'inspection, il repoussa le banc d'un coup de pied, et les six chevaliers se trouvèrent bien et dûment pendus.
En ce moment on entendit un grand bruit ; c'était le marié qui arrivait avec tous les jeunes gens du village, armés de pioches et de fourches. Beaudoin les fit entier tous dans la chambre, et leur montra d'un côté la jeune fille qu'il rendait à son époux, pure comme on la lui avait enlevée, et de l'autre les coupables déjà punis.
La justice du comte avait marché d'un pas plus rapide que la vengeance du mari.
Beaudoin mourut, laissant en récompense des grands services qu'il avait rendus aux chrétiens en Palestine, sa comté de Flandres à Charles de Danemarek, qu'on appela depuis Charles le Bon, et qui était fils de saint Canut et d'Adèle de Frise.
Charles le Bon ne démentit point l'origine paternelle. Fils de saint, il mena une sainte vie ; fils de martyr, il mourut par le martyre.
Beaudoin punissait selon Son caprice et sa volonté ; Charles le Bon fit des lois afin que le coupable sût d'avance, en commettant le crime, a quel châtiment il s'exposait. Fendant deux annés de stérilité, il nourrit le- indigens de son propre trésor, et, dans la ville d'Ypres, distribua lui-même en un seul jour, sept mille huit cents pains II avait une telle réputation de sagesse, que Beaudoin II ayant été fait prisonnier, on lui offrit le trône de Jérusalem, et que Henri V étant mort, on voulut le faire empereur.
Mais ces mêmes vertus qui le faisaient adorer du peuple le faisaient hair des grands, aux brigandages desquels il s'opposait Parmi ceux-ci étalent Berthoul van Straten. qui avait usurpé la prévôté de Bruges, à laquelle le titre de Chancelier de Flandre était attaché, et Bouchard, maire do Bruges, son neveu. Or, Berthoul ayant amasse de grandes
' ses sous les comtes précédens, possédait de vastes terres et. avait quantité de parens, d'amis el de vassaux : si bien que, quoique sa famille fut originairement de conditinn servlle, son origine était a peu près oubliés, el Don seulement il allait de pair avec les plus grands seigneurs, mais encore, par sa puissance et sa richesse, il était le pre mier après le comte.
Donc, comme il était au plus liant degré de sa foi i
ii arriva un nu i enl i , ,i, famille, qui
■ in différend avec un
noble, e ayant été insuli
luridiq le pai de\ in I . .
i fi ■ i
rade lui a une en épousant un ' i i le telle étali la loi du , te . i
ir Cb trli s le Bi a Lu i ité de l aci usatlon, accepta la , ,, ,
ible nu donc dispensé de répondre i oui.
>' injure rejaillissait en plein visage du prévôt, qui, attribu ;ement du comte à la b I
ven ;er En effet, il a- -, mb une nuit et dans sa maison . puis la 'nu mi assassinerait le duc I tut i moment où il fei a prière dans l'église de Saint-D
Cependant I qu'avail été tenu le complot, quel
lues i mi par un des conjurés a'
suffi à un domestique pour comprendre qu'il se tramait quel
<Iue cho i. i soi Aussi, au point du |our
étant sorti de l'hôtel du prévôt, il se rendit au ; et demanda à parler au comte. Comme le comte était ai sible à toute heure du jour et de la nuit, on le fit entrer et alors sans lui nommer son maître ni sans pouvoir lui dire ce qu'il ignorait lui-mê) i dire le jour et la façon dont le complot devait être exécuté, il le prévint cependant qu'il était en danger de mort.
— Hélas ! dit le comte au serviteur, nous sommes toujours en danger; mais il suffit que nous appartenions a Dieu au moment où la mort nous frappe.
Et, selon son habitude, le bon comte descendit pieds nus dans la cour pour faire l'aumône aux pauvres : puis leur ayant baisé les mains en signe d'humilité, il se rendit a l'église, où, tandis que les chapelains chantaient prime et tierce, il se mit en prières devant l'autel de la Vierge, et après de nombreuses génuflexions, se prosterna sur le pavé pour dire les sept psaumes de la pénitence, ayant pn
lui dans une petite sébile des pièces de monnaie que
chapelain y avait mise.-, aPn qu ainsi ,,„ ,| y était a iu tumé, il pût faire l'aumône tout, en priant Dieu.
Cependant les conjurés, avertis que le comte était à l'église, s acheminèrent vers Saint-Donatien, portant des épées nues sous leurs manteaux. Ils étaient six sans compter Bei et Bouchard, et s'approchèrent du comte qu'ils enveloppèrent sans qu'il s'en aperçût. En ce moment, une vieille femme lui demandait 1 aumône, et le comte, sans regarder de son côté, étendait la main vers elle pour lui donner une petite pièce de monnaie; alors Berthoul, donnant le signal du meurtre, tira son épée de dessous son manteau, et d'un coup sépara la main du corps. Le comte jeta un cri. et leva la tête; au même instant, Bouchard le frappa si violemment qu'il lui enleva le crâne et le fit sauter avec une partie de la cervelle sur le pavé. Aussitôt, quoique ces deux blessures fussent déjà plus que suffisantes, les autres revinrent sur le corps, qui n était déjà plus qu'un cadavre. et le percèrent et taillèrent de plus de vingt coups d'épée.
