‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 216 sur 283 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

danse

t !eo nomma le spe Il fallut se

"isUque q-

impossible qu'un

•are ur

-pression L

qu'on se :

.:• seul, ; .

- ■ la espar le taureau, ce qui grand suce es parmi nos compagnons, e; ce qui dû: -sa3.es de la montagne en laissant la

.:..". e dernier exe -; - - -ircee de enasse :

. rentrés dans la

riantes, a 1 aux était: -ir.s les bru

e de ! noriaon •.

des cabanes, 1 retends -

■ ■ - dormir que je commençais à eprou'

demi-oeure - dans la somt

:njure de leur causerie no aux resr

uj endormis a mon tour.

le ma cal:.

au-dessus même de ma tête, un bre .jui me re-

. trou dai

'.exal qui. reTe.

vlors un regard autour de i aroldo ar

monceau de cen-

la profondeur de la moatane

Demaroiles a rnar

• -■ paresseux i

-~er.lt- On

i*qu'à la i de l'eau dai

.:. morceau - .?

ir : — -• Jonuna^er de c«t< péatu

DE t'ARiS A CADIX

Tenaison, la nature étalai: devant nous des splendeurs Infinies ; tantôt c'était une vallée avec tous ses accidens d'ombres et de lumières, et ses étroites échappées au fond desquelles on voyait à travers un horizon bleuâtre un morceau de plaine avec quelque village pittoresque ou quelque maison de campagne isolée et perdue sous des orangers ; tantôt c'était une succession de prés qu. - uce mer de ver-

dure, aux vagues gigantesques, se perdant dans des horizons infinis et tout cela par momens, silencieux, magnifique et solitaire en apparence, comme si jamais le p:ed de l'homme n eût osé atteindre ces hauteurs.

vapeur qui nous menaçait de nous enlever toute lumière avant une heure ou deux II . it donc décidé que cette nuit encore on coucherait dans ies baraques, et que le lendemain, deux heures avant le jour, ou se mettrait en route pour Cordoue.

Cette détermination interdisait toute M>te pareille à celle de la veille ; d'ailleurs, deux soirées semblables ne se repliement pas ; d'ailleurs, la fatig'i étal riant comme les esclaves des triomphes antiques : • Souviens-toi que tu es mortel. ■ Chacun s'arrangea de son mieux dans son manteau, son burnous et sa mante, on veilla a ce que i

.Nous quittions les dernières rampes de la sierra.

Toute la journée se passa pour moi à suivre et à admirer succession de tableaux, plus merveilleux les uns que les autres, et. pour nos amis de la montagne, à s'entêter à la chasse. Les battues succédaient aux battues, la colère avait succédé à lenthousiasme : ils tenaient à réhabiliter leurs montagnes dans notre esprit ; pareil malheur, disaient-ils. n'avait jamais poursuivi une chasse dans la sierra.

Vers les quatre heures nous revînmes aux baraques : on avait tué dans cette seconde journée un loup, deux chats sauvages et un second sanglier.

Nous nous mimes à l'œuvre culinaire, dont chacun sentait l'importance ; en un instant les feux furent allumés, des tranches de venaison rôtirent, les œufs brouillés se coagulèrent dans les casseroles, les foies de cerf et de sanglier sautèrent dans la poêle. L'intention de chacun ét-iit bien de partir aussitôt après le souper, afin d'être à Cordoue vers minuit ou une heure du matin ; mais au fur et à mesure que les estomacs se remplissaient, cette douce langueur qui s'empare des organes pendant la digestion nous visitait peu à peu ; puis le dîner dura plus longtemps qu on ne s'y attendu ; puis enfin la lune, sur laquelle nous avions compté pour nous tirer de tous les mauvais pas dont la route était semée, la lune se leva entourée d'un cerde de

et Desbarolles, que je m'étais engagé par lettre à rendre à leurs familles avec 1 usage de tous leurs membres, ne couchassent point dehors comme ils avaient fait la veille. On alluma d immenses feux, autour desquels se couchère: rabatteurs; on fit lappsl des ânes et des mulets; Paul compta son argenterie, et l'on s'endormit. A trois heures, on nous réveilla : c'était l'heure que nous avions indiquée la veille.

Pendant la nuit une résolution avait été prbe.

