‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 31 sur 283 · ZÉPHIR1NE · texte numérisé non relu

ZÉPHIR1NE

■ P--S. — Avalez mon billet. ■

» Tout m . ir ia signature, monsieur C'était

aval! .u un tel si pen-

dant trois ite, .lie avait été réengagée

•us ne pouvez pas vous la rappeler mon- • trop jeu 'trouve!

re une seconde fois, et c'est alors que ' ' mon bille!

que me recommandait mademoiselle plus tranquille de Bavoir que

j ait! >,- ,|a,,s la troupe

lis au plu- lort do mon sommeil, lorsque je sentis ir le bras. J'ouvris les veux '.-n éter-

le lieutenant qu permette]

i unlllai ni

ont a Mon-

i heure. nOU

ts; ces u Utes balles X

'-' i '" e personi ,„, de mon

1 admirai i ae nill}

i.illet

int en rlar i . ipltail

Dune sa basse ; est-ce qu'il de manger un mon

■ Et i

« — Sidn, i-U.

.rut aussitôt a la fenêtre, tira mon soli-

lemen, quelque cnose

1,1 me , wue- Lt' taP'taine, en rentrant, la retrouva i la

■'"m' pla eoû il lavai: qui a a "*

raio-^?»!!?' ^"°nS us nous «Poserons a So-

J™hi= ' muln,ur;>1 -" entre se. „ nts, .,;,., uous .uvon,

que ces hussards soient sorciers

devant. ,1 donna le pnlrine et descendit avec elle

vaux nous attendaient comme la veille Les ^ turent prises, et nous noul remues»

- même façon. Seulement, comme nous étions âmes moins avant dansla nuit ..." : '" lu? >'0us ne trouvâmes près-

manger oai - la mlsérabU auberge ou le canil»"S, et que, sans i'a.ten ion que^aseUe Zéphlrlne eut de me donner la nJuc de "n '. je Oie serais couché a jeun ,."J? "é'ai? J,as c"u^,é «JfPuis dix minu'es, que j'entendis un sabbat infernal. Je sautai a bas d,- m"u u ",

SemanJdaIn'''en'L'''5 * "'* mUBS- " j °UVris ,a •«*• « « — Qu'y a-t-n ?

La chambre était pleine de bandits arm, ' : ' ' - ,

au il faut qu U v ait quel- '"ëst'toi ' Parmi D0US 'MUle ,0Dnerresl si je croyais que

<U quà! dit l'aubergiste en ouvrant une poite qui donnait sur un escalier dérobé.

,,'-'', --'élança le premier, entraînant mademoi-

selle Zêpbtrine par la main. Le Picard me poussa derrière eux ; le reste de la bande nous suivit

Au bas de l'escalier. 1 aubergiste entra dans un petit bûcher, leva une trappe qui était dans un coin. Le caplcomprlt, sans qu'il y eût une parole d'échangi

lie de la trappe, soutenant

Nous le suit ,UIb(-.,,

ma la trappe sur nous, et je 1 entendis qui la

recouvrait de fagots. De son côté. le Picard retira l'échelle-

de sorte qu il fallait sauter un à un. et d une hauteur dé

u près pouj descendre dans le souterrain

ou nous nous trouvions.

11 dire, monsieur . . ,

fltai du premier moment de , UK,

' Au bout u un instant, nous entendîmes frapper a la

■ onime si on allait la mettre en dedans. " ~~ ' ■■'"? demanda le capitaine.

ill laite le rfaitem d alU< urs au d

- les unions b bruit des baguettes aient point eu « — Uessii m- m'écriai ] messieurs ! j'espère

S1H ni -i tu iiens a vivre dit le Pli ard. « — Comment, -i j'y tiens? Certainement que... Sileni e ou je te bâillonne.

ulemeni. Je cherchai un coin où je pusse ri des halles. Il n'y avait pas le moindre angle

i ai ii.ii pi alti atlalre.

livrai! la porte ; en même i

lusll

omme on le voit, nous avions eu

et cepen-

dant il s j lai-ait un silence que Ion aurait entendu Due

•ie voler.

Lis 11 n'eu était pas ainsi au-dessus de nous On au-

au on m aalson au i , i des

taire .van. .un- la y u trois

ms le bûcher itali cachi

ni ; m par h

• u peu

I tir

' . puis

qu'on enlevai! les ! ,,' la

ill notre i lassés

inutilement, u

ir

in rapprochés de l'entrée l'aubergl; qui était i . , ,,„„ i

Ue.

" — ' il \ ..vis plattl lui demandai-je.

MIDI DE LA FRANCE

lo:j

- — Ernest es; sur nos traces

- i est-ce qu'Ernest ?

- — L'n jeune officier de hussards, mon amant. « — liais je le connais. M. Ernest.

« — Bail : un beau garçon, vingt-cinq ou vingt-six ans, de votre taille a peu près, mais bien mieux pris.

« — C'est cela même. J'ai voyagé avec lui île 1 îombino à... Mais attendez donc, oui, oui, oui, il ni a parlé de vous.

« — Il vous a parlé de moi ce cher Erne

■■ — Mais u est donc sorcier, pour suivre ainsi notre pisle ?

Non, mon cher monsieur, il n'est pas Sorcier; mais, dans toutes les auberges où uous passons, j'écris sur une mon nom et celui du village où nous allons.

« — Ah ! je comprends ; voilà pourquoi vous aviez besoin de mon solitaire. Mille pardons, mademoiselle, des soupçons exagérés que j'avais conçus Au reste, il doit bien marquer, car .est un vrai diamant.

« — Chut : on parle de choses importantes.

• Elle écouta un instant : mais, comme les bandits parlaient italien, je ne compris rien.

• —Bon: bon! dit madamoiselle Zéphirine ; Caprarola. Caprarolo . bien ce nom-là, si je l'oubliais; c'est à Caprarola ou ■ nous allons.