Ainsi mourut Charles le Bon, comte de Fljndre, le mercredi de la seconde semaine de carême, le deuxième jour du mois de mars de l'année 1157,
Louis le Gros se chargea de la vengeance Le prévôt fut attaché à une potence, ayant au-dessus de la tête un chien que l'on irritait sans cesse, et qui lui dévora le visage ; le maire fut couché sur une roue qu'on éleva a une hauteur de cinquante pieds, et tout pené de (lèches et de traits d'arba lète qu'on lui tirait d'en bas. Les autres complices tv précipités du haut d'une tour.
Vers ce temps lurent élevés à Bruges le. couvent el 1 (le Salnte-Godeliève. Voici à quelle occasion.
Godelicve. fille de Humfrld et d'Ogera avait i
de seize ans a Berthutfe, seigneur de Ghlstelle dont elle avait supporte les mauvais traitemen gieuse patience, lorsque enfin, poussée à i< i parvint
a s'échapper du château du comte et à regagner la m i de son père
Beaudoin, le sévi re [usl li 1er ai le Gh
telle, et lui ord a de reprendi
avei tous les égards qu'il
pouse vertueuse. 1 ugi ame on te
sait, étaient sans appel d'atlleui
cession de Gode ère. Le coi
de Ghlstelle résolul I ■' reprit sa
femme, i ' laqu lli '
l'affront qu'il préti ' ! l'elle; ma
. ependant, n cessé d'av-i
se plalndr lui.
Sur ces en refa t. et Charles li
monta sur le trône.
Abus Bertl ,,,.,11, i deu •' ervl
ernme.
in reniais . us nous transdre, tira -ton •erre comme par
meurtriers frap- :11e allait se
.le anr
Igneur, lui du
.er
;ent et ce qu ils vou-
pondirent-lls, et
lire a l'Instant même près
■une qui Indique qui
■ e, et je suis prête a vous
rent sous la porte la bague du comte, e*
n'ayant rie preuve irréeusa-
la porte en leur «lisant qu ils n avaient qu a
plaisir Mu comte étall qu'elle fût me-
suivit sans résistance les deux
pal une poterne dont ils
m la clef, hors du château Ai i prirent un
lOdellève vit bien que l n séant en même
nutile, elle se dc-i Ida a mouittnua de marcher entre ses deux bas.
Arn n de la forêt où était une petite cha-
pelle lève de-
mand Instant devant 1 image de la
Vierge, ainsi qu elle avait l'habitude de le faire chaque fols qu'ell ... |i,i perml-
■ genoux et priant, Us prépai. valent l'étrangler ; sf bien que lorsqu Ils virent q lucbalt à sa fin, ils lui
i i et tirèrent de toutes leurs
la mettre à mOTt Mais Voyant que. malgré l'agonie de la pauvre femme était si li qu'ils aèrent jusqu'à la
l . i il— I r.in in-.pt'a ce qu'elle fût â la i ' étranglée Alors ils la prirent dans
rentrèrent par rivaux de la fenêtre, afin que ranglée elle-
ii matin la suivante de Gc-
nhre. elle ne fit aucun doute que
-Tins, n'eût
' elle redescendit
• ni a toute la maison Aus
Itérai pour aller dl*alt il faire
Ile terrible ,i son maître, tandl
eau pour l< - préparatifs de
Serthulfe ni .mte«se était déjà couchée
i.ini, comme * 11 doutait encore •■ il voulut rolr le cadavre, et
; ■ ré \n tu' ii" onle avait tracé
bien morte, il la pompe qui
: ml .i.
M une tille .'.ii mais bti ■
uvre enfan
i. nia. comme
de neuf m, r>'
lu cl
ml . 1 1 ■ t •!'
rge in
ie Ethelinde, qui aval endroit en affec-
i. sa prière. Bon père, au contraire, qui savait que c était la que sa femme ;: ranglée et noyée. ils devant la chapelle et la source qu'au
- ii ' .Mil . sans même regarder de leur
'.nu qu un jour que la Jeune fille priait, agenouillée
tpelle, elle entendit le galop d'un cheval, et
rit que ce u celui de son père. Elle se re-
uséquence, au moment où il passait pour le
de la tête; mais Uerthulfe. au lieu de s'arrêter.
le pas. de sorte que, comme il avait plu pendant la
heval, avec ses pieds de derrière, envoya de la
Isage de l'enfant.
Itnde alors se leva, et. sans même appeler sa nour-
qul était à quelques pas d elle, elle se dirigea vers la
et s étant penchée sur son bord, elle prit de l'eau
dans le creux de sa main et se lava le visaur
Tout à coup elle poussa un i ri de joie. L'eau miraculeuse, en touchant ses yeux, en avait fait tomber le voile qui 'es il i il us aveugle.
L'enfant revint toute courante au château et alla se Jeter dans les bras de la comtesse en criant : Ma mère : Je te Le brun de • B mira, le se répandit. On sut par quel hasard
avait produit. Les aveugles
I des ci. me a la source, el à peine l'eau
«ainte eut-elle touché leur- yeux que tous furent guéris
Hais celui sut lige ht la plus vive impression
fut Uerthulfe lui-même. I.a sanctification de cette eau qui n pour tout le monde, n'en était pas un pour lui, car c'était dans celle eau que Godellève avait rendu 1er soupir.