Ravez et les plus acharnés chasseurs, honteux du peu de résultats de la chasse, avalent résolu de rester encore une journée; malheureusement ils nous a. ii : dit cela au moment où nous achevions de presser les dernières outres et de ronger la dernière carcasse de dinde, de sorte quo les laissions avec quelques croûtes de pain et l'eau de la fontaine, voilà tout ; heureu- mon: les vrais chasseurs n'y regardèrent pas de si pr^s

Nous primes congé de nos botes, lesquels avaient été pour nous, cette seconde nui:. 1 une complaisance et d'une at entlon égale à la première Je me détournais pour chercher dans ma bourse deux ou trois onces que Je voulais distribuer aux rabat- Mo. qui s'aperçut de mon intention, me mit la m.^iii mit le bras.

— Que faites-vous? me dit-Il.

NDRE DUMAS ILLUSTRE

■ pondis Je.

roil justement, que je vous le

1 habitude en Espagne de payer

les ra-

attireriez un refus,

braves gens ont recevoir: donnez-leur La main, si vous ne P déroger, m -m seule.

.die. et je priai Pa- ■lOtes.

Ils [, nous faire

- il- : mais, sur l'objec-

que Je leur lis de la nécessité où j étais de partir le

lendemain i I mirent en signe de regret.

de son côté, tenait fort à revenir a

• une foule de raisons pour me

>nt que nous fussions de retour avant

.lu matin.

■ .up de déférence pour les raisons

nient iKiur i elle* qu'il me donne,

■ in il ne me donne pas. Je demeurai donc

h -t Inconnu le rappelait à Cordoue. et -nal dit départ.

rai point pour vous attendrir, marlami mu. el mol nous nous quittâmes en pleurant, n allerenl i e la, mais néani

Lieux eurent quelque 'h le Lrlste U étal •

otu ne reverrions Jamais c 'le la montagne

jj qosii as depuis deux

ils ne nous reverratent jan

rien de profondèmenl mme de se

■ mm ■ - 1 1- depuis deux jours

.uni- us vivre avec eux des années encore ; nous nul ensemble; nous allons nous quitter dans cinq mil quand le premier tournant se sera placé entre eu - quand nous les

lus de vue de ce moment, te sera chose i u éternité, el i">u- ne nous reverrons plus. » ique chose de pareil DJU • ' peut-

hommes : car tandis i de deux d'entre eux, nous commencions à

• idn le monticule assez élevé sur lequel était a-s-is i .iiiiii il- i qu'ils

.Mit flamboyer au-dessus de leur tête demeurer plus longtemps visibles dans la nuit.. \n bout de dix minutée

• terntté doni je roue p heure,

■ nous séparai! ois d un instant.

Eh bien I pendant cette éternité ou plutôt iiendant la iiiiini ■ ml que le désigne orguelUeuse-

u, messieurs les académiciens, mes- 1 i ■ trs ii- pairs de France, ail

'■illers d'Etat, messieurs II ' m" messieurs les ministres; allez, et es-

illu nom fui >i roue rem

ins Vus m.iji j seront reçues.

mes deux |. .un que le

1 ' len de urne à

que le mt ia regagn&mes l<

lu n

|>llls

de lin'-

- que • rolte ;

opes de

el qui fut tes de

'illti- qui |

• "S la

de Benjoin

nu glU

trouver notre chenr

Bayonne à Tunis, a La trace de nos hardes, comme le petit Poucet retrouvait le sien à laide de ses petits cailloux.

Une difficulté s'offrait à notre départ : les voitures de Cordoue à Séville ne sont que des voitures de passage, et Ion ne peut y assurer de places.

Or, nous étions sept, y compris Eau de Benjoin, et si peu que soient peuplées les voitures espagnoles, c'était nous hercer d'une trop douce illusion que d espérer que nous trouverions sept places ensemble.

Nous allâmes en tous cas à la diligence et à la malleposte retenir pour le lendemain tout ie qu'il y avait de places disponibles.

Notre entrée dans Cordoue n'avait produit d'autre efTet que celui de notre course et celui de la chute de Giraud ; on ne nous attendait pas. et quoique notre départ pour la sierra eût fort einu La population, notre retour était resté assez inaperçu ; mais tout en rentrant, nous avions annoncé pour le soir le retour de nos compagnons restés ie nous, de sortie que vers les cinq heures, heure indiquée, lorsque nous-mêmes nous présentâmes, nous trouvâmes les portes littéralement encombrées.

Au bout d'une demi-heure d'attente, et comme le crépuscule commençait a tomber, nous entendîmes, a un quart de lieue à peu prés de la ville, la détonation de deux ou trois coups de fusil.

( fiaient nos chasseurs qui annonçaient ainsi leur arrivée.

De grands cris répondirent à cette détonation ; la ville son poste.

Les cornets sonnèrent.

'liasses dans la sierra se représentent quelquefois, et sont toujours pour la ville une grande occasion d'émoi.

