‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 211 sur 283 · u. Mer · texte numérisé non relu

u. Mer

i. hantemens. Grenade ; par le me de son sourire.

le nom de notre compatriote, madame • disposition comme el le premier service que je réclame de lui i la poste, où, dans cinq minutes, j charge de ts de mou cœur.

Ensuite, madame nous visiterons le Généralité et 1 V

XVIU

Grenade 28 01 tobre

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i i./ supposer que vous ave/ conservé de des corr lances ave.- une âme qui

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une la Heur, et plus loi ' elle porte le nom. semh!

liée an soleil depuis le on dans un lit d<> bruyères el de mousse muraille Si d : ilr elle

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ur* la parure dont monsieur Planard et

DE PARIS A CADIX

moi sommes enchantés, je ne répudie pas certain goût pour ces adorables fleurs artificielles, par lesquelles, pendant certaines saisons de l'année et certaines années de la vie, la femme est quelquefois forcée de suppléer aux fleurs naturelles qui lui manquent.

Grenade était donc coquette, c'est chose convenue; et malgré sa nonchalance proverbiale, elle se retournait de temps en temps pour prendre une pose nouvelle, si bien que le matin la retrouvait souvent dans une attitude bien différente de celle qu'elle avait prise le soir. Vous dire que c'était pour des yeux étrangers que Grenade s'étudiait à poser ainsi, ce serait une accusation terrible, dont moi, son ami. je me garderai bien de prendre la responsabilité. Et je suis bien (invaincu qu'à cette époque encore toutes les amours de la blanche espagnole étaient la nature et U soleil, sa mère et sou amant.

Malheureusement Grenade était couchée sur une colline, si bien que les curieux pouvaient la découvrir de loin sans être découverts eux-mêmes, et la surprendre quelque beau jour comme Suzanne au bain. Si chaste que l'on soit, quand on est d'habitude paresseuse, on ne peut pas toujours se retourner chastement dans son lit; ou montre, se croyant seule, son bras un peu plus haut que le coude, son pied un peu plus loin que la cheville ; les cheveux peuvent se dérouler tout a coup, et dans le brusque mouvement que l'on fait pour arrêter le flot d'or ou d'ébéne qui inonde les épaules, on ne s'aperçoit pas qu'un coin du voile se déchire, et que le sein blanc et arrondi se montre par la déchirure du voile. Or, qui empêche que pendant ce temps un amant, ignore sans doute, mais présent néanmoins, n'ait oolé son regard a quelque ouverture indiscrète de rocher ou à quelque clairière d'arbres, et que, doutant encore de la beauté de celle qu'il convoite, il n'ait attendu que ceiir imprudence pour se convaincre et que cette conviction pour agir?

Hélas ! madame, ce fut ce qui arriva à Grenade.

La malheureuse fille, avec cette ignorance de la virginité qui double le danger des vierges, s'abandonnait donc sans scrupule et sans honte a tous les caprices de son esprit fantasque et changeant ; mais cette innocence en plein soleil devait amener tôt ou tard quelque terrible catastrophe, et la Lucrèce andalouse devait se perdre comme la Lucrèce romaine, par ce qu'elle croyait devoir la protéger.

Par delà Grenade il y avait les mers; par delà les mers il y avait les Maures. Or les Maures ont été de tout temps les hommes les plus débauchés du monde, il leur faut toujours un sérail de villes pour leurs sérails de femmes ; ils aperçurent en se haussant sur la pointe des pieds la pauvre Grenade, qui, ne se croyant pas surveillée faisait tout ce qu'une fille ingénue peul faire, et soudain ils furent pris d'un grand amour pour la vierge espagnole Or les Maures ont l'exécution du désir presque aussi rapide' que le désir lui-même, et un beau jour que la pauvre enfant faisan la sieste, selon son habitude, ils tondirent en véritables vautours de l'Atlas sur la pauvre colombe de la Sierra et bâtirent une muraille toute hérissée de bastions autour de son chaste nid de mousse. Grenade cria pleura se défendit, voulut mourir; mais pour gens aussi experts en matière d'amour que l'étaient les méchans Sarrasins toutes oppositions n'étaient rien autre chose qu'une résistance affirmative; et en amans sensés, en séducteurs ingénieux ils ne demandèrent rien à leur nouvelle maîtresse sans lavoir auparavant enchaînée par un magnifique présent. En conséquence, ils se mirent aussitôt à ciseler deux h, joux quon appelle l'Alhambra et le Généralité A la vue de

lt*«"' /:''enade flt '" ■»'•* fait toute femme elle baissa le front ; mais en baissant le front ses veux se portèrent sur le Xenil. Le Xenil avait ce jour-là de l'eau mu'.ifT''1,- C;''en'^e ? vlt aïec sa ™u^"e Parure. «

étaft GrenX 'n dlS6nt ^ °"S; Car ,1auvre <"m™ elle était, Grenade ne pouvait parer son front que pour v cacher une tache; de plaisir, disent les autres: car coquette comme nous l'avons vue. un si merveilleux diadème devait la faire sans remords du moment où il la faisait*^

Toujours est-il que, fatiguée de la lutte, elle se recoucha

,e,,eSeEtC?ou.lnre "" ^ m°'nS ****• ™iS ™ ^p - Dme Et tout ce que nous pouvons dire aujourd'hui nous

eùr uiT''aS SS T™ "" fT*"* Cest <>"» ™ «*£ iieur lui va, a elle, comme à bien d'autres à ravir et „,,<.