On Jour, il monta donc à cheval, et s'en étant allé à Bruges, il se jeta aux rieds de Charles le Bon, lui avoua te ut. et lui demanda seulement grâce de i n qu'il eût
ups de sauver s.m ame par la prière et par les œuvres. Charles le non y consentit, et le même Jour, moins un douaire pour la comtesse et une dot pour EUie- :,. châtelain de OhlsteUe lit l'abandon de tous «s ..m l'établissement don couvent de religieuses et
tni ' lise.
Quant a lui. il prit l'habit monastique dans l'abbaye de Bergues. où 11 mourut.
ut quelque temps après la consécration de cette Jolie
que Tliiéry d'Alsace rapporta de la Terre-Sainte.
dans la chapelle de Saint -Basile sur le Bourg.
iiion .lu srinu de Notre-Seigneur Ïéeus-Chrtst, qu'il
avait reene du patriarche île Jérusalem .'••mine récompense
La partie inférieure de la chapelle où il fut déposé existe uni hui, et l'on y trouve dan* une i rypte un bas-relief curieux comme monument de l'art byzantin, le : -, i, baptême de S - wr .lésus-Christ. La partie supérieure rem 1 i date en «si pré-
i ir une pierre de la façade où se trouve le millésime Vu reste, pour les amateurs de gothique, ello n'eflt douti son ornementation ayant toute la ténuité et toute la souplesse parUonltèM i l'architecture du commencement du l Le dernier mnlre de Bruges se disposait, en 1810, à faire euvre du moyen Age. lorsque heureuse ment N qui 56 trouvait en ce moment dans la ville.
meurtre, en disant que la chapelle du Saintavec sa tourelle gracieuse et élancée, lui rappelait la Sytle Vln^i quand Napoléon ne pouvait nder 11 conservait
\ fonctions du saint Sang a BrugfS. ce sont a
Iles du sang de saint Janvier à Nnples En 97.
il disparut a la grande douleur de= Brugeols: mais aussitôt
calme fut rétabli, celui qui avait fait, au péril
i de rendre la relique
ipelle
n tir du i ommenre la grande splendeur
. . Tour v réunirent venant de «8 villes différentes, ibre desqu >t fait inscrire Paris Les lim-
ite l arc, c'est vrai, • •ut celui de la !>'».< riche tenu* leur s'augmenta encore des (<■■■ -on mariage avec Isabelle de Portnimte Philippe le non
.iiiinr au milieu de ces fêtes, eî
seigneurs le blond nn ,rd.- •]» ■ que Philippe le Bor Ins-
i ,, ,|,. i,, Toison
Bragl retirent Heu les cérémottli
imphani -, avre fut ra
de i' «ta-
EXCURSIONS SUR LES BORDS DU RHIN
dire soixante-treize ans après sa mort. Pendant tout cet intervalle, il était resté dans l'église de Saint-Georges à Nancy.
Charles le Téméraire trouva, ikju endormie dans la pelle où on le conduisait, Marie igné, sa tille. On
le coucha côte à cote auprès d'elle, et en 155S Philippe, II ordonna qu'un tombeau semblable à celui qui couvrait déjà le corps de sa fille, et qui lui avait été élevé" par ordre de Marie d'Autriche, fût construit pour le père. On trouve dans un compte de 15GS que la dépense de ce tombeau s'éleva â 34.395 florins.
C'est la qu'ils sont encore couchés aujourd'hui, dans la troisième chapelle à droite en entrant. Charles est couvert de sa cuirasse de bataille, ayant la couronne souvelaine en tête, l'ordre de la Toison d'or sur sa poitrine, un lion à ses pieds, son casque à sa droite et ses gant gauche, avec sa devise qui est bien à la fois celle du héros de Montlhéry et du fou de Morat :
Je l'ay empris (entrepris), bien m'en advienne
Ce tombeau, 1 un des plus magnifiques qui se puisse voir, est tout en cuivre, et la dorure seule a coûté 24.000 couronnes de Brabant ; les ornemens sont en argent et en émail, et tout à l'entour sont écussonnées les armes des principales maisons de l'Europe auxquelles il était allié.
Voici l'inscription qu'il porte. Comme on avait doré la statue, on voulut dorer le cadavre :
Ici gist très haut, très puissant et magnanime prince Charles, duc de Bourgogne, de Lothryclîe, de Brabant, de Limbourg, de Luxembourg et de Gueldres, comte de Flandres, d'Artois, de Bourgogne, palatin de Haynneau, de Hollande, de Zélande, de Namur, de Zutphen, marquis du Saint-Empire, seigneur de Frise, de Salins et de Malines, lequel étant grandement doué de force, de constance et de magnanimité, prospéra longtemps en hautes entreprises, batailles et victoires, tant à Mont-le-Héry, en Normandie, en Artois, en Liège que autre part, jusqu'à ce que la fortune lui tournant le doz. l'oppressa la nuit des Roys 1476 devant Nancy. Le corps duquel, déposité audit Nancy, fut depuis, par le très haut, très puissant et très victorieux prince Charles, empereur des Romains, v« de ce nom, son petit-neveu, héritier de son nom. victoires et seigneuries, transporté à Bruges, où le roy Philippe de Castille, Léon, Arragon et Navarre, fils dudit empereur Charles, l'a fait mettre en ce tombeau à coté de sa fille et unique héritière Marie, femme et épouse de très haut et très puissant prince Maximilien. archiduc d'Autriche, depuis roy et empereur des Romains. — Prions Dieu pour son âme. — Amen.
