‹ Œuvres complètes illustréesChapitre 33 sur 283 · IMPROVISATION · texte numérisé non relu

IMPROVISATION

Le premier monument qu'on ap i sa droite quand

on va du quai d'Orléans à la mer. c'est la Consi .

La Consigne est un monument de fraîche et moderne mu mure, avec de nombreuses fenêtres garnies de triples grilles, donnant sur le bassin du port.

Vu-dessous de ces fenêtres sont force gens changent

des paroles avec les habitans de cette charmante maison.

On croirait être à Madrid, et on prendrait volontiers tous ces gens pour des amans qui se cachent d'un tuteur

Point ; ce sont des cousins, des frères et des soeurs qui ont. peur de la peste.

La Consigne est le parloir de la quaranta

Un peu plus loin, en face du fuit Saint-Nicolas, bâti par Louis XIV, est la tour Saint-Jean, bâtie par le roi René; c'est par la fenêtre carrée, située au second étage, qu'essaya de se sauver en 93 ce pauvre duc de Montpensier, qui a laissé de si charmans mémoires sur sa captivité avec le l'i'im e de Conti.

"ii sait que la corde grâce à laquelle il érai Jigner ' terre étant trop courte, le pauvre

tomber au hasard et se brisa la i nisse e ni point

du jour, des pêcheurs le trouvèrent évanoui et le p 'itèrent Chez un perruquier où il obtint de rester jusqu'à son en-

Le perruquier avait une tille, une d.- isettes de

Marseille qui ont des bas jaunes et un pied d'Andal

Je ne serai pas plus indiscret que ' mats cela

me coûte. Il y avait une jolie histoire a raconter sur cette jeune fille et le pauvre blessé.

Nous laissâmes à notre droite le rochei Esteoi nous

étions juste sur la Marseille de César que la mer a recouverte. Quand il fait beau tem] l la mer est calme, on voit encore des ruil md de l'eau. J'ai bien peur qu'il n'en soit de la Marseille de César comme du sage des pigeons.

Au pied d un rocher, pn eau-Vert, nous aper-

çûmes Méry; il nous montra tpJ il avait a la main un pa

pler et un crayon. Je connu aussi

bien fait de ne pas venir ; :i >>i- ,i Ions vent debout un diable de mistral qui ne voulait pas nous laisser sortir du port.

mais qui promettait de bien nous secouer une fois que nous serions sortis.

En face de la sortie du port, l'horizon semble fermé par le* îles de Ratonneau et de Pommègues. Ces deux îles, réuni- une jetée, forment le port de Frioul, — Fretum détroll de César Pardon l'étymologie n'est pas de m.ji cette jetée est un ouvrage moderne : quant au il c'est le port du typhus, du choléra, de la peste et de la fièvre jaune, la douane des fléaux, le lazaret enfin. -i y a-t-il toujours dans le port du Frioul bon nombre de vaisseaux qui onl un air ennuyé des plus pénibles

heureusement, ou beureusemeni plutôt, Marseille n'a encore oublié la fameus< peste de 1720, que lui avait l tée le capitaine Cbataud.

i irseille, la plus célèbre i i lie <i il : cependant l'Ile d'If n'est qu'un écuetl eresse, et dans cette forteresse

Il en résulte que l'Ile d'il est devenue une espèce de pèle- - inte-13eaume est un pèlei religieuv .

l'If i lut la prison où l'on enfermait autrefois illle mauvais sujets; c'était une chose bérédl mvenue: le fils pouvait demander la chambre du père.

irabeau y lut envcr. Ltre.

il avait un père fou el surtout ridicule; il l'ea

m. m-, il une jeunesse ou débordait I -ni- tu us ses pas jusqu'alors avaient été marqués les scandales gui avaient pinlon publique

h m resté Libre, était p. ru itation Mil

iii.i nu sauvé h pitié 'tin s attat ba .i lui

i réclusion cruelle était peut-être uni n ii Providence pour forcer le jeune homme lui- sur lui-même la tyrannie dans fous SCS détails

il en résulta que, lorsque la révolution s'approcha. Mu

■ nie au service de cette grande catastrophe sociale, issions arrêtées dan- leur course et ses colères amasiliut une longue prison

.-un n e l avait i ondamm i m n I il lui ren-

sa condamnation, et le 21 janvier n:>3 l'arrêt lin axé cuté.

