e et
Ile, et les l -nagnols au
\uhagne. II fut ■ la tram liée s'OUVTi-
êquenci Invl i-.nr le m.
LE MIDI DE LA FRANCE
Pescaire a venir entendre la messe sous sa tente et à déjeuner avec lui.
Pescaire, qui était à la fois dévot et gourmand, fut exact au rendez-vous. On commença par la messe, que l'aumônier du connétable célébra devant un petit autel improvisé ; les deux chefs des assiégeants l'écoutaient agenouillés de chaque côté de l'autel. Tout à coup on entendit un coup de canon, et le prêtre, qui, en ce moment, levait l'hostie, tomba tout sanglant sur l'autel, sans avoir même le temps de pousser un cri.
— Qu'est-ce que cela ? demanda Bourbon.
— Rien, monseigneur, répondit Pescaire; ce sont les bourgeois de Marseille qui vous apportent les clefs de leur ville.
On ramassa le prêtre, il était mort. La messe était finie : les deux chefs allèrent déjeuner.
Au reste, Bourbon ne devait pas faire plus de façon pour lui que pour les autres. Lorsqu'il fut frappé à son tour de la balle qui le tua, il se coucha dans le fossé, se fit jeter sur le corps son manteau blanc, et, montrant la brèche à ses soldats, 11 leur dit :
— Allez toujours.
Le même jour, la tranchée fut ouverte, et on commença de canonner la ville. De son côté, l'artillerie marseillaise fit merveille, et surtout la fameuse coulevrine, qui parlait plus haut et qui portait plus loin qu'aucune autre ; aussi, lorsqu'on eut reconnu la supériorité de cette pièce, lui donna-t-on les pointeurs des plus habiles, de sorte qu'elle fit force ravages dans les rangs ennemi.-.
Quelques jours se passèrent à faire le plus de bruit possible en dessus, et le moins de bruit possible en dessous ; c'est-â-dire qu'en même temps qu ils ouvraient la tranchée. les Espagnols minaient comme des taupes. Mais, de leur côté, les Marseillais réparaient les murailles et contre-minaient de leur mieux -, et, dans cette double défense, ils furent si bien secondés par les femmes de la ville, que cette partie des murailles conserva le nom de tranchée des Dames.
Enfin, le 25 septembre, la brèche fut praticable. Aussi Bourbon, contre l'avis de Pescaire, résolut-il de donner l'assaut. Ce qui déterminait le connétable, c'est qu'il était urgent d'en finir par un coup d'éclat. Il était convenu avec les alliés que, pendant qu'il envahirait le midi de la France, les Espagnols feraient irruption par la Guienne, l'Angleterre par la Picardie, et l'Allemagne par la Bourgogne. Mais Henry VIII et Charles-Quint avaient manqué de parole, et. conduit par sa haine. Charles de Bourbon s'était trouvé seul au rendez-vous. D'une autre part, il avait appris que les maréchaux de Chabannes et de Montmorency venaient de combiner leurs opérations avec le comte de Carces. et qu'ils se préparaient à venir au secours de Marseille avec de nombreuses troupes et une formidable artillerie. De plus, on avait toujours manqué de vivres et on commençait a manquer de munitions. Pendant la journée du 25, Bourbon fit donc toutes ses dispositions pour donner l'assaut, et Marseille pour le recevoir ; de chaque côté, le coup était décisif.
Au moment du coucher du soleil, les Espagnols, conduits par Bourbon, s'avancèrent vers la brèche. Quant à Pescaire, comme il avait désapprouvé cette tentative, il regarda donner l'assaut en se croisant les bras.
La lutte fut horrible : trois fois Bourbon, au milieu des boulets, de la flamme, de la fumée, des pierres, des poutres et de la poix bouillante, ramena les Espagnols sur la brèche, trois fois ils furent repoussés. Bourbon voulut tenter un quatrième assaut ; mais il était nuit close, et lui fut impossible de les rallier.
Dans la nuit, il apprit que l'avant-garde de l'armée française était à Salon ; il ne fallait plus songer qu'à se retirer. A trois heures du matin, le connétable donna l'ordre de la retraite.
Au jour, les Marseillais virent fuir leurs ennemis. Alors, la ville tout entière accourut sur les remparts, battant des mains et poursuivant les Espagnols de ses huées. De son côté, la coulevrine faisait de son mieux, et elle tira tant que les ennemis furent à sa portée.
Ainsi, ce bal sanglant se fermait au son de la même musique qui l'avait ouvert, et c'est cependant cette tour vénérable, sur laquelle on avait placé la pièce principale de l'orchestre, que le conseil municipal a abattue. Dieu lui fasse paix dans ce monde et dans l'autre !
