‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 191 sur 283 · L'EXÉCUTION · texte numérisé non relu

L'EXÉCUTION

L'exécution était fixée au 20, c'est-à-dire à trois jours après la lecture de l'arrêt. La loi accorde, en Allemagne, trois jours pleins au condamné pour lui donner le temps de se préparer à la mort. C'était donc le 20, à deux heures de l'après-midi que Sand devait cesser de vivre.

La journée du 1S se passa à recevoir différentes personnes qui avaient désiré voir le condamné, et auxquelles il avait accordé cette permission, une de ces personnes était le ma- Joi Holzungen qui l'avait arrêté. Quoique ne l'ayant aperçu qu'un instant et a travers le nuage sanglant qui lui voilait les yeux, Sand le reconnut, et sa tête était tellement à lui, au moment suprême où il se frappa, comme nous l'avons dit, d'un second coup de couteau, qu'il rappela au major les détails les plus minutieux du costume qu'ii portait lorsqu'il l'avait arrêté. Etonné de ce sang-froid et de cette tranquillité dans un jeune homme qui allait mourir si loin encore de l'âge que la nature avait marqué pour le terme de sa vie. le major adressa à Sand quelques paroles de pitié. Mais Sand lui répondit en souriant : — Ce n'est pas moi qu'il faut plaindre, monsieur le major, c'est vous ; Leurs pour une conviction qui m est propre et vous, tous mourrez probablement pour une conviction qui vous sera étrangère. Le major Holzungen l'invita à se maintenir dans ce'te fermeté.

— Monsieur le major, dit Sand, les martyrs hébreux mouraient aussi courageusement que les soldats romains.

Le soir vint, Sand demanda à rester seul et écrivit jusqu'à onze heures à peu près, mais il brûla ce qu'il avait écrit, de sorte qu'on n'en retrouva aucune trace. A onze heures il se coucha et dormit jusqu'à six heures ; le chirurgien, qui venait pour le panser comme d'habitude, le réveilla en entrant dans sa chambre.

Deux heures .1 peu près après l'opération terminé*, comme Sand était couché et que monsieur G... causait avec lui, assis sur le pied de son lit, on ouvrit la porté, et un des serviteurs do la maison lit signe à monsieur G... qu'il avait quelque chose à lui dire. Monsieur G... alla aussitôt à la porte échanger avec lui quelques paroles à voix basse ; puis se retournant vers Sand :

— Karl, lui dit-il d'une voix dont il lui était impossible de maîtriser l'émotion, c est monsieur Widemann d'Heidel berg à qui vous avez désiré parler.

— Faites entrer, je vous prie, dit Sand, et faisant un effort, il s'assit sur son lit, tendant la main à monsieur Widemann. Venez, monsieur, lui dit-il, el asseyez-vous là; j'ai des choses importantes à vous dire. Puis, comme monsieur G... voulait se retirer : — Oh ! restez, restez, mon cher directeur, lui dit-il, vous n'êtes pas de trop.

— Ainsi vous savez qui je suis? balbutia monsieur Widemann.

— Oui, certes, monsieur, et c'est pour cela que j'ai désiré vous parler.

— Je suis à vos ordres, monsieur.

— Avez-vous déjà fait plusieurs exécutions, monsieur Wi demann ? continua Sand.

— Trois, répondit-il.

— Et toutes trois onl bien réussi ?

— Comment entendez-vous cela, monsieur?

— J'entends que la tête est tombée du premier ou du second coup?

— Deux sont tombées au premier coup et une au second.

— Bfals avec moi, voyez-vous, monsieur Widemann, la chose ne sera pas si facile, car, vous le voyez, ma blessure m 1 |i 'i 1 toul nu côté iin corps, si bien que je ne i>ui~ tenir ma tel 1 haute comme 11 le faudrait; mais n'imp : terme monsieur, et quand il vous faudrait deux coups pour séparer Ta tète du tronc, et même tro quatre, comme on dit qu'il a fallu an dur di M mmouth, ne vous troublez point pour cela. D'ailleurs, si vous le voulez bien, nous allons faire une répétition de la chose, afin que je puisse vous aider au moment suprême autant qu'il sera en moi. car n'ayant jamais vu d'exécution, je ne

sais pas comment on s'y prend ; voila pourquoi J'ai désir,vous parler.

Le bourreau était stupéfait de 1 1 ^e sang-froid, et

il ne savait encore si Sand parlait sérieusement, lorsque celui-ci se laissa glisser à ba* de son lit, gagna, appuyé sur l'épaule de monsieur G. .. un siège sur lequel il s'assit, priant monsieur Widemann de lui indiquer ce que le lendemain il aurait à faire.

Alors commença la répétition de l'horrible drame de l'échafaud, répétition pendant laquelle les forces man Quèrent. non pas au patient, mais au boi placé ainsi de son terrain, la fiction lui parut plus norme la réalité: il n'en acheva pas moins l'homicide démonstration ; il indiqua a Sand comment il serait assis sur un tabouret, comment le valet lui soulèverait la tête avec une espèce de réseau de corde, et comment lui, profitant du moment où le cou serait tendu, le trancherait avec une épée. Sand écouta les unes après les autres toutes les explications ave;- le même sang-froid ; puis, lorsque monsieur Widemann les lui eut données depuis la première jusqu à la dernière, il le remercia et regagna son lit. laissant [< irreau plus pâle 1 plus chancelant que lui. Quant à monsieur G... il croyait faire un rêve atroce, et me dit n'avoir jamais passé une pareille demi-heure, pas même le lendemain.

Au moment où monsieur Widemann se retirait. Sand lui renouvela tous ses remerclmens, ^^ l'invita de nouveau à avoir la main ferme le lendemain.

— Surtout, ajouta-t-il, n'allez pas faire comme aujour d'hui, j3 vous ai senti trembler.

Quelques minutes après, trois ecclé de la con-

naissance de Sand entrèrent, l'un était monsieur le pastejj D... dont j'avais une lettre. Monsieur G profita de leur présence pour se retirer ; il n'avait plus de force, et se sentait tout le corps brisé, comme s'il fût tombé, me disait-il. d'un second étage.

Les trois ecclésiastiques restèrent six heures à peu près avec Sand ; tout ce temps fut employé à causer religion Sand était un admirable théologien, et chaque fois qu'il parlait de Dieu, c'était avec une conviction profonde et une foi ardente. Avant de le quitter, le pasteur D ... lui dit qu'il était arrivé tant d'étudians la veille et qu'il en arrivait tant encore de minute en minute que l'on crai gnait pour le lendemain une collision entre eux et les militaires. Sand exprima avec des termes si vrais combfen il serait désolé que le sang coulât à cause de lui, que le pasteur D... profita de cette disposition d'esprit pour lui demander au nom de l'autorité de ne point parler sur 1 éehafaud.