Près du tombeau du duc Charles s'élève, comme nous l'avons dit, celui de la duchesse Marie. Comme son oère, elle est couchée sur son sépulcre, transformé sn lit d'honneur ; comme son père enfin, elle porte le manteau royal et la couronne souveraine. Deux chiens, symbole de fidélité, sont couchés a ses pieds
Enfin, voici l'épitaphe de la fille, qui ne le cède en rien à celle du père.
Sépulture de très illustre princesse dame Marie de Bourgogne, par la grâce de Dieu archiduchesse d'Autriche, duchesse de Bourgogne, de Lothrycke, de Brabant, de Limbourg, de Luxembourg, de Gueldres, comtesse de Flandres, d'Artois, de Bourgogne, palatine du Haynneau, de Hollande, de Zélande. de Namur et du Zutphen. marquise du Saint-Empire, dame de Frise, de Salins, de Malines, femme et épouse de très illustre prince Mgr Maximilien. lors arrtiiduc d'Autriche, et depuis roy des Romains, (ils de Frédéric, empereur de Rome, laquelle dame trépassa de ce siècle en laage de 25 ans. le xxvn» jour de mais, et demourn. d'elle son héritier Philippe d'Autriche et de Bourgogne, son seul fils, en laage de 3 ans 9 mois, et aussi Marguerite sa fille, en laage de quatorze mois et cinq jours. Fut dame des pays dessus quatre ans et neuf mois; fut en mariage vertueusement et. gràt amour vescut avec mondict Sieur son mary, regrettée, plainte et. plorée fut, de ses sujetz, et de tous autres qui la connaissaient, autant que fut oneques princesse — Priez Dieu pour son âme. — Amen.
Au mois de mai 1SI0 Napoléon, cet autre téméraire, se fit ouvrir les portes de la chapelle du duc Charles; et comme s'il eût deviné que, tout au faite de a gloire qu'il était, lui aussi allait avoir son Morat. son Granson et Ml Nancy, il laissa pieusement dix mille francs pou] employés aux embelli-semens de la chapelle du duc Char les et de la duchesse Marie.
Il est vrai qu'il avait i i cette chapelle
!n< iiel ornement, dont il avait fait cadeau au musée de Paris. Nous voulons parler le la statue de la Vierge et de l'enfant Jésus, par Michel-Ange.
ri de ce groupe florentin que l'on est tout i uver 'ii ■ ■ : ndre.
L'œuvre du sublime tailleur de marbre était destinée à es, qui, lorsqu elle in, : pren-
dre par un de ses mille vaisseaux; mais comme le vaisseau revenait, il fut capturé par un i es hollandals nul couraient alors les mers, portant au haut de i ni m. i un balai pour pavillon. Le corsaire se crut horriblemenl volé lorsqu'il vit que le bâtiment avait
pour toute cargaison une statue de la Vierge; ans-
premier mouvement fut-il de la mettre en morceaux la jeter a la mer. Néanmoins il réfléchit que, si peu que valût cette unie elle valait quelque chose, et que quelque chose, à tout prendre, valait encore mieux que rien Eu conséquence, il revint avec sa prise a Amsterdam, où,
iirit artistique des Hollandais, qui était déjà développé à cette époque, il la g ai ■ 'a deux ans sans tro pendant ces deux ans, un seul amateur. Enfin, un négociant de Bruges, nommé Pierre Mouseron, ayant vu le groupe eut l'idée d'en faire cadeau S l'église de Notre- Dame.
Comme le corsaire hollandais avait hâte de se débarrasser d'un pareil fonds de boutique, il avait, en se remettant en mer, donné ordre à son commettant de s'en défaire â tout prix, de sorte que celui-ci crut avoir fait un i scellent marché en prenant au mot le brave négociant de Bruges qui lui en offrait cinquante florins. De son côté, celui-ci voyant la facilité avec laquelle on lut abandonnait la. marchandise, se crut volé, et offrit dix BoTins pour résilier le marché. Mais le commettant tint bon, de sorte que le pauvre Pierre Mouseron se trouva, moyennant cinquante florins, avoir sur le dos. comme on dit en terme de comptoir, un chef-d'œuvre de Michel-Ange. Alors comme il trouva que le cadeau en lui-même était un peu médiocre pour obtenir de l'église ce qu'il en désirait, c'est-à-dire une sépulture dans une de ses chapelles, il s'engagea â faire exécuter à ses frais l'autel en marbre sur lequel serait déposé le groupe. Moyennant cette double promesse, qu'il accomplit religieusement, Pierre Mouseron fut enterré devant l'autel.
Au retour des Bourbons, le groupe de Michel-Ange revint prendre sa place dans la chapelle de Charles le Téméraire.