« — Comment : ni éoriai-je effrayé, nous allons encore...?

« — Hein! dit le Picard en se retournant.

« — Rien, mon lieutenant, rien ; j'étais inquiet de ma basse, voilà tout:

« Zéphirine s'éloigna vivement de moi et se glissa parmi les b i sorte que, lorsque le capitaine la chercha

des yeux, il la trouva à ses côtés.

■■ — Eh bien, ma petite Rina. ils sont partis, ces démons de Français :

« — Ah ! je respire, dit Rina. Sait-on de quel côté ils sont allés?

« — Notre hôte croit avoir compris que la compagnie, qui

est des hussards de la grande-duchesse, n'a pas le droit de

venir plus loin : mais un jeune oificier qui était avec elle

a une commission pour nous poursuivre et pour requérir des

• partout ou il en trouvera.

« — Eh bien, qu'allons-nous faire?

« — Nous allons nous remettre en route.

" — En plein jour?

« — i ii ois tranquille nous avons des chemins à nous.

« — C'est que je suis vraiment bien fatiguée.

« — Courage, ma petite Rina : la course n'est pas longue ; trente-cinq milles tout au plus.

.. — Arriverons-nous bientôt, au moins ?

« — Demain, dans la nuit, nous serons en sûreté.

« — Alors, partons !

« — En route dit le capitaine

« — Et ma basse? demandai-je au Picard.

« — Sois tranquille, elle a été respectée, me répondit-il.

« — Elle a été respectée ! Bien !

« Vous comprenez ma basse, c'était ma sauvegarde.

< N.ius nous remîmes donc en route. L'aubergiste luimême voulut nous servir de guide, et il ne nous quitta que lorsque nous fûmes dans ce que le capitaine appelait un chemin à lui. C'était bien le chemin du diable, monsieur '

•■ Vers midi, nous entrâmes dans une grande forêt : c'était bien là une forêt de bandits, par exemple : aussi je suis bien sûr que. si nous n'avions pas été en si bonne société. nous aurions fait quelque mauvaise rencontre. A quatre heures, nous arrivions à Caprarola.

Là, au moins, monsieur, nous eûmes une journée et

une nuit tranquilles, car. grâce à M. Ernest, nous ne man-

et nous ne dormions plus. Mais, pour le moment, il

parait ou qu'il avait perdu notre trace, ou qu'il n'avait

■ i -uffisantes pour nous poursuivre. L'auberge

était assez mal approvisionnée; mais l'on court jusqu'à

la ville la plus proche, que j'entendis nommer Ronciglione,

je (luis. ,t ion en apporta de quoi faire un dîner assez

able.

■ A trois heures du matin, on nous réveilla ; mais, comme je m'étais couché vers les six heures du soir, cela me faisait toujours mes huit à neuf heures de sommeil. C'e-l mon compte, monsieur : quand je ne dors pas mes huit heures, je suis tout malade.

■ Cette fois, la journée fut courte. Vers les onze heures du matin, nous passâmes un fleuve sur un bac. puis on s'arrêta pour déjeuner dans une auberge que j'entendis appeler l'auberge Harberini.

Ici li le capil ne, nous sommes chez nous « — Comment, dit Zéphirine, nous sommes chez nous dans cette infâme auberge? Et où est donc ce fameux château dont vous m'aviez parlé?

« — Je veux dire que nous sommes sur nos terres, et Ici, vous pouvez commander comme une véritable reine.

•i — Alors, j'ordonne qu'on me laisse seule dans une chambre, car je ne veux pas me montrer a mes sujets de... Comment s'appelle notre château-' Anticoli.

« — A mes sujets d'Anticoli dans cet équipage, je leur ferais peur.

« — Civetta I dit en souriant le capitaine. » — Allez! allez! dans un quari du u suis prête.

' Zéphirine nous mit dehors et s'entera « — Ainsi, capitaine, vous avez un châti tu? demandai-je.

•■ — Un peu, me répondit-il.

■ — A vous ?

' — Oh ! non, pas à moi ; tu comprends bien que le gouiient s'en inquiéterait; mais à un seigneur romain qui me le prête, et à qui je paye une petite rente. Le brave homme est retenu à la ville par sa charge : il faut bien qu'il utilise sa maison de campagne.

« — Alors, nous serons là comme des coqs en pâte. « — Je ne comprends pas, répondit le capitaine. " — C'est juste : coq en pâte est un gallicisme un peu fort pour un Italien ; je veux dire que nous y serons à merveille.

« — A merveille, c'est le mot. Il faudra peut-être bien de temps en temps faire le coup de fusil ; mais ce .sont les agréments du métier.

<• — Je rappellerai au capitaine que je ne suis engagé à son service que pour jouer de la basse.

■i — Mais qu'est-ce que c'est donc que ce fusil et cette carnassière que tu réclamais comme à toi?

" — C'était à moi. effectivement. A propos, avez-vous une belle chasse dans vos domaines?

i' — Magnifique !

« — Quelle sorte de gibier?

" — Toutes les sortes.

■■ — Avez-vous des ebastres ?

» — Des chastres? Par volées!

« — Bagatelle, capitaine ! je me charge des rôtis. » — Oui, oui, je te donnerai trois ou quatre de mes gens pour te servir de rabatteurs, et tu chasseras tant que tu voudras.

« — Le capitaine m'avait encore promis... « — Quoi?

« — Mes cent écus.

« — C'est juste ! Picard, tu feras rendre ses cent écus à ce brave homme.

« — Vraiment, capitaine, lui dis-je. je ne sais pas pourquoi on vous en veut ; vous êtes le plus honnête bandit que je connaisse.

« — Ecco mi, dit la Zéphirine en rentrant. « — Déjà ! dit le capitaine.

