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UNE NOCE JUIVE

Le lendemain, en effet, nous trouvâmes, en arrivant chez David, notre déjeuner servi. Jamais je n'ai vu table plus propre et plus appétissante.

C'était du beurre frais comme nous n'en avions jamais mangé depuis notre départ de France ; des dattes parfaites, des figues excellentes.

Le reste se composait de côtelettes de mouton et de poissons frits, le tout arrosé d'un vin de la composition de David, dans lequel le raisin devait entrer pour très peu de chose, mais qui n'en était pas moins exceli. u1

Je hasarderai cette opinion que c'était, selon toute probabilité, la liqueur que l'on servait au moyen âge sous le nom d hydromel

Après le déjeuner, David nous invita a le suivre ûi ns la maison où se trouvait la mariée. Il y avait déjà six jours que la célébration du mariage avait commencé; nous en étions au septième, appelé le jour du llennah : c'était le plus curieux, c'était celui pendant lequel la mariée doit être conduite au domicile conjugal.

Cent pas avant d'arriver à la maison, nous entendions déjà le bruit qui s'en échappait : c'était un frôlement de

tambours, un grincement de violons et un pétillement de grelots iui ne manquaient pas d'une certaine harmonie pleine de sauvagerie et d'originalité; n.- la musique enfin comme on s'attend à en trouver dans le \i.

Nous continuâmes d'avancer; la porte était encombrée de urieus mais a la vue de David on nous fit place.

Nous entrâmes dans une cour carrée, entourée de maisons 1 terrasse excepté du côté de la rue.

Un énorme figuier, qui me rappela celui auquel les Athéniens avaient l'habitude de se pendre, s'élevait au milieu de la cour tout chargé d'enfans maures et juifs groupés pêle-mêle dans les branches.

Sur deux côtés de la muraille s'étendaient des bancs formant un angle de retour.

Les bancs étaient chargés de spectateurs au milieu desquels on nous fît prendre notre place.

Les deux autres côtés de la muraille, qui étaient ceux ait sur la rue et la façade, étaient occupés

Le côté de la muraille donnant sur la rue par trois musi clens accroupis, jouant: l'un du violon, mais en renversant 1 instrument et comme on joue du violoncelle : les deux autres du tambour de basque.

Le côté de la muraille formant la façade de la maison était occupé par une douzaine de femmes juives, vêtues de leurs plus riches costumes, groupées les unes aux pieds des autres de la façon la plus pittoresqm , et qui n'offraient d'autre solution de continuité entre elles que l'ouverture ogivale de la porte, dans les profondeurs de laquelle on voyait se ]>erdre quinze ou vingt autres femmes.

Toutes les terrasses voisines étaient chargées de spectateurs ou plutôt de spectatrices.

Spectatrices étranges qui avaient l'air de fantômes.

C'étaient des femmes mauresques drapées dans de grandes couvertures bleues ou blanches, nommées abrok ; elles étaient accroupies, et de temps en temps se levaient poussant une espèce de rire prolongé, qui ressemblait au glapissement de la dinde et au houhoulement de l'orfraie mêlés ensemble.

Puis, ce cri poussé, elles se rasseyaient et rentraient clans leur immobilité.

Une seule parmi toutes ces femmes allait, courant d'une terrasse a l'autre, enjambant les intervalles avec une merveilleuse! légèreté, et, de temps en temps, péchant contre toutes les lois du prophète, ouvrant son abrok pour nous montrer une tête charmante, qu'elle nous cachait aussitôt avec un rire d'une coquetterie extrême.

Décidément la Galatée de Virgile, qui fuit vers les saules et qui désire être vue avant que d'y arriver, est de tous les pays, même du Maroc.

Nous fûmes un certain temps avant d'embrasser tous ces objets : figuier chargé d'enfans, spectateurs étrangers assis sur des banquettes, musiciens jouant du violon et du tambour de basque, femmes juives assises et groupées, femmes juives debout sous l'ouverture de la porte, femmes mauresques assoupies sur les terrasses.

Mais enfin nous parvînmes a feindre tout nia dans un seul et même ensemble plein d'harmonie et de couleur.

I n ..un' aboutissant à la porte de la maison était vide, et le sol avait été recouvert d'un tapis.

David alla parler aux femmes de la maison: une délies sortit toute rougissante, mais sans cependant se faire prier.

Elle s'avança jusqu'au milieu du carré aux encourage mens de ses compagnes et aux éclats de rire sauvages des mauresques; puis elle tira un mouchoir de sa poche, en prit les deux extrémités, le tordit eR lui imprimant un mouvement de rotation, et lorsqu'il fut tordu comme un cable elle commença à danser.

Le fandango, la cachucha, l'olé, le bito et le jaléo de KérèS nous avaient gâtés.

II est vrai que la danse juive n'est, pas une danse. .: 1 si m piétinement sur place avec un mouvement de hanches

qui rappelle le menito andalou. Au re te, 1 !

excepté dans les mains; peu de volupté, excepté dans le» yeux.

Dix ou douze femmes dansèrent les unes sans que le plus minutieux obsi différence entre le talent chorégraphi 1 1 1 utre.