Mais les temps de prospérité passèrent vite pour la capitale de la Flandre, et avec la réforme religieuse vinrent les dissensions civiles, et à la suite des dissensions civiles la chute du commerce. Or. c'était le commerce qui faisait toute la fortune de Bruges. La ville se trouva donc peu à peu ruinée, et son opulence de quatre siècles disparut en moins de cinquante ans. Depuis lors, Bruges la bruyante tombée dans un morne silence, passa inaperçue à travers les événemens politiques qui se succédèrent ; si bien, qu'à part les émeutes qui de temps en temps viennent la galvaniser, elle semble, de l'aveu même d'un de ses habitans (!). une de ces villes des contes arabes où tout semble frappé de sommeil
Grâce au chemin de fer inauguré depuis trois Jours seulement, nous trouvâmes Bruges dans un de ses accès de son nambulisme ; nous profitâmes de cette agitation uni pour tâcher de découvrir une voiture, des chevaux et un cocher: ce ne fut pas chose facile; mais à forée de i ches aidés par un naturel du pays, nous y parti enfin. Nous fîmes promettre au voilurier que son attelage .■endormirait pas pendant la route, et BOUS partîmes pour Blaienberghe, i cette seule intention de leter u i d'œll sur l'Océan, nue je n'avais pas VU quatre ans, et dont je commençais a m'en
Malheureusement l'Océan n'est pas «si le Nous montâmes sur les dunes .
\, un , mais il avail mis son VOiïi
mais contenter ée i entend!
me "u il était toujour
i dînâmes à Bialcenl i dans le goût hollandais, et h ut entier peuplé de pécheurs; puis nous revînmes coucher â Bruges.
Le lendemain nous étions avelles ; j y trou-
vai une lettre de monsien <"H :,va"
eu la bonté de s'apei voir ! «Wons P"
rés v,t-.,i i " •Un<"'
C'est, qu'il v avait gran " ■•'
dan- le coeMieu du deuxième arrondissement fli ta m . d \nvers
ci ini, mit le jubilé de 850 ans en 1 honneur de P Dame d'Hanswyi !<■
, l] Ocl -, le ,
,-N'DRE DUMAS ILLUSTRÉ
de plaisir que, entendais parler que
du juin:
Notre-Dame de Lorette e!
. , otre Dame d'Hanswyck est
une ,i, ,, rées du monde chrétien.
Conin i'e apparition est miracu-
leuse, i tne forme étrange et lnce
reta , des pêcheurs y descendirent et
vierge, que l'on ador lion indiquait le désir qu uàlît un ten n'eut nier, et l'on éleva la première église,
rulte en 1578 et rebâtie en 1676.
cinquante ans que la Vierge d'Hanswyck avait manifesté
-i évidente sa prédilection pour les tans di lié auquel J'étais invité à assis-
ter avait pour but de célébrer ce joyeux anniversaire. Ce Jour-là, il n'était pas question de chemins de fer; il des départs de demi-heure en demi-heure, on avait bien augmenté iliaque convoi d'une cinquantaine de voitures; mais, rien qu'à voir la foule qui enveloppait la station, Il était facile de comprendre que jamais les désl rapprochés et si considérables qu il fussent, ne m ■ i le i ette population qui ni l'heure à laquelle je devais être rendu a l'Hôtel M- i donc le parti de me mettre
tout bonnement en quête d'une voiture, qu'avec beaucoup de peine et moyennant deux louis pour la journée Je parvins enfin à trou Il y a quatre lieues de Bruxelles a .Matines, et cependant • il. longue route était couverte le piétons, presque i li sont les soldats d'un régiment qui défile; hommes el femmes marchant gravement, comme Il convient a de véritables Belges, qui croiraient indigne d'eux de s'amuser comme des Fransclie-Padden ou des tt'j a ' il pas de danser qu'on les confonde ]am ' Français, comme les plus
poils d'entre eux nous appelli
Au reste, le coup d'œll du cicérone bruxellois m'avait émervi u ité pendant les deux nu trois jours
que J'étais resté dans la capitale de la Belgique Je ne pouvais pas faire un pas hors de mon hôtel sans être assailli Braient, les uns de me conduire au palais du prince d'Orange, les autres a Sainte-Gudule, BUX-là au Jardin de Botanique i . elul de l'indigène qui me
1 nationales, et siffler des airs
qui n'existent pas. j'étais, je ni quoi, Immédia
temeiii omme Français Cela, je l'avoue, m'avait
mille; j'avais cru qu. quand J'avais un pantalon a n. mis dans mi 1 l'.unière. el que je i
1 bien qu'un autre; mais sur ce point Je
q I. |e m'étais tromi
Il J avait déjà
que le né i ils même plus a
mulei m uté.
" fa i louange de ces bonne quol-
Inqu u
il y avait une telle foule.
i iler
me guidant sur la tour de la ■ Ile- qui , |
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0U I peu pli
oprend plus que ni 1
tficlers que j'étah Invile
fini m
inintelligible, de sorte que je n'avais plus d'autre ressource que i r la position de forée, lorsque j'eus le bonheur d'être aperçu par monsieur de Rodenbach, gouverneur du district, qui causait en ce moment à une fenêtre avec le roi : il me lit aussitôt remarquer à Sa Majesté, qui, voyant mon embarras, eut la bonté d'envoyer un aide de camp à mon aide. Il parait que le mot le ni nie en français qu'en flamand, car à peine laide de camp l 'eut-il prononcé, que les rangs s'ouvrirent et que je passai triomphant.
liait se mettre a pendant le roi eut le temps
de me présenter à la reine, pauvre jeune femme qui tombe à genoux a chaque bruit qu'elle entend venir du coté de la France; je pus lui donner d - nou-
velles de quelques personnes de sa famille, et Je dus sans doute à cette circonstance l'accueil gracieux quelle me fit. Le dîner fut court et bruyant, l'agitation que chacun semblait éprouver, et dont ce bienheureux jubilé était cause, avait écarté ce que l'étiquette royale avait de plus rigoureux. D'ailleurs il me parut que le roi ressemblait beaucoup plus à un père entouré de sa famille, qu'à un souverain au milieu de ses sujets.