'< — Bah! je vais vite en besogne; j'ai eu le temps de faire tout ce que j'avais à faire.

K — Bravo ! en ce cas, nous repartons. « — Je suis prête, dit Zéphirine.

« — Le capitaine ouvrit la fenêtre.

« — En route ! cria-t-il.

•< La Zéphirine eut le temps d'échanger un regard avec moi et de me montrer le solitaire : je compris alors ce qu'elle avait eu à faire dans cette chambre.

« Nous partîmes vers les deux heures : à quatre heures, nous arrivâmes au bord d'un petit fleuve. Le capitaine appela le passeur par son nom. Celui-ci accourut avec un empressement qui annonçait qu'il avait reconnu la voix qui l'appelait.

« Pendant que nous passions. le capitaine et le batelier causèrent à voix basse.

« — Eh bien demanda mademoiselle Zéphirine avec une inquiétude parfaitement jouée, est-ce que notre château n.'est plus à sa place?

« — Au contraire, dit le capitaine, et, dans un quart d'heure, je l'espère, nous y serons installés.

« — Dieu soit loué : répondit Rina : car il y t assez longtemps que nous courons les champs

» Nous entrâmes dans une allée de peupliers, au bout de laquelle était la grille d'une magnifique villa. Le capitaine sonna Le concierge vint ouvrit'

A peine eut-il reconnu le capitaine qu il frappa sur la cloche d'une certaine façon, et cinq ou six domestiques a coururent.

Il parait que le capitaine était fort désiré, car ce fut

une gra ide loii parmi toute

arrivée fut connue. Le capitaine reçut tontes ces démonstrations comme des hommages qui lui étaient dus et auxquels il était habilué.

« — C'est bien, c'est bien, dit le, capitaine ; marchez devant et éclairez-nous.

•■ Les domestiques obéirent. L'un d'eux voulut prendra ma basse, dans une bonne intention sans doute ; mais, comme c'était un excellent Instrument, je ne voulus pas le lui confier, il en résulta une petite altercation qui se

Ill'l

termiii. rand coup de poing que lui donna Picard.

Je restai donc maître de ma basse, que J'étais bien résolu à rapporter avec moi en France, si J'avais jamais le bonvi air.

ondalslt chacun dans nos chambres respec-

u u palais, monsieur, un véritable palais, comme

dit te capitaine, i avais pour mon ■ < niiae une cham-

avei des fresques magnifiques, il est vrai que la porte

.tonnait sur la grande salle, et que Je ne pouvais pas y

entrer al en sortir -ans passer devant cinq ou six domes-

qul, du premier coup, m'eurent bien l'air de véri-

ables brigands déguisés eu valets.

Vous devez comprendre, monsieur, dans quel état j'étais ; comme J'allais sonner pour demander si l'on ne poiu i as me prêter quelques vêtements, un domes-

tique entra avec du linge, des bas, des souliers, cinq ou i lottes, une foule d'habits et une multitude de rent à choisir là dedans tout ce qui sérail a ma taille ou à ma convenance. Je frissonnai, monsieur, en pensant que sans doute toute cette friperie était m Aussi je me contentai d'une redin- ,i un habit, de deux paires de culottes et de six chemises. On ne pouvait pas être plus discret. Avant de sortir, le domestique m'ouvrit un cabinet dan.- lequel était un. baignoire, et m'annonça que l'on dînerait aile vtnlldue. une foule d'éclaircissements, j'appris que cela voulait dire que l'on dînerait de six a sept heures. Je n'ai imals pu comprendre ce que le chiffre 2-2 avait à faire la dedans

.. J'avais tout Juste le temps, comme oh le voit, de faire ma toilette Heureusement que je trouvai sur une tai.i. disposée à cet effet tout ce qui m'était nécessaire, et, entre autres choses, d'excellents rasoirs anglais, que J'ai regrettés depuis, monsieur, car Jamais je n'en ai retrouvé de si bons.

■ Comme je venais de m'ajuster, la cloche sonna l'heure du dîner Je donnai donc un dernier roup à ma chevelure,

* - de la chambre, en mettant la clef dans ma

po ' peni que I on ne I ihat à ma basse. A la porte,

|i trouvai m. domestique qui m'attendait pour me conduire au - m '

Vu lalon, il y avait déjà un Jeune seigneur, une Jeune dami et un officier français. Je crus m'fitre trompé, et je voulus me retii m moment où, en m'en allant à

reculons, je marchais sur les pieds du domestique, la Jeune dame me dit

..—-Eli bien, mon cher monsieur Louet. que faite- VOUS i < i i , que vous ne dinez pas avec moi?

.. — Pardon ! lui dis-je. Je ne vous avais pas reconnue, mademoiselle.

.. — Si \. ms le préférez, mon cher monsieur Louet. dit le jeune seigneur, on vous servira dans votre chambre.

.. — Comment I c'esl vous, capitaine?

a Monsieur, Je n'en revenais pas

.. — Ah ! monsieur Louet ne voudrait pas nous faire Injure de nous priver de sa compagnie, dit l'officier en s'inclinant en façon de salut.

Te me retournai vers lui pour répondre à sa politesse. Mon leur i était le lieutenant II y avait en changement à vue comme dans Cendrillon,

11 lu nmotfo, «lit un laquais en ouvrant à deux

battants la porte de la salie à manger.

■ — Qu'i v.ut dire, sans indiscrétion, monsieur ' di m ends I je aant.

< ' i.i veut dire, mon cher monsieur Louet. répondit celui-ci. que la soupe est •

« Le capll |i molselle Zéphi-

rine. el le lieutenant et i par derrière.

