LE DUC DE BOURGOGNE
« Comte de Flandre, d'Artois et de Bourgogne. »
La merci qui le prince lit aux Liégeois ne fut pas gr
ai, à propos de la bataille, le titre de Bavière, a propos des exécutions ut la suite, celui de Jean sans r En effet, les sires de Rochefort et de Seraing et la veuve rwez eurent la tête tranchée, et une vingtaine de reinférieur furent jetés dans la Meuse. Quant / et à son fils. i!s furent trouvés morts sur le champ de bataille, se tenant tous deux par la main. Le lendemain, lorsque Jean de Bavière entra dans Maastricht, enta, au bout de deux piques, les têtes de ses deux ennemis.
C'était payer un peu cher une plaisanterie de corps de
A ,li succéda Jean de Vaienrode : puis Jean
ir le trône épiscopal ; puis, enfin, Louis
ai lMui y parvint a son tour: ce fut sous son règne
.s le Téméraire et Louis XI. ces
rites par Walter Scott, et
qui se ti l'i'i'n i' II 1 ' prise de la
i au, , ,; .m [i i iv ' 'il des exécutions,
et ia q tûra Sa ta hefflea ei as la démolir,
ir ta viiu de Di-
Uagfi était
une m le, ces maisons étaient en grand nombre,
,i,i ezs de la ville.
quatre cents malsons moyi «as, une (ni
i -hapons.
m-bnii l'on i h ii-!r- de llimiqui avai' S sur les bras, le
il ayant ■ ■a, afin que a un beau jour Louis de
fui pas ime de La-
.. , i Ci "i ■' '
ii" ' mauvaise tige.
uvernement fut nance.
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Saint-Nicolas ; les corps des métiers, avec leurs bannières, étaient échelonnés dans les rues par lesquelles il devait passer, et le conseil de la cité et les principaux bourgeois, revêtus du costume espagnol, attendaient le prince au petit pont de la Creyr. Enfin, vers dix heures du matin, plusieurs coups de canon annoncèrent qu il venait d arriver.
Plus di cent cinquante cavaliers des plus nobles familles Lorraine, de l'Allemagne et du Brabant. escortaient Tévêque, qui eut bientôt atteint le pont de la Creyr. La. le coosefi et les bourgeois lui firent un compliment, puis ils se muent en marche, précédant le prince et marchant vers la cité. Arrivés a la porte Saint-Léonard, ils lui présentèrent les clefs de la ville, et avant de les prendre, Ferdinand prononça à haute voix le serment institué par les statuts, et qui garantissait les privilèges des LiéiM
Près de Saint-Georges, le cortège rencontra un théâtre richement décoré, où des musiciens chantaient en l'honneur du prince, l'ne jeune fille s'y tenait debout dans une noble et riche parure: cette jeune fille représentai! la Cité de Liège. A la vue de l'évèque, elle se laissa glisser sur un chemin de fils de fer invisibles, et. arrivée aux pieds de Ferdinand, elle lui présenta un bouquet de lis et lui dit ces vers :
nd prince noble d ayeux,
ud prince délicieux.
D où m'arrive ce bonheur, D où m'aborde cet honneur.
Que chez mol, ta pauvre Liège, Tu viens, quittant ta duché.
Laissant ton archevêché.
er les pieds de ton siège?
prince, je n'ai loyer Digne de toi. pour i t.'n si charitable office.
Si ce n'est la grand amour
nel ton peuple à 1 entour Te fait déjà sacrifice (l).
Ces lu grands applaudlssemer,
gneoxs qui lourgeoli Se la
ville, le en sa marche vers la grande place
du Mai, >., a : levé plusieurs théâtres, et'où l'on
représentait des mystères A côté de ces thi avait
allumé trois grands feux de joie, et à côté de ces feux s'élevaient trots pvramides, ornées de guirlandes aux couleurs de la i lavière.
Arrn itheilrale. le prime descendit dl
puisa dans une bourse que lui présentait son argenit en montant les desrés
i lii-ieuis i l'or au
peuple, puis, après avoir rendu des action- de grâces au
SI son entrée au pal pal. et
t qui lui ii'é. Ce
ne fut qu'a minuit que le peuple se dispersa Mais, en se
encore retentir 1 an .1 a. a lamatioiis
de joie et de vœux de prospérité
Certes il y avait tout lieu de penser qu'après de pareilles
tout Irait au mieux mais il n'en fut pas
'langeaient, les générations fa
demeuraient les
m. ne - I revenaient SOT I
M déjà éi oulees an i des murmures d Si plaintes
; -umer que i nent orageuses.
, . ■ s |i i l'aprés leur nombre, on nommait les éle, lieux venaient ,1'élir.
.' ■- i ■ , dm i mi -H où le ■ux nom- qui étalenl ras-
lés en armes s,]r bj place, et qui en attendaient deux
lurent de si grandes vociférations, que chacun comprit, et que le mon l ' In ml
s rumeurs le i ' mann In
I ui.iiie Mais le pouvoir ne
!onne où l'on tire le scrutin. En ce moment, de
de Ville uh 'i. heureuse
EXCURSIONS SUR LES BORDS DU RHIN
ment ne blesse personne: mais la démonstration hostile n'en avait pas moins eu lieu : les fusils armés s'abaisseie vers tes fenêtres. Tout à coup le grand doyen de la cathédrale parait au balcon de 1 Hôtel de Ville :
— Bourgeois, s'êcrie-t-il en étendant les mains vers le peuple en signe de paix, comme l'élection doit être l'expression des désirs de tous, si nous nous sommes trompés, dites-le, et nous choisirons les bourgmestres à votre volonté. Qui voulez-vous ?
— Beckmann et Sand. répondent toutes les voix, et aussitôt ces deux noms sont proclamés.
Certes, cette fois, la voix du peuple était bien réellement la voix de Dieu. Guillaume Beckmann, seigneur de Vieux- Sart, était à la fois un homme de haute qualité et de grand savoir : cinq fois déjà depuis K30S il avait été nommé bourgmestre. Puis, outre cela, sous le règne d'Ernest de Bavière, il avait été chargé de plusieurs missions près des états généraux à la cour de Henri IV. Pendant cette longue vie de diplomate et de politique, il avait surtout appris à connaître les hommes ; aussi Ferdinand de Bavière ne lavait-il point trompé un seul instant, et dès l'abord avait-il prévenu le peuple de ses projets liberticides. On devine donc qu arrivé au pouvoir, la lutte ne tarda point a s'engager entre l'évêque et le mandataire du peuple ; mais contre ce dernier, tout échoua, menaces et promesses : c'était l'homme d'Horace; les ruines du monde pouvaient l'ensevelir, mais non l'ébranler.