Au desserl des leputé: i vinrent di
der pour elle la permission de se mettre en marche : elle était fort longue, et il y avait à craindre, si l'on tari davantage, qu'elle ne pût défiler tout entière pendant le jour. Le roi répondit en se levant, et chacun courut aux fenêtres. Au même moment, les soldats qui étaient dans la rue se formèrent en haie afin d'ouvrir un passage au milieu de la foule Les trompettes se fne: tendre, et Ion vit paraître un détachement de chasseurs à cheval, musique en tète, et ouvrant la marche de la a de.
détachement de chasseurs venait la musique à pied.
Puis, quatre renommées et porte-étendards de la sainte ii > . i k : là commence la procession. u indescriptible, et dont nous serons forcé de citer purement et simplement le programme, en nous i de dire que, contre l'hal programme
exactement suivi.
six Jeunes filles à cheval représentant allégorique ment les litanies de la sainte Vierge, toutes poi main droite une bannière blani la main g.
les mu- la maison d'or, les au roir de pm
Le chœur des anges, tenant des harpes à la main et chantant des hymnes en l'honneur de la Vierge;
l'n premier char représentant la reine des anges, précédé de trois génies ;
On deuxième char représentant la reine des patrlu précédé de trois génies; in it la reine des prophètes,
nies; l'n quatrième char représentant la reine des :v
le de trois génies ; l'n i inquième ési ntanl la reine des martyrs.
ntant la reine des confes lé de trois génies; t n si m représentant la reine des vierges, pré-
hulttème chai i pp anl la reine di tous les saints
le de Matines ; La Vierge de Matines, en 1 1 les à
liant ii i vertus de la \ llle de Mai d i mnance, ali lu roi • t gi
- de la cour précédant le ehar royal ; l'n neuvième char représentant la famille royale enlou-
prlncipales vertus qui lui sont propres; Navi ntaM le bien-être de ta n itrle :
' Bavard, monté par les quatre îlls \vmr.n. acpoulalns -, imille de< £éans ;
empe ir romain i chameaux montés par âes petits amours ; fortune :
ilerle ferm
pour la prier r son Atner, enr elle
quelle se personnes el de quatre
i nu n . ■ pouvais
milieu d'une rête du quinzième .ait mis an ix enfans
a n ses et
de dix lui i m Iles ; le
EXCI RSll INS SUR LES B( IRDS Dl KHIN
total des dépenses était Je cent cinquante mille francs. Or, Mallnes n'a que vingt-cinq mille âmes de population, b une autre ville n'avait concouru au luxe quelle déployait ce jour-là. Ce luxe aurai: pu être mieux appliqué ; la forme des ailes des anges n'était pas du plus pur bento angeltio . la coupe des robes aurait pu prendre une allure plus divine si elles eussent été taillées sur un dessin de ftouis Boulanger; enfin, ces jocki retours
et en veste ronde, qui se glissaient furtivement dans cette céleste société, sous prétexte de tenir les chevaux en bride, nuisaient un peu a l'harmonie de l'ensemble. Mais de no; jours, comme on sait, il n'y a si bonne société où il ne se mêle quelques taquins : il ne faut donc pas être trop difficile.
Trois des personnages de la procession 'levaient avoir 1 honneur d'être reçus par le roi et par la reine : c'étaient la vierge de Malines et les deux enfans représentant le roi et la reine des Belges.
En effet, en arrivant à la porte de l'Hôtel de-Ville, la vierge de Malines mit pied a terre, et laissant a cheval les vertus de la ville de Malines, elle monta dans la chambre où était le roi, lui débita en pur flamand un compliment auquel le roi répondit dans la même langue. La reine détacha une agrafe et la lui donna, moyennant quoi la vierge se retira fort contente, et fit place au petit roi et à la petite reine des Belges.
Ceux-ci descendirent de leur char sans s'inquiéter davantage des vertus qui sont propres à la famille royale, que ne l'avait fait la vierge de celles de la ville de Malines, et montèrent à leur tour. On avait sans doute donné d'avance aux parens le programme du costume du roi Léopold et de la reine Louise, car !eurs deux représentans étaient vêtus absolument de la même manière, le petit roi portant les mêmes ordres, et la petite reine les mêmes bijoux. Le grand roi et la grande reine embrassèrent leurs miniatures, leur bourrèrent les poches de bonbons et de gâteaux. et les deux bambins enchantés remontèrent sur leur char, combinant de quelle façon ils pourraient conserver un aii' grave toul en g] gnotânt leurs dragées.
Lorsque tout fut passé, jusqu'au vaisseau représentant le bien-être de la patrie, lequel allait sur des roulettes, jusqu'à la famille des géans, jusqu'au cheval Bayard, monté par les quatre fils Aymon, et entouré de ses coquecigrues, le roi se retourna de mon c8té ■.
— Eh bien ! me dit-il. que pensez-vous de cela ?
— Sire, répondis-je. je pense que la Belgique tout entière est personnifiée par la fête que Malines nous donne aujourd'hui. Un mystère du moyen âge qu or, vient voir par des chemins de fer !