» Nous entrâmes dans une salle a mai [01 parfaitement

'■< la Iréi i •■ trouvait un .i r admis u . vi

Je m iteiit de mon cuisinier, mon

cher monsl Louet, me dit I prenant sa

place Bi ... m mi. quant la mi. m un cuisinier

u- que l'on dit lui al

ou trois plat- provençaux à votre Intention. .. —Des plats .i l'ail ' Ohl h di .ii i officier fran-

n prenant une prise d'or [or lient | i roj als Fa Ire un i ■ .

■ :■ âge

tn'écrlal-Ji Ulabalsse.

• Mi c'en était uni al faite, encore.

i leté un coup d ml] sur le pan monsieur

Loi. le capitaine.

ence, répondis-je par la fenêtre de ma .bai.

.. — On i tboyeux ii faudra fl)li cela demain.

eur Cou ■ i mis de vous charger du rott

> — Et Je renouvelle ma promesse, capl lenent,

je vou- p. , ire mon fusil J'en al l'habi-

tude; que voulez-vous: je ne tire bien qu'avec celui-là. « — C'est convenu, dit le capital

. — Ali ça : vous savez que nous dînons de bonne heure demain, Tonlnot Vous avez promis de me conduire au théâtre delta Valle ,- je serais curieuse de voir cette mauvaise pente danseuse qui m'a remplacée.

■ — Mais, ma chère amie, dit le capitaine, ce n'est pas demain théâtre, ce n'est qu'après-demaiu ; d ailleurs, je ne sais pas si le coupé est en bon état. Je vais me faire rendre compte de tout cela : soyez tranquille. Demain, en attendant, si vous voulez aller à cheval a Tivoli ou a Sublaco...

■• — Serez-vous des nôtres, mon cher monsieur Louet? dit mademoiselle Zéphirine.

■■—Non, merci, répondis-je; Je n'ai pas l'habitude du cheval ; de sorte que ça n'est pas un plaisir pour mot que d'y monter, parole d'honneur. D'ailleurs, puisque le capitaine me l'a offert, moi, Je chasserai. Je suis chasseur avant tout.

« — A votre guise, mon cher monsieur Louet ; toute liberté, dit le capitaine.

« — Moi, je tiendrai compagnie à Louet, et je chasserai avec lui, dit le lieutenant

.. — C'est beaucoup d'honneur pour moi, monsieur, répondis-je en m'incliiiant.

■ Il fut donc convenu que. le lendemain, le capitaine et mademoiselle Zéphirine iraient à cheval à Subiaco. et que le lleuteuant et moi resterions au château pour y faire une partie de chasse.

■ Après le dîner, le capitaine nous donna, au lieutenant et à moi. liberté entière. Nous en profitâmes, monsieur ; car moi surtout, vous le comprenez bien, depuis quinze ou dix-huit jours, je menais une vie fort agitée et i

fait fatiguante.

« Je rentrai d. .ne dans ma chambre. Monsieur, il ne faut pas demander si Je fus étonné quand je trouvai mon fusil dans un coin, ma carnassière dans l'autre, et mes cent écus sur ma cheminée. Cela me conval iqult qu'au château de M le capitaine Tonino, 11 n'y avait pas besoin de clefs pour ouvrir les portes.

..— Pendant que Je me déshabillais, le cuisinier, à qui J'avais fait faire mes compliments sur sa bouillabaisse, vint me demander st je désirais déjeuner a la provençale, à la française ou à l'Italienne, le comte de Villaforte ayant ordonné, vu la partie de chasse projetée, que l'on me servit dans ma chambre II parait que le capitaine Tonino. ayant changé d'habit, avait aussi Jugé a pr..|.ns de changer de nom. Je renouvelai à cet In. mine mes compliments, et Je lui dis de me faire un poulet frit a l'huile, autrement dit poulet à la provençale; c'est mon plat favori, monsieur. La nuit fut bonne ; si bonne, que Je ne fus réveillé que par mon déjeuner, qui frappait a ma po

. Monsieur. Je déjeunai comme un roi.

■ J'achevais une tasse d. lorsqu'on me frappa sur l'épaule. Je me retour. int dans un équipage de chasse des plus galants

.. — Eh bien, me dit-Il, voila comme nous sommes prêts?

.. Je lui demandai mille pardons; mais je lui fis observer que je ne pourrais chasser en culotte courte. Il me montra alors du doigt un costume de chasse pareil au sien, qui m'attendait sur un sofa.

- J'étais comme Aladln monsieur, je navals qu'à souhaiter pour voir mes souhaits accomplis.

■ En un tour de main, Je fus prêt : alors, nous descendlmes A la porte, des domestiques tenaient en main quatre chevaux de selle un pour le capitaine et un pour mademoiselle Zéphirine, et les deux aune- pour deux laqu

• Le capitaine i 11 en même temps nue nous: 11

mit c tontes une paire de pistolet- s deux coups,

les deu\ autres domestiques qui devaient l'accompagner en tirent aillant Mailc et domestique étalent vêtus, en

outre, d'un li u par

mettait de porter un teau di ..pitatne vit

que Je remarquais toutes c - pré. aillions.

« — Que voulez vous, mon .lier mon I me dit-il,

la police es) si m. il faite dans ce p n peut

• il .le mauvalsi ras; il est bon d'être armé, vous

comprenez.

i pn in tout, au contraire Ou J'avais

rêvai Lequel du capitaine le Villaforte,

l'Illusion " lequel était I i qu< le ne

pouv; le l de Laisser aller les cl

i mademoiselle Zéphirine, elle était ravissante une .i ama Bien du plaisir, mon cher monsieur Louet, me dit le cap I Nous serons de retour à

quatre heures ; J'espère qu'à quatre heures votre chasse sera finie.

.—Je l'espère aussi, monsieur le comté, répondis-je; n fait de chasse, Je n'affirme plus rien ; on ne sait pas où cela mène, une chasse.

