‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 235 sur 283 · GIBRALTAR · texte numérisé non relu

GIBRALTAR

La chose qui nous avait le plus frappés pendant que nous Jetions l'ancre dans le port de Gibraltar, c'était un poste d'Ecossais, placé à notre gauche sur une plate-forme assez élevée pour que la sentinelle qui se promenait et deux ou trois soldats qui causaient à dislance se détachassent en vigueur sur un fond de ciel orangé. Pour nous autres, l'Ecossais, avec son costume si en arrière ou si en avant de notre civilisation, n'existe que dans les romans de Walter Scott, et voilà que tout à coup, à l'autre bout du monde européen, nous nous trouvions en face de cette fantastique réalité.

Ce fut une espèce de joujou qui, grâce â la longue- vue du capitaine, nous amusa fort pendant quelques lnstans.

Puis, nous revînmes a Gibraltar.

Je comprends que les anciens aient fait de Gibraltar une des colonnes d'Hercule ; 11 était effectivement assez difficile de comprendre comment était venu la ce monolithe le quinze cents pieds de haut, qui ne se rattache à rien, ne se relie â rien, et semble tombé du ciel ou poussé de la terre. C'est, à la première vue, un sphinx couché au bord de l'eau, dont la croupe se rattache à l'Europe, tandis que sa tête regarde l'Afrique; ses pattes, allongées devant lui. forment la pointe la plus avancée de notre continent. Toutes res rugosités qu'on aperçoit sur sa peau, toutes ces verrues qui courent sur ses pattes, ces pois chlches qui émalllent

son nez, comme celui de Cicéron, ce sont des maisons, des bastilles, des forts.

] es fourmis qui courent au milieu de tout cela, montant. descendant, rampant, ce sont ,t,., nommes.

Pendant que nous c torchions quelle énigme pouvait proposer aux vaisseaux voyageurs ci sphinx gigantesque, la

Si s'étani assurée que nous n'avl a] le choiera, ni

la Sevré jaune, ni la peste, t irrail l'autorisation

de descendre a terre.

Je voulus prendre un fusil, comme ' tiabltude, mais on me déclara que les étrangers n'entraient point armés dans ' ilbraltar.

Je voulus de peur d'accident, décharger larme sur un goéland qui me paraissait bien confiant pour un goéland anglais; mais on m'arrêta, en me disant qu'on ne tirait point de coups de fusil dans le port de Gibraltar

-le ha --.h humblement la tête, et je descendis dan- la barque qui devait nous conduire a terre.

De la barqui nous pûmes voir une ligne de fortlfi tvelles que l'on creusait dans la mer môme.

l'.n abordant à la jetée, .renvoyai un dernier coup d'oeil a Ugésiras, qui relui, ait au bord de la mer comme un Immense poisson qui sortirait à moitié de l'eau son dos argenté; je sentais qu'en entrant dans Gibraltar je quittais l'Espagne

En effet, Tanger, que nous venions de voir, était bien plus espagnol que Gibraltar.

A peine la porte franchie, nous fûmes transportés en Angleterre.

Plus de pavés pointus, plus de maisons a grilles et a ja lousies vertes, plus de ces charmans patios, avec des fontaines de marbre au milieu des boutiques ; des marchands do toiles, des couteliers, des armuriers, des hôtels aux armes de la Grande-Bretagne, des trottoirs avec des femmes blondes, des officiers rouges avec des chevaux anglais. Le Petit-Poucet nous avait prêté ses bottes, et à chaque pas que nous avions fait depuis le pont du Vêloce, nous avions franchi sept lieues.

Nous entrâmes dans un restaurant. Nous mangeâmes des biftecks saignans, des sandwichs, du beurre; nous arrosâmes le tout d aie et de porter; puis, après le déjeuner, nous demandâmes un verre de malaga, qu'on fut obligé d'aller nous chercher hors du café.

En échange on nous servit du thé auquel il n'y avait rien â reprendre: c'était du plus nui- pékao i pointes blanches.