En effet, ce n'est point un des moindres bouleversemens de notre époque que de voir un prince protestant être devenu de fait le roi très chrétien.
Il y avait à la suite de cela Je ne sais quelle cérémonie à l'église de Xotre-Dame d'IIanswyek ; le roi eut la lonté de m'offrir une place parmi ses aides de camp; mais je remerciai, en lui demandant la permission de prendre congî de lui. attendu que je quittais Bruxelles le lendemain matin, et que je n'étais pas sans inquiétude sur la manière d'y retourner, vu que les chemins de fer devaient être sans doute toujours encombrés, et que. selon toute probabilité, ma voiture était perdue. Le roi sentit la validité de pareilles raisons, et me rendit ma liberté.
J'en profitai Immédiatement pour me mettre en quête de mon cocher, je courus à la porte où je 1 avais quitté ; mais, comme je l'avais prévu, il n'y était pas Je revins à l'Hotel-de-Ville où je retrouvai monsieur de Roolenbach, qui m'offrit avec une obligeance charmante, à moi et aux personnes qui m'accompagnaient, un asile provisoire qui deviendrait définitif si notre cocher ne se retrouvait point. Nous acceptâmes, et monsieur de Rodenhach mit toute la police du district aux trousses de mon homme.
A neuf heures du soir, on vint nous annoncer qu'on
l'avait retrouvé ivre-mort dans les cuisines de l'HOtel-de
Ville, tandi* que de leur coté ses chevaux mangeaient
Ine du roi. Le drôle avait pensé que puisque j'étais
invité, il l'était aussi, et il avait agi en conséquence.
Nous revînmes à Bruxelles beaucoup plus vite que nous n'étions allés à Malines. L'hospitalité royale produisait son effet.
H iTEL D'ALBION
Le lendemain, nous nous confiâmes de nouveau, non pas à un cocher ivre et à deux chevaux bien repus, mais à un mécanicien, à deux rails et à une trentnine de sacs
de charbon, moyennant lesquels nous fîmes les dix-huit lieues qui séparent Liège de Bruxelles en quatre ou cinq i ind Je di .huit lieues, je me trompe;
n en fimes guère que du que le chemin
- arrête à je ne sa myrlamètres de
Là, nous tombâmes au lune armée d'omnl-
bus, dont les cochers se préi ^près avoir
i dizaine de minutes tiraill en tous sens.'je restai ipriété de l'un d'eux qui ,,a dans sa ma-
chine; je criais comme un dératé api - mes malles, mes ts et mes livres, et je voulais sauter à toute force du fourgon: malheureusement j'étais juste te quatorzième, de sorte que sans s'inquiéter aucunement de mes ré tamations, 1 homme au marchepied ferma la porte, poussa un ressent, cria au cocher : Complet! et nous partîmes au galop pour la patrie de Malherbe, de Régnier et de Grêtry Vprès avoir roulé ainsi trois quarts d'heure à peu près, pendant la dernière partie desquels il s'était arrêté pour donner la liberté à quatre ou cinq de mes compagnons, l'omnibus fit une nouvelle pause, l'homme du marchepied rouvrit la portière, et s'adressant à moi :
— C'est ici votre hôtel, me dit-il.
— Ah ! Et comment s'appelle mon hôtel»
— L'hôtel d'Albion.
— Et mes paquets ?
— Ils viendront dans un Instant.
— Mais comment les reconnaitra-t-on ?
— Vos noms sont dessus ?
— Oui,
— Eh bien ! soyez tranquille.
Je descendis de l'omnibus qui repartit au galop, et je me trouvai, la canne à la main, devant : hû i d'Albion.
J'attendis un instant pour voir si quelqu'un ne viendrait pas au-devant de moi ; mais voyant que la porte restait fermée, je pris le parti de me présenter moi-même. J'entrai donc, et je demandai à souper et une chambre.
L'hôtesse dormait dans un coin de la cuisine ; elle releva la tête et me regarda d'un air si parfaitement étonné, que je crus que j'avais pris une porte pour une autre, et que j'étais entré chez quelque honnête bourgeoise, .où je n'avais nullement droit de faire une pareille demande. Mais en jetant les yeux autour de moi, je reconnus, à la façon dont étaient disposés la batterie de cuisine et les fourneaux, que je n'avais rien à me reprocher.
— Monsieur désire quelque chose 1 me demanda l'hôtesse
— Mais sans doute, je désire quelque chose.
— Alors, si monsieur veut dire ce qu'il désire?
Je crus que je ne m'y étais pas pris assez poliment, et que la compatriote de Mathieu Laensberg voulait me donner une leçon de courtoisie.
— D'abord, répondis-je, je désire savoir des nouvelles de votre santé.
— Monsieur est bien bon. et la sienne?
— La mienne n'est pas mauvaise, seulement j'ai grand'faim.
— Monsieur est Belge? reprit l'hôtesse sans avoir l'air de comprendre l'allusion adroite par laquelle je revenais à mon affaire.
— Pardon, je suis Français.
— Ah! mille excuses! c'esi que i n'aimons pas beaucoup loger les Flamands, nous autres Wallons. Mais si monsieur est Français, c'est nulle chose; il n'a qu'il par 1er.
— Eh bien ! je désirerais souper, parole d'honneur ! -Oh! il est bien tard pour souper.
— Raison de plus, ce me semble.
