LC. VÉLOCE
une figure accroupie sus une terrasse i sautait sur une autre tel ait une
femme marocaine allant rendre visite a sa voisine
au rentre de la ville, on entendait une grande ru
DQl 01 i était le marché qui allait -■
A La iiain. m .n i mental français, a Floral non ■
: en disant a l'homme vetn de
— C'est entendu, David, je vous re m me-sieurs.
David fit un signe d'obéissance.
Puis se retournant de notre côté:
Tottt ce que vous désirez, nous dit-il, leman-
derez a David.
Sons finies un signe de remerciment, c'était D du de part et d'autres.
l-àilin. s'approchant île moi :
— Cet homme, me dit monsieur Florat, est un luif ; il se
| vncot ; il est. fournisseur de la mari
vous avez par hasard une traite de cent milli il vous la paiera à vue, et probablement en 01 \n revoir au consul .n
Je me retournai avei i oxl ■ ver David le luiï d'Orient
m'était enfin révélé.
Le juif chez nous n'existe plus comme type, il s'est fondu dans la société ; il n'a rien qui le distingue des autres hommes, ni dans son langage, ni dans sa tournure ni dans son costume; U est officier de la l. nn'eur
il est académicien, il est baron, il est prince, il est roi.
L'histoire de la grandeur juive dans la i . iderne
sérail curieuse a faire. Le juif, c'est le génie qui succède aux dragons de Calchos, des Hespérides et des Niebeiungen : c'est lui qui, au moyen âge, a la garde de l'or.
De l'or, cette grande puissance de tous les siècle; cette divinité de quelques-uns.
Il y a des hommes qui doutent de Dieu, il n'y en a point qui doutent de l'or.
Voyez Aristophane; chez lui l'or s'appelle Plutus il est dieu, plus que Dieu, c'est l'anti-Jupiter, c'est le roi 'du roi de l'Olympe ; sans lui. Jupiter est forcé d'avouer qu'il meurt de faim. Mercure donne la démission de sa divinité qui ne lui rapporte rien, a lui. le. dieu des voleurs et se ique i liez le dieu de l'or. Apollon en exil a gardé les troupeaux: Mercure lui mieuj encore il tourne la broche et lave la vaisselle chez Protus.
Voyez Christophe Colomb apr i i latrième voyage
qu'écrit-11 à Ferdinand et à Isabelle, ce ai leurs craintifs auxquels il a donné un monde, et quel monde le Pérou •
Il leur écrit :
• L'or es; chose excellente: avec de l'or on forme des trésors, avec de l'or on fait t ce monde
et m ne dans l'autre; car. avec de l'or, on fait entrer les âmes en paradis. »
Voyez ce que répond monsieur PeUapf i | ,n (]e grâce
1847, Inti i cogé par le grand cham lii r
— Quel est ». tre nom? demain lu celui-ci
— J'ai douze millions.
1,'uel est votre âge?
— Je vous dis que j'ai douze millions
— Votre état !
Mais n 'entendez-vous point? je vous répète que j'ai millions.
Aussi comme le juif a compris i
Tandis gue le sorcier, le nécroman, l'alchimiste, cher l'or, il le trouvait: car il avait compris, lui, je ne dirai pas Illumine- du dixième siècle, le juif était moins qu'un nomme, car il avait compris, que lui, la chose immonde, qui ne | \aii toucher ni denrée, ni
ne la brûlai lui qu'on souffletait â Toulouse trois fi an, p mi ... u :u i ia , nie aux Sarrasins lui
11 ' le pierre à Béziers, pendan tte la
sainte; lui, le bouc d'outrage sur lequel tout ' rai h u . lui un on pouvait rendre comme . irum. dit l ordoni l'or il recoiupi, i , i ne dans sa course obsi sive, il remonterait plus haut qu était
tombé, fui- lorsqu u a eu l'or i ela a lu
m- m lu dit
mu du l'or : lu il ivolsier en
1 1 pot i lama at ; l'o l i lu Juif la lel
tre de i ' { l'aide ...
deux ailes ,i un pôle ■ l'autre el qui a la valeur de l'or, plus l'escompte.
Miciiri, : ce grand . qu'un défaut, c'est
d'être plus e, te encore qu'il n uni u toi
lisait, en dans un Ja
aujourd'hui la bourse, c'est jour lêrt!
puni- les juif-
SPRE DIMA? ILLLSTRE
Ain- :,t ar"
iune de 1 •• ane ;,. rlexibles, ils de-
Il faut le dire, le juif a un grand avantage sur
le juif le vend, i lavance,
est à
prend]
Il \ ne vous trompe ni ne vous
.mai-.
