I. enfant grandi eune homme; en tout
ii falsall un bon génie semblait le gardei di
Bjnps Ko-, heu jetait les yeux sur la branchi d'érable
qu'elle avan nii-e au-do-sous du crucifix, avec les huis bénits
• les climam lies des Rameaux Et comme la branche se des-
! .le plus en plu- ■ ut la tête, en doutant
amals porter ni feuilles, ni
mur même où son fils eut seize ans. elle n'en pas moins aux injonctions de la dame Noire, et
EXCURSIONS SUR LUS BORDS DU RHIN
'us du oraniâx, aile alla La plan- 11 milieu d'une source d'eau vive qui coulait dans Le
jardin.
Le lendemain, elle alla visiter le rameau, et il lui sembla
lue la sève commençait a se glisser sous lécorce ; le surlendemain, elle vit poindre les bourgeons, le, jour d'api ■ bourgeons s'ouvrirent, puis les feuilles grandirent, les Heurs parurent, et au bout de huit jours que la branche était dans la source, on eût dit qu'on venait de la cueillir a l'érable voisin.
Alors Roscnen prit son fils, le conduisit â la source, et lui raconta ce qui s'était passé le jour de sa naissance. Le Jeune homme, aventureux comme un chevalier errant, prit itôt la branche, et s'inclinant devant sa mère, il lui .diction, car il voulait tenter 1 aventure à l'instant même. Roschen le bénit, et le jeune homme s'achemina aussitôt vers les ruines.
C'était au moment de la journée où le soleil en s'abaissant a l'horizon fait monter l'ombre des eudroits profonds aux endroits élevés. Le jeune homme, tout brave qu il était. n'était point exempt de cette inquiétude qu'éprouve l'homme le plus courageux au moment où il va au-devant d'un événement surnaturel et inattendu : en mettant le pied dans les ruines, son cœur battait si fort, qu'il s'arrêta un instant pour respirer. Le soleil alors était caché tout à fait, et l'obscurité commençait a atteindre le pied des murailles, dont les derniers rayons du jour doraient encore le sommet.
Le jeune homme s'avança, son rameau d'érable à la main, vers la tour de l'Orient, et à l'orient de la tour il trouva une porte ; il y frappa trois coups, et au troisième coup la porte s'ouvrit, et la clame Xoire parut sur le seuil. Le jeune homme fit malgré lui un pas en arrière, mais l'apparition étendit la main vers lui, et d'une voix douce et avec un e souriant :
— N'aie point peur, jeune homme, lui dit-elle, car ce jour est un jour heureux pour toi et pour moi.
— Mais qui étes-vous madame, et ne puls-je savoir quel est le service que je vous ai rendu?
— Je suis la dame de ce château, reprit le fantôme, et comme tu le vois, notre sort est le même ; il n est plus qu'une ruine et je ne suis plus qu'une ombre. Jeune, je fus fiancée au jeune comte de Windeck. qui demeurait à quelques lieues d'ici, dans le château dont les débris portent encore son nom. Après m'avoir dit qu'il m'aimait, après s'être assuré que je partageais son amour, il m'abandonna pour une autre femme dont il devint l'époux ; mais leur bonheur ne fut pas de longue durée. Le comte de Windeck était ambitieux ; il entra dans la ligue contre l'empereur, et il fut tué dans- un combat où son parti fut vaincu ; alors les impériaux se répandirent dans les montagnes, pillant, brûlant les châteaux de leurs ennemis. Le château de Windeck fut pillé et brûlé comme les autres, et la jeune comtesse se sauva, son enfant dans les bras ; mais bientôt épuisée de fatigue, elle cueillit une branche d'érable pour soutenir sa. marche. Elle avait vu de loin les tours du château que j'habitais, et comme elle ignorait ce qui s'était passé entre moi et son mari, elle venait me demander l'hospitallté ; mais si elle ne me connaissait pas, je la connaissais, moi ; je l'avais vue passer dans une chasse, enivrée d'amour, ardente au plaisir, suivie au loin de beaux jeunes gens. qui. échos de mon ingrat amant, lui disaient qu'elle était belle. A sa vue. au lieu de prendre pitié d'elle comme devait le. faire une chrétienne, toute ma haine se réveilla. Je la vis avec joie écrasée sous le poids de son fardeau maternel, monter les pieds nus et déchirés à travers le sentier rocailleux qui conduisait a la porte de mon château Mais bientôt elle s'arrêta sur le plateau qui domine cette pièce d'eau sombre que tu vois : par un dernier effort, enfonçant son bâton en terre pour s'appuyer dessus, elle tendit vers moi ses deux bras obargëi de son fils, et mourante, se laissa tomber sans force et serrant encore son pauvre enfant sur sa poitrine. Alors, oui. je le sais bien, j'aurais dû descendre de mon balcon, j'aurais dû aller à elle, la relever dans mes bras, la soutenir sur mon épaule, la conduire en ce château et en faire ma sœur, C eût été beau et charitable [levant Dieu ; oui. je le sais, mais j'étais jalouse du comte, même après s a mort, .le voulus me venger sur sa pauvre femme innocente de ce que (avais souffert. J'appelai mes valets, et je leur