Un pareil homme rendait la place intenable. Après avnir essayé de tout, on essaya du poison.
Mais on s'était bien gardé de donner à Beckmann un de ces poisons subtils, un de ces poisons à la Médicis qui tuaient comme la foudre, rien qu'à les goûter ou à les respirer. Non, on lui avait préparé un de ces poisons a la Borgia, comme le pape Alexandre VI en donna à Gem et à l'évêque de Cozence ; un de ces poisons qui font blanchir les cheveux, qui courbent lentement les membres, qui paralysent le corps ligne à ligne, de sorte que chaque jour vous êtes entré d'un pouce dans le tombeau ; un de ces poisons qui vous laissent la voix pour vous plaindre et les yeux pour vous voir mourir. Ainsi fut pendant près d'un an Beckmann. paralysé de ses jambes, puis de ses bras; les bourgeois le portaient 'en litière au conseil et aux assemblées, et là cette bouche mourante s'ouvrait encore, non pas pour parler de ses souffrances, mais de celles de ses compatriotes. Enfin, ce pauvre corps, qui s'était éternisé tant qu'il avait pu pour hienheurer sa patrie, rendit son âme A Dieu et sa poussière à la terre Mais sa statue, faite aux frais de tous, fut dressée en plein marché.
Sébastien Lamelle, son ami et son émule, lui succéda.
— Sébastien Laruelle, celui-là qui fut si tragiquement assassiné au banquet de Warfusée ? demaudai-je.
— Celui-là même, me répondit monsieur Polain.
— Alors, l'histoire de Sébastien Laruelle, s'il vous plaît 1
— La voici.
C'est toujours monsieur Polain qui parle.
LE BANQt'ET DE WARFUSEE
Quelque temps avant ta mort de Eeckmann, et par conséquent avant que Laruelle ne fût bourgmestre, un et r était venu chercher asile dans la cité de Liège ; beaucoup de bruits avaient couru sur lui, car c'était un noble seigneur, nommé le comte René de Warfusée, qui avait été chef des finances de Philippe IV dans les Pays-Bas. Les uns racontaient qu il avait odieusement dilapidé les fonds qui lui rivaient été confiés, ruiné les domaines de l'Etat et mis en gage les diamans de la couronne, si bien qu'il s'était vu contraint il abandonner nuitamment Bruxelles, où après son départ il avait été exécuté en effigie. D'autres disaient qu'ils avaient de "i les yeux une de ces grandes victimes de la haine des puissans, et au lieu de voir dans Warfusée un iile. ils le regardaient comme un martyr.
ut du nombre de ces derniers; ayant eu san- cesse a lutter contre les grands, il savail combien la calomnie leur est obéissante, et il n'était pas un de ceux qui avaient le moins insisté pour que, malgré les réclama- Ulons de Philippe IV, le droit d'asile tû enu en
faveur du comte Mené de Warfusée.
1 Or, Warfusée songea que l'empereur ser;iit un excellent intermédiaire entre lui et Philippe IV. et <ru l
d de son ennemi, Fer< rail Je son côté plus rien a lui refuser.
En conséquence, il écrit à Ferdinand de Bavière qu'un complot se trame pour li>. & ia v,ne
et le pays de Liège, et que les chefs de . . sont
Sebastien Laruelle et l'abbé Mouzon, ambassadeur de Louis XIII près la bonne ville. Ferdinand n'en croit, rien; mais il n'a pas besoin de croire, un meurtre esl toujours un meurtre, même pour un évoque ; pa mann lui a pesé, et il aime autant qu'un antre se charger
Laruelle, Il envoie donc a René de Warfusée
ien moine défroqué nommé Grandmout, qu il a fait capitaine de ses gardes: Grandmont apporte a Warfusée les pleins pouvoirs de Ferdinand. Ces deux hommi s'entendre: l'un avait renié l'honneur, l'autre aval! renié Dieu.
Sébastien Laruelle reçut une invitation à dîner chez René de Warfusée ; il accepta. A ce diner étaient invités aussi l'abbé de Mouzon, ambassadeur de France, le baron de Saisan et quelques autres personnes.
Plusieurs amis du bourgmestre, qui voyaient avec peine l'union d'un homme si pur avec un homme sur lequel il avait couru une si fatale accusation, essayèrent de détourner Laruelle daller à ce dîner; ils allèrent même jusqu'à lui parler de trahison possible. On avait vu ce Grandmont entrer chez le comte, on l'en avait vu sortir ; on le connaissait pour l'épée ou plutôt pour le poignard de Ferdinand On essaya donc d'intimider le bourg nestre avec des soupçons et des présages, mais c'était un homme d'une âme ferme, qui ne croyait que dans l'honneur humain et dans la justice divine; aussi ne fit-il que rire de tout ce qu'on lui put rapporter, et le soleil du 16 avril, soleil de printemps plein de chaleur et de vie, se leva sans qu'on eût pu lui rien faire changer à sa résolution.
A l'heure du dîner, le comte de Warfusée envoya son carrosse au bourgmestre, mais celui-ci voulant profiter de cette belle journée, sortit à pied accompagné de deux hommes de sa garde; l'un d'eux quitta *on maître à la porte de la maison, l'autre entra avec lui : celui qui entra se nommait Jasper.
Le comte René de Warfusée était assis dans la cour de sa maison, sous une vaste galerie qui en faisait le tour A la vue du bourgmestre, un rayon de joie éclaira son visage ordinairement sombre ; puis, s'avançant vers Laruelle, il l'embrassa comme avaient coutume de faire alors les amis, même après une courte absence. C'était, au reste, une habitude antique. Lorsque Judas embrassa Jésus, il n'y avait pas plus de deux heures qu'il l'avait quitté. Puis, se tournant vers le garde du bourgmestre :
— Ah ! ah ! te voilà Jasper, lui dit-il ; toujours fidèle à ton maître. Jasper s'inclina.
— Tu feras bonne chère aujourd'hui, mon camarade, car j'entends que tu n'épargnes pas les santés à notre bourgmestre. Jasper s'inclina une seconde fois en signe d'assentiment, car Jasper ne refusait jamais de boire; mais il buvait deux fois plus lorsqu'il buvait à la santé de Laruelle.