— Oh ! soyez tranquille, dit Sand en souriant, quand je le voudrais, je n'en aurais pas la force; d'ailleurs, si cela peut vous rassurer, je vous engage ma parole de ne pas prononcer un mot.

En effet, comme l'avait dit le pasteur D ... il était arrivé tant d'étudians à Manneim, que, ne trouvant plus de places dans la ville, ils allaient se loger dans les villages envi ronnans. De son coté, l'autorité n'était point restée lnartive, et l'on avait fait venir de Carlsruhe le général Neustein avec quinze ou dix-huit cents hommes, à peu près, tant cavalerie qu infanterie ; le général s'était fait, en outre, accompagner d'une compagnie d'artilleurs et de quatre pièces de canon.

Néanmoins, malgré ces précautions prises, les étudiatis se succédaient en si grand nombre, que l'autorité résolut d'avancer l'heure de l'exécution ; mais, comme nous l'avons dit. la loi allemande est formelle: trois jours doivent lier entre la lecture de l'arrêt et le supplice; il fallait donc l'autorisation de Sand pour que ce changement fût fait. On connaissait tellement son caractère, qu'on réso lut de la lui demander

Sand. comme d'habitude, s'était couché dans la du 19, à onze heures. On entra dans sa chambre a quatre heures du matin, et on le trouva si profondém 1 qu'on fut obligé de l'éveiller en l'a] I ouvrit

les yeux en souriant, et reconnut monsl \h ! c'est vous, mon cher din bienvenu. Aurais-jc donc si bien dormi il "

l'heure?

— Non, répondit monsieur G, , il n du matin.

- Pourquoi alors me ri . Uli 3an<I

d'un ton de reproche. A-t-on crain 1 isse pa prêt?

point cela m ai on atti nd à ■ vou - m ' ""■"'

qullltté publique.

Parlez, dit Sai sera en mon pou oli

de faire, je le fi

On craint ui ' ,i: '

,-t comme I - 1 '",| talres d

cette colllsl ,,l',Ml '"'

..mis offi .1 la ini e di vous sauver

ALESA - MAS ILLUSTRE

— Mais qui vous dit que Je veuille me sauver? demanda Sand I m homme: tout meui da une expiation Me suis-je donc défendu en homme qui veut ■

la mort? Non. monsieur ' rai à Man-

heim Je me suis arrêté sur la i domine 13

ville, j ai ■■ tombeau.

Loin de von istlce

immes. Je n'ai donc QC leur

faire d'avoir prolongé mon existence Jusqu'aUjOurd hui.

que vous corder suis :hargé de vous faire. îe-

— Laque.

— C'est q i que votre exécution, en place d avoir lien <:e matin.

Sand fit sigm de lui passer du papier.

de 1 ei ' -it dune main ferme,

et de re. les cinq lignes suivantes:

- de Manheim .1 a\

Ht de huit heures le moment de ii

edictum.

« Karl-Ludwig -

-leur, dit-il er au gref-

seulemeut. je deuia • un bain l 1 habitude

ibat.

lia de lui pour le panser.

idlt le médecin.

— El

lui ut aussitôt monter une baignoire. Il se i

pendant vingt minutes qu'il fut au . se faisant, pendu.

Puis,

■-. une redingote i "lume

i. leur

■ irt. il h. en le rem

mois qu'il

eut Sand iiuulte de la rue. qui allait toujours oit du Jour, redoubla, et S qu il cpielque chose de i

: causé

elle il - • ne la veil main,

il! ne

épée ; aura

-ur le

malin.

dre -

— Vous mentu n'est-ce i>as ? lui dit-il. #

— Ne vous lai-je pas promis?

— Me maintenant vous me voyez faiblir, ditesmol mon nom tout bas. entendez-vou- -ez.

l'uis il acheva de monter en voiture. Monsieur G... se

Il lui ■ 1 on ouvrit les portes de la rue. La rue était encombrée de monde, et malgré les nombreur nulles qui circulaient, la foule était si grande, que la voiture pouvait à peine avancer. Au moment où elle parut, voix s'écrièrent d'un seul cri : — Adieu,

Sand: S idl En même temps plusieurs baquets

tombèrent dai tmlis que ceux qui étaient trop

er jusque-!.! les Jetaient sur la foule qui les lui faisait pa; Le temps était sombre, et quoiqu'on fût dans le plus

e l'année, il avait plu toute la nuit. Trop faible enour rester assis, Sand • sur l'épaule

de mon-' i ■ i - comme d'ordinaire, était doux,

calme et souffrant. Son front était ouvert ses yeux étaient pleins de vie. mais il avait tant souffert, que tout le reste de son visage avait, si l'on peut parler ainsi, vieilli de dix

de captivité, lie temp- en

temps, cependant, il relevait sa tète pale. encadrée dans

îx cheveux noirs, et regardait la foule en souriant ;

me nouvelle explosi - et d ardeur s élevait

.le tou- lieuse. qu'A chacune

Sand. si calme, si résigné, ne pouvait s empêcher

r les larmes qu'il sentait malgré lu le ses

yeux.

i lége arriva enfin à la place d.

cotnme nous l'avons dit. à une centaine de pas de la grande rouie, au milieu d'une Jolie pra r un tertre qui

un petit ruisseau Oi «"que

. bourreau, qui n'étaient pas prévenus du gement d'beure. avaient commencé leur déjeuner sur 1

\u boni d'une halte de cinq minutes, le cortège reprit sa route, ei la calèchi au pied du petit escalier,

composé de huit marches, qui conduisait à la plate-forme Arrivé - ifaud avec le plus grand

calme, puis lanl vers monsieur G...

— Jus Mil. lui dit-il. Dieu ma donné la fo

Dieu la 1 usqu'au bout Sand descendit de voi-

lure . bafaud courbé en deux par ta

nie plainte Arrivé sur la

plate-forme, il i n front couvert

!ur, puis regarda ave calme toute cette foule amie.

qui semblait lavoir accompagné jusque-là. non point par

curios [les yeux sur

lud

il. Je te remercie, 6 i 11 donné la

d'y arrtvei .unie monsieur G 11 lir :

Sand. lui dll I

il. me m-tant la II lelqui i n; écouter debout. La lec-

lure finie ix :

'ieu ..

monsieur G... l'interrompit, et se penchant n oreille

lui dit-il promis de

, trier.

n aiUetu de ! Allem

Il il dans la foule Au même instant, le

. IX :x qui

t la main en criant

se li! enter.' -M mettre que

demanda Sand en portai.'

