LIÈGE VIE EN DÉJEUNANT
le tellement fatigué que. malgré la dureté de mon* lit, je ne me réveillai le lendemain qu a neuf heures du matin Je me levai aussitôt, et comme, d après ce qui s était passé la veille. Je Jugeais inutile de demander a dêjeun 61 la maison de monsieur
l'Alain arcn «r lequel j'avais. une lettre de M
Ion ; il demeurait rue Plerreu 1 y avait pour une bonne demi-heure de chemin de l'hôtel ,hez lui. J'y arrivai avec une faim d'enragè
Monsieur Polaln vin : de mot. Je me nommai
et Je lui remis ma lettre, qui était de monsieur Van I Il eut la ii.ind il sut qui j'étais, de n.
Jeter les yeux dessus; mais J'Insistai, et 11 finit par la lire ■ quand il eut fini, vous êtes lié ', . i |
ilni.
Sa recommandation est pressante?
n m ei au nom de Sa Uajei
de faire tout ce qui pourra vous être agréa-
nr. a faire bon prlèn de voire ami i du roi?
i Polaln, i i faire une chose
Me nt même.
il de m'ofTrlr A déjeuner.
plus r Y e matin ?
ii pas mangi
nruxclles ! et quand donc êtesvous arrivé? soir.
H n'avez pi i il pu obtenir un morceau de pain et un
EXCURSIONS SI R LES BORDS DU RHIN
— Mais où dOl u'é?
— A l hôtel a Ali. ion.
— C'est cependant le meil! la ville.
— Eh bien ! j'en tais mon compliment aux autres.
— Mais vous devez mourir de faim?
— Littéralement.
— c'est Incroyable.
— Je vous demande pardon; il n'y a rien d'Incroyable à cela : il y a juste vu
11 est bien permis au bout de vingt quatre heures d'avoir faim
— Je ne dis pas cola, reprit monsieur Polain eu riant ; je dis qu'il e-t incroyable nue vous n'ayez pu obtei souper,
— Tenez, il faut que je vous avoue une pondisje, c'est que je m ma pris pour un Flamand, et que c'est cela qui m a fait du tort.
. — Oh ! alors, cela ne m étonne plus. Il faut vous dire que notre mariage avec la Belgique est une espèce de mariage de raison ; nous vivons séparés de corps, si bien que. lorsqu'un >is va j Louvain, il dit: je vais en Flandre.
— Mais vous, lui dis je. vous me reconnaissez bien pour Français, n'est-ce pas?
— Oui, pour tout ce qu'il y a de plus Français ; aussi, nous allons déjeuner, soyez tranquille.
Cependant, malgré cette assurance, comme la porte de la salle à manger était ouverte, et que, du salon où nous - il m'était facile de voir qu'il ne s'y faisait, aucun apprêt, je commençais à avoir quelques inquiétudes; mais, au bout d'un instant, on vint annoncer que nous étions servis.
— Venez, me dit monsieur Polain. je vous donne à déjeuner sur ma terrasse ; de là vous verrez la ville tout entière : je veux vous raccommoder avec .lie.
Ida foi : lui dis je, vous avez pris le. bon moyen ; c'est une bien belle ville qu'une ville qu'on voit en déjeunant.
— J'espère que vous ne vous en dédirez pas.
Kn effet, je jetai a la fois un cri de joie et un cri d'admiration : un cri de joie à l'aspect du déjeuner, un cri d admiration a l'aspect de la ville: aussi m'établis-je à table de mau ir l'une, tout en faisant fête à l'autre.
Comme je présume que la description de ce bienheureux déjem ir qu'il ait été par moi. serait d'une médio-
cre importance pour le lecteur, je me contenterai de signaler deux vins, que je recommande aux amateurs : l'un est un vin de Moselle de la montagne Noire, année 1831 : 1 autre est un vin du Rhin, intitulé lait de la Vierge, millésime indifférent.
I.a ville fumeuse qui était couchée a mes pieds fut fondée vers 550. par saint Monulphe, évêque de Tongres. Ce digne prélat, en se rendant au château de Chièvremont, fut frappé de la beauté du site et résolut d'\ bfttir une église à saint t'ôme et a saint Danr.eu : la légende ajoute que les gens de l'évêque aperçurent à cet endroit une croix flamboyante, mais comme elle n insiste pas autrement là-dessus, il est permis de croire que ce sont des propos de laquais.
\n i du vme siècle, saint Hubert trans-
porta a i i lié, qui avait déjà été trans-
porté de Tongres à Maestriclit : Liège commençait donc à ment sa place dans le monde, lorsqu'en 882 elle fut dévastée liai' ces Normands prédits par les lar-
Le i : plus là pour chasser ses vieux
ou lu réparer les désastres qu'ils avaient faits mats la Providence envoya aux Liégeois l'évêque Notger. ancien abbé de Saint-Gall. qui, pendant un êpisi 0] il de trentecinq ii :flt la ville plus belle qu'elle n avait jamais n -i un '. , , v contemporain consacre-t-î] la reconnaissance due par Liège au pieux évêque. Lé voici :
Notgerum Christo, Notgero estera debes.