Derrière le bourgmestre arrivèrent successivement les chanoines Nyes et Kerkhem, l'avocat Marchand, le chantre de l'église Saint-Jean, l'abbé de Mouzon, le baron de san, et enfin madame de Saisan et son fils, qui n'était âgé que de neuf ans
La table était dressée dans une salle basse, aux fenêtres étroites et grillées; des domestiques attendaient dans la chambre précédente avec des serviettes, des bassins et des aiguières Ils donnèrent a laver a chacun, puis les convives entrèrent dans la salle à manger. Warfusée s'assit de manière à avoir la porte derrière lui, ayant à sa gauche l'avocat Marchand, et à sa droite madame de Saisan, Laruelle et l'abbé Mouzon s'assirent en tace.de lui; les autres invités prirent place selon leur caprice, selon teui selon enfin l'opinion qu'ils avaient d eux-mêmes. Jasper demeura debout derrière son maître
Le dîner était copieux et riche en vins mets rares, comme il convient à un seigi de si nobles hôtes. A la fin du premier
les ; puis, ayant, rempli
c;u'il v avait de convives :
lia santé du roi de Fran l'abbé Mouzon, qui répondit à s:, pi et , hacun vida son verre à la san
Quelques m ens après qu. I'
son à leur hôte, un valet de nommé Gobert, entra & t vint lui
à l'oreille. Ce qu'il venait lui dire, de la garnison espagnole d n 11 '
ne e meurtre \ au rivage de BOT v attendre et enfin venalen nar une petite i,
mu mu
bungli. i ; :nf de velours, et tenant une épée nue â la main, parut sur le- -euil, s approcha de Warfusée, et lui touchant e du bout du doigt :
— Me voila, dit-il.
iusée se retourna et reconnut Grandmont ; les convives reconnurent aussi l'ancien ■ lue, et cette apparition ne leur présagea rien di
— Où sont vos hommes? demanda Warfusée.
— Derrière mol.
— Faites-les entrer, a!
Grandmont fit un signe, et une vingtaine de soldats s'élancèrent dans la salle a manger, entourant les convives, tandis que d'autre- apparaissaient aux fenêtres et les mettalent en Joi rs les barreaux.
— qu est ceci, messieurs, s'écria Laruelle étonné en se levai sa place, et que signifient ces hommes*
— Ces hommes signifient, répondit en riant Warfusée. que
ivez bu tout à l'heure à la santé du roi de France, - allez boire maintenant à celle de Sa Majesté l'empereur et de Son Altesse le prince de Li • El comme une ne répondait :
— Ah I voilà comme vous faites honneur a mon toast:
ia-t-11 Mors, désignant Jasper:
mpoignez-moi ce galant, dit-il. Les soldats obéirent.
— C'est bien.
— Maintenant, continua-t-il. faites-en autant du bourgtre.
— Qui? mol aussi, monseigneur? s'écria Laruelle.
i. dit le comte de Warfusée; toi et 1 abbé de il, et monsieur de Saisan.
— Où est l'abbé Mouzon, demanda Grandmont qui ne le conna
nne voix ferme et en se levant.
Mai- vous répondrez au roi mon maitre, non seulement de ce qui me sera fait a moi, mais de ce qui sera fait au dernier des convives avec lesquels j'ai l'honneur de me trouver, même à cet enfant, ajouta-t-il en étendant la main vers le fils de monsieur de Saisan
bien, c'est bien, dit Warfusée, je sais ce que
j'ai i il. Uors il tu signe qu'on tirât Jasper et Laruelle
les conduisit dehors; puis, quand cet
itê :
; -nui-, (US saurez que je fais tout
I npériale et de Son Altesse
mi - souffert les
te ville à l'instigation
le due je viens de faire arrêter. Les Liégeois sont
lu'lls reviei bride, dussé-je m- mon (Us qui est prisonnier du rtlt, suivi de l'avocat Llfërmans et du capitaine Grandmont, ers sous la garde les soldats. Arrivé ruelle, que quatre ou cinq Espagnols ten. llet.
— \ iia-t-ll en allant à lui et en le menaçant du poing, je t'arracherai donc enfin aujourd'hui le
manda
Uors esl infâme.
s'écria Warfusée; et i|n
jarre- '
aguets du b<
Laruelle pendant us prie,
i dre. et
— M rir .
ren' cr.t M
— M aile? Il
— < re, monseigneur? cela nous est
impossible, répondit un des moines ; nous n'en avons reçu ni le Douvoir, ni la permission de nos supérieurs.
— Eh bien : alors, s'écria Warfusée. il mourra sans confession, voilà tout : qu'on le tue :
s les deux moines. Marchand et le chanoine, crièrent d une seule voix :
— Monseigneur ! monseigneur : au nom du ciel ! grâce pour le bourgmestre !
Mais Warfusée, sans les écouter, et comme un homme qui a le délire, répéta de nouveau : Qu'on le tue ! qu'on le tue :...
— Monseigneur, dit l'avocat Marchand, si ce n'est pas pour lui, que ce soit pour vous; Laruelle est fort aimé du peuple et il pourra vous arriver malheur
Mus sans l'écouter, Warfusée, comme un insensé, continuait de crier : Qu'on le tue : qu'on le tue ! si bien que les s l'entendaient de la salle basse où ils étaient.
Alors Grandmont s'approchant une dernière fois du comte, aussi calme que le comte était exaspéré :
— Est-ce bien votre volonté qu'il meure, monseigneur? lui dit-il.
— Qu'on le tue ! qu'on le tue ! répéta encore Warfusée.
— C'est bien, dit Grandmont, e; s inclinant, il entra dans la maison et alla transmettre l'ordre du comte au soldat qui gardait la porte de Laruelle; alors le soldat entra dans la salle basse, et s'approchant de Laruelle :
— Monsieur le bourgmestre, dit le soldat de la part du comte, il faut mourir !
— (Mi : --cria Laruelle en levant au ciel ses mains liées, voilà donc la récompense des services que je lui ai rendus ; tmis se retournant vers la porte qui était ouverte, et sur le seuil de laquelle les trois ou quatre sold: groupes amis, leur dit-il, vous pourriez me sauver
— Hélas : répliquèrent les gardes, nous ne sommes que de pauvres soldats, monsieur le bourgmestre ; nos arme!
qui nous les ont données, et quand Us ; de frapper, il faut que nous frai I
— Mais, reprit Laruelle, est-ce que vous aurez le cœur île
sur un homme sans défense, qui a les m et qui ii a commis aucun crime.