— i 'est pour \

lent par der-

réunit

r ma

- .irre.iu lui lia 1 derrière le dos: mais

EXCURSIONS SUR LBS BORDS DU RHIN

comme celte position tirait les bras du patient, et le contraignait. .1 cause de sure, a incliner la poitrine, on fut force de les lui délier, et de les lui attacher à plat sur ce à cette nouvelle p Sand retrouva la faculté de relever la tète.

— Tenez-vous bien ! dit le bourreau

— Et vous, soyez' ferme: répondit Sand

A ce peu il paroles échangées succéda un silence terrible. L êpée flamboya comme un éclair et s'abattit. Ai grand cri retentit dans cette foule; la tête n'éta tombée, et. a moitié détachée du corps, penctiait sur la poitrine. Le bourreau donna un second coup qui l'abattit entièrement et en même temps alla couper la main qui était liée sur le genou gauche.

En ce m os qu'il fût possible de L'arrêter, la

haie de soldats et se précipita sur faud, chacun on mouchoir dans le sang, puis

ceux qui \ nui trouvèrent le sang et

mirent en morceaux La chaise sur laquelle il avait été exécuté, emportant les uns !e bois, les autres la paille: puis enfin vinrent ceu\ qui n'avaient pu avoir ni du sang, ni de la chaise, et Qui se mirent a tailler a même de la plateforme, pour avoir au moins de l'échalaud Mais enfin, la troupe reprit le dessus, écarta tout le monde, et la tête et le corps, mis dans un même cercueil furent 1 dans la calèche et emportés a la maison de force au milieu d une nombreuse escorte militaire.

A minuit, sans torche et sans lumière, le cadavre fut transporté au petit cimetière protesta - sur la route

d'Heidelberg. Là, dans un coin, une tombe avait été prêtée de tous. En effet.

sur toute sa longueur, le gazon avait été enlevé avec précaution, et la terre qu ée avait été mise dans des ctraj sque la bière eut été descendue et recouverte de terre, on recouvrit la terre avec le gazon. puis l'on fit jurer aux assistans de n'enseigner à personne le lieu où était cette tombe. Les assistans jurèrent et sortirent. La puie du cimetière se referma derrière eux. on vida le superflu de la terre dans une cour de la maison de for ..i fut dit.

Quant a la mairie où Sa elle reçut.

à compter de ce jour, le nom quelle porte encore aujourd'hui : le peuple l'appela: Sand's Himinelfartsweise

Ce qui veut dire

Prairie de a de Sand.

LE DOCTEt B WIL.EMA.NN"

Comme on le comprend bien, ces détails, soit donnés par

es officielles, m'avaient et une partie de la journée du lendemain me retrouvai prêt a partir pour Heidelbery que vers les six heures du soir. Je rea

eu voiture après avoir fait force remercimens a monsieur G.. ; mais ne voulant pas quitter Manheim San* prendre un dernier congé de Sand, je me aire an

petit cirn il est ente.

C'est la |i ringl pas l un de l'autre, l'assas-

sin et la vii il Ion qu'on l'aimera mieux, le traître

ef le martyr H id, enfin.

Sur la tombe de Kotzebue, située juste en face la d'entrée, au point milieu du cimetière i monument

d'une architecture étrange; la base est une mnrochers autour de laquelle grimpent des lierres; sur cette masse de rochers pn*e. par sa pointe, une pierre taillée en

- par les :< La Comédie et di puis sur la face plate de

la pierre est gravée cetfc Ina rlption :

le persécuta sans i la calomnie lut son triste partage, il ne trouva Le bonheur que dans les bras de sa femme,

et le repos que dans Le sein de La mort ;

l'envie veillai toujours pour couvrir son chemin d'épines.

L'amour lui fit fleurir ses

Que le ciel lui pardonne

comme il a pardonné à la terre i

il, Il esl bien antendu que celle épitaphe est écrite en allemand, et

i.-- . n ». ut la Iradacuon.

Alors ne depuis Loi i emps les ensevelis

turnes de Sand Ie )eilr S0I„,

1 usceontgu . „„.„, hllli

a l "'" lavé avo grai seiUers

les n" s et '!"e Pai ■ plus jugé

le tenir ce un angle du mur, et la on me ni drement

en planches, long de six pieds et larg au milieu

duquel pousse en pleine terre un pi âge c'est

la tombe de Sand.

Je brisai une branche du prunier de Sand. j'arrai hal un rameau de lierre au monument de Kotzebue, et je les portai roulés l'o

i - allai

' • le tertre sur lequel aval

In de ces pensées qui ont f;,jt ''"'e à Bruts , UI1 nom, je rem

oiture et repris le chemin d'Heidelberg. Quelque hâte que j'eusse de [aire ma -visite à monsieur Widemann i . enseignemens les ren

que m'avai monsieur G..., il

tard lorsque j arrivai dans la vill universitaire pour penser a autre chose qu . a me coucher; ainsi ris-je en

recommandant qu'on me réveillât le lendemain a huit heures

je m'habillai e je courus chez monsieur

nann. Comme l'indiquait i idt - lettre que

j'avais poui lp Rlu,

n" ni. Je n'eus 'ion, besoi ation.

ei j'arrivai droit chez lui lie.;',..! ta porte . m rrétai un

lui, pour lime:'

■• n'étais pas ve reculer, j'étendis la main et je sonnai d'allée.

Lue vieille femme vint ouvrir; l'ail ngeait jus-

qu'au jardin. Au milieu du corridor qu'el des-

cendait un escalier de pierre qui servait a monter au pre

Vu pied de ce! escalier, â ma main g; une porte. La vieille femme l'ouvrit et me dit d ente et que m msieur Widemann allait descendre. ambre où l'on m'introduisit était un joli salon for niant en même temps bibliothèque, tout tapissé d'un petit papier bleu céleste avec de- fleu sur la chemi-

née et sur aes multitude de

oiseaux empaillé:

coquillages et enfin au milieu de tout cela étaient pi un fusil, n1 il une poire â poudre, qui indi-

quaient que le propriétaire de la maison était chas Je regardai* Mines ces choses qui n'appartenaient en rien, comme on le voit, à la spécialité de celui que je < visiter lorsque j'entendis la porte 'e me retournai.

j 'étais en t. i-ieur Widemann

(Cime homme de trente â trente-deux ans, au teint brun et aux cheveux noirs, avec de* fa1. de manière â lui encadrer entièrement la figure II s'approcha de moi nous, et me demanda ce qui lin pro inneur inattendu de ma vis

T'avoue que dans le moment je ne trouvai pas in; â lui répom 11 e la lettre

du pasteur D... Il la lu:, puis s 'inclinant de

— Je s m*

mens qu'il vous plaira de me de n je ne suis pas un bourreau bien curieux, ajouta-t-il endu que je n'ai encoi mais il ne faut pas m'en vouloir pi est ci Allemands, qui ne commettent pas de

grand-duc, qui. étant un excellent prince, i . le

plus qu'il peut.