Qu'avez-vous vu? qu'avez-vous fait? qu'avez-vous tué? » Ces questions volent sur toutes les bouches : la Sierra Movena est presque aussi inconnue de la plupart des habitans de Cordoue que l'était l'Amérique des habitans de Burgos, de Séville ou de Valladolid en 1491.

Enfla, les coups de fusil se rapprochèrent, les premiers chasseurs | i niant l'avant-garde et tirant des coups

de fusil, sans autre intervalle que celui qu il leur fallut pour charger et décharger leur arme; entre eux el l'arrière garde marchaient quatre ânes chargés de gibier et accom- - de chasseurs à pied et sonnant de la trompe.

Le gibier se composait de deux cerfs, d'une Liche. de deux sangliers, el de deux chats sauvages gros comme des petits tigres On avait recouvert de feuillages les portions que nous avions déjà mordues dans les sangliers et dans les che-

Les chasseurs de l'arrière-garde faisaient avec leui ■pettes uni- fusillade non moins bien nourrie que celle exécutée par les ' bosseurs de 1 avant-garde. Les eulans de la ville accompagnaient le tout d'acclamations presque aussi bruyantes que les décharges réitérées des chasseurs.

Havane et la foule dont elle était accompapour franc liir la porte comme dans un lamluoir, puis, la tête du serpent sembla trouver l'ouverture, et s'engouffra sous la roùti paraître de lautre coté

la rue presque aussi étroite que cette voûte. Dans la rue. les coups de fusil cessèrent, mais la population augmenta

Le rende/ TOUS était â l'hôtel de las Diligensas. Pour nous Caire honneur, on nous apportait le gibier, dont on nous offrait la meilleure part.

Malheureusement nous étions décidé- a partir le. lende-

•' n n'en pûmes profiter pour nous-mêmes. Nous

nous i de fane dépecer un sanglier, et d en en-

les quatre épaules et le filet dans les quatre ou cinq maisons où nous avions été présentés. Ni "i- avli - un souper qui ne fut pas inu-

ireux chasseurs mouraient de faim; dans ious ' tions de leur séjour prolongé, nous bu et tout mangé la veille; depuis la veille Ils récn de croates de pain trempi l'eau.

Con ' ses habitudes, à la lin du diner, Alexandre

.- ■ Il]

nés en remettant nos adieux au lendemain, et nous liâmes Uexandre manquait tou-

une heure du matin nous fûmes réveillés par la peni Jouait un air.

rhe î iu milieu di i Me:

était rentré.

Adieu, madame. Je vous ■ rnières lignes de cette

au milieu des adieux de m unis II est midi,

is vi rendre qu'il existe une place dispo-

nible dans la malle-po m'en insistant bieD on don-

i n n de nous le cabriolet du icteur et quatre

dans la diligence.

tout ce qu'il nous faut Vous connaissez la malléa-

■ l'.uil : on le fli i lliia romnie un paquet, on le

I " he. et un sera à lui de se défi-

iii inteau comme fit votre pauvre ami Edmond

DE PARIS A CADIX

Hautes, quand on le jeta du haut du château d'If à la mer.

J'appelle Alexandre pour qu'il vienne se mettre avec mol à genoux au bas de cette lettre, mais Alexandre est redis paru.

Ces absences m'ont bien l'air de cacher quelque mystère erotique qui se révélera en temps et lieu.

Ma prochaine lettre sera datée de Séville.

Séville, 8 novembre 1846

Ah ! madame, priez pour ceux qui voyagent sur la route de Cordoue à Séville. et réciproquement, comme on dit en termes de poste.

De tout mon corps, je ne puis plus remuer que la main droite, et encore est-ce à lorce de précautions, parce que j'avais promis de vous écrire, et parce que je tenais à garder ma promesse.

Hélas : oui, madame, on consentit à déloger le conducteur au bénéfice de l'un de nous: il y eût même à ce sujet, entre Boulanger et moi, un combat de générosité à qui prendrait cette malheureuse boite collée comme une loupe au front de la malle-poste ; un combat près duquel celui de l'ythias et Damon était certainement bien peu de chose.

Boulanger l'emporta en alléguant qu'il était de dix-sept jours plus Jeune que moi, et que par conséquent la meil leure place m'était due comme à son aîné. Je cédai : en le démentant j'eusse eu l'air de vouloir cacher mon âge, et c'est une faiblesse que je n'ai pas encore, quoique, pour me distinguer d'Alexandre, j'aie le désagrément de m'entendre généralement appeler Dumas d'ITtique par nos compagnons de voyage.

Espérons, madame, que je ferai meilleure fin que le nouveau patron que l'on m'a donné depuis mon entrée en Espagne.

