‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 196 sur 283 · i I i i I i ostance · texte numérisé non relu

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tué Turenne. C est poétiquement et historiquement à peu près la seule chose curieuse qu'il y ait à voir de Bade a .Strasbourg.

La route que nous suivions pour passer à Salzbach longe la forêt Noire, dans la lisière de laquelle elle s'enfonce parmais pour reparaître presque aussitôt en plaine. Au reste, rien de moins terrible rien de moins en harmonie avec sa sombre appellation, que ces jolis bouquets de verdure qui s'échappent comme une frange festonnée du vaste tapis de la Schwartzwald.

Nous déjeunâmes à Bulli. puis le déjeuner terminé nous remontâmes dans notre coche, et traversâmes encore deux petits villages ; enfin notre conducteur arrêta nos chevaux à l'entrée d'un troisième, et se présenta â notre portière en nous annonçant que nous étions à Salzbach

A peine vit-on notre voiture arrêtée qu'une foule d'enfans se précipita vers nous ; c'étaient autant de ciceroni qui s'offraient à nous faire voir le monument de Turenne, et qui citaient, à qui mieux mieux, la place, le jour et l'heure auxquels ce grand général avait été tué. En effet, depuis cent-soixante-trois ans, Salzbach vit de cette mort.

Au milieu de cette foule s'avança bientôt, avec une gravité qui indiquait son rang, le cicérone patenté A sa vue tous ces petits courtiers marrons qui avaient voulu s'empan r de nous se dispersèrent.

Le cicérone nous offrit de nous faire voir d'abord le boulet qui avait tué Turenne. A ceci je répondis que, Adèle observateur des lois de la chronologie, je désirais voir d abord la place de la mort, et ensuite le boulet qui l avait i ausée ; mais le cicérone, qui tenait â se débarrasser de son I Insista tellement que e ne crus pas devoir contrarier ce brave homme pour nue i bose de si mince importance: d'ailleurs je réfléchis que. chronologiquement parlant, ce pourrut bien être lui qui avait raison, le boulet étant la cause et la mort n'étant que l'effet.

loi) boulet de quatre, propre et bien nettoyé, fort insensible en apparence a l'honneur qu'on lui fait e le conserver comme un bijou et qui n'a pas l'air de se douter le moins du momie qu il ait du même coup blessé un marquls et tué un grand homme.

Le guide me glissa toul bas à l'oreille que pour une certaine somme le village de Salzbach, fort gêné en ce moment, consentirait a se défaire de cet objet précieux. Cette offre qui me rappelait (elles qui m'avaient été faites à Ferney et a Fontainebleau pour la canne de Voltaire et la plume de Napoléon, me laissa malgré son obligeance dans une Impassibilité parfaite. Je répondis que J'étais plus gêné encore que le village de Salzbach. ce qui par conséquent me privait du plaisir de lui rendre service, mais que je connais sais un Anglais qui possédait déjà le boulet qui avait emporté la tête du duc de Berwick, et que, comme j étais oovaincu qu'il serait cm ilr la paire, je l'enverrais a

Salzbach, si J'avais le bonheur de le rencontrer sur mon ponse me parut tranquilliser un peu notre cicérone sur le placement futur de s m projectile.

Nous nous mimes en route conduits par lui, et après un il heure de man be nuis arrivâmes à l'endroit Où. après trois mois de marches et de contre-marches, arrivé enfin à ce point ou l'avantage de sa position lui présentait tuile- les chances de la victoire, Turenne. en visitant une rie qu'il avait donné l'ordre d'établir, fut tué par un boulet, qui, aires avoir ricoché contre le tronc d'un noyer et emporté le bras ilu marquis de Saint Ililaire. vint lui traverser la poitrine. Turenne tomba comme était tombé le mai Berwli k -an- prononcer un seul mot.

Le noyer existe encore et le . Icerone, tenant jusqu'au bout â s'acquitter de ses fom lions avei i onsclence, essaya de nous montrer sur son tronc noueux et desséché la trace du bouatrii hien.

Vn monument fui élevé à la place où tomba Turenne. La reconnaissance de Louis xiv avait vaincu la haine de Louil e-t vrai que c'était une simple pierre, avec cette triple Inscription en français, en latin et en allemand:

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