— Monsieur, in, <st monsiei

Lr ; c'est le fils île r rribli mission qu il complu mal-

elul- Li les avait pour lui.

n n\\ avait l'a- grand ; le monde an eut cru que *"ii

coupé la main dro Hais S

— Je sais que

les dernii u.on-

ndre monsleui tout di ' telques dé ilh

être qui lui était '

quelqm- Ils, je voulais voir* les de-

mander

irs, me rép ieur wide-

iUCOUP

i a mémoire, et le seul détail que

pielque curiosité

re faire un

lafaud à -lui de

■ or qu'un m morât point

qu'avait > malheureux

nomme \- mon père, de cet

i tes de sa m de campagne.

El . •••'• d elle loin d i<

— A un mille de !.. ailieu d'une vigne, à gauche

du chamln nie petite maison blanche avec-

un toit i • : un oell-de-bœul au-

m leux d y aller, vous la i ailleurs, tout le monde vous la en sont haï nées, i ar, tait un pèlerinage pour les enlever avec la pointe de leur coui- ; puis petit à petit les visiteurs qu'ils aient fini par -i Unsl 1:1 :i-ieur. ne vo "1 un peu froide able mais il y a dis ans peut-être que personne • du pur. 1

■ M< itt en elle-même

irer nn accueil bien autrement celui que vous m 'avez fait Merci du renseigne- . .tes. voir cette

. inspirait Sand.

uns autre ire que

1 quoique je ne

ose? demanda monsieur ment ironique que 1 • lui.

lui répondis-je. que vous ne ette demande -ion.

us la moi

; de monsieur w idi

int la tfite ...mine pour en faire Icmbei

mr, me dit-il- mais 1 e„ fori n Dieu il

et quant a moi c'est' la - SU avoir l-hon-

■ 1 par mieux au dépourvu

un s'inclina et sortit me

ire qu'il ne

Je résolus avais

i-qu'au bout.

■ oui rentra tenant 1

plus large à la

I lame en était creuse et

don

Sur plusieurs parcar la

t bout

IIE1DELBERG

etrouvals (ans iette ville universitaire mes figures d'étudians; c'étaient absolument les mêmes qu'à Bonn: ce qui fait chez eux la différence des physionomies, c'est la i pes

. I bonne heure pour visiter les ruines avant de déjeuner. Je me mis donc a gravir la monta*

, int d'heure nous étions d oui du

1 palatin. C'est encore, comme Kcenigstein, une ruine seulement celle-là date de Loin- \l\ , nui. .me .1 la guerre du Palatinat; c'est certainement une des plus belles et des plus pittoresques qu'il ait faites. L'intérieur du château car quelques pièces en sont encore onserve deux choses curieuses, lune pour l'autre pour les buveurs: ces deux

iblnel de monsieur Charles de Qralmberg et le gros tonneau de Charles-Théodore.

Il y a treille ans que monsieur de Gralmberg entra dans les min - .1 1 h idelberg avec l'intention de les visit. s'y arrêta toute la journée, y revint le lendemain, le sur lendemain encore, enfin il découvrit une espèce de 1 . hamlire de la fenêtre de laquelle la i belle, qu'il

demanda d'y faire porter un lit Del emps-là, il

ne.

Depu monsieur

Charles

au .ii ite. in el 1 la ville .1 il. Idelberg livri ; Ite chambre, au quatre au in il s empresse, avec une compla rême.

tirs Quant an eau, 1 histoire en esl plus longui

. Ile de toute une lu 1

gros tonneau 11 l III au IV.

- tonni iu" 1 di '-unir, surnommé le Pieux. Un jour que du haut de la terrasse du -.• perdait sur -es 1 olllnes 1 islns, l'idée lui vint de bat li ■ omme monument ce monumi mneau

une comme jamais on n'en avait VU; par conséquent il leur donnait carte blanche et leur ouvrait sur son trésor un crédit ilii onneur, prirent d( - Informations 11 de mieux en ce genre \>.uit appris que - foudres flamands qui contenaient trente a (piailles, ils haussèrent les épa mirent 1 l'ouvrage \u I mois, les tonneliers invitèrent v islter leur œuvre, à laquelle 1 1 dernière m. un Le gros tonneau 1

:.. nulle bouter

.h-.ui Casimir fut -1 satisfait de la chose que Jugeant . pi il ne terall Jamais rien de mieux il prit le parti de

ousla qui, après avoir admin ,11 oni I n qui l'a a. , omplle, trouvi

.1 du . hâteau, sur 1 étage Inti

i. ,1- - .n neveu 1 »t la

... . 1 - 1 . ' 1 ■ vers le fond de la Dichl

parti di bal le nu' dans

• ■ 1633 de lin. arnatioi

i- ment, il arriva du tonneau 1 • isimli

■mens

yeux 'h- bu • ■ ihiia

g rsqui a

mlr, il fu' i en faire un net natter

Charles-Louis, que les lauriers de . mu' Il ...

..i 1.1 tallli qui' pout

■ mirent 1 l'ou-

iu 11 lut ai levé II .'tau

. « nt vingt

1 attitude aniline qu ivlent

EXCURSIONS SUR I ES BORDS DU RHIN

au père de l'ivresse; il semblait faire un appel aux buveurs, ec leur présentait d'un air de triomphe, avec sa main i une grande urne ciselée, et une coupe de proportions non moins raisonnables avec son autre main. ,, En outre on avait ménagé sur le haut du tonneau une plate-forme entouré? d'une balustrade sur laquelle quatre personnes pouvaient exécuter une contredanse.