LE MIDI DE LA FRANCE

■ — En tout cas, dit le capitaine en piquant son cheval et en lui faisant taire deux ou trois courbettes, en tout cas, lieaumanoir, je te recommande monsieur Louet.

■ — Soyez tranquille, comte, répondit le lieutenant.

« Et, nous ayant salué une dernière fois de la main, ainsi que mademoiselle Zéphirine, tous deux partirent au galop, suivis des domestiques.

« — Pardon, monsieur, dis-je en m'approchant du lieutenant : c'est vous, je crois, que le comte appelle Beaumanoirî

« — C'est moi-même.

« — Je croyais que la famille Beaumanoir était une famille éteinte.

« De place en place, je rencontrais des jardiniers qu'il me semblait avoir vus quelque part, des gardes-chasse dont la figure ne m'était pas inconnue. Tout cela me saluait, monsieur ; il me semblait que c'étaient tous mes bandits qui avaient changé de costume; mais J'avais vu tant de choses étonnantes, que j'avais pris le parti de ne plus me préoccuper de rien.

« Nous faisions un feu de file, monsieur; le parc était immense, fermé de murs, avec des grilles placées de' distance en distance, pour ménager de magnifiques échappées de vue. Comme j'étais en face d'une de ces grilles, M. do Beaumanoir tira un faisan.

<• — Signore, me dit un paysan qui était de l'autre côté

Le cuisinier vint me demander si je désirais manger à la provençale.

« — Eli bien, je la rallume, voilà tout.

« — Vous en êtes bien le maître, monsieur, lui dis-je. Mille pardons si j'ai été indiscret.

« — Oh ! il n'y a pas de quoi, mon cher Louet. Voulezvous un chien, ou n'en voulez- vous point?

« — Monsieur j'aime mieux chasser sans chien; le dernier que j'ai eu m'a insulté d'une façon trop cruelle, et J'aurais peur que même chose ne se renouvelât.

« — Comme vous voudrez. — Gaétan ! lâchez Roméo.

« Nous nous mimes en chasse. Monsieur, de mes six premiers coups, je tuai quatre chastres, ce qui prouvait bien que celui de Marseille était ensorcelé. Cela fit beaucoup rire Beaumanoir.

« — Comment * me dit-il, vous vous amusez à tirer de pareil gibier?

« — Monsieur, lui dis-je, à Marseille, le chastre est un animal fort rare. Je n'en ai vu qu'un dans ma toute ma ▼le, et c'est à lui que je dois l'avantage de me trouver dans votre société.

« — Bah ' réservez-vous pour les faisans, les lièvres et les chevreuils

« — Comment ! monsieur, m'écriai-je, nous verrons de pareils animaux?

« — Eh ! tenez, en voilà un qui vous part dans les jambes.

•• En effet, monsieur, un chevreuil venait de me partir à

dix pas.

de la grille, questo castello è il castelio d'Anticoli?

« — Pardon, villageois, lui répondis-je en m'approchant de lui, je n'entends aucunement l'italien. Parlez-moi français, et je me ferai un plaisir de vous répondre.

.. — Tiens! c'est vous, monsieur Louet? me dit ce paysan

« — Oui, c'est moi ; mais comment savez-vous que c'est mol?

« — Vous ne me reconnaissez pas?

« — Je n'ai pas cet honneur.

.. — Ernest, l'officier de hussards, votre compagnon de voyage.

« — Ah ! monsieur Ernest, comment ! c'est vous ? Mademoiselle Zéphirine sera bien contente.

« — Zéphirine est donc véritablement ici r

« — Sans doute, monsieur Ernest, sans doute ! elle est prisonnière comme moi.

« — Ainsi, le capitaine Tonino...?

,, N'est autre que le comte de Villaforte.

« — Et ce château?

« — Une caverne de brigands, monsieur !

„ c'est tout ce que je voulais savoir. Adieu, mon cher Louet ; si l'on nous voyait causer ensemble, on poui.'ait avoir des soupçons. Dites à Zéphirine que, demain, elle aura de mes nouvelles.

« Et il s'élança dans la forêt.

« Apporte, Roméo ! apporte ! cria M. de Beaumanoir.

« Je courus a lui.

« — Eh bien, il parait qu'il y est, le faisau. Ah ! un beau coq, monsieur : un beau coq !

- — Oui, oui, il y est ! A qui parliez-vous donc, monsieur Louet?

A un paysan qui me faisait une qui I talion,

et a qui Je répondais que J'avais le malheur de ne point ire cet idiome Aie : lit u'un air de d'.ute et en me regardant de cote i lumanoir.

■ Puis, ayant rechargé son tu

» — Mon (lier monsieur Louet, me dit-il, mieux vaut, Je moi qui parle - ali< qui c longe le mur: il pourrait ;. lions à

charge] répon-

Comme vous voudrez, monsieur de lleaumanoir, relies bien I » J'opérai aussitôt la mai lumaudée. .Mais il eut

monsieur, il ne vit personne.

me chasse superbe. 11 est Mai que M. de ii excellent tireur. A heures, nous

e Flllafoi idemoiselle .

de retour-.

ma chambre pour me préparer ù dîner.

ime il ne me fallait pas deux heures pour ma

je pris ma basse et J'en tirai quelques accords

■ m mu h excellent, et je résolus, ]ilus que

us, de ne point m'en séparer.

A i Inq heures et demie, je descendis au .-alun. J'étais le premiei le comte de Villaforte et

il Zéphirine parurent.

•• — Eh i Louet. me dit mademoiseii

s-vous bien amusé?

.. — Ma fol : mademi Iselle, répondls-Je, je serais difficile: Et v.

Ohl mu fol, de tout mon cœur; les environs d'Ami- - '.H sont charmants.