Les soldats se regardèrent en hésitant, puis l'un d eus ni la tête :
— Monsieur le bourgmestre, lui dit-il, il nous faut a nos chefs, plût à Dieu que vou
— Mais dépêchez-le donc, criait Warfusée, et ,
ra-t-ll point permis de me confesser au m demanda Laruelle
— On a fait venir deux moine- I : un soldat.
li due ce soit pour vi
— Mon ami, dit Laruelle, allez-y voir, je \
11 y avait un tel accent de douceur et de résignation dans la vota de Laruelle. que 'e soldat descendit aussitôt et remont Installa après avi deux mon
\ înestre. dit le moine en entrant,
• nielle horrible catastn
— Me iaut-il donc mourir, mon père, demanda Lamelle;
du moins le comte, et tentez un dernier al I de grand cœur, dit le m
endlt vivement, et alla trouver le comte, mais Il n'en put rien tirer que ces paroles;
— xi ; aidera au
i bourgeoisie avec li il rs
I leds el le supplia au nom de tous Inflexible.
Le moine rentra dans la prison, et, présentant un petit
i i.'Ue : »
p, Dii a. lui dit 11, monsie i •'. car
ji n'j h Dieu oui puisse vous secourir :
'h dll Lamelle, quai
yenst
meure ni
\ . :,,: l genoux i i imen
e nie pure, dont la vie t
bien ; au- le moine lui i
ait le moine qui pleurait tssa le bon dominicain, et celui-ci
iur tuer le bourgqu'ils demeurai.
en : leur dit le i tendu t
S, ; 111 un des soldats; si fait, mo
' .. [ un homme qui ne n - a rien tall I en se ret
li»
secouant la
ne. je ne suis pas un
,,, voila bien des m:
irellle niaiserie.
EXCURSIONS SUR LES BORDS DU RHIN
Et il s'eu alla en haussant les épaules choisir parmi les autres soldats trois Tiommes de sa main, puis revenant près du comte :
— Tenez, monseigneur, lui dit-il. voici trois hommes comme il vous les faut.
Alors Warfusée tout joyeux les conduisit jusqu'à la porte de la chambre où était enfermé Lamelle ; là, il leur donna une bourse pleine d'or, que les soldats partagèrent entre eux Lamelle entendit le bruit de cet or, et il comprit qu il fallait se résigner à mourir, puisque sa mort était payée.
Alors Grandmont ouvrit la porte, et les trois soldats, entrant comme des furieux, se précipitèrent vers Lamelle, et le frappèrent presque en même temps de quatre coups dé braquet ; mais ces braquets étaient de mauvais petits sabres courts avec lesquels ils n'avançaient guère, et comme les cris du malheureux bourgmestre, qu'ils ne pouvaient pas achever, les importunaient: Mordieu ! dit l'un d'eux, nous n'en finirons jamais avec de pareilles armes, il nous faut une bonne épée
Grandmont prêta Ua sienne, et au second coup de cette épée qu'il reçut dans la poitrine, Lamelle expira
Les autres convives étaient toujours gardés à vue dans la sall-= ;i manger ; tout à coup ils entendirent les blasphèmes des soldats, et les cris de mort de Lamelle.
— Ah : le traître, s'écria l'abbé de Mouzon, il fait assassiner le bourgmestre.
En ce moment les deux moines entrèrent et confirmèrent cette triste nouvelle : ils étaient suivis de Warfusée.
— Oui, dit le comte aux convives stupéfaits, oui, messieurs,
irgmestre est mort, et mort bien confessé et bien repentant de ses fautes ; il est mort après avoir résigné sa volonté dans les mains de Dieu, et demandé pardon à 1 Empereur et à Son Altesse.
— Tu mens ! s'écria monsieur de Mouzon, le bourgmestre pouvait mourir sans demander pardon à personne ; c'est à un lâche comme toi de demander pardon quand ton jour sera venu, et non pas à lui.
Warfusée allait répliquer, lorsque Grandmont lui vint frapper sur l'épaule, et lui dit quelques mots tout bas. A ces mots, le comte pâlit et se retira précipitamment avec Grandmont; au bout d'un Instant, Grandmont revint et appela le chanoine Kerkhem et le chanoine Xyes ; tous deux sortirent, laissant le reste des convives, ignorant comme eux pourquoi ils étaient appelés
Ce qu'était venu dire Grandmont au comte, c'est qu'une certaine agitation commençait à se manifester dans la ville ; en effet, le bruit s'était répandu que des soldats espagnols (et le peuple était en éternelle défiance contre ces étrangers) avaient traversé la Meuse derrière Saint- Jean, et avaient été vus entrant par une porte de derrière dans la maison de Warfusée. Or, un des parens du bourgmestre, qui se trouvait parmi le groupe qui causait de cet événement, se rappela que ce jcur-là Lamelle dînait chez le comte, et ayant pensé que ces soldats auraient bien pu être appelés par lui pour enlever Lamelle, il fit part de ses soupçons à ceux qui l'entouraient ; ceux à qui il s'adressait partageant ses craintes, coururent aussitôt avec lui sur la place Saint-Jean, où était située la maison, et comme depuis quelque temps on entendait un grand tumulte dans l'intérieur, ils y trouvèrent un certain nombre de bourgeois qui se demandaient d'où pouvait venir ce bruit ; c'était un nouvel indice qu'il se passai; dans cette maison suspecte des choses extraordinaires ; aussi le cousin de Lamelle se mit-il aussitôt à frapper de toutes ses forces. A la manière dont retentissait le marteau, Grandmont courut lui-même à la porte, et demanda à travers le vasistas ce qu'on voulait
— Nous voulons savoir, demanda le cousin de Lamelle en continuant de frapper, si monsieur le bourgmestre n'est point céans.
— Sans doute il est ici. répondit Grandmont. Après?
— Après? No.is voulons lui parler, ouvrez-nous.
— Oh ! ceci est autre chose, reprit le renégat, il n'y a que le comte qui ait la clef de la porte, et je vais l'aller chercher ; ayez patience.
Comme il n'y avait rien de bien rassurant dans tout ceci, les bourgeois eurent patience ainsi qu'on le leur demandait, mais tout en envoyant dans toutes les rues de la ville des messagers chargés de dire que le bourgmestre était en danger.
C'était alors que Grandmont était venu chercher le comte.