De mes autres compagnons, c'est-à-dire de Maquet, de Giraud et de Desbarolles, je ne puis rien vous dire, attendu que je suis parti une heure avant eux et qu'ils ne doivent arriver que douze heures après moi.

Revenons donc à nous.

A midi, Boulanger s'installa dans sa boîte et moi dans la mienne ; toute la différence qu'il y avait entre nos deux boîtes, c'est que celle de Boulanger était petite et la mienne grande, celle de Boulanger solitaire et la mienne habitée.

Le conducteur avait pris place à côté du postillon, sur une petite planche collée en avant du coupé.

Les habitans de la grande boîte, c'est-à-dire mes compagnons de voyage étaient, l'un un négociant français, nommé Poutrel, qui avait assisté au fameux dîner de Madrid; vous savez, madame, celui où l'on fuma au dessert pour cinq cents francs de cigares.

L'autre était un gentilhomme de Séville, arrivant d'un voyage d'Italie et regagnant ses pénates.

C'était une bonne fortune que ces deux compagnons de voyage, l'un parlant avec moi de la France que nous quittions tous deux, l'autre me parlant de Séville où nous al lions tous trois.

Dès qu'on m'aperçut, il y eut entre le gentilhomme espagnol et Poutrel un autre combat faisant pendant à celui qui avait déjà eu lieu entre Boulanger et moi.

Comme j'étais arrivé le premier, je n'avais droit qu'à la place du milieu. Chacun de mes deux compagnons voulut me donner son coin.

Je les al soupçonnés depuis, pardon de cette mauvaise pensée, madame, je les ai soupçonnés depuis de savoir ce qu'ils faisaient.

Je me débattis longtemps : enfin, comme j'avais fait avec Boulanger, il me fallut céder. J'optai pour le coin de Poutrel.

Je pris ce malheureux coin, et je m'y installai.

Après force adieux à nos compagnons qui, une heure après moi, devaient prendre la même route, nous partîmes.

Notez, madame, qu'Alexandre n'a point reparu. Je le demandai, je le clamai, il ne parut, point.

La voiture partit.

Aux premiers tours de roue, je commençai à soupçonner dans quel abîme de douleurs j'étais tombé.

La malle-poste, qui allait comme le vent, bondissait sur le pavé de Séville comme si les roues eussent été en gomme élastique : par malheur l'intérieur était assez parcimonieusement rembourré pour que tous ces bondissemens-là eussent un grave inconvénient.

Comme je connaissais de longue main le pavé des villes espagnoles, cela ne m'Inquiéta point trop d'abord Mais une fois sur la grand'route. quand je vis que cette danse continuait, je pris de graves inquiétudes

Mes deux compagnons paraissaient parfaitement habitués à cet exercice, et ne se plaignaient même plus.

J'entendais au-dessus de mol B anger qui, de son côté,

tlan-ait dans sa boîte comme une noisette dans sa coque.

De temps en temps un cri d'impatience ou un gémissement de douleur me prouvait qu'il faisait son apprentissage; l'apprentissage lui paraissait rude.

J'interrogeai mes compagnons. Poutrel en était a son dixième voyage en Espagne.

Quant au gentilhomme, il était E p

Je les trouvai donc assez peu sensibles à mes plaintes.

Cet état de choses devenait grave. A moins que js ne voyage avec quelqu'un dont la conversation m intéresse énormément, j'ai cette bonne ou mauvaise habitude, la chose peut s'envisager sous l'un ou l'autre point de vue, de dormir avec acharnement du moment que j'ai nus le pied dans une voiture.

Il semble que je profite de ces momens perdus qu'il faut consacrer à la locomotion pour me rattraper de ce sommeil, après lequel, dans les circonstances ordinaires de la vie, c'est-à-dire quand je travaille quinze heures sur vingtquatre, je cours toujours, sans l'atteindre jamais.

Je m'empaquetai la tête de tous les foulards que je pus trouver, puis, par-dessus mes foulards, je tirai mon capuchon, j'espérais ainsi amortir les coups.

Tout fut inutile; au bout d'un quart d'heure de déception, Je fus forcé de reconnaître l'impossibilité où je me trouvais d'appuyer ma tète contre les parois de la voiture.

Force me fut d'imiter l'exemple de mes compagnons. Poutrel se suspendait des deux mains aux réseaux -lu plafond, ce qui le maintenait dans une position verticale ; le gentilhomme espagnol avait passé son bras dans une embrasse, et à l'aide de ce contrefort il éloignait les os de sa tête de tout contact.

II me restait à causer et à regarder le paysage.