anal de la chasser comme une bohémienne Hélas I ils m 'obéirent : je les vis s'approcher d'elle. l'Insulter, lui dénier Jusqu'à cette couche de terre où elle reposait un instant ses membres fatigués. Alors, elle se releva folle, insensée, et prenant son enfant dans ses bras, je la vis courir tout échevelée vers le rocher qui domine le lac monter jusqu'à son sommet, puis jetant une malédiction terrible sur mol, se précipiter dans l'eau, elle et son enfant. Je poussai un cri. F.n ce moment je me repentis, mai? Il était trop tard. La malédiction dé ma victime était montée jusqu'au trône de Dieu. Elle avait crié vengeance, et vengeance devait être faite. « Le lendemain, un pêcheur en jetant ses filets dans le
BORDS DU RHIN
lac en tua la mère et L'entant qui se tenaient encore ems. Comme selon le rapport de mes valets elle avait attente elle-même a -a vu- i, i :, melain du château refusa de l'enterrer en terre sainte, et elle fut déposée à l'endroit même où elle avait enfoncé son bâton d'érable; bientôt ce b.tton, qui était vert encore, prit racine, et, au printemps suivant, il portait des fruits et des fleurs.
■ Quant a moi dévorée de repentir, sans tranquillité pendant mes jours, sans1 repos pendant mes nuits, je passais
Bips a piler, agenouillée dans la chapelle autour du château. Peu à peu je sentis ma - nblir,
et j'eus la conscience que j'étais atteinte dune maladie mortelle. Bientôt une langueui Insurmontable s moi et me força de garder le lit. On fit venir les meilleurs médecins de l'Allemagne, mais tous secouaient la tète en me regai disaient: Nous n'y pouvons rien, la main
de Dieu est sur elle. Ils avalent raison, j'étais condamné, Et le jour anniversaire de la troisième année où était morte la comtesse, je mourus à mon tour. On nié revêtit de ma robe noire, que je portais toujours, afin, comme je l'avais ricommandé, de porter même après ma mort le deuil de mon crime ; et comme, toute coupable que j'étais, on m'avait vue mourir en sainte, on me déposa dans la chapelle funéraire de ma famille, et l'on Stella sur moi la pierre de ma tombe.
■ La nuit, même .lu jour où je m'y étais couchée, il me sembla, au milieu de mon sommeil mortel entendre sonner l'heure â l'horloge de la chapelle. Je i on i les coups du battant, et je l'entendis frapper douze fois.
« Au dernier coup, il me sembla qu'une voix me disait à l'oreille :
« — Femme, lève-toi.
•• Je reconnus la voix de Dieu et je m'écriai :
« — Seigneur ! Seigneur ! ne suis-je donc pas morte, et quand je croyais être à jamais endormie dans votre miséricorde, allez-vous me rendre à la vie?
■< — Non. dit la même voix, ne crains rien, on ne vit qu'une fois, oui, tu es bien morte, mais avant, d'implorer ma miséricorde, il faut que tu satisfasses à ma justice.
« — Mon Dieu. Seigneur! m'écriai-je tout en frissonnant, qu'allez-vous ordonner de moi ?
« — Tu erreras, pauvre âme en peine, répondit la voix, jusqu'à ce que l'érable qui ombrage la tombe de la comtesse soit assez gros pour fournir les planches du berceau de l'enfant qui doit te délivrer. Lève-toi donc de ta tombe et accomplis ton jugement.
« Alors, du bout de mon doigt je levai la pierre de mon sépulcre, et je descendis pâle, froide, inanimée, et j'errai ainsi autour de mon château jusqu'à ce que se fit. entendre le premier chant du coq ; aussitôt, de moi-même, et comme poussée par un bras irrésistible, je rentrai dans cette tour dont la porte s'ouvrit toute seule devant moi, et je me couchai dans mon tombeau, dont !e couvercle se referma de luimême. La seconde nuit ce fut la même chose, et toutes les nuits qui suivirent la seconde nuit, il en fut ainsi.
« Cela dura près de trois siècles. Je vis chaque année tomber une à une toutes les pierres du château, et pousser une à une toutes les branches de l'érable. Enfin, du bâtiment et des quatre tours, il ne resta que celle-ci ; enfin, l'arbre grandit et grossit au point que je vis l'heure de ma délivrance approcher.
« Un jour ton père vint une hache à la main. L'arable, qui jusque-là avait résisté à l'acier le plus tranchant, amolli par moi, céda au fer de sa coignée : à ma prière, il fit du tronc un berceau où tu fus couché le jour de ta naissance
« Le Seigneur m'a tenu parole, le Seigneur soit béni, car il est puissant et miséricordieux. »
Le jeune homme se signa.