— A la place de monsieur, continua la bonne femme d'un ,iu- détaché, Je ne souperals pas.
— Pourquoi cela, s'il vous pli
Monsieur déjeunerait mieux demain matin
— Je compte très bien déjeuner demain matin, même en soupant ce soir: voyons, qu'y ce gardemanger?
— Ah ! dit l'hôtesse saris l S ' '
.mu avant hier C'éta bien
le ga i .i- ",'!■ i ■ i avant-hier.
de sorte que nous avions des poulets, des canards, des
perdrix
— Ecoutez, dis-je en l'interrompant, je ne vous demande
s,,, ,' ,, de pou-
vi- pas de canards... (je m'arrêtais me volatile
que je nommais) pas d rdrix...
(l'hôte- '■' '- ni Pou-
lets, ni canard i lieau
de bceui ou un m u froid, le
Oh ' " i ' ''• me répondit l'hô-
. t un Ion moi, , 'hii ■■ toj 82 tous i êta
,,ll
Eh deux morceaux-là. Il n,
reste i faire un?
— Absolument rien ; un Flamand a mangé le reste il n'y a pas ; ix heures. Vous n'en- . ;dq, tous!
m déjà Uli qra .inçais.
g , ,.as les
souffrir, les Flamands, nous autres
me elle.
t, reprls-je. lue le
■ luis sesaunve tou-
.ose à mar
laun meurt
de fal
en faisant.
,„,i,r . commençait à traîner un
mande de ma réponse ; on ne meuri i quand on a du beurre et des œufs.
(ii le pays du bon beurre, le
pays wail
— A la . ire !
y, i l'habitude ici de ne le battre
qu'un- ■ ilfle.
— El 'iuel jour?
■ sommes?
— Le mercredi.
plus <jue du beurre fort.
plus du tout, ah : bien oui : jamais nous ne g; beurre fort. Notre beurre ïia;s est
bon pour qu'il en reste!
voulez-vous! donnez-moi des ced;s je m'en contenterai.
— Ce matin. J'en avals quatre douzaines.
aites-m'en i uire lue.
! faut vous dire que nous autres gens du pays wallon nous faisons des élevés
— Des élèves en chirurgie?
— Oh! Je vols bien que vous n'êtes pas Flamand
it mieux, parce que nous autres Wallons, voyez vous, nou
lit : vous ne pouvez pas souffrir les l 'l.i m : isl Vous avez raison; revenons à nos
les œufs, Je les ai donnés à couver. !■• vous emporte! Comment, il ne vous en reste
rats qu il me reste un œuf de dinde, i de dinde n'est point méprisable; où est-il, ult
— H i n l.i ; il est de ce matin
— Bon.
■ r comme un Dieu. Tenez, ouvrant la porte de l'armoire, est-il gros !
taille d'un œuf d'autruche.
x une bouilloire, je meurs de faim.
!■ ers de
fraye de son air stu]
Valentin qui m'aura fail
— Qu soufflé?
and il peut
i ■ i. uq nain et 11 li
i là?
• i n m ni
mme il profite !
ivrant rot
ilr mon passeport ?
ni"
— Dame ! moi, je dis qu'il est Belge parce qu'il vient de Bruxelles.
— Mais au fait, dit 1 hôtesse, lomme frappée de la justesse de ce raisonnement.
Je vis que les choses tournaient mal pour mol, et ira n'avoir pas eu de souper, je pourrais bien n'avoir pas de lit. ,1e me hâtai donc de tirer mes malles dans et de payer le commissionnaire. Alors, appelant la servante, Je lui dis de porter mes effeis a ma chambre.
— Votre chambre? lin ai ez vous une? me répondit la tille.
— Je n'en ai pas encore, mais j espère que votre maltresse voudra bien m'en donner une.
• rgenie. conduisez monsieur au numéro trente-cinq. dit ltiOtesse.
— Voulez-vous venir, monsieur le Flamand, me dit la fille en prenant la chandelle.
— Au moins, dls-je, en poussant un gros soupir, faitesmo! porter dans ma chambre un morceau de pain, de l'eau et du sucre.
— On vous portera tout ce qu'il vous faudra, soyez tranquille.
— Allons, bonsoir.
— Bonsoir. Sont-ils difficiles ces Flamands !
J avais du malheur : A Bruxelles je ne pouvais pas passer pour un Belge, et à Liège on ne voulait pas me reconnaître pour un Français.
Je suivis l'omme l'appelait l'hôtesse en langue
wallonne, Jusqu'au troisième étage ; là. elle s'arrêta enfin et m ouvrit la porte d'une chambre, que d'après les abords. Je l'avoue, je ne m'attendais pas à trouver si propre !
— Là, dit Vcrgente en posant la chandelle sur la cheminée, J'espère que vous serez bien, monsieur le Flamand?
— A merveille. répondls-Je ; seulement n'oubliez pu mon pain, mon eau et mon sucre.
— On va vous monter ça tout à l'heure.
— C'est bien. J'attends.
— Eh bien ! c'est cela, attendez, dit la fille, et elle s'en alla
I endls une bonne demi-heure, puis voyant que rien
naît. Je pris ma chandelle et Je descendis Tout le
monde était couché dans la maison, .'e tirai ma montre.
il était di\ heures et demie. Je remontai dans ma chambre
et J'écrivis sur mon album de voyage:
— Ne pas oublier l'hôtel d'Albion.