Je causai le plus longtemps que je pus, de la France avec Poutrel, de l'Italie avec le gentilhomme espagnol, mais toute conversation a sa fin, et force me fut de revenir au paysage.

Malheureusement, de Cordoue à Séville le paysage n'a rien de pittoresque.

Puis un inconvénient, plus qu'un inconvénient, un malheur vînt se joindre à ceux qui nous poursuivaient déjà.

Une pluie, une de ces pluies comme on n'en voit que dans les pays méridionaux, commença de tomber du ciel.

Il n'est pas, madame, que vous n'ayez lu dans la Genè-e la description du déluge universel qui arriva l'an ... Eh bien '. le déluge universel était une bourrasque en comparaison de ce qui se passait entre le ciel et la terre, sur la route de Cordoue à Séville, hier mercredi 7 novembre 1846.

C'étaient des torrens d'eau, avec accompagnement de tonnerre et d'éclairs comme je n'en ai jamais vu ni entendu

JY-iis un instant l'idée que Boulanger allait être noyé dans sa boîte, sans que ses cris pussent être entendus au milieu de cet affreux tapage, et je fis arrêter la voiture pour l'interroger. Heureusement son réceptacle était à claires-voies, et rendait par en bas ce qu'il recevait par en haut

Je lui passai mon burnous et ma mante pour le fortifier encore contre la pluie, et la malle-poste reprit son chemin.

La nuit vint. La pluie, qui semblait ne pouvoir augmenter, redoubla de violence.

Comment je passai cette nuit, tantôt jeté sur Poutrel. tantôt renvoyé contre les parois osseuses de la voiture, c'est ce qu'il me serait impossible de dire. C'est une de ces nuit? qui, après avoir laissé des marques par tout le corps, laissent un souvenir dans toute la vie. Certainement, si Dante eût connu ce mode de locomotion, nous eussions vu dans son Enfer quelque damné, et des meilleurs, comme dit Hugo, grinçant des dents aux portières de la malle-poste de Séville.

Cependant il y a une chose remarquable, c'est que le temps passe dans la bonne comme dans la mauvaise fortune. Le jour vint, les torrens de pluie continuaient; on ne voyait le paysage qu'à travers un voile, nous avions travi i Iclja et Carmona sans que je fusse en mesure de donner la moindre attention à ces deux petites villes, enfin au point du jour nous aperçûmes Alcala.

Tout le souvenir qui m'en reste, madame, au milieu de I'étourdissement que l'éprouvais, ■ d'un vieux

château sur une montagne qui m'a paru encore plus vieille que lui. Au pied de cette forteresse, d °nt

l'aspect le plus pittoresque, coule au fond d'un ravin une rivière qui, sous prétexte qu'elle a un peu plus d'eau que les autres, fait grand bruit.

Mais je dois l'avouer, ce qui me frappa le plus agréablement, dans tous le emens que j'obtins sur Alcaia c'est qu'Alcala n'est qu'à trois lieues de Séville.

A la dernière porte, on nous arrêta pour demander si monsieur Alexandre humas était parmi les voyageurs: monsieur Alexandre Dum S se montra en cachant de son mieux les bosses dont son front était orné.

DE PARIS A CADIX

'.NDRE DUMAS ILL1

mar-

. ,,, haine

retari le la

miers gentllsnomm avait

de l'Anda-

i . de lui.

ilns galant pour je ne comère France,

•int.

•■.ville s'était étendue

Poutrel et moi

pour

B, ou il y a des

devant des

rfalte i|u ils ont

pas demander de ses noumorceaux.

:ion avaient passé la jour-

niiu Qui venait de s'écouler, Le der-

: ur ne

ivant de support à la boite

I raies

ut par les deux

nbes du pantalon.

ic-min, nous nous poussâmes si-

• t moi ; nous venions d'apercevoir la

: la première et la dernière chose grande part du

o ha vlsto a Sevilla, Vi lia vlsto a maravilla.

re, « Qui n'a pas vu Sêville n'a pas vu une mer-

i a son i ii-iix palais Ptee Herculanum et l'ompéi, Grenade i mosquée.

aida

roi, er même de mainte fait air granit, que pour cette sœur de • lier qu'on appelle la Olrald

in . h ii'iii.iiii nom que la Giralda; Us quand Ils la bâtirent en l'an nul' année même où les

nui ne le sali :

mcT-

: tous

nme le Coran . seule

■ . sui chaque (aci et qued-

ds de haut. Autre

(orme

m quatre boules de

'M ne Jusqu'à la-

de la tour

ni les

'ne une (ri

mervetlleui d

: "ur se reposer i le point le

plus proche du •

lout cela, madame, que la Giralda se présente avec un ton rosé que je n ai vu a aucun monument, comme si elle voulait, mauvaise chrétienne qu'elle sera toujours, faire pâlir sa sœur, la tour Vermeille de Grenade.