Nous avions fait demander au gouverneur la permission de lui présenter nos hommages; le gouverneur était sorti à cheval

Nous profitâmes de ce sursis pour parcourir la ville.

l-ài pénétrant dans certaines rues, nous nous éloignâmes un instant de l'Angleterre, pour nous rapprocher soit de 1 Espagne soit de l'Afrique, soit de la Judée; en effet, Espagnols, Arabes et juifs, complètent la population de

Gibraltar.

J'oubliais les singes, je reviens a eux a tout seigneur

toni honneur.

La première chose que demandent généralement les Français eu arrivant a Gibraltar, c'est qu'on leur montre les singes.

Non pas des singes dans une cabane, comme riiez moi. dans une maison comme chez monsieur de Rothschild, ou dans un palais comme au Jardin des Plantes, mais des singes en pleine et entière liberté, des singes courant par la montagne, sautant de rocher en rocher, bondissant d'un arbre à un autre, et descendant parfois en faisant la culbute jusque dans la ville. En effet, Gibraltar est le seul point de notre continent où les singes aient fait élection de domicile. Comme les Arabes, ils sont passés d'AJbyla i Calpé ; mais, plus prudens queux, ils ne se sont aventurés m en Espagne, ni en France; aussi n'ont-ils trot] Charles Martel, ni Ferdinand; il en résulte qu'il conservé leur conquête.

Il est vrai, qu'intrigans qu'ils sont il a uvé le

moyen de se rendre utiles.

Les Anglais avaient transporté des baromi ti i Gibraltar; mus au milieu de ce brouillard pauvres Instrumens se sont trouvés tout désorientés; ne comprenant rien a cette lutte de la vapeur i lu SOli 11, Us n'osai, ni s aventurer ni vers le beau fixe, ni vers la pluie, el demeu raient au variable, ce qui ne voulait rien dire du tout.

Les singes saisirent le joint, et s aromètres.

Calpé a deux verSans : un côté oriental, nu côté occidental ; si le temps est au beau fixe, les singes passent â l'occident; si le temps menace de pluie ou de tempête, les Singes passent à l'orient.

On comprend qu'une fois investis de fonctions si Importantes, les Slngi ; devinrent aussi sacrés a Gibraltar que le sont les clgogni î en Hollande, et les Ibis en Egypte.

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rien qui tuerait un singe.

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bourreau était entré le matin pour Tenir pren- I! i, avait plus trouvé <tu 'une femme: femme des jours anciens cette Humain, lu dixut madame de Lavalette elle était venue souper avec le condamné; elle ami ' sa nlle.

omplot était entre les deux femmes, complot saint et dans lequel il s'agissait de sauver un père et un mari. \ bi - eur il" Lavalette, vêtu des habits de

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r les attendait dans la cour, et les empot ee '"u- deux.

i porteurs, qu'or avait retrouvés, et q m lias

condul i deux femmes Jusque sur le : de la Jwtite rue d< i i un bommi ■ "' arrêté la chaise, avait ouvert la dit vous -avez, madame, que vous avez u faire

.m prés l.a plus petite des deux femme- était n la li-

ns grande di cendue, avait pris le bras

ni • i avec lui dans la ruelle.

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mpe "n savait b: c'est que

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velle de la fuite n'était qu'une péripétie

i ad drame. D'un mumeni a l'autre le fugitif pou-

rert, et alors av. m luu ce dénoûment, seu-

.'i 'ii'- palpitant .1 Intérêt par i e

Elle dura i rois moi

aviet li bruit se répandit que Lava-

qu'il avaii 'luu té non seulement Paris,

mais la Fi Personne ne crut à cette fuite: les détails

lient fabuleux Monsieur de l ivail quitte

Paris a huit heures du matin, dans un wls capote,

loi) par un rolonel anglais

anglais avait travi i i avec

monsieur di te, et ne l'avait quitté qu'a

" i ■■ ci. la 1 ronl 1ère et lorsqu'il était

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i chacun pour do nement, répétait le nom de cet Anglais qui avait sauvé un ennemi plus Impitoyable pour le condamné

que ne l avaient i

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r de i libra I i iuel Je tenais tant .

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' |i |ours dix lleui - dans i .ilualtar. i charmai" i Imprudem

des poteries du Mann que je

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1 1 r Robert \\ llson b quittai cet homme au cœur nobli sous 1 im

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