Ten. stei - mais tenez-
i ; une livre de
Il :, une livre
ne me payez pas mes
■ prendra votre chair,
iin m. .u .her Antonio, qui est
venu vous dire:
.ir eu échange de ni. m arpent; c'est
i lui avez du
i , et je te donnerai ce que tu
Il \ c'était a vous de ne pas
■ lavez signé, maintenant votre chair lui i.t 1- i..nt mettre leurs débiteurs i Clichy,
- leur prennent i .1 1.;
éloigne du cen-
ilegré à degré, de son
»:n humble, sou) intlf;
de Tanger au Caire.
qu'il faut i heu lier le vieux juif, il a fallu le knout des
u- le maintenir dans son luninli liez voir le Juif d'Alger à I
1 1- du bienheureu Rhaman, Jusqu'à ce nu u vive
loi "i 1er, les juifs sont for-
i ■ quand il- passent devant une m>>s-
que nous
la main aux
il i n titre de fournisseur .le la ina-
a nage ' l'un dl
un grand détour, afin que nous i rlsslo Pauvre hommi a payé bien chei
• nr -i nous tien ns pas bombardé ranger
il > ,i .|
I nous menait place tu M. u
rée, et nous
. t vu-
premier que I. aient
irabe ;
tend : ■
d aussi
.... leui i.
quel-
. i lui un . 1)
animal.
ravls-
albnma de
qui faisait
ili\ uni,'.
débris s'ils ne trouveraient pas une figue, une datte, ou un grain de raisin sec.
J'avais demandé un bazar quelconque, où acheter des ceintures, des burnous, des balcks, et tout ce que j'avais vu mes amis Tapporter d'Afrique ; et. a chaque fois que j'avais demandé à David: Où trouverai je telle ou telle chose? David m'avait répondu de sa voix douce, dont l'accent tirait un peu sur litalien :
— Chez moi. monsou, chez moi.
— Allons donc chez TOUS, ns-jc a la dernière réponse. Ulons, dit David.
Et nous nous acheminâmes vers sa maison Maintenant que j écris a distance, madame, je serais bien de vous dire où était cette maison: d'abord les Maures ne connaissent point la désignation des rues; je [ue nous descendîmes la plai e du Marché, que nous une petite nulle à droite que nous montâmes sur un pavé rendu glissant par l'eau d'une fontaine, et qu'entm nous arrivâmes à une porte soigneusement fermée, a laquelle David frai certaine fa
femme de trente ans vint ouvrir ; elle était coiffée d'un turl.au. comme une femme de la Bible: c était madame Azen
Deux .il trois jeunes filles se pressaient, si cachant les une- derrière les autres, dans l'ouverture d'une porte intérieure faisant face à la porte extérieure que nous ouvrions. Dtalt la forme ordinaire c'était un petit carré, avec un escalier pris dans la muraille et conduisant a une galerie
Sur cette galerie s'ouvraient des portes donnant dans des chambres.
imbres fumait un magasin de curiosités, et était spécialement destiné à des étoffes.
Des écharpes de toutes couleurs, des balcks de toutes tailles, des lapis de toutes nuances, étaient amoncelés sur les tables, jetés aux bras des fauteuils étendu- a terre.
a la muraille étaient accrochés .les gibernes en maroquin, des sables de cuivre, des poignard- d argent. Dans les unt amoncelées des pantoufles, des
tout cela brode d'or et d'argent, de ces amas, d'immenses fusils, aux montures il. allongeaient leurs canons de fer brut.
Nous un Instant éblouis Maquet et mol, au mi-
lieu de toutes ces rii ni I dis Maquet et moi. parce
que GIraud et Boulanger étalent partis ave. Paul et le Ire pour visiter la Casbah David gardait toujours son air humble; il n'avait pas grandi d'une ligne en se retrouvant au milieu de tous ces • i nt siens, et qui n'eussent pas déparé le bazar d'un de ces marchands des Mille el une NtMt, qui arrive du boni du monde à Bagdad poui J devenir 1 amant de quelque sultane favorite ou de quelque princesse voilée.
Je tâtai mes poches, et Je sentis mon argent y frémir de peur.
•i. n osais demander le prix d'aucune de 11 me
semblait que le royaume d'un roi aurait peine I les payer.
le me hasardai lanl a m'enquérir du prix d'une
écharpe de sole blanche zébrée de larges raies d'or.