A mesure que nous approchions de Séville, les cactus et les aloès, un instant oubliés, semblaient renaître, ces énormes i ions, abritées de temps en temps par l'ombre d un palmier, donnent aux plaines un aspect de splendeur inouïe; enfin, comme pour ajouter un suprême caractère au paysage, à gauche de la route s'élève un de ces aquedui s ci mine On en voit courir par fragmens Isolés dans ce magnifique désert qu'on appelle la plaine de Rome.

\n reste, une lieue avant Séville, Séville est déjà Séville. c'est-à-dire la ville du bruit, de l'animation, de la lumière; tout au contraire des environs de Cordoue. où les routes semlii lire a quelque Nécropolis moderne, les

après de paj mulets, d'arrléros. de bohémiens, de contrebandiers; tout cela rr nte, tout cela gratte des guitares et

dos mandolines, s'interrompant pour se con-

naître lire: ■ Bonjour, al Dieu On dirait

que tous ces gens sont si heureux, si route nx de

qu'ils ont sans cesse, par le son même de leurs voix, besoin de s'assurer qu'ils vivent bien réellement.

Nous suh roupes, ou plutô; ions au mi-

lieu de toutes ces troupes, car notre malle-poste n'avait pas diminué de vitesse, en bondissant comme une boule qu'on fait rouler sur les pavés ; et, chose incroyable, tous ces gens que nous manquions d'écraser, qui se jetaient de . oté emportant leurs enfans, tirant leurs m tomber

leurs fardeaux, tous ces gens riaient, jetaient des fleurs à notre postillon à qui, en France, on eût | >rres.

puis, c'étaient des andalousades. des rires, des plaisanteries qui nous poursuivaient aussi loin que nous pouvions les entendre.

Enfla, nous entrâmes dans la ville, qui me parut au premier aspect avoir le défaut d'être vouée au jaune; il est vrai que le jaune est la couleur nationale de l'Espagne, mais cette i i si bl i < Itrons et aux oran-

ges, me parait on ne peut plus disgracieuse pour les millur les maisons.

s toujours dansant, sautant, bondissant, à l'hetel où nous devions nous arrêter ; nous sautâmes en bas de notre coupé, et reçûmes dans nus bras Boulanger-; nul s'élai i première de sa boite.

Boulanger nous a affirmé, madame, qu'une poste de plus. <»t 11 devenait fou.

Vlieu madame Vous voila tranquille sur deux de je puis donc sans remords prendre un bain et me mettre au attendant nos compagnons.

in je vous parlerai de la perle de l'Andalousie: tout tte heure, c'est que nous sommes logés calle de la Snrpe. que nous habitons l'hôte! de l'Europe, et que notre hrite se nomme Rica

•m. d'origine Italienne, me donne quel oies espérances nourriture.

Séville. 10 novembre.

arrivé parmi tous les

doute .m ne vous ave? la b >nté

iur moi à la Providence, s'il vous est arrivé,

r un bon se, uhalt a été

■ .Val dormi doii7e heures, et Je me suis réveillé vers

;oi illègre et moins marbré que Je

étalent arrivés depuis cinq heures. moins \lex lies; Ils se sont endormis

réveillèrent A leur tour vers cinq heures du matin

l'ai pu avoir des nouvelles, non seulement des présens. maK encore I

■ a sont moulus, comme de raison, quoique la dl- ; moine dure que l.i malle-poste, non point qu'elle

suspendue, mais elle est plus lourde iv absens l>-s nouvelles sont qu'on n'a aucune nouvelle d'eux Au moment du départ Alexandre a manqué

■ •' simplement à l'appel, et Pesbarolles "a déclaré. Dpagnon dévoué qu'il attendrait qu'Alexandre se

rat, et qu'il ne reparaîtrait devant mol qu accompagné d'Alexandre.

DK PARIS A CADIX

Je crois décidément, madame, que Desbarolles est le meilleur de nous tous.

Je tous disais donc ni éveillé vi heures

de la. nuit. Je ne savais pas- trop, je i m'éveillant

où j'étais. Je regardai autout de i ■■ , . cis mi en; rayon de lune qui illuminait les ténèbres de ma chambre en traversant le salon.

Je passai un pantalon à pieds, je ci i ; pantoufles

et je suivis le rayon de lune, qui me conduisit droit a la porte.

te porte était ouverte! Vous figurez-vous, madame, une de salon, donnant sur imbre, ouverte, le

10 novembre? Vous frissonnez, n'est-ce pa ien on a cette idée ?