( apltalne i dit le liei la porte.

i i, je ne sut ipltaine,

' molr ; je suis le comte de Villa

le lieutenant, c'est pour affaire sein instant, je vous prie.

amie ; pardon, monsieur Louet ; ' nres avant tout.

Faites, monsieur le comte, faites.

sortit. Je le suivis des yeux jusqu'à ce refermée; puis, quand je fus sûr qu'il plu ire :

us je ,i mademoiselle Zéphirine.

Vu « — Ah: ; rnest, II nous aura nherge

en aubi

ou bien 11 faudrait qu'il un soi *r

M ' I ni 1 r mi

il iii.i 'in tin, tous auriez de ses velles.

onheui tnini- leur Louet ' il va nous délivrer.

Mai- mademoiselle lui nm ni vous trou;

I vous la mépi us y trouvez vou -mi

illlil de f.

ne de Ik.iii

devenu m'a eni

nome, qui i

' tan le plus de peini dans tout

que le pail

' : ii-dlnal

qui me i,i m m « — 0 « — Silen il rentre

I h bll h iranl :i lui, eh bien

qu'avons iv ruelle mil i

Viennent-elles de bonne so phirlné

avec n

Il i

nt-elli i »

- — Rien ■ lit: seules

contre ons été mih i- de Chl

l'ostei i on ne nous a perdus que derrière le

hère enfant Je crois qui! faudra re -r pour dei [la l'un.-

I i •' i chera point de dîner

talne. Je i

« — Tenez, voilà la réponse, me dit le capitaine.

■ — Son Excellence est servie, du un laquais en ouvrant la porte.

entrant dans la sali, a manger, je m'aperçus que le capitaine et le lieutenant avaient chacun une paire de pistolets près de leur assiette ; en outre, chaque fois qu'on ouvrait lu porte I e, nous apercevions dans l'antlleux bandits ;i>ec leur carabine i. repas lut silencieux, comme ou e pense bien; cependant il se passa sai - accident .ement

strophe, et , .oyais

• s inquiétude.

A). r.-s le souper, le capil des sentinelles par-

i—Ma petite Rina, -in il '>■ :.■ demande pardon de ne pas te tenir compagnie ; mais il faut que je veille à notre .si lu faisais bien, tu ti - SU! I n :it tout

habillée, car nous pourriou- tant la

nuit, et alors je voudrais le trouver imite prête, alin qu'on put te conduire dans un endroit sur

» — le ferai tout ce que tu voudra: demoi-

selle Zéphli

■ — Et vous, monsieur Louet, je vous serais .lligé de

— Monsieur le comte, je suis à vos ordres.

« — Maintenant, ma petite Zéphtrine. si tu veux nous laisser le rez-de-chaussée, nous avoi- ispositlons à y prendre qui ne s'accordent pas a d'une femme.

« — Je remonte à ma chambre, répondit mademoiselle Il me.

« — Et mol aussi, in écrlai-je.

« Le capitaine s'approcha dune sonnette

.. — Cela va bien, monsieur Louet, me dit n Zéphirine en se frottant les mains.

« — Cela va mal, mademoiselle Zéphirine - je en

secouant la tête.

« — Conduisez monsieur et mademoiselle chacun à sa chambre, dit en italien le capitaine.

■ Puis il ajouta a voix n rues mots que nous ne pûmes entendre.

« — J'espère que tout cela n'est encore qu'une fuis-, alerte, dit mademoiselle Zéphii i

« — Hum I Je 1 ne, j'ai un

mauvais pressentiment Si J'ai un instant, Zéphirine, j Irai i Bonne nuit, monsieur ' « — lionne nuit, capitaine, dls-je en sortant. •< Mademoiselle Zéphirine était i.-siéc nu Cependant, comme J'a< je la vis dii ■ ■ re i

le han.iit qui me conduisait m

ma chant laissa la

lampe et sortii Kn s'en allant, il ferma la porte a double tour « — flum ! hum' dis-jp, il parait qui nier.

Te n'avais rien de mieui ■■■ Jeter sur

mon lit ce que je fis,

fort triste* : peu

ulement. je tressaillais et monsieur, a foi

ù entrait

* iiMfo ' luMto ■ me .ut une vi

ir, qu'y a-t-Il" demandai-je en m'asseyant sur mon 1 1 1

| igna tegtitr

• nimc m'ordonnait de nvre.

Et "0 faut i] <../i/(r nje.

ItMintt monsieur, me ' ni a la maison peut-être.

Itxmrl ' nmnti t Pardon pardon, Je i

- qu'il arrive malheur à mon Instrument,

i bandit me fit signe que qu'il fallait me

mis ma basse sur m- |

prtl à le suivre

irs, Il marcha devant mol. me fit traverser plusieurs

nu . lier ■ i

rit une porte et nous nous tron .r commençait a poindre.

.le ne puis vous dire, monsieur, les tours et les .'.

• n- fîmes

Sans l'endroit le pins sombre, nous aperci

. tnre d'une grotte

vis que c'était la mon appartement provlsol

LE MIDI DE LA FRANCE

commençais, tout eu tâtonnant, a en reconnaître le? locaijm.iiiiI nuit i coui) je semis Qu'on me prenait la main. Je fus sur le point de jeter un cri ; maù ta main qui me prenait était fort douce, de sorte que je reconnus .len vite que ce n'était pas celle d'un brigand. Chut : me dit une petite voix.

■ — Je ne souffle pas le mot, mademoiselle. « — Posez là votre basse !

« J'obéis

.. — Eh bien, qu'y a-t-il ?

« — II y a qu'ils sont cernés par un régiment, et qu'Ernest est à la tète de ce régiment. .. — OU ! ce brave M. Ernest !

« — Comprenez-vous comme il m'aime: Il nous a suivis depuis Sienne jusqu'ici. Quel bonheur, mon cher monsieur Louet. que vous ayez été fait prisonnier. .. — Oui, c'est un grand bonheur, répondis-je. « — C'est pourtant moi qui ai eu cette idée-là. « — Comment, vous?