— Quarante francs, nie répondu David Je le i i. u\ fols.
a la deuxlè Je respirai.
il y a un proverbe qui dit : Rien qui ruine si vite que les bi ns mari
rbe allait recevoir son application, dans i w. .n la plus large du mot; le bon marché de D uait.
in ettei du moment où j eus demandé le prix de tout,
■ lus lout avoir situe-, poignard-, burnous écharp - pantoufles, b
me fournit illon : puis,
|e commençai à demander ce que je ne voyais pu
• i v i . î , mais ce que J'avais vu dans des collections ou
dans des tableaux plats de cuivre I uleres aux
uses, coffi. '•■ lampes t double
ibouques, narguillez, que sals-je, mol;
i.aque demande, David, sans s'étonner, avec ce même
air humble et timide, David sortait, et cinq m
l'objet demandé. On eût dit qu'il avait hantée que Tleck donne a l'ortunatus, et que notre pauvre Charles N'odlei de poétique mémoire, Pierre Bchlemill.
Bnfln J'eus honte d< i tant de choses poui
- • ...mpter que J'étais presque effr. comblés avec cette étrange facilité ; et pauvres mus qui cuisaient au soleil, dans la cour ip ie me rappelai le portrait d'une adorable
,i du
LE VLXOCE
et je songeai quelle fête ce serait pour eux s'ils pouvaient des dessins D'après an pareil modèle.
Cependant la chose me paraissait, pour cette fois, si dit iii Ile : demander, que j'hésitais.
i bien : me dit David, voyaut que je regardais autour de moi comme un homme gui cherche quelque chose. Eh bien! lut répondts-je, mon cher David i esl tout — Non. me dit-il. ce n'est pas tout, i omment, ce n'est pas tout !
car ordinairement elle ha tarifa; seulement liai •• vous i ar |e crois qu elle pat den
]'t votre cousine conseï
liiez hi f VOS deux amis, qui sont à la Casbah ; je
fais vous donner un guide, ei A potre retour... — Eli liieu ! a mon retour ?
Vous trouverez Molly en grandi toilette".
En vérité mon cher David, vous êtes un homme miraculeux.
Nous arrivâmes à cette place lanl désirée.
— Que désirez-vous ? Parlez.
— Mon cher David, je désire l'impossible probablement.
— Dites toujours: qui sait?
— Soit à tOUl hasard.
— J attends.
— J'ai un de mes amis, un très grand artiste, qui est venu à Tanger, voii i dix à douze ans a peu près, avec un autre de mes amis, monsieur le comte de Mornay.
— Ah! oui, monsieur Delacroix.
— Comment, vous connaissez Delacroix, David?
— Il m'a fait l'honneur de visiter ma pauvre maison.
— Eh bien ! il avait fait un petit tableau, d'après une femme juive parée de ses plus beaux atours.
— Je le sais ; cette femme, c'était ma belle-sœur Rachel.
— Votre belle-sœur, David ?
— Oui. mousou.
— Eh bien niais cette belle-sœur vit-elle toujours?
— Dieu nous l'a conservée.
— Et consentirait-elle à poser pour Giraud et pour Boulanger, comme elle a posé pour Delacroix? Elle était d'une beauté merveilleuse.
— Elle a quinze ans de plus qu'à cette époque.
— Oh ! n'importe, mon cher David ; faites la cour de ma part à votre belle-sœur, et décidez-la.
— II n'est pas besoin de cela, j'ai quelque chose de mieux à vous offrir.
— Quelque chose de mieux que votre bel! ni Rachel?
— J'ai ma cousine Molly, qui se trouve ici par hasard
— Je fais ce que je peux i r vous être agréable; vous
m'excuserez si je ne puis pas faire mieux, ou faire davan tage. comme c'est mon devoir, puisque monsieur Floral vous a recommandé à moi.
Avant que je fusse revenu de ma surprise, David avait appelé son frère, et lui avait ordonné de me conduire ., la i asbah.
Au moment où nous entrâmes dans la cour où Giraud el Boulanger dessinaient, une vieille femme maui i ii vait les bras au ciel, avec un geste désespéré ci quelques paroles de prière ou de menace, d ttt me
frappa.
Q lit cette femme ? demandai le iu frère de Da
Elle dit: i) mon Dieu: nous t'ai u i cruel
offensé que tu permets que . ai
vi'ioh m dessiner le palais du sublime 'encreur.
L'invocation n'était pas polie; m oe les Maroi
n'ont jamais été renommés pour leui i (alité, je ne i ru
pas devoir lui accorder une tro] i tentlon.
Kn conséquence, j'allai dro deux dessinateurs le
hasard voulut, comme j'arrivais au;. qu'ils re
nouassent leurs carton-.
— Allons, allons, messieurs, leur dls-je, vous êtes Impatiemment attendu i iz maître Da I
— Et par qui? dem tous deux ensemble.
— Vous allez v
En général m unde confiance en moi, aussi mi ret i
JNDRE DUMAS ILLUSTRE