Je franchis le seuil de cette porte, et je me trouvai sur une galerie intérieure qui fait tout le tour du patio. Elle est ;■ des arcades de marbre, et donne sur un jardin de trente pieds carrés.

Ce jardin est complètement rempli par deux ou trois orangers chargés de fruits.

En face de moi, appartenant a la maison voisine, s'élève une espère de mirador, dont les faïences reluisent aux rayons de II lune comme les écailles argentées d un gigantesque pois

Je n'ai rien vu de calme et de charmant comme cette nuit. La lune, qui avait à se venger de trente-six heures de pluie. régnait en dominatrice au ciel, et répandait une lumière égale a celle d'un jour d'Occident. Seulement, cette lumière était plus douce, plus sereine, plus harmonieuse. Tous les bruits de la journée, cris de marchands, roulements de voitures, froissemens de pavés, mouraient pour faire place aux bruits mystérieux de la nuit. De temps en temps, le frémissement d'une guitare passant dans 1 air, secouant quelques notes rieuses, égrenées au bas d un balcon et emportées par la brise, au milieu des arômes flot-ans des citronniers et des jasmins. On sentait que toute cette ville, si' joyeuse le jour, gardait une partie de sa gaîté pour son sommeil; qu'une partie de ses habitans veillait pour aimer, et que l'autre dormait pour rêver d'amour.

Il y avait justement, sans doute dans la prévoyance de ces belles nuits, tout autour de la galerie, de longs canapés disposés pour la sieste. Je me couchai sur l'un d'eux, et les yeux noyés dans cet azur, au fond duquel à chaque instant mon regard obstiné voyait éclore une nouvelle étoile je me laissai bercer à ces mélodies lointaines et interrom pues, que venait de temps en temps interrompre le bruit des horloges nocturnes, dont le son clair retentissait â chaque quart d'heure, comme si quelque oiseau de bronze touchait, en passsant, leur timbre du bout de son aile.

La ressemblance était d'autant plus grande, qu'à Séville comme partout, jamais deux horloges n'ont sonné ensemble. Vous savez, madame, le mal qu'eut Charles-Ouint à régler ses douze pendules ; il pensa devenir fou, lui qui avait réglé les quatorze ou quinze Espagnes, sans compter les Flandres et les deux Indes.

Le jour me trouva couché sur ma galerie. Toutes mes. belles pensées philosophiques avaient fini par tournoyer dans ma tête, comme un vol d'oiseaux à la fin du jour, et par se fondre dans un supplément de sommeil, qui. en véi it, n'était pas de luxe après nos deux nuits de la sierra et notre, nuit de malle-poste.

A huit heures, on me dit que monsieur Henry Buisson me demandait.

Je me rappelai alors qu'en quittant Madrid, notre bon papa Monnier m'avait donné des lettres de recommandation pour toutes les villes d'Espagne par lesquelles ie devais passer.

Une de ces lettres était adressée à monsieur Henrv Buisson.

De son côté, monsieur Henry Buisson avait été avisédireclemeni, comme on dit en termes de commerce, et il ac rait

Deux fois il était déjà venu la veille, et deux fois nn lui dit que je dormais.

us est-il arrivé jamais, madame, de voir entrer che2 vous une personne absolument inconnue, et daller droit à cette personne comme à un ni? Le cœur, en i

a des pressentimens étranges.

Buisson est encore un de -es pauvres Français exilés au nom du commerce et de l'industrie: et si séduisante et si hospitalière hôtesse que soit Séville, il regrette cette bonne France, que nous maudissons tous quand nous y sommes, mais dont nous ne savons pas nous passer.

Notre compatriote venait se mettre à notre disposition • nous le prîmes au mot. ou plutôt moi je le pris au mot Dix minutes après, il avait fait connaissance avec toute la caravane, à l'exception des deux traînards restés aCordoue.

Madame, vous connaîtrez un jour ce cher Henry Buisson, car un jour a son tour il viendra me voir a Paris: al as seulement vous saurez de quelle complaisance parfaite, de quelle abnégation de lui-même, de quel dévouement pour les autres son cœur est fait.

A partir de ce moment, il ny eut nuis pour Buisson ni

temillet ni i m mi i amls

nous le : rîmes à nous et pour nous D irmantes nièces

a ne le virent plus que , ,, „., perdus et se-

momens perdus furent rares: , étaient ceux où nous le i. , liions

! nous apportait, au reste, une excellente nouvelle Mon

i ■ ci le Chiclanero, ces deux soleils de la tauromachie don:

• -une ei dont i autre se par la même voiture que Maquet et Girau : b tnt que

je m'arrêtais à Séville, me faisaient dire que sl JV Vouliidemeurer jusquau dimanche suivant, eux an, : v demeure raient et donneraient une course de taureaux.