A l'hôtel de ville, au moins, on n'a que gratté ; là. il y avait l'écusson de France, faii par Puget. Ce pauvre Pugel n'avait pas pu prévoir quel soit nos révolutions réservaient à son œuvre, et il avait mis sur l'écusson ces trois fleurs de lis qui avaient, été les armoiries de saint Louis, de François I" et de Louis XTV. Il avait cru que les victoires de Mansourah, de Marignan et de Denain les avaient arrosées d'un assez glorieux sang pour qu'elles eussent pris à tout jamais racine sur la terre de France. Puget s'était trompé, et son écusson, gratté par la main du peuple, attend sur son champ, sans couleurs et sans armoiries, les couleurs
et les armoiries nouvelles qu'il plaira à la France de se choisir, liens deatt, Deus Habit
La première chose que l'on aperçoit en montant l'escalier de l'hôtel de ville de Marseille, c'est la statue de l'assassin Libertat, que son nom, dans lequel l'ignorance du peuple vit un symbole, protégea contre toutes les attaques.
C'était vers la fin de l'année 1595 ; il y avait, par conséquent, un an que Henri IV était entré à Paris ; tous les capitaines de la Ligue s'étaient ralliés à lui, toutes les villes de France avaient reconnu son pouvoir, et il ne restait de rebelles, parmi les capitaines, que d'Epërnon, Casaulx et un lieutenant inconnu nommé Laplace ; et, parmi les villes, que Grasse, Brignoles et Marseille.
Henri IV avait vaincu Mayenne au combat de Fontaine- Française, et s'était réconcilié avec le pape Clément VIII. Ces deux nouvelles répandues en même temps, l'une par Charles de Lorraine, duc de Guise, fils du Balafré, qu'il avait nommé gouverneur en Provence, et l'autre par monseigneur Acquaviva, vice-légat a Avignon, avaient fait grand bien à la cause du Béarnais ; aussi Aix, Arles, Moustiers, Riez, Aups, Castellane, Ollioules, le Bausset, Gemenos, Cegreste et Marignane avaient-elles ouvert leurs portes aux cris de « Vive le roi ! » Restaient, comme nous lavons dit, Brignoles, que tenait d'Epërnon ; Grasse, que tenait Laplace, et Marseile, que tenait Casaulx.
Un matin, un capitaine nommé Grauier entra dans la chambre de Laplace comme celui-ci déjeunait.
— Compagnon, lui dit-il. il faut mourir.
Et, joignant en même temps l'action, à l'exhortation, il lui planta un poignard dans la poitrine. Il n'y avait rien à répondre à cela. Laplace ouvrit les bras, poussa un soupir, et mourut. Les consuls, ayant appris cet événement, parcoururent aussitôt la ville en criant : « Vive le roi : » puis, comme ils aperçurent le duc de Guise qui s'avançait à la tête de son avant-garde, ils coururent au-devant de lui et lui ouvrirent les portes au milieu des plus ardentes acclamations.
Il ne restait donc plus que Brignoles et Marseille.
D'Epërnon s'était vu abandonné successivement par tous ses capitaines et par une partie de ses soldats : de dix mille hommes qu'il avait amenés avec lui, à peine lui en restaitil quinze cents ; mais, comme l'entêtement faisait le fond de son caractère, il avait résolu de tenir jusqu'au bout ; ce qui faisait le désespoir de Brignoles et de ses environs. Un paysan du Val, nommé Bergne, résolut de délivrer le pays de ce ligueur enragé.
D'Epërnon avait pris son logis chez un nommé Roger. La communauté du Val devait, deux charges de blé à ce même Roger, qui, attendu que les provisions de bouche n'abondaient pas, réclama le blé au jour dit. C'était justement ce qu'attendait Bergne. Il porta les deux charges de blé chez Roger, et leur substitua deux charges pareilles le poudre, lia les deux sacs de la même façon qu'on avait l'habitude de lier les sacs de blé ; seulement, dans la ligature, il prépara un artifice qui devait, au moment où l'on dénouerait la corde, mettre le feu à cette espèce de machine infernale ; puis il chargea tranquillement son double sac sur un mulet, et s'en alla le déposer, à l'heure du diner du duc, dans le vestibule placé précisément au-dessous de la salle où d'Epërnon prenait son repas. On offrit à Bergne d'attendre que messire Roger, qui était absent, rentrât pour lui donner son reçu ; mais Bergne, qui voyait un domestique s'approcher du sac, et qui était pressé de s'en aller, dit qu'il viendrait le chercher un autre jour, gagna la porte, et, dès qu'il en eut franchi le seuil, s'enfuit à toutes jambes.
Il était à peine au bout de la rue, qu'une explosion effroyable se fit entendre.
La maison tout entière s'écroula. D'Epërnon, resté à cheval sur une poutre, en fut quitte peur quelques meurtrissures.
Cependant, comme la chose pouvait se renouveler, et qu il devait s'attendre à ne pas être toujours si heureux ; comme, d'aileurs, il était enfin dégoûté de cette guerre inutile, toute semée de trahisons ouvertes et de périls cachés, d'Epërnon abandonna à son tour la Provence.
Restèrent donc seulement, pour faire face à la puissance croissante de Henri IV, Marseille et Casaulx.