Tous deux se rapprochèrent de la porte, et Warfusée, ouvrant la porte lui-même, fit entrer le parent de Lamelle et quatre autres bourgeois, et leur demanda ce qui les amenait
— Excusez-nous, monsieur le comte, dit le parent du bourgmestre, mais le bruit s'est répandu que quelques soldats espagnols s'étalent introduits dans votre hôtel, et alors nous avons craint pour la sûreté du bourgmestre
— Rassurez-vous, messieurs, répondit Warfusée, car c'est moi-même qui al mandé ces soldats.
— Mais à quelle intention, monsieur le comte? demandè-
rent les bourgeois; car. a tort ou à raison, vous savez que nous regardons ces soldats comme nos ennemis
— Eccutez. messieurs, du . regardant autour de lui et se voyant bien soutenu par les Espagnols 11 faut en finir. Voulez-vous être Fraa gnols ou Hollandais?
— -Nous voulons être enfans de la ville de Liège et pas aune chose, répondirent les bourgeois.
— Eh bien ! alors, que diriez-vous si le bourgmestre Laruelle avait voulu vous vendre aux Franc i
— Xous dirions, répondit le cousin de Lamelle que celui qui porterait une pareille accusation contre le seigneur bourgmestre en aurait menti !
— Eh bien, messieurs, dit Warfusée s'excitant de plus en plus a la vue de la garde qui l'entourait, il en est cependant ainsi, et j'en ai les preuves ; aussi vous êtes déjà vengés.
— Que voulez-vous dire ?
— Que j'ai reçu de l'Empereur et de Son Altesse Monseigneur Ferdinand l'ordre de punir le traître, et qu'il est puni.
— Le bourgmestre est prisonnier?
— Le bourgmestre est mort
— Impossible ! s'écrièrent les bourgeois.
— Voulez vous le voir ? dit Warfusée.
En ce moment, les coups redoublèrent à la porte
— Entendez-vous, monsieur, dit le cousin de Lamelle, malheur si vous avez dit la vérité, car voila déjà la justice du peuple qui frappe à la porte.
— Messieurs, messieurs, cria à ceux du dehors un des bourgeois qui se trouvait dans la cour et qui craignait qu'avant que la porte ne fût enfoncée on ne leur eût déjà fait un mauvais parti, messieurs, apaisez-vous et attendez que nous sortions, nous vous dirons tout ce qui est arrivé.
— Messieurs, s'écria le cousin de Lamelle en s'élançant jusqu'à la grille qui couronnait la muraille de la cour, et en s'adressant aux bourgeois, enfoncez la porte, le bourgmestre est assassiné et nous sommes prisonniers.
A ces mots, un cri terrible retentit sur la place, se prolongea dans les rues, et revint, comme une rumeur immense, battre la maison du comte ; presque en même temps la cloche sonna à coups pressés ; c'était le tocsin.
Warfusée commença de trembler et de pâlir, car il vit que contre lui et ses soixante-dix Espagnols, Il allait avoir la ville tout entière ; alors son visage se décomposa et exprima la plus vive terreur. Les bourgeois profitèrent de ce moment pour courir à la porte, mais ils y trouvèrent Grandmont qui l'avait barricadée, afin que personne ne sortit et qui se tenait devant elle, sa longue épée toute sanglante à la main.
— Pardon, messieurs, dit Grandmont avec son calme habituel, mais j'ai la garde de cette porte, et personne n'en sortira que sur l'ordre du comte.
— Messieurs, s'écria Warfusée s'approchant d'eux, messieurs, je vais vous ouvrir, mais à la condition que vous me conduirez près du bourgmestre de la cité.
— Oui, oui, dirent les bourgeois, nous nous y engageons.
— Sans qu'il me soit fait aucun mal?
— Nous répondons de vous sur notre tête.
Warfusée fouilla à sa poche, en tira une clef, et se mit en devoir d'ouvrir la porte ; mais en ce moment une main de fer s'abaissa sur son épaule et le tira quatre pas en arrière : c'était Grandmont.
— Un instant, mon maître, dit le renégat, il vous serait commode, je le conçois, de vous mettre en sûreté, et de me laisser payer ici pour vous ; mais 11 n'en sera point ainsi ; de ce moment vous êtes à moi comme je suis à vous, nous nous appartenons l'un à l'autre ; nous serons sauvés, ou nous mourrons ensemble.
Warfusée poussa un soupir, car il sentait que de toute façon cet homme était plus fort que lui ; Il se laissa donc tomber accablé sur un banc. Grandmont alla à la porte.
— Maintenant, messieurs les bourgeois, leur dit-il, si vous voulez sortir, sortez ; mais souvenez-vous en temps et lieu que c'est moi qui vous ouvre la porte
Les bourgeois, en voyant la porte ouverte, s'élancèrent dehors sans même répondre à Grandmont.
— C'est juste, murmura celui-ci entre ses dents, chacun pour sol.
Et profitant de ce que le peuple était occupé autour de ceux auxquels il venait de rendre la liberté, il referma la porte, et la barricada avec plus de soin encore qu'elle ne l'était auparavant.
Pendant un instant il y eut une telle rumeur, que l'on ne put rien entendre. Enfin, le cousin de Lamelle parvint à se hisser sur une borne, alors chacun se tut.
— Bourgeois de Liège : s'écria-t-il, aux armes ! Notre Seigneur bourgmestre est assassiné. Aux armes : aux armes l
Le cri provocateur fui : 1 instant même répété par vingt mille bouches, clia. un s'élança de son côté, puis les premiers armés rei ;'tre la maison, tandis que les autres couraient par les mes en criant: Sus, sus, bourgeois de Liège ! aux armes : aux armes ! le Seigneur bourgmestre est assassiné !
ALEXANDRE DUMAS [LLUSTRB
unie une marée immense, toute la ville \iut battre les murailles avec d'horribles Imprécations Je vengeance. Les uns se ruant contre la porte avei d et des
poutres, les autres se jetant a la nage aûc de traverser le bras de la Meuse, et de pénétrer par les Jardins, warfusée >is ces bruits de mort comme un homme déjà i.randmont le re. ire de pitié.
En le comte aperçut Jasper, le garde de La-
ruelle, et s'élançant vers lui: Jasper, mon ami, lui dit-il. t"i qu'Us connaît la grille et dis-leur (rue le
bourgmestre a éti lé parce crue c'était un traîne
Jasper monta a la grille, mais au lieu de dire ce que désirait le comte :
— Messieurs lc< bourgeois, cria-t-il. courage: courage! Ils ont assassiné mon maître, maintenant les voila qui tremblent.