« — Certainement J'ai dit que je ne pouvais pas danser musicien, et l'on a tant cherché, qu'on a fini par vous trouver.

« — Comment ! c'est à vous que je dois... î » — A moi. mon cher monsieur, à moi seule; sans compter que. grâce à votre solitaire, j'ai pu laisser partout à Ernest l'itinéraire de notre voyage.

■> — Mais comment se fait-il que nous soyons réunis dans cette grotte ?

« — Parce que c'est l'endroit le plus retiré du parc, et par conséquent, le dernier où l'on viendra nous chercher. De plus, il y a une porte qui donne probablement dans quelque souterrain, lequel doit avoir son ouverture dans la campagne.

.. — Eh bien, mais, si nous filions par cette porte, mademoiselle, il me semble que cela serait prudent.

« — Ah ! oui, c'est juste. Mais il n'y a qu'un malheur, c'est que la porte est fermée.

« On entendit un coup de fusil.

« — Ecoutez, mademoiselle ! -m'écriai-je. « — Bon ! cela commence, dit Zéphirine. « — Oh! mon Dieu! où nous cacher? « — Mais il me semble que nous ne pouvons guère être mieux cachés que nous ne le sommes.

« — Mademoiselle Zéphirine, dis-je, j'espère que vous ne m'abandonnerez pas?

— Moi, abandonner un ami ? Jamais: cest là une condition, cependant... Entendez-vous entendez-vous?

« La fusillade redoublait, qu'on aurait dit des feux de peloton.

« —Quelle est cette condition, mademoiselle? Tout ce que vous voudrez.

« — C'est que, si M. Ernest vous interroge sur mes relations avec le monstre, vous lui direz qu'elles ont toujours été honnêtes, et que je ne lui ai jamais cédé. « — Mais 11 ne le croira pas, mademoiselle. « — Vous êtes un niais, monsieur Louet ; il croira tout ce que je voudrai : il m'aime.

« — Mademoiselle, m'écriai-je en lui prenant la main, 11 me semble que cela redouble.

« — Tant mieux : tant mieux ! répondit mademoiselle Zéphirine

une lionne que cette jeune Bile » Je voulus m'approcher de l'ouverture de la grotte. .. — Dietro ! dU'Iro • crièrent les deux sentinelles. « Je compris encore plus par le geste que par le mot que cela voulait dire en arrière, et je m'empressai de re culer.

D minute en minute. la chose s'échauffait. J'étais deïi assister à, des combats, monsieur ; sur mer comme sur terre, les combats me poursuivaient. • — Il me semble que les coups de fusils se rapprochent,

olemoiselle Zéphirine " — J'en ai peur, mademoiselle, répondis-je. .. — Mais, au contraire, vous devez être enchanté: c'est qu'ils fuient " — Je suis enchanté, mademoiselle; mais je voudrais qu'ils ne fuissent point de notre ,-ôté. Monsieur, on entendait des cris comme si on

et c'était bien permis, car on s'égorgeait effective-

comme nous pûmes le voir depuis, Tour cela était

mêh- de .oui. s de fusil, de sons de trompette, de roulement ■-

de tambour. L odeur de la poudre arrivait Jusqu'à nous. Les

itions se rapprochaient de plus en plus: ie suis sûr

que le rats n'étaient pas à cent pas de la grotte

■ l'out a coup, nous entendîmes un soupir, puis le bruit

d'un corps qui tombait, et l'une .Je nos deux sentinell •

vint rouler en se fléba! ant dans la gro i e avail

reçu une halle perdue: et, comme il était tombé dans le rayon de lumière qui se projetait dans p. souterrain, nous ne perdîmes pas une d»= angoisses de son agonie Je dois le dire, cependant, à cette vue. mademoiselle Zéphirine me prit les mains, et je sentis qu'elle tremblait

« — Oh! monsieur Louet, me dit-elle, que c'est horrible de voir mourir un homme ! .

•« En ce moment, nous entendîmes une voix qui criait :

« — Arrête I misérable ! arrête ! attends-moi !

« — Ernest ! s'écria mademoiselle Zéphirine. la voix d'Ernest !

Et elle s'élança vers l'ouverture de la grotte. Au même le capitaine s'y précipita tout sanglant.

« — Zéphirine. cria-t-il. Zéphirine. où es-tu?

« Mais, comme il venait du grand jour et que ses yeux n'étaient point encore habitués à lobs; n, ne put nous

apercevoir.

« Mademoiselle Zéphirine me fit signe de garder le silence

•> Le capitaine resta un instant comme ébloui, puis ses yeux plongèrent dans toutes les profondeurs de la grotte ; alors, il nous vit.

« Il ne fit qu'un bond jusqu'à nous, un bond de tigre.

■ — Zéphirine, pourquoi ne me réponds-tu pas quand je t'appelle?... Viens, viens!

« Il la prit par le bras et voulut l'entraîner vers la porte du fond.

« — Où voulez-vous me mener ? où voulez-vous me conduire? s'écria la pauvre enfant.

« — Viens avec moi, viens !

» — Mais je ne veux pas aller avec vous, moi, dit-elle en se débattant.

.< — Comment ! tu ne veux pas venir avec moi ?

« — Mais non; pourquoi vous suivrais-jc? Je ne vous aime pas, mol. Vous m'avez enlevée de force, ie ne vous suivrai pas... Ernest! Ernest! par ici!

.. — Ernest. Ernest! murmura le bandit. Ali: c'est donc toi qui nous trahissais !

« — Monsieur Louet, si vous êtes un homme, s'écria Zéphirine, à moi! à mon secours!