Les poètes voulurent concourir à l'œuvre nationale et brant Charles-Louis. Une foule de quatrains, qui leur promettaient l'immortalité à l'un par l'autre, furent gravés sur

ment avait a cette heure quelque chose .le plus précieux a i. laissa le pauvre toni iu se tordre, se fendre et raquer comme son prédéces i r, gros tonneau i«r. n resta quarante ans eu ce pitoyable i

Enfin, a la paix de Riswick qui avait rendu a

Guillaume les Etats paternels, les électeurs reprirent Ion, non plus du château d (i des

ruines d Heidelberg. Charles-Philippe ndu parler

radltion d'un tonneau gigantesque n être en-

terré dans les caves du château. 11 eut la eu

&BÊL

Celle ruine esi certainement une des plus belles el des plus pittoresques

les flancs du colosse, ei le bon électeur s'endormit dans pn une telle merveille accomplie le temps n'aurait plus de prise sur son nom. Le temps s'en prit à la merveille.

donné sa fille unique, Elisabeth-Charlotte, a .Monsieur, frère de Louis XIV. L'électeui Charles son fils, venant de mourir sans enfans, après un règne de peu de durée, Philippe d'Orléans revendiqua l'héritage paternel qui revenait tout entier â sa femme, héritage qui lui eût donné le dioit de voter a la diète de l'empire. On lui répondit i|ii en Allemagne ce n'était point l'habitude que 'es femmi ix fiefs, et que par i nséquanl il

se devait contenter de la dot qu'il avait reçue Comme, malgré la validité de ces raisons, .Monsieur n'i ail pas content, ii se plaignit a son frère, et Louis XTV entreprit la fameuse guerre du L'ala

Il en i uii.i pour lleidelberg l'incendie de 1689.

Quelques i qui soient prises, un i hâteau ne brûle

pas sans que les caves s'en ressentent ; la chaleur des flammes pénétra Jusqvj au tonneau de Charles-Louis, le tonneau craqua et se fendit.

Malheureusement, on avait autre chose à faire que i u courir à ses gémissemens, d'ailleurs il était d'une lence qui ne permettait point qu'on le tran irtàl On l'abandonna doue ,i la - trde de Dieu, et Dieu, qui probable

trer Jusque-là ei ayani taii déblayer les escaliers, il pai i gra ud'pelne en tare Clu colosse.

Charles-Philippe était un appréciateur du beau il fut

trappe de la majesté que conservait ■-- eau n dans

son malheur, il résolut, en fils pieux, de reprendre i di pères, el l'an 17OT, sous les auspices du tonnelier

: our, Engler, la merveille de Charles-Loul , msidérablement augmentée, reparu

di s tonneau III.

on donna â la majesté remise

g: r ligne d'elle ■ c'était la statui du

hall jamais sans avoii

huit a vingt bouteilles de vin il éti II dil I lli de I un meilleur palladium.

.Malheureusement, le- gro p i ne avec les rois. Par un n a de la

le bai tie i

ans de règne gr i tonneau III ; : •<"■ eer-

çure im Is qui ta ' "' l'ester

n i n le corps

Ce malheur arrii t sous es Théodore,

ir i

Charles-Tl lori ait. sur la Iégl prlnciprs

les plus po — oui se prépai

i Inauguration de gros tonm ils, instruit par i

se

ALEX'WDHK DUMAS ÎLLUSTRE

rience On | égllgea rien pour e qua-

trlèmi et tranqu

Les IV fit son

uste rérès de

iraversé li : offert aras

lourd inii .■ le plus

[uele 'm ;i établi, ton* an! • Hancs, des

éi ln-li lerles. Un pauvre tonneau

inpée, a 4i.

mme point 'le i ompades véritables am; de beaucoup sur l'orguelLleux l. : : utre est vide.

de certaines royautés C.u i i creux

malin, et l'on I

! 1S-20, les univeiM

de Vieux de la Mi.n- I aide

le don Quichotte oui

naître puni- s'enir la main et m royauté.

non pas di .uze lu un.

molli aine, chevaleresqi

haut du pave, et. a plus

les pMUttti

■ uterraln. i

le, ou dans

,i ii . .n n'en

imitent de fleurir et défendu, il n ■

laque uni»

duels.

rei

■■ a i rès qu . habitait la

■ il. uns

ml i sonm \ . ] -- ,

ne i ■;

Ml |,.„,'

• i [ne m tigre i

soit pei niiiiuaiit. de les compléter par quel-

ques nouveaux détails.

Le Comment est le code chevaleresque des unive

iglle des bretten Le > entre dans les plus petits détails sur la

mande affaire du duel; il contient un catalogue dm

• i ut par lettre alphabétique niais pat ion of-

• helle des termes injurieux est couronnée par le Le mot imbéi ne exiije une réparation tante : filou n'est qu'une pichenette en compare Celui qui ne demanderait pas raison du mot imbécile I du i de la petite exi ommunli a

■ re relevé en se battant dans un temps douné avec un autre de ses camarades; mais s'il laisse passer le temps < habiliter, c'est un homme déshonoré et mis

•m ban de l'empire universitaire. Chacun peut dès lors

ni rendre ri Le Comment est en même temps régulateur de la venaui pltl offei in porte à sa mai re d assauts qu'elle nécessite. L'étudiant san comme notre Industriel «ait son code: libre a lui de la simple i jusqu'au tx "n prévient même les venues veilleurs ontre-pollce des étudians ; il y en a quatre a 11

i e de la \ilie jusqu'à la petite maison où doit avoir lieu le duel . car. comme on le pense e duel étant sévèrement défendu, ne peut s'exécuter en plein i I université

.i Heidelberg, une pet ite aub

apposé du mont Œaisersthul. Les veilleurs reçoivenl quarante sous à chaque fois qu'ils sont de service Cette

■.•m pour but l'honneur du corps, i sur la mmune ; de sorte que le plus pauvre comme

le plu au moins iûr de sa battre tran

quillement.

veilleurs sont a leur

ins iiauent en fumant, les autres causent

inox qui viennent à la ville Celui-ci est ■ i m lait semblant de dormir.

Celui'-] '|ll lui O'I]

qu'ils font

I V llrlll.'lll

• . éclairée, I

; me de leur Leur rapii lame sui i ou elle descend le long de la ouïsse,

née et dans l'an le. Le

iliiriii

Enfin les nui. iix ni-ieux on

.i .,.,.-■■ iivii qu'ils soient de l'uni-

le- curieux viennein a la suite, 61 sont ."Uni

..n comme Jausii mne.