— Et maintenant, dit-il, ne me reste-t-il rien a fali
— Si fait, répondit la dame Noire, si fait, jetu il vous reste a achever votre œuvre.
— Ordonnez, madame, dit le jeune homme, el
— Creusez au pied de l'érable, et vous trouve,,
mens de la comtesse de Windeck et de son dis ; faites enterrer ces ossemens en terre sainte, et quand ils seront enterrés, levez la pierre de mon tombeau, mettez moi nu ri meau de buis bénit de la dernière. Pâques . faites sceller hardiment le couvai ne lo soulèverai
plus qu'au jour île mon Jugement dernier,
— Mais comment reconin i otre tombeau t
— C'est le troisième à drol I : urs. ajouta
la dame Noire en étend : le ieune hi une main
qui 8U1 '"'■ Pft] i " >>■. regardez cette
bague, vous n n oor doigt.
Le jeune homme regarda ei vit une escarbourle si pure. qu'i lie éclairait non seulement la main de la dame, mais encore s.. n bi .m " auquel, comme à la main, on n i :, n , p i] viande bl.m i heur
— U sera fait i omme vous le désirez, dit le jeune homme
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\'DRE DUMAS ILLUSTRE
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et ce <i <- lui. m
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ux et u des
la porte
a : Dieu dans tout
tin. q\n se
i homme, chantant le
• ut au pied
mm
les doux squelettes, les os
1 enfant contre les os
son fils furent inhumés en
.' 1 église le jeune homme prit au-des-
II a la dernière Paq i
■ ■ d.nu i un était maçon et l'autre
tour de i Orient.
u on le- !e> deux ,ompagnons
mais le jeune homme Uur dit ave, une telle con-
■ ut a Dieu lui-même.
mit.
qu'il avait oublié le rameau d'éi lequel H
que son rameau béntl ince il ne se trompai A pal] eut-il effleure la porte
comme si un géant ée, et que à lui et a ses deux
■- lu. le-
i lie dont ils s'étaient
.veau nomme marcha droit au troisième tombeau, et :r qu'Us lui aida
■reiit, mais leur .liaient (aire, au
lit D d'être une , lé. ils reunirent
a Biens ■' de .ouvrirent la tombe.
Elle renfermait un squeli i dans lequel le jeune
honni. i abord a reconnaître celle belle femme qui
lui aval! parlé i iquelle, comme nous l
i grande pâleur.
Dlgl il ut p escarboucle si
au monde ;
u lui mil fermant la
i\ amis à la sceller le plu ni qu'il leui bli i es di
voya-
ment.
■ i ii il ne re trace
Il Volt
i piei
le que.
ur la qu'il y aura
l'une ! qui- ; plus
quand
tn-
i de voyage rue conduisit à l'hôtel du Cor-
avait demeuré huit jours en venant me rejoindre
; e; il lavait illustré par des vers que Chapelle
ou Bachaurnont auraient donné bien des choses, s ils les
avaient connus, pour pouvoir les mettre dans leurs voyages.
îumes-nous reçus en ancienne connaissance, et
-on a notre arrivée; le maure d hôtel quitta sa
net pour venir au-devant de nous, et son partner
lui-même se leva et vint donner une poignée de main a
i qui le salua du nom de général
— Peste, mon cher ami, lui dis-je. quand nous fûmes attablés en face du pâte de foie gras de rigueur, flanqué d un
un saucisson, et de l'autre de six knatwurch, je ne i as que tous eussiez de si belles connaissances dans la ville libre de Strasbourg.
— Le général, n'esl • pas, vous voulez dire.
— Oui, le général E; lomment se nomme le général!
— Le général Garnison
— Quoique le nom soit des plus guerriers et fort bien approprié au personnage qui le porte, permettez-moi de vous dire qu'il m'est partaitement inconnu.
i , - i.n D ni local, et qui. s'il est inconnu dans le de la France, est fort en vénération â Strasbourg.
— Et a quelle occasion a-t-il acquis cette popularité?
— Tirez votre montre me dit Gérard.
— Eh bien? fis-je en lui obéissant
— Quelle heure est-il °
— Neuf heures moins un quart.
\ neuf heures, le général Garnison se lèvera, prendra son chapeau et - est son heure, et le général es:
fort ponctuel Alors vous demanderez à notre hôte de vous raconter son histoire, et il vous la racontera : en attendant, encore une cuillerée de pâté de foie gras, et un morceau de knatwurch
Comme il n'y avait pas longtemps à attendre, je pris neuf heures moins cinq minutes, j'allai me plante seuil de la salle à manger, d où je voyais jusque dans la salle de notre hôte. A neuf heures sonnant, comme me l'avait du Gérard, le général se leva, prit son chapeau, me salua el s. .ptit
J'allai aussitôt à notre bote, et le priai de me raconter l'hisl lire du général Garnison.