« Je vis briller la lame d'un poignard, monsieur ! Je n'avais point d'armes; je saisis le manche de la contrebasse, je la levai comme une massue, et j'en appliquai un si rude coup sur le crâne du capitaine, que l'instrument se défonça, et qu'il se trouva la tête prise dans l'intérieur.

« Soit violence du coup, soit surprise de se voir la tète contre-bassée, le capitaine ouvrit les bras et poussa un tel rugissement, que toute la grotte en trembla.

« — Zéphirine ! Zéphirine ! cria une voix au dehors.

« — Ernest! Ernest! s'écria la jeune fille en s'élai ai vers l'ouverture de la grotte.

« — Mademoiselle Zéphirine ! m'écriai-je à mon tour en la suivant, épouvanté moi-même du coup que je venais de faire,

» Monsieur, je vous ai dit que cette jeune fille était lécomme une biche; elle était déjà dans les bras de son officier. J'allai me cacher derrière eux.

« — Là, là ! cria le jeune lieutenant en montrant l'entrée de la grotte à une douzaine de soldats qui venaient de le rejoindre, et qui se précipitèrent dans l'intérieur. - Là. il est là ! amenez-le mort on vif.

« — Au bout de cinq minutes, monsieur, ils reparurent ; ils n'avaient ri n trouvé que la contre-basse, où il y avait le trou de sa tête. Le capitaine s'était sauvé par la seconde porte/.

" — Tiens. Ernest, dit Zéphirine. voilà mon sauveur! Le poignard était déjà là, vois-tu. quand il est venu à mon secours. (Elle montrait sa poitrine.) Car je n'avais jamais voulu lui céder, à ce monstre de capitaine, et il aimait mieux me tuer que de me voir appartenir à un autre.

« — Bien vrai? dit Ernest.

« — Ali !... mon ami. comment peux-tu me soupçonner? Demande plutôt à M. Louet.

« Je vis i[ue le moment était venu, et je m'approchai.

« — Monsieur, lui dis-je, je vous jure...

« — C'est bien, me dit M. Ernest, pas de serment. Pensez-vous que je ne la croie pas sur parole?

« — Je crois, dis-je, sauf meilleur avis, monsieur Et que, puisque le capitaine nous est échappé, ce que

.le mieux à faire, c est il? mettre mademoiselle Zéphirine en sûreté.

« — Vous avez raison, monsieur Louet, Viens, Zéphirine.

« Nous reprîmes le chemin du i . mais, avant d'y

arriver, il nous fallut traverser le champ il Mon-

sieur, nous vîmes bien dix nu douze morts Au pied du perron, un cadavre barrait les marcl

« — Enlevez donc de là cette charogne, dit un vieux lui oui marchait devant nous ;i deux soldats.

« Les deux soldats retourné] i davr qui êtall

tourné le nez contre terre, et ie reconnus le dernier des Beau manoir.

.. Nous ne finies que passer an tu M Ernest y laissa

garnison : puis nous montâmes dans une voiture avec mademoiselle Zéphirine. et M. Ernest, à la tète de douze hommes bien armés, nous servit d'escorte. Il va sans dire monsieur, comme vous comprenez bien, que j'avais > mes cent écus. mon fusil et ma carnassière.

« il n'y avait que ma pauvre basse que je regre d

ALEXSNDRE DUMAS ILLUSTRE

Quant à mademoiselle Zéphlrine, il parait qu'elle ne regrettait rien, car elle était comme lolle de joie.

« Au bout d'une heure de route, à peu près, je vis àl'horizon une grande ville avec un dôme "norme.

« — Sans indiscrétion, monsieur Ernest, dis-je en sortant ma tcte par la portière, puis-Je vous demander quelle est celte ville î

« — Cette ville î

. — Oui.

« — Là, devant nous?

« — Là, devant nous, monsieur.

« — Eh l mais c'est Rome.

« — Comment! c'est Romet Bien vrai?

« — Sans doute.

« — Eh bien, monsieur, lui dis-je, je suis enchanté, parole d'honneur, enchanté, c'est le mot. J'ai toujours eu une très grande envie de voir Rome.

« Deux heures après, nous fîmes notre entrée dans Rome.

— Et vltes-vous le pape? demandai-je. Car je me rappelle, monsieur Louet, que c'était un de vos désirs.

— Vous n'êtes pas sans savoir, me répondit H. Louet. que ce respectable vieillard était pour iors à Fontainebleau : mais Je le vis à son retour, monsieur, lui et ses succes-

seurs ; car M. Ernest m'ayant lait entrer comme quatrième basse au théâtre detla Valle, j'y restai jusqua 1830. Si bien que, lorsqu'en 1830 Je revins à Marseille, monsieur, comme 11 y avait vingt ans que J'en étals parti, on ne voulait pas me rendre ma place à l'orchestre; on me prenait pour un faux Martinguerre.

— Et mademoiselle Zéphlrine î

— Monsieur, J'ai entendu dire qu'elle avait épousé M. Ernest, dont Je n'ai jamais su l'autre nom, et qu'elle était devenue une lort grande et fort honnête dame.

— Et le capitaine, vous n'en avez jamais entendu reparler?

— Si lait, monsieur : trois ans après, il se laissa arrêter au théâtre délia Valle, et J'eus la douleur de le voir pendre... Voilà comment, monsieur, pour avoir oublié de décharger mon fusil, qui Ut long feu sur un chastre, Je me trouvai avoir vu l'Italie et être resté vingt ans à Rome.

— Savez-vous l'heure qu'il est? demanda Méry en tirant sa montre : quatre heures du matin ! Une belle heure pour aller se coucher !

— Heureusement, dit M. Louet en nous montrant Jadin et nos deux autres convives qui ronflaient, heureusement que ces messieurs ont pris un à-compte.

TABLE DES MATIÈRES

MIDI DE LA FRANCE

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