T. .111 le I. i- SI

raii ' lemi-tou

tre en ville et le duel est remis au lendemain: si ■ - onl rassurons, on canl Inue son i bemln son affaire

un peu de san;; sur le 1

i .m la ■ danse les dlmam nés et de l'ai du Rhin, q

■ mi écrit Mir cet Intéressant pays n'aient Jamais parlé que

Il faut .les trombones, des grosses

n mettre un Allemand en train ;

i. n ne s'arrête plus chorégraphe

i . i !.. ton e de cent vingt i bel

t i salle de bal

petit jardm plein d'ombrages et de pai

lu mal

i querelle avait lieu au bal, on pût la \.

. .nui' on le vi .' . esl un i iberge

mer avec 1 pi ind soin

trique s'il en fut . on ne se bal ami i lu aou

tt ni. s,, battre esl un plaisir un

plus vif qu'un autre, on ne i ... privai loul •'. suite En ot b 'in: .m plutôt on revêt une

qui

; . i ii

lien f le m lire a la

depuis l'épaule ■ i

EXCURSIONS SUH LES BORDS DU HIIIN

valu thermidorienne qi i .uvre les i la trachée

ai o te si bl ii que l'on n'ofïi

fin n ' de la joue et le Pont du nez

i .mi'! lis ujie garde qui se visse à la lame i moyen d'une virole, et qui est d'un le! di ••. et, que

les mauvais plaisans, vu sa resseml e indi-

que, l'appellenl la soupière de l'honneur.

défendu de pointer, et qu'on ne peut frapper que d'esti

Sauf l'appli ion plus ou moins juste du mot, il n'y a donc pas grand danger pour an étudiant, malgré quelques sanglantes exceptions, à être appelé Imbéi ile

re chaque assaut, et tandis que le- combattans se m -tir la pointe de leur êpée, deux garçons balayent les Iragmens de chapeau, de ceinture, de cravate et de manclirn que les adversaires ont fait sauter en espadoi puis, au signal donné, le combat recommencé pour cesser ommencer encore, jusqu'à ce 'tue les commandemens du Comme ni soient rigoureusement accomplis. Il arrive souvent que le duel s'achève, non pas sans douloureuses contusi blessures graves, On s'est plumé, voila

tout

Il faut que le gouvernement prussien soit un gouvernebien paternel pour défendre de pareils amusemens.

Je ne voulus pas partir d Heidelberg -ans faire ma visite à l'auberge de Kaiserstuhl, mais n'ayant pas l'honneur d'être étudiant, je ne pus être admis que dans la salle de bal.

Comme elle ne possédait pour le moment ni danseur ni orchestre, on comprend quelle ne présentât point un inté rêt assez vil pour me retenir bien longtemps. Nous revînmes immédiatement à Heidelberg. et comme il n'était que deux heures de l'après-midi, nous finies mettre les chevaux à la voiture et nous nous acheminâmes vers Karlsrahe, oii nous n'arrivâmes que vers les onze heures du soir.

CARLSK1 m

Le lendemain matin, en ouvrant ma fenêtre de L'hôtel d'Angleterre, je me trouvai avoir sous les yeux la plus belle vue de Carlsruhe. c'est-à-dire la place du marché.

Carl-ruh • est une capitale en miniature ; elle a en petit tout ce (iue les autres ville? onl er grand un tl I re église, une pyrami e et un obélisque. Comme; i! n'y a qu'un. . . tid-duc a tOUi l SI . :.. . sous la

miiin, ce qui ne Laisse pas que d'être commode. En outre, comme la ville est bâtie en éventail, et comme toutes les rues, tirées au cordeau, abou tu château, Son Altesse

n'a qu'à se mettre à son balcon, et, à l'œil nu, elle voit tout ce qui se passe dans sa capitale . qui doit simplifier sin- ■ ment l'emploi de cette honorable Institution nommée la poli.e

Une fantaisie du grand duc Charles a donné naissance a la ville ; il avait 1 habitude de chasser dans la forêt de ilartwapi el après un certain temps donné 9 cet exercice, de vei. . sur un banc de bois situé dans un .n

droit qu'il affectl ait tout particulièrement. Un jour,

cette idée lumineuse lui vint, qu'il serait plus commodément pour se reposer dans un bon ' lue sur un

mauvais Pane A la chasse suivante il fit venir son architecte et lui montra l'endroit en question. L'architecte trouva 1 e pi i e ient en ne peut mieux i hoisi. et vers l'automne de 1715. le grand-duc put se reposer dans traction ne là le- nom de Carlsruhe nu repos de Charles.

Un de mes amis, homme d In1 nim I ri qui a eu le malheur de demeurer à l arl re ans

comme ministre résident de l'i que c'était

ii i lie la plus ennuyeuse de l'Allemagne, qui est cependant le pays des villes ennuyeu:

Je ne suis resté qu'une nuit et i l'un jour à

Carlsruhe et je suis exactement de l'avis de monsieur le ministre résident.

En sortant de la capitale du grand duc, on traverse, sur un pont d'une seule arche, une rivière de huit pieds . c'est le Nil de la pyramide et l'obélisque de la grande place.

Au bout de trois heures nous II ancienne

résidence des margraves de Baden-Baden Détrônée par Carlsruhe la pan, ce ville dépérit dans son humiliation, avec sas deu pi n is où l'herbe pousse, et son château qui s'écaille. Tout écaillé qu'il est. et montrant son squelette de brique a travers sa peau de stuc déchirée i! n en reçut pas moins |a visite que je lui !i- en raison de se

venir? historiques Ne rei avenir, qu'il

rstil .more que l'on , [-veille

d'ameublemonl de la nu du - ; de Louis Xiv.

Le château de Rastadl fui ba • ■ Sybille-

te qui devait être l:n. ■ grand L

d'un mri'ï. n esprit n vivemec

restai rois jour- dan- uni imbres

à grandes pour y lire a mon | lettres

i Sévlg i mil butin.

H me iioir les m.

chambres et les livre en are gagne

Au reste, à coté de- tapisseries, des poi el

de la margrave, qui feraient les dé i - d un de no rococos, sont exposées de- curi

léuriics par le margrave Lo :is-Guillaume,

son mari. Ce -ont le- trophée-, conquis par lui sur les

, et qui remplissent deux chambres d armes et de

drapeaux. Une troisième est réservée à un trophée non

■ odeur

natuii i ntre femm .me le vainqueur

n .i Tes et ramenées â Kastadt. On assure

que i ciion de butin In moins hien reçue par la

mare .

Rastadl lui le - rès ; le premier, tenu en

17 L é entre le prince Eugène et le mftréehàl de Villars. On montre encan le long de la boiserie i ■ qu'y

fit le maréchal cie Villars, en jetant, dans un moment de colère, la plume avec laquelle on voulait lui faire un article qu'il regardait comme indigne de la grandeur de la France.