Il esl vrai que toutes dansaient sur un même an pagné d'une même chanson Quand 1 It acb

reprenait sa premièi d la 1 hanson était

1 chanson c am nçail

L'air n'était pa ana espèci de

, ade monotone pat oui ml 1 tave toul au plus De

temps en temps le plus vieux des joui amboui di

basque déposait son instrument, et frappait dan mains sèches qui résonnaient comme deu\ palettes de

bol on efl ' < ' l ' " absente 1

1 étalent les os mêmes d'un squelette qui 1 lu 1 ce

singulier bruit

- donne en mille à deviner

.mbardeni ni di Tang

venir Le j t .imbardemeot de Tanger : le second,

: bataille d'Isly.

[ait une sur le

i .1 une noce juive!

us sur les de Tai <le cette lut,e iUle Jric-

l Occident

la ltlla lui reportons la

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o traité,

il y <ju î donner.

une, ont toujours tendre la main.

mme Enoelade sous le poids de nier sur eu appelle la T> ra onrnés plus

nie pi

.t incendie a la lueur duquel ils avaient entrevu un avenir plus heureux, cet tncen-

\ui< peut-être, à ci lui qui brille à

anson, toute douiour-

ttout. est i banni le mon.

mi chanta

- que j ai entendus : au reste, le dans un ps

al nomme es chaque jour

relie, qu

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iii~, \n~-.

nu sont venus

i douleur,

El Allah quel malheur:

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■ n la tut un joui de douleur,

quel malheur!

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les, de douleur, Et : quel malheur I

:ies ; Pleut

lll iir malheur !

nila

m Uni

Pendant la nuit, pour Mogador

Appareilla la floue errante.

Et le matin, au-c regards J or.

Vit Tanger libre, mais mourante, oh : re jour-là fut un jour de douleur. Et les gens criaient : Allah, quel malheur !

Voila l'étrange chanson que l'on chantait à cette nocejuive, madame, et que 1 on interrompit, ainsi que la danse. pour nous faire voir la marie*-.

La mariée était dans cette chambre que nous voyions de la cour, encombrée de femmes juives; nous y pénétrâmes conduits par David qui paraissait jouir d une haute considération parmi ses coreligionnaires On fit lever la m. uni. qui était couchée dans un grand uuatre jeunes tilles qui semblaient la gard.i la lit descendre de son lit: on la conduisit au milieu de la .hambre: on lui dl ssée au mur; .-lie

rouge sur la tête et tenait s armés.

Depuis le commencement des cérémonies, elle n'avait pas ouvert les yeux, et depuis huit jours les cérémonies étaient commei Le premier jour, i e~i-a-dire le mercredi qui ivait préarrivée, la famille s'était emparée de la 11 musiciens de la cour; la famille avait lavé la fiancée des pieds a la tête ; les musiciens avaient commencé leur sabbat.

la fiancée sortie du bain, on lavait coui m lit,

qu'elle ne devait plus quitter que le temps nécessaire a ■ •uer les matelas, puis on lut avait ferme les \eu\ qu'elle De devait plus rouvrir que pour voir sou mari.

Le jeudi, les parentes avaient parcouru la ville en invitant ses amies a venir le samedi dans la maison d. la fiant ee.

Le vendredi, la famille avait pi dîner du samedi

i samedi, des six heures du matin, les jeunes filles ■ ut arrivé) - es dans le même

lit que la mariée.

Sur les neuf ou dix heures du matin, après que le marié fut sorti de la synagogue, tous ceux qui avaient entendu la prière avec lui étalent venus avec lui a la maison de la fiancée : la journée s'était passée en festins, mais la n'avait pas ouvert les yeux, mais la mariée ne s'étall point levée.

Toute la nuit du samedi au dimanche on avait fait de la musique

Le dimanche on avait nettoyé la maison. Cette occupa tion avait pris une partie de la matinée; le soir, la femme avait envo> aux g son mari Ces cadeaux étaient

des matelas, des draps de lit et des chemises ; les femmes présentes avalem idéaux en chantant

Uni 'il. li Hulahleh! Triomphe: Triomphe! Le lundi, dès le matin, on avait préparé un grand dîner pour les femmes; aussitôt le dîner fini, ou avait levé la ..n lavait conduite au bain, où elle avait été les yeux II - femmes raccompagnaient. Le bain appar-

tient a la synagogue.

lardl, c'est-à-dire le jour du hennah. le jonc auquel nous •■iion> arrives, les dan

midi on devait faire lever la mariée, rasseoir conuiur. et la, lui peindre les ongles des pieds et des avec du hennah

aie l'on faisait a cette heure, et c'est pour as

• ■remonte que nous avions été Introduits mbre.

Au bout d une demi-heure, les ongles des pieds et mains lurent couleur de brique, et la mariée, enrichie de n reconduite à son lit au milieu de ces tomes mauresques, dont aucun bruit humain ne peut donner une idée.

i n devait achever la toilette de liez son fiancé.

D'Ici là rien de nouveau, excepté les danses et les rhan-

• n ut toujours les mêmes; la chanson toujours celle du bombardement

N'iis charc ni de faire tomber quelques douros

de la danseuse que nous trouun, ■ de tribut paye i • i a ces .i.n s, s et nous D

tnd plaisir Le spectacle avait été assez curieux ■lue nous I - pas notre argent.

employâmes louti ' courir par les rues

■ vid, ou un nous tut servi vers quatn aussi excellent

qu avait et.- le

. heures nous , [, maison de la 6a

LE VI i

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le dénoument qui s'approchait avait amené dans la rue uns la cour un rassemblement de curieux plus considé

rable encore que .élut du matin.

N""- Bfti toutes l< ; m- ,iu monde à percer cette

taula mais i David on arrivait .1 tout

Nous enti

On nous attendait pour commence] la cérémonie de la itte.

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