La proposition était d'autant plus flatteuse, qu'elle amenait une dérogation à toutes les Habitudes espagnoles. Passé le mois d'octobre, il n'y a plus de courses en Espagne d abord parce que le temps devient variable, et que les taureaux perdent de leur férocité. Aux courses ardentes, il fam (lent soleil de juillet et d'août. Aux approches de l'hiver e taureau s'engourdit, et de féroce devient boudeur et quin teux. La proposition de Montés et du Chiclanero, déjà con ïuti n6 t0Ute la ViUe' meMalt donc toute la viI1e en révo

Si vous trouviez, madame, que cette galanterie de Montés et du Chiclanero dépasse le degré de croyance que vous êtes disposée a m'accorder, rappelez- aus que Montes est une vieille connaissance à moi, et qu'il était à Madrid le parrain de ce pauvre don Federigo, dont je vous ai raconté les mé saventures comme cavalier en place.

En somme, le bruit s'était répandu que cette course avait lieu en mon honneur, jugez donc du degré de popularité auquel monta mon nom après une pareille démonstration

Nous voulûmes être des premiers a prendre nos places an cirque ; nous sortîmes à cet effet conduits par notre ami Buisson.

A la porte, une calèche attelée de deux mules nous atten dait, notre gentilhomme voyageur la mettait â ma disposi tion pour tout le teaips que je resterais à Séville.

Je fis quelques façons, et finis par accepter

Malheureusement, Séville n'a pas été bâtie dans la pré voyance des voitures; à peine cinq ou six de ses rues sont elles assez larges pour permettre la circulation de ce genre de locomotion. Aussi, une voiture à Séville est-elle un "meuble d'un luxe inouï, tout le monde allant à pied par la difficulté qu'il y a à aller en voiture.

Nous nous en tirâmes cependant ; mais avec des détours qui nous ôtèrent toute idée des distances. Enfin, après une demi-heure de circuits auxquels nous ne comprenions rien nous gagnâmes le quai, qu'à pied nous eussions atteint en dix minutes.

Ce détour eut un avantage, il nous fit voir la Christina et la Tour d'or.

La Christina est la promenade fashionable de Séville ses Tuileries, ou plutôt ses Champs-Elysées. Elle a quelque chose de Ja promenade de Chiaja. à Naples. Des bouts de cordes em-oulés à des poteaux et qui brûlent éternellement indiquent a quel point le cigare et la cigarette sont un be soin de première nécessité à Séville.

La Tour d'or est un édifice à trois étages disposés en recul elle est crénelée à la mauresque, et fait admirablement dans le paysage, bâtie qu'elle est sur la rive du Guadalquivh dont l'eau vient baigner sa base. On l'appelle la Tour d'or parce que. dit-on, le premier or rapporté de l'Amérique naT Christophe Colomb y fut déposé.

Je ne vous donne ce fait qu'à l'état de tradition. Nous arrivâmes enfin au cirque.

Le cirque, fermé depuis trois mois, était ouvert. On en arrachait les herbes, on en enlevait les pierres. Son en i déserte avait un air de joyeuse activité cpii faisait p]

à voir. Mais ce qui me frappa surtout dans 1

dame, c'esl le bon goût qu'a eu certain orage ie I plus à quelle date il vint, c'est le bon goût, dis-jê, qu'a en certain orage en enlevant toute une partie du monument. oui jamais n'a été relevée depuis. En effi partie en-

levée, tout en laissant les gradins Inféri i ce

pbe par le on découvre toute la cathédrale, gardée

et dominée par sa Giralda comme par une gigantesque sentinelle.

Vous aurez une idée de cette vue merveilleuse, madame : car tandis que Buisson m'emmène manger des olives. Boulanger et Giraud dressent leurs batteries pour fnire un dessin du cirque, si adroitement échancré par le hasard, la plus pittoresque de toutes les rïh ■ I

Ah! madame, les bot],.; olives "ne celles qu'on récolte à Séville! mats quelle méchante manière de les préparer ont les Chevet. les Corcelet et tes Potel de In capitale de l'An dalousie! Je crus avoir, quand Je goûtai la première, mordu dans un morceau de cuir. De pareilles olives apprêtées A Paris feraient les délices de nos gourmands; les plus pelltes sont grosses comme des œufs de pigeon.

Je ne connaissais que deux choses pour lesquelles Je n'ai

NURE DUMAS ILLUSTRE

m ma répugnance

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