Un second congrès s'y tint qui laissa des taches, non d'encre, mais de sang: celles-là non plus n'ont pas été lavées, quoiqu'elles aient rejailli sur l'Autriche. Non Ions parler du congrès de 1797. qui dura jusqu au printemps de 1799-, el a la suite duquel Jean de I3ry, Roi" et Bonnier d'Alco furent assassinés.

Ce fut le 2S avril 1799 que l'a eut lieu i

deux ans comme nous l'avons dit, le congrès traînait en ueur. L'Autriche, voyant que les affaires allaient s'ar- . ranger a ii satisfaction de la France rompit brusquemen les conférences. A l'annonce de cette rupture, les pi i teutiaii. français déclarèrent que la i •■ -nie pourrait les éloigner du poste où les avait place- la nation, et qu'ils i Rastadt jusqu'à ce que la nation les rappelât. Soi cette réponse, les Autrichiens investirent la ville, et leurs patrouilles, interrompant les communications a Iran i il les lettres que n i écrivaient au gou-

nier cPAlco. qui était président de 1

talion, recul alors l'ordre de revenir à sir: I s'ap-

prêia a quitter la ville, ce qu'il fit le 38 août, en m ; l'Auli. colère du Directoire. Mais à peine les trois

députés, (lui suivaient la route ins deux voitures.

furent-ils arrivés à Reinhau qu'un détai bemi m des hussards de Szeoklers, sortant tout a coup de la torêl Moire le; assaillit le sabre à la main, tua liobergeot dan- lis laide sa femme, et arrachant de la voiture Bonnier d'A . Jean île r.i y laissa in premier mort au pied d un arbre et le second mourant sui mute puis s'étant emparé

de tous les papiers relatifs a la mission, rem n -c d OU il était sorti.

Uorst avec un courage surhumain, la veuve de Robet la femme d Bry qui était enceinte, e: le- deux

filles de ce dernier, replacèrent dans les voitures le ldes-o

et les morts, el reprirent la c de Rastadl pour venir

demandi c aux onze p ip

jUStii I ni droit ,1e- gens Mai

orphelines quoiqu'elles parlassent au nom de la France, n'obtinrent autre âi| par le

ministre de pan ■ < Prèr

. , ..... :. a des hussard du régiment autrichien de Szeckle\ i guérit d .

I S dont il eliil membre | animé

.mi Quant a l'on i iciens

! un crêpe :

nom qui - iverture, le

ance !

Du haut du -tatuc

de .lu p vue

ou eut 11 nous

venon En d lu bel

deu .m - - n

sont. P ii i" li q ■ deu

Mine.

chasse, dans la ti i

. !.■ de ton- les grandi

me il< ont l'avantage d être un peu plus >\ dont la librairie moderne i n les a écrits au-dessous de son portrait. Les

venu li i a i âge di nt dix-huit

in -ne mon auguste

maltresse. J'ai mangé tant de l lets, tant de chapons

rôtis et tant d'oies grasses, que je suis arrivé â atteindre le

di trente-trois Uvn

Ici les mémoires sont Inti une indigestion ayant

enlevé le respectable Rod:i ravaujt gastronomiques

et littéraires.

Le concierge m 'aient ces quelques lignes

Uni avalen iann l'idée de son Chat Moor.

,us avait mis en goût pour les édifices bille: aussi résolûmes-nous de

rite, de remonter la vallée de la Mu: Laden par Staufienberg. i

-Tande Journée qu'il fallait pour cette excursion.

Notri ■ un pour le château de la Fat

On i cm pan au; on invite a l'aller

1 '!"■ Q'onl iien de mieux a faire

il' bateau de la margravlne Sybille; c'est

plus parfait modèle de rococo enragé. Il date

était la belle époque.

u nu i i a l'effet de l'ensemble, ce

ou, et les rideaux de coton, jaunes

âges qu,. Le grand-duc actuel a introduits bravement

illleu de ces merveilles de la Régence.

On assure que l'ombre de Sybille revient, et que c'est

sa punltlint re monde, pour les petits péchés qu'elle

a commis, de aux et ces couchettes au milieu

karmans qui ont été faits sur ses î

il, il faut que ses péchés soient plu? gros ou que la charmante margravlne ait con-

N"'ls i'11 en lui souhaitant bien vite la

im d'une -i i ruelle |

' Kouppenl i on entre dans la vallée. Kouppenheim

■ tlte ville 'i iu dix huit

'••nient pittoresque: cepen- """""' ' ni nous y

que le temps de déjeuner, et nous continuâmes re route.

'•" i.i •!!'•• guide nous mon

village de Rotnenfeltz, et, sur la roche dont la coule n i nné son nom au village, fes ruines d'ui château.

i ce OJU'on raconte du dernier seigneur qui l'habita 'libre et sévère qui avait eu successlqul avalenl disparu on ne savait comment, seulement on disait que lorsqu'au bout de trois ans de,D1 remlêre, il avait vu qu'elle ne lui don-

nts, il l'ava „ pour en 6i

""" trois ans cette second.

enrée stérUe lt arrangé d olr en

épouser une bn ,, tr0|s ans après il s'était dêfall

comni" il

" ' i sans héritiers

faisant retomber sa colère sur

qu'il forçait de travailler d'une ma

■ll'1'- ' Plusieurs en moururent de fatigue- et

ru 'I bon vieillard nommé

up d.„,s i,. village d'abord

Ute parce qu'il Ulssalt une

it une

tu et il fut ré umuns Heuir les vasnu "ls nement

maître, n mi a • Bn une I

ire* pondit le i irdlnler ai

Il loi!

appelle l'orpheline, n'est-ce pas? Le jardinier fit signe que oui. — Eh bien! envoie-la-moi. On dil qu'elle file à merveille?

NI Plus ni moins que la sainte Vierge, monseigneur.

; i vieille du Roken qui lui a appris.

— Raison de plus! j'ai de l'ouvrage à lui donner. Si j'en mus content, eh bien! nous verrons.

Et il accompagna ces paroles d'un sourire si étrange, que le pauvre jardinier, au lieu de se réjouir de l'espèce de isse que lui avait faite le comte, trembla de tous ses membres qu'il n'eût quelques mauvais desseins sur la pauvre Claire ; mais il était trop tard, il fallait (a que le comte avait ordonné. Claire fut donc prévenue par son amant qu il lui fallait se rendre au château dans la journée du lendemain

Claire obéit. Elle trouva le comte assis près d'une fenêtre qui plongeait sur le cimetière du village. Elle s'approcha de lui toute tremblante.