— Pas mi<> mont.
— On. d rasper? cria Warfusée.
— 11 he, dit Grandmont. et il dit
laissez-moi me défendre avec mes nés.
Wai :
lu comte, appela alors quelques U île lui et se prépara à faire résistance. Cependant, les convives enfermés dans la salle basse, enint les clameurs des bourgeois et jugeant au bruit il que les choses allaient mal pour Warfusée. reprenaient courage, tandis qu'au contraire !• dats, se poussant du coude, se regardant de côté et parlant tas entre eux, perdaient leur assurance. Alors monsieur de Salsan s'adressant à eux :
Mes amis, dit 11, nous sommes vos prisonniers, vous
répondez de nous sur votre tête : gardez-nous bien, et em-
/ qu'il ne nous arrive malheur; protégez-nous contre
le comte de Warfusée, et, à notre tour, si les bourgeois sont
plus ; '(gérons contre eux
— C'est chose convenue, répondirent les soldats, et ils fermèrent la porte de la salle en dedans.
■ a coup une grande rumeur se fit entendre
Ouul ; c'étaient le^ b rai qui venaient d escalader les murs du jardin. En même temps i tueur retentit dans la cour, la porte était forcée, et le ■ ;iait les murs commençait à entrer dans
la maison
Alors l'abbé de Mouzon s'élança à une fenêtre, et voyant la cour s'emplir de bourgeois :
— Mes: leurs I i ria I 11, sau Sébastien Laruelle est assassiné, et nous sommes en danger de mort.
En ce moment l'abbé de Mouzon sentit qu'on embrassait ses genoux ; Il se retourna : c'étaient les deux filles de w ai i Imploraient A son appel, les bourgeois avaient redoublé d'efforts ;
■ fait une résistance désespérée, mais enfin ibé frappé d'une balle, et ils lui avalent passé
c,|r li un Instant toutes les portes sont brisées;
an. p'.nr tenir sa promesse, veut protéger
ils sont massacrés avant qu'il ait i
venir a se faire entendre; l'r.bbé Mouzon ne sauve les deux
flHes lenant dans ses bras et en
me Jusqu'à la Meuse . la il les confie
gui les en l'hôtel de ville.
nonsleur de Saisan a pris une arquemort, et 11 s'est mis à la tête de la car 11 espère qne peut-être Laruelle • le le sauver 11 s'élame du une porte est fermée bras l'on aperçoit Lai
fait mort.
n est plus de la est le comte, on re en morceaux oit a coup
qui blesse et 1" de soldais
mbre , uni
Warfusée. Ainsi, il est la, vivant, i .
Ton .
dats espagnols (ont a
riant — Warfusée' Warfusée! Alors, I' un m' yen de se sauver. — Aur ■ l'Es: r
« nias. B hurlent ton'
— I rl< la soldat en l'ai | dessus le ut où il aat .ouchê.
— Mes amis : mes amis ! cria le comte en se cramponnant
11? demande le cousin d. laruelle, 1»! i t. la chambre
— Le v. .la : disent les Espagnols ; tenez, prenez-le.
— Mes amis ! s'écrie le comte en erJbrassant les genoux
urge ils, conduisez-moi à l'hôtel de ville, près du second bourgmestre.
— Oui! oui! viens, nous allons t'y conduire, hurlent les bourgeois en l'entraînant.
— Le voilà! le voila: ..rient toutes les voix.
— A mort : à mort : i à mort !
Alors les bourgeois qui avaient pris Warfusée arrivaient
sur le perron de la cour ; la cour était pleine de peuple
criant: A mort ! à mort: Ils poussèrent le prisonnier, qui
■ > marches du perron, et tomba sur
iioux ; au même instant un bourgeois s'élança sur
lui et le frappa d'un coup d'épée. Warfusée jeta un grand
cri, voulut se relever pour remonter les marches du per-
mals comme il mettait le pied sur le premier degré,
un coup de bai lie le renversa de nouveau. De ce moment
on ne vit plus rien la populace se rue sur lui comme une
meute, on lui arrache ses habits, on le broie sous le~
on lui perce le talon, on y passe une courroie, on le traîne
par les rues dans la poussière dont il fait de la boue avec
.ng ; on hisse son corps a une potence élevée à la porta
du mai. lie puis on lui coupe la tête et les mains, et on va
les clouer aux différentes portes de la ville ; enfin, on brûle
son corps, et ses cendres sont jetées dans la Meuse.
La populace joua ainsi trois jours entiers avec ce cadavre, jusqu'à ce qu il n'en restât plus rien, et que son dernier atome eût disparu en poussière.
l'uant à Sébastien Laruelle. son corps demeura plusieurs jours, le visage et la poitrine découverts afin qu'on pût voir ses blessures, dans la nef de la cathédrale, tandis qu'hommes, femmes et enfans venaient dévotement faire
< autour de lui: puis, on le déposa côte ■ de son ancien ami Beckmann , et sur la tombe des deux martyrs les différents corps de métiers, abaissant tour arrières jurèrent au nom de Dieu, de No me et de saint Lambert, patron de la ville de Liège, de mourir s'il le fallait, comme ils étalent morts pour le maintien de leurs privilèges et de leurs 111 En 99, on ouvrit le tomb. : ruelle : le corn
.t tel qu'il y avaiï été déposé pli demi auparavant.
Ce qui fit penser au plus grand nombre, que non ment c'était un martyr, mais en. "i-. que c'était un saint.
M XI V CHArEIXE
Les Liégeois tinrent le serment qu ils avaient fait sur le tombeau de Laruelle, car de 1737 a 17M. leur existence ne fut qu'une longue lutte contre leurs évêques ; en 1794. nous nous emparâmes de Liège et nous en fîmes la capitale du
• ment de l'Ourthe. En 1S15, elle fut comprise dans la circonscription du nouveau royaume des Pays Bas. Enfin, en 1S30, ayant tait de son co union, elle
le la Hollande et se ' i re réu-
• s bonnes amies Bruges. Gand. Anvers et liruxelies. Le publie a été mis à même de juger de l'affection qu'elle leur porte.