3ÏÏM? fÛmeS raS tr0mpés ™»s nui et on ar vés vers Fn ,£t°l,P T'nS rar Sa Vi^iniW «ne par sa on te. En effet, madame, soit jalousie soit avarice les Fsn-, gnols en reprenant Grenade ont f,it „»,, i , P

elle et ses rïi„- i„ Hfr^ l ' Deu de choses pour

Slffn eTdét VT Sterne, à tous les bonheurs excès-

omme à travers le crépuscule pour arriver à la nuit n i.nn donc qu'avant d'arriver avec moi a l'Alhambra et au Généralité, vous fassiez la même route que moi Ne vous nquiéte2 point, madame, la route est charmante et si vous ta trouvez longue, la faute en sera bien certainement a moi.

Nous trouverons sur la route d'ailleurs, une petite raai- 5 [«'on appelle cl Carmen de les Siete Suelos. En Espagne tout le monde est noble ou a l'air de l'être, hommes et maisons. Or, Carmen de los Siete Suelos est, dans cette chaîne non interrompue d'étonnemens et de merveilli

luisent à l'Alhambra, un des plus charmai], mneaux

que je connaisse.

Et cependant Carmen de los Siete Suelos avec son doux nom n'est qu'un cabaret, madame. Hélas ! oui, un simple cabaret; mais nous avons à ce cabaret trop de reconnais sam e pour ne pas vous en parler, et je vous sais trop artisle pour m'exposer à ne pas vous le décrire.

Figurez-vous en sortant de la porte de Grenade, c'est-à dire après avoir marché pendant dix minutes sous' un ciel de tôle rougie et sous un soleil de feu, figurez-vous ma dame, se dressant devant vous comme par enchantement une allée large, ombreuse, ascendante. De chaque côté de cette allée des arbres qui se rejoignent au-dessus de la tète des promeneurs, enlaçant leurs branches comme des amis qui se donnent la main. Plus de soleil, mais seulement des langues de lumières qui, tamisées par les feuilles, éclairent doucement la route sans lui rien ôter de sa fraîcheur et impriment aux choses et aux individus cette teinte chaude et vivace que jusques aujourd'hui, je n'ai trouvée qu'en Espagne. Au milieu de tout cela, des fleurs avec des parfums à faire damner un sage, des oiseaux avec des chants à faire croire un athée.

Cette allée peut avoir cinq ou six cents pas de long Au bout, de cette allée le soleil éclate de nouveau "dans toute sa force et dans toute sa volonté, montrant une petite maison blanche, au pied de laquelle coule un ruisseau ; sur sa muraille s'étend une treille, à l'ombre de laquelle presque toujours cinq ou six Grenadins, paresseux. Dieu merci ! comme Grenade leur mère, absorbent la chaleur, les parfums et les chants, rendant en échange à la nature qui leur donne cette fête éternelle, l'éternelle fumée de leurs cigaritos. En Espagne comrc en France, et plus même qu'en France, madame, la fumée du cigare est la vapeur de cet alambic humain où toutes les choses de la nature travaillent et se transforment.

Si vous suive/ cette, allée jusqu'au bout, madame, vous allez au Généralité ; si vous vous arrêtez à la venta de los Siete Suelos, et qu'après avoir jeté un coup d'œil sur cette riante maison vous tourniez brusquement à gauche et que vous continuiez de monter, vous allez à l'Alhambra. Nous allions d'abord au Généralité.

Mais arrivés à l'angle que forment les deux allées, imus entendîmes le cabaret dont je vous parlais tout à l'heure, lequel chantait si gaiement au soleil, en s'accompagnant de castagnettes, que nous nous arrêtâmes tout court à regarder cette maison éclatante de blancheur, sur laquelle se balançait gracieusement la silhouette mouvante des feuilles bercées par la brise de la montagne. Ce qui donnait surtout un caractère étrange à cette maison, c'é'tail une longue grappe de pimens rouges pendante à l'une des fenêtres; on eût dit une fantaisie de Decamps. On montait dans le jardin par trois marches, et alors on se trouvait sous cette treille défrayée par un seul pied qui montait en se tordant comme un serpent noueux autour du tronc d'un figuier, et qui courait de folâtre et vagabonde façon à travers le grillage de bois que le maître du logis lui avait fait faire pour s ébattre tout à son loisir. Sous cette treille étaient plusieurs tables, ni plus Tiches ni plus pauvres que les tables de Montmorency et de Saint-Cloud, c'est-à-dire se composant de quatre troncs d'arbustes plantés en terre, de deux planches clouées sur ces quatre troncs, et d'une nappe trop courte. A l'une de ces tables, dont par prudence sans doute on avait cru. devoir ôter la, nappe, buvaient deux Bohémiens, deux purs Bohémiens, madame, je rou réponds d'eux, et sur trois ou quatre autres réunies en une seule, s'offrait un des plus gracieux spectacles que les yeux de l'appétit aient -jamais aperçus ci appréciés,

Des couverts en nombre égal à notre nombre, des a tes représentant la prise d'Arcole, la mort de Virginie et les amours de la jeune Adèle, étoilaient clrculairement la table de leur zodiaque .appétissant ; un vin qui semblait de la topaze en fusion brillait, dans des carafes transparentes; enfin des hors-d 'œuvre au vinaigre, dont la seule vue transformait l'appétit en faim téroce, brillaient aux mouvans Cayons du soleil que la vigne voulait bien laisser tomber sur la fable- Tous les regards -e portèrent sur Couturier. Alors il nous avoua que c'était une surcrise qu'il nous avait, faite. Je vous laisse à juger, madame, vous à qui

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