— Vous avez désiré me voir, monseigneur? balbutia la pauvre enfant

Oui, répondit le comte.

— Me volet, monseigneur.

— Ecoute, dit le comte, on dit qu'après la vieille du Roken, tu es la meilleure fileuse de la vallée de la Murg.

— Monseigneur, je ne file pas mieux qu'une autre ; seulement, au lieu de chanter je prie en filant, de sorte que Dieu bénit mon ouvrage.

En ce cas, viens ici, dit le comte.

La jeune fille obéit.

— Regarde par cette fenêtre.

La jeune fille obéit encore. La fenêtre, comme nous l'avons dit, donnait sur le cimetière.

— Vois-tu cette fosse là-bas? continua le comte.

— Hélas! répondit la jeune fille, c'est celle de mon

— Elle est toute couverte d'orties, comme tu vois.

— Les orties poussent bien sur les tombes, murmura en nuit la jeune fille.

— Eh bien ! reprit le comte, j'ai entendu dire par ma nourrice que les orties faisaient du fil plus fin que !

la plus n"' File-mol une pièce de deux chemises avi Orties; lune sera ta chemise de noces, l'autre sera ma che-

le 1 1 1 ■ ■ 1 1 Quand tu me les apporteras touti donnerai mon consentement à ton mariage.

— Hélas ! monseigneur, répondit la Jeune Claire, le n'ai

indu dire qu'on fit du fil avec des orties, et Je ne sais pas comment cela peut se faire.

informe-t'en. Ton mariage est à cette condition

— Mais, monseigneur !

— .rai dit Va t'en, et ne rentre ici qu'avec les deux che-

I..i pauvre Claire sortit en pleurant \ moitié chemin du village, elle remontra le jardinier qui l'attendait Elle lui raconta ce qui s'était passé, et lui demanda s il avait jamais entendu dire que l'on fit au fil avec des orties?

Hélas I oui, répondit le pauvre garçon, mais du fil si Bn, qu'il le faudrait plus de vingt ans a toi, el plu- de quinze ans à la vieille du Roken pour filer ces deux chemises. Ainsi, c'est comme s'il nous avait refusé.

— Il ne faut pas encore nous désespérer, répondit la jeune fille. J'Irai ce soir sur la tombe de mon père, et Je prierai tant que peut-être Dieu aura pitié de nous et viendra a notre secours.

Mais s,,,, amant secoua la tête, et comme il vit que le

comte i fenêtre, il puni d'avoir

abandonné pour un instant son ouvrage, et rentra dans le

jardin Quant a Claire, elle descendit vers le, village, et

quand le soir fut venu, elle s'en alla au cimetière, et s'age-

parens; et là. elle pria si fort et

si profondément, qu'elle ne \n p:i< que la vieille du Roken

trée après elle, et se tenait debout & ses côtés, atten-

prl n Mais comme la paui re enfant

surs:

lui dit la bonne vieille, que I arrivé que vous pleurez ainsi, et que vous pleurez en priant

i un grand cri de Joie, car elle avait reconnu la voix de la vieille du Roken. même avant de la

et comme on disait tout bas dans le village qui «■lie pensa iurs qu'elle ai

du ciel était venu. Aussi - ses bras

en lui racontant tout ce qui S'étl et le

aln

la, ma bi ane i ...

■e peut ai, i vous aurez vos deux chemises - mots

1 la tombi i. '...ttfrled, et en ayant empli

ortlt du cimetière en répétant à ! orpb

i.i ns les paroles de la vieille, rentra chez elle plus tranquille.

EXCURSIONS SUR LES BORDS DU RHIN

Six semaines s'étaient écoulées depuis ce jour, et le comte, (] n i n'avait pas revu Claire, ne pensait plus à elle, Lorsqu'on Chassant dans la montagne, il se laissa emp irter a la poursuite d'un lièvre, et, en passant devant un.' grotte, vit une petite vieille qui filait au fuseau, mais mais

cela si habilement, et un si beau chanvre, qui sous ses doigts devenait un si beau fil, qu'il s'arrê i prochant

délie :

— Bonjour, bonne vieille, lui dit-il, vous filez sans doute votre- chemise de noces '

— Chemise de noces, chemise de ni rvice monseigneur, murmura la vieille.

Le comte se sentit frissonner malgré lui. Mais se remettant aussitôt :

— Voila de bien beau lin, lui dit-il. où 1

— Je ne l'ai pas volé, monseigneur, répondit la vieille: c'est tout bonnement du cru de la tombe du bonhomme Gottfried, c'est du chanvre d'orties. Votre Seigneurie n'a t-elle pas entendu dire par sa nourrice que les orti salent du fil plus fin que la soie la plus fine?

— Oui, oui. j'ai entendu dire cela, répondit le comte de plus en plus ému. Mais je croyais que c'était un conte de bonne femme.

— Ce n'était lias un conte, dit la vieille.

— Et pour qui filez-vous ainsi ?

— Pour ma bonne petite Clairette, la fiancée du jardinier du château, à laquelle le châtelain de Rothenfeltz a commandé deux chemises. Si vous connaissez le châtelain de Rothenfeltz, monseigneur, dites-lui que dans six semaines ses deux chemises seront faites.

Le châtelain se sentit défaillir malgré lui, et honteux de sa faiblesse, il mit son cheval au galop sans répondre ; quant à la vieille, elle continua de filer en chantant une de .es vieilles chansons comme on en chante aux veillées d'hiver.

Trois mois, heure pour heure, après celle où il avait commandé les chemises à Claire, le sire de Rothenfeltz vit entrer la jeune fille ; elle tenait une chemise sous chaque bras.

— Monseigneur, dit-elle, voici les deux chemises que vous m'avez commandées ; elles sont filées avec les orties qui couvraient la tombe de mon pauvre père. J'ai fidèlement suivi vos ordres, j'espère que vous accomplirez fidèlement votre promesse.

En effet, le seigneur de Rothenfeltz, comme il l'avait promis, ordonna pour le lendemain les noces de Claire et du garçon jardinier, et comme l'aumônier du château venait de les bénir, on l'envoya chercher en toute hâte de la part du châtelain. I! avait eu un coup de sang et se mourait.

Et le soir, au moment même où deux jeunes filles passaient à Claire sa chemise de noces, deux vieilles femmes ensevelissaient le châtelain dans sa chemise de mort

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