Vi reste, d'où nous étions, et de cette terrasse où je vêla fols de faire un si bon déjeuner et un si e\
m trouvais merveUleoBeiBénl placé pool
me déranger, toutes les localités où s'étalent pas-
inporlantes que monsieur l'olain venait de
me ra Uns!, de ce point situé au pied de la cita]
ils, à mon extrême gauche. Herstal, le b
la seconde race, où naquit Pépin le Gros père Martel et grand Pépin le Bref, et à mon
.an de Ranlgule, d'où Qodefroj de on parut pour la Terre-Sainte Puis, encadrés entre nx grands souvenirs, toujours en allant de gauche te, du nor.l a l'ouest au delà de l'Ourthe, lepolntd'où i - bombai ce côté de la
Meuse, presque à mes pieds, au bout de la rue Hors-Cha- • ..i e de Sa! ny, la plus vieille de Liège;
an reiKiriant mes yeux sur l'Ourthe, le pont d Atner- .. nr, ou le due de Bourgogne fil Jeter les bourgeois révol- : qui a gardé de ce triste fait son nom douloureux. \n delà de o faubourg d'où Dumouriez, en 9Î,
■ a les Impériaux, et que ceux-ci brûlèrent en se retirant, et qui. rebâti par le premier consul, conserva quel-
EXCURSIONS SUR LES BORDS DU RHIN
que temps le nom de faubourg Bonaparte, puis reprit celui de faubourg d'Amercoeur, la vieille catastrophe ayant laissé plus de souvenir que le bienfait récent : puis sur le quai, au-dessous de l'église Saint-Barthélémy, la maison du seigneur Curtius, avec ses trois cent soixante-cinq fenêtres, son œsopée complète, et sa tradition diabolique. Le palais de justice, autrefois le palais du prince evéque, avec sa belle cour entourée de colonnes du xrve siècle, et son portail de Guillaume de Lamark, le fameux Sanglier des Ardennes, sculpté sur le quatrième pilier à droite, en entrant par la place Saint-Lambert. Puis, en plongeant au delà de l'Université, entre le séminaire et le faubourg d'Avoy-Saint- Jacques, la merveille de Liège, avec son architecture à la fois gothique et arabe. Saint-Paul, devenue cathédrale depuis 1793, époque à laquelle elle a succédé à Saint-Lambert, l'ancienne métropole, qui tomba comme tombaient les reines en ce temps-là, abattue par le peuple. Saint-Jean et sa tour byzantine, la maison de Warfusée, de sanglante mémoire, dont il ne reste, derrière la Meuse, que la poterne par laquelle entrèrent les Espagnols. Sur la même ligne et au delà du faubourg Saint-Gilles, les bénédictins de Saint- Laurent, qu'il ne faut pas confondre avec ceux de Saint- Maur, les derniers, fameux par leurs chroniques historiques, et les premiers par leur chronique scandaleuse. Puis l'église Saint-Martin ; la première où, sur la prière d'une religieuse nommée sœur Julienne, qui avait rêvé voir la lune partagée en deux, le pape permit l'institution de la Fête-Dieu, qui se répandit sur tout le monde chrétien, et qui ne s'est encore retirée que de France. Enfin, la maison de campagne où l'évêque Henry de Gueldre se vantait d avoir fait vingt-neuf bâtards en une année, et qui de cette prouesse monacale a conservé le nom de bâtarderie.
Après avoir embrassé ain-i tout l'ensemble de la ville, j'exprimai a monsieur Polain mon désir de visiter quelques détails : alors, avec sa complaisance ordinaire, il m'offrit de m'accompagner ; c'était un trop excellent cicérone pour que je n'acceptasse point, au risque d'être indiscret. Nous descendîmes ensemble.
Chemin faisant, il me fit remarquer que Liège était peutêtre la ville qui a baptisé ses rues et ses faubourgs d'un plus grand nombre de noms propres .' en effet, nous traversâmes successivement les rues Laruelle, Grétry et Berthollet (l), et l'on se promettait d'appeler rue Robertson ou rue Redouté, la première, qui serait bâtie : cela est d'autant plus méritoire que Liège est une ville tout industrielle, et qu'en cette qualité, il faut lui savoir gré de ne pas mépriser souverainement tout ce qui est histoire, art ou science.
Nos courses terminées, j'allai régler mes comptes à l'hôtel d'Albion, je n'y trouvai que la servante. Je demandai ce que je devais, elle me répondit que je devais 27 francs.
Cela me parut tant soit peu cher pour une simple nuit passée dans une auberge ; aussi, je hasardai quelques observations sur le total, mais alors mademoiselle Vergenie me fit remarquer qu'on avait donné trente sous au commissionnaire qui avait apporté mes effets. Je reconnus la vérité du fait ; mais cette avance, toute flatteuse qu'elle était comme preuve de confiance, ne réduisait ma note qu'à 25 francs 50 centimes. Je me permis donc d'insister de nouveau, en demandant le détail.
— Mais, dit la fille, monsieur a demandé à souper, hier soir.
— C'est vrai, répondis-je, mais on ne me l'a point servi.
— Et ce matin, monsieur a demandé une voiture.
— C'est encore vrai, mais on n'en a pas trouvé.
— Ah ! ça n'empêche, répondit la fille.
Je restai un instant confondu de la logique de ce raisonnement, puis, ne me tenant pas pour battu, je demandai à parler à l'hôtesse.
— Ah ! c'est impossible, me répondit la servante, c'est le jour de dévotion de madame : elle est au salut.
— Et monsieur Valentin ?
— 11 déniche les œufs.
Je me retournai vers monsieur Polain.
— A quelle heure part la voiture d'Aix-la-Chapelle? lui demandai-je.
— Mais, dan? une demi-heure à peu près, me répondit-il. Je m- qu! i n'avais pas le temps de faire un procès à
mon hôtesse ; je jetai 30 francs sur la table et je sortis.
— Merci, monsieur le Flamand, dit la fille en m'accompagnant jusqu'à la porte.
Je pris mon album, et j'écrivis : Errata : Au lieu de Liège vu à vol. d'oiseau , lisez: Liège vu à vol d'auberge.
Nous arrivâmes dans la cour des messageries, juste au moment où l'on mettait les chevaux a la voiture. Il restait heureusement trois places d'intérieur. Je courus au bureau
(li Ce dernier esi te Berthollet sur lequel la Brinvilliers essaya quelques-uns de ses poisons, et qui lui servit, un temps, d'amant et d'alambic.
et je pris un billet: J'allais le mettre dans ma poche sans le lire, lorsque monsieur Polain m'invita a jeter les yeux dessus.