Comme tous les hommes qui, apparus tout à coup, ont joué pendant un instant un grand rôle politique, puis sont rentrés dans le néant sans avoir eu le temps de dire leur dernier mot, Casaulx fut jugé fort sévèrement, non seulement par la postérité, mais encore par ses contemporains. Les uns disaient qu'exploitant les anciens souvenirs de 'a ville municipale, Casaulx voulait briser les liens qui retenaient Marseille au royaume, et en faire une cité libre, une république commerçante comme Gênes et Florence; ce que permettait de réaliser la position t.opographique de la ville. Quant à lui, dans ce cas, ses espérances auraient été on le bonnet du doge, ou la ba fe du gonfalonier.
D'autres disaient, au contraire, — et, à l'appui de l'oplnlon de ceux-ci, le pré Ldenl de Ihou a. jotnl I'autori la sienne, — d'autres disaient que Casaulx n'était qu un
ligueur obstiné qui sacrifiait la ville a son anibi'ion. ambl-
mesquine qui se bornait au titre de grand d Espagne
ion de quelque marquisat en Calabre; et,
11 taut l'avouer, le président de Tnou pourrait bien avoir
qu il en soit, Casaul absolu de .Mar-
seille. Il avait des gardes du . >rps. il levait des contributions, il confisquait les bien- ». H établissait des octrois; enfin, sa marine :ar il avait une marine) ayant pris un bâtiment parti de Llvourne, qui portait, de la part du jeune duc de Toscane, de- meubles, de l'argenterie et des bijoux au roi de France, Casaulx garda le tout pour lui. sans en rendre compte a la commune. Il est vrai que le tout était évalué ,re vingt mille francs ce qui n'est peut-être pas une excuse, mais ce qui est au moins une raison
Casaulx tenait donc Marseille en état de guerre ouverte quand le reste de la Provence él lit panne Cela convenait u doge de Gênes et au roi d Espagne ; aussi Jean-André -t il quatre galères qui lui amenaient chacune cent soldats; et Charte' II. qu'a grand tort, dans les arbres* généalogiques, on appelle le dernier mâle de la maison d'Autriche, s'engagea-t il a ne laisser jamais Marseille manquer d'hommes et d'argent si Casaulx voulait s'engager à ne jamais reconnaître pour roi Henri de Bour luvrlr les portes qu'a >ignols, et a
mer aucune alliance sans 1 autorisation de la cour de nid.
i a=aulx promit tout ce qu et, pour preuve qu'il
était prêt à tenir tout ce qu Tamis il lit en grande
p mpe brûler sur la place de la Bourse l'effigie de Henri IV. Cependant tout le monde .. .Marseille n'était point de L'avis de Casaulx, et parfois les opinions contraires s'exprirvt de façon à ne laisser aucun doute sur leur énergie, i soir que Casaulx se promenait sur la place Neuve, quatre coups de feu partirent des fenêtres d'une maison, et tuèrent Jean Altovétis, son cousin. Comme il commençait a faire nuit, les assassins purent se sauver.
In autre conspirateur, nommé d Atria eut moins de chante, et paya de sa vie une tentative du même genre. Celui-là, qui était un moine, eut ridée de faire sauter le consul. A cet effet, U s'associa à tu iiitre moine nommé Brancoll. et tous deux résolurent de profiter d'une des fêtes île et de choisir le mom> si tulz viendrait adorer le
saint sacrement dans 1 église des Prêcheurs. Un pétard devait, être placé sous le banc où U avait l'habitude de s'agenouiller Malheureusement, Brancoll confia le complot a son beaufrere Béquet. Béquet courut chez Casaulx. et avoua tout, a la condition qu'il ne serait rien tait a Bran oll Casaulx tint parole; 11 pardonna a Brancoll, mais fit pendre d Atria, ordonna que son corps fût un bûcher ; puis, lors-
que son corps fut consumé, 11 en dispersa les cendres au vent. deux tentatives étaient peu rassurantes pour ceux qui pouvaient avoir quelque envie de s'engager dans une
aspirai eut un homme nommé
! ■ désespéra point d'arriver a un résultat plus
ant. Comme Casaulx, Llbertat a été jugé de deux façons dlfféun.- ont voulu en [aire un véritable ami de l'indépendanci marseillaise qu i l'exemple de Lorenzlno
de Médlcls, aurait 'feint I ■ d nplaisances et
d'amitiés pour le consul, afin de prendre son temps, et. i m équent, d'être plus cei r; les autres
I i hort.it qu onditlOUS d'avance, et qui ne s'était engagé à commue que i une belle récom avouei ■ de l'humanité qui liraient bler I effet, les conos de cet assassinai • ertal recevrait la
le la porte Réale, Notre-Dame de i mille écus coin ■ terre de deux
g, et
les droits d'entrée m l'ép irle et sur la droguerie.. A
le la part du lion, parts faites
pur ■ i , i, elle conser-
Immunltét ; uni imbi justice