C'est-à-dire :
Tu dois Notger au Clin-' et 1. reste a Notger.
lame on le voit, lui faire la part belle; mais Notger ne méritait pas moins. Lorsqu'il vint s établir à iite pauvre et malheureuse qu'il la trouva, rançonnée par un petit tyranneau, qui habitait ce fameux château de Chièvremont, où se rendait le bon saint Monulphe loi--. nie le site où est bâtie aujourd'hui la ville de Liège eut le bonheur de lui plaire. Plus les tyrans sont petits plus n- som tr&casslers: celui-là '' mêlall 6 faires de tout le monde; il connaissait les revenus di cun, et il lui fallait, sa dîme sur tout : grains, argent et femmes; ce qui était, devenu insupportable aux bons Liégeois Cependant, comme le seigneur Idriel 1. nom ne fait pas le tyran, comme on le voit); cependant, dis-je. comme
aeur Idriel habita
teau de Chli vrei
il fallait bien en prend:
i est ce que falsa -,, gei ■, ,■
. ennemi . Idriel
le lui fournit lui-même.
La tei i. le! venait d i , me ce
i désiré dans la maison, noble
ir n avait i .,■ de Uli de donner
un q i . i Mil éclat i son Peut-i
qu'un i taire baptiser son il y
exemples de ces anomalies idriel étall di était
, il avait • devise : Ennemi
Dieu seul , ce qui n'était qu'une pure fatui on le comprend bien. Dieu étant plus difficile çpj m ins le
choix de ses amis, commi le prouve le proverbe: Beaucoup d appelés et peu d'élus.
roulant faire baptiser rant que la chose fût faite en conscience, envoya prévenir
i pour le baptême. I qu'attendait depuis si longtemps le bon évêque. Il lit i. pondre en il se rendrait le lendemai
cinq heures du oi m clergé, au château de
Chièvremont
Le lendemain, l'évêque convoqua a [ iq des
plus braves et des plus fort aissance,
en leur ordonnant de venir, tout aunes, si u i de son
■ fin qu on ne se doutât de rien. Qi .:, dans
une salle basse de son palais, ii fit ai-, ha) pes el
des soutanes, les transforma en ch
donna à l'un la croix, a l'autre l'encensoir, commanda à ceux qui ne portaient rien de chanter a tue-tête pour n'avoir pas l'air d'intrus puis, après leur avoir fan surer une dernière fois que les lames ne tenaient point aux fourreaux, il prit avec ses vingt-cinq hommes le chemin du château de Chièvremont.
Idriel t'attendait sur la porte avec sa fille Isabelle, sa îemme Bertha, et son nouveau-né. qui n'avait pas ei de nom. Il se mit humblement ï la suite de l'évêque, en chantant les répons, et entra ainsi dans l'église.
Alors, 1 évêque se voyant introduit au centre du château jugea que le moment favorable était venu, et levant la sainte hostie qu'il lenait cachée pour cette grande occasion : « Au nom du Dieu vivant doni vous voyez l'image entre mes mains: s • iiiat il ; au nom du chef véritable de l'Eglise; au nom de 1 empereur : au nom de 1 Eglise de moi, Notger, je prends possession du château de Chièvremont. » A ces mots qui devaient être le signal i h, m très, bedeaux et sacristains tirèrent leurs épéi lurent se .jeter sur Idriel, que le saint éve mandé de prendre vivant. Malheureusement on ne pi ut pas être a la fois un pieux prélat et un ïi avait commis une faute de stratégie en ne laissa, Idriel s'engager davantage dans l'église : or, comme il était près de la porte, il se sauva, entr; m' femme el ses
deux enfans, et se précipita avec eux du liant en bas des murailles : ce qui fit que, si Satan eut plus que son compte, Dieu n'eu
Au reste, cornai naît au même POUT :
de Liège, ils n'i pas moins i tas à leur
evêqi aoli le hateau, d • • mi
Une fois débarrassé d'Idriel, Notger con soins
tout e l'embellissement de la villi use ne
coulaii in dans l'Intérieur de Liège; il recul,
ceinte jusqu m delà du fleuve, m
n au pie lau de Sainte-Croix, et dont .
iii.onr,' hui des 'races, et construire une triple bastions, ton- et tours dora
mille ans il ces I ruim Enfh
l'une cathédi a) i digne : n : c d'un siège aussi important que celui SUT son emplaceiii a 11 En i 106 l'.ain : I e n' i' "■ r
aïs l'avait enl
la ciii'on le ta tête et ' main, vint,
r.' .' a Lu';
n lorlitiai
que in, lavés dan la vil) En 1131 li "e à
de lui donner de l'imp
les deux t
'" ! Bis
i veille de cette ai ontqueur: ■ ' '«ail Satnt 1 1 rt bell chotse$. et
ALEXANDHE DUMAS ILLUSTRE
prmitfltab
m] i on pari lit i un assez joli
emps, u cbaqui ie nouveau, les
• ut une concession ■■'" 1ue de
Ils 1 Jes mains
1 1 ope i barte lPles i"JU'
••der une à celte époque. Cette
i lue i les peuples ob-
Dl plus Ils moment commen-
- démêles qui ne
nt qu'en 179* One ' "t""15' ,ut celle
de Bavière. Ce jeune seiqu'il fut investi de la
Ipauté de i '" Dlus '' ' '
mie pour les austérités mais ne voulut pas prendre là l'affaire des Liégeois; ils régis par la main de soie de leurs , lient le gantelet de fer des cheva-
lier, r, utils que tant qu il aurait le
e resti rail pas dans la ville ; qu'il ne
un .1 ilfer dune mine, et qu'alors ils
in. » ars Le prince
li pins fort pour le moment, force lui fut d
de quitter Liège \ peine eut-il tourné le dos que les Lié-
pour leur évêque et seigneur Thierry de