Pour la plus grande commodité des voyageurs, il était rédigé moitié en allemand, moitié en français; j > vis que j'avais la quatrième place, et qu il m'était défendu de changer avec mon voisin, même de son consentement. Cette discipline toute militaire, plus encore que le baragouin Infernal du postillon, m'apprit que nous allions entrer dans les possessions de S. M. Frédéric Guillaume.
J'embrassai monsieur Polain et je m'établis dans mon berlingot. A l'heure fixe la voiture partit.
Comme j'avais un coin, la tyrannie de sa Majesté le roi de Prusse ne me parut point par trop insupporta!. le. et je dois même avouer que je m'endormis d'un sommeil profond 'que si j'avais parcouru le pays le plus libre de la terre ; mais vers les trois heures du matin, c'est-à-dire au point du jour, je fus réveillé par l'immobilité mêir"> de la voiture.
Je crus d'abord à un accident quelconque : que nous étions accrochés ou embourbés, et je pas-ai la tète par la portière. Je me trompais, aucun accident n'était arrivé, et nous étions seuls sur la plus belle route du monde.
Je tirai mon billel .le nu poche, je le relus d'un bout à l'autre, et m'étant assuré qu'il ne m'était pas défendu de parler à mon voisin, je lui demandai s'il y avait longtemps déjà que nous fussions stationn aires.
Il y a vingt minutes à peu près, me dit-il.
— Et, sans indiscrétion, continuai je, puis-je vous demander ce que nous faisons là?
— Nous attendons.
— Ah ! nous attendons. Et qu'attendons-nous ?
— Nous attendons l'heure.
— Quelle heure ?
— L'heure à laquelle nous avons le droit d'arriver.
— Il y a donc une heure fixée?
— Tout est fixé en Prusse.
— Et, si nous arrivions avant cette heure ?
— Le conducteur serait puni.
— Et, si après ?
— Il serait puni tout de même.
— Tiens, c'est assez bien vu, cela.
— Tout est bien vu en Prusse.
Je m'inclinai en signe d'assentiment; pour rien au monde je n'aurais voulu contrarier un monsieur qui me paraissait avoir une si grande conviction politique, et qui d'ailleurs répondait si complaisamment et si succinctement à mes questions. Mon approbation parut lui faire plaisir ; cela m'encouragea, et je continuai :
— Pardon, monsieur, mais quelle est cette heure à laquelle le conducteur doit arriver à Aix-la-Chapelle ?
— Quatre heures trente-cinq minutes du matin.
— Mais si sa montre retarde ?
— Les montres ne retardent jamais en Prusse.
— Expliquez-moi donc un peu cela, vous me ferez plaisir.
— C'est bien facile.
— Voyons ?
— Le conducteur a sous clef, en face de sa place, dans son cabriolet, une horloge réglée sur celle des messageries Il sait qu'à telle heure il doit être dans tel village, à telle heure dans tel autre, et il presse et ralentit les postillons de manière à entrer dans la cour des messageries à quatre heures trente-cinq minutes.
— Je suis désolé d'insister comme je le fais, mon.-leur, mais vous y mettez une telle complaisance...
— Comment donc, monsieur?
— Mais avec toutes ces précautions-là, d'où vient que nous sommes forcés d'attendre.
— C'est que le conducteur aura fait comme vous, il aura dormi, et le postillon aura profité de cela pour aller plus vite.
— Tiens ! alors je vais profiter de la station pour descendre un peu de voiture.
— On ne descend pas de voiture en Prusse.
— Ah I ah ! c'est fort commode, savez-vous ; et mol qui avais envie de voir quel était ce château, là, de votre côté?
— C'est le château d'Enimaburghv
— Qu'est-ce que le château d'Emmaburgh ?
— Celui ou est arrivée l'aventure nocturn tara et d'Emma.
— Ah ! vraiment. Ayez donc la bonté de changer de place avec moi, que Je le regarde au moins »ai la portière.
— Ce serait avec le plus grand plaisir, monsieur, mais on ne change pas de place en l 'russe.
— Oh ! peste, i i-' mol (ml l'avais oublié. Pardon, monsieur, Je D dit.
— Ces tiaples de Franzès. il BtM tré pavards, dit sans ouvrir les yeux »» BT08 Allemand, qui tenait gravement son coin en face de moi, et qui n'avait pas desserré les dents depuis notre départ de Liège.
— Vous dites? monsieur, repris-je en m nt vivement de son côté, médiocremei. le l'observation.
— Che né tis rien, ché tors.
— Vous faites très bien de dormir, mais ne rêvez pas tout
lieln ? Ou. si vous rêvez, rêvez dans votre langue maternelle.
I Allemand se mit à ronfler.
— Postillon, tior uarts! cria le conducteur.
La diligence partit au grand galop Je me hâtai de un coup d'oeil par la portli roir au moins les
ruines poétiques que venait de me signaler mon obligeant •nt la route faisait un coude, et elles avalent déjà disparu.
A quatre heui i minutes, pas une seconde de
Plus, pas une seconde de moins, nous entrions dans la cour des messatr. le villes répondent à l'idée qu'on s'est
faite d'elles, sur leur nom. ou d'après le rôle qu'elles ont dans l'histoire ; sous ce rapport. Jetais habitué aux déceptions, i ■ lorsque j'arrivai â quatre heures du matin sur la place de l'Hôtel de Ville, quand Je vis le ■■■■ sur le n du bourgmestre Chorus, quand je vis cette grande place déserte, sur laquelle se dresii. me un spectre de bronze, la statue du vieil empereur, avec son aigle étrange aux plumes hérissées, force me fut de reconnaître la capitale des rois Francs, et de saluer avec respect la ville Impériale, comme ses habitans l'appellent encore aujourd'hui
- ne ferons pa- i in- m. i \. i. Chapelle. Une ombre colossale s'élève entre la ville moderne et la ville antique : c'est celle de Charlemagne, qui y naquit en 712 el qui ul en 81*. Il semble qu'il n'y avait rien avant, et il est certain qu'il n'y eut rien ai
C'est que Charlemagne, ou plutôt Karl le Grand, véritable roi teuton, affectionnait Aix-la-Chapelle, sa ville allemande, bien autrement que Paris, sa ville française Aussi, aujourd'hui encore, à Aix-la-Chapelle, tout est-il plein de h v i i il pas une vieille pierre à laquelle le peuple ne rattache le souvenir de son vieil empereur