La chambre qu'habita Mirabeau, la première et souvent qu'on demandes voir tant le colosse républii

vieille forteresse do son nom, est la dernière ilte dan la i tui ingle sud ouest d

un cachot qui ne se distingue des autres que parce qu il lus BJbn peut i I ne espèce d'alcôve taillée dans

le roc indique la pla Ut deux crampons

qui soutenaient une planche aujourd'hui absente, la place où il mettait se livret enfin quelques restes de peintures, a bandes longitudinales bleues et Jaut

ions que la philanthropie de l'a les hommes avait

i prisonnier d'introduire dan- sa prison Je ne suis pas de l'avis de ceux uni prétendent que Mira captil pressentait s. m avenir, il aurait fallu pour cela devinât la révolution Est-ce que le matelot, quand le pur, quand la mer est belle, devine la tempête qui 'e jettera sur quelque Ile sauvage, dont sa supériorité le fera le roi 1 En - de Mirabeau i Invalide qu

au voyageur lui fait voir quelques vieilles pian n hangar :

na le corps de Klelu-r en l'r.in. e

\ notre retour a trouvâmes Méry qui nous atti

manl s Iga

— i".i mes vers i m.- Je i aperi us

S a une I Je sautai sur le qu

— Où sont ils- demandai le en Méry au collet

— Pu roi! le terni -pier ; ous content !

ilraculeux :

En effet, en moins d'une heure, Mérj avait t. m cenl vingtvers i un ' plus de deux vei - par île.

n point p. n 1 1 1 1 • ■ ii- m.- son mais

du tour de '

M \KM II.l i

i lie i /. /'

'i iiiImi ,1,. la rive aine-.

de 1 humide fini Oui orsque les Dots mouvans

S'abandonnent resses de- vent.

L air était froid : décembre --tendait sur ma tête Son crêpe nébuleux drapeau de la tempête Les alcyons au vol gagnaient l'abri du port ,

rfaçait sous les teintes du Nord La Méditerranée, orageuse et grondante Comme un lac échappé du sombre enfer de Dante, N'avait plus son parfum, plus son riant sommeil. Plus ses paillettes d'or qu'elle emprunte au s ileil. Il le fallait ainsi la mer intelligente ijui roule de Marseille au golfe d Agrigente, Notre classique mer avait su revêtir Le plaid d'Ecosse au lieu de la pourpre de Tyr

-eur, qu'elle te faisait fête.

A toi 1 entant du Nord dramatique poète. ronné d'un cortège d amis lu vent, debout sur le canot prom Loin ii la vague expire, où le vent gronde,

ou surgit la tour ronde.

iguais si joyeux Et pour tout voir n'ayant pas assez de tes yeux.

Mol 1 amant de la mer et que la mer tourme mi redoute un peu mon orageuse am

brume des eaux je te suivais de 1 oeil ; Djurats de loin la tempête et recueil.

En répétant ton ba aaloupe agile

Les vers qu Hor vaisseau de i

Ei puis, en te perdant sur le- Bots <■■ umeux Mes souvenirs venaient, noirs et tristes comme eux!

Combien de

J'ai contemple La nie îles latines

L'Ile de Mirabeau, rocailleuse prison ; Les Monts-bleus dont le cap s'effile à l'horlz Et les golfes secrets où le flot dl P i liante de volupté sous le pin qui Alors i ne songeais a rien

i- un tableau ..aime un rêve aérien.

d'or. La vague, douce et 1. - Endormait dan- l'oubli ma petite indolen

La 1>! IX appel

Je ne sais Irop pourquoi di

anl aux mêmes bord- nies visions fleui .1.- i.. - où le deuil ei

A coloi lune teinte de sane

• m la peste, vingt fois de 1 Orient venue, i iile agonisante et nue :

Où le- temples t ivage voisin

Meurtris du (er de Rome ou du le:

Dme la vapeur grise Que ni i : liante abandonne a

Pèlerin -or la mer. en détournant le- yeux h i lu ne peux voir ce .pion; vu mes aïeux Cette ile de m, non non i e n est polnl la liiie de Pho

i algue a ti— ■■ -m linceul i égards de Dieu seul

te

. .n n. ans i - est usé

El chaç 1er. n me

fils* qui fut le temple de Lucine,

i tant dé travaux le

ie i-, péristj l.-- blani ln\ ii -- int exp

Comme i - les ;!•>!> du

iujs murs du P i - n nom

n ne i len ne surn

lu moyi

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Die tout seule

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,i héroïque vertu bien . ■ ■ « 1 1 1 .

i èneaux où la i mque m .i nie ,-,. lorsque la liomli idi

ignol

- oie raille.

i le i aie t

si redouté des rois ant une croix Elle s'est êbouli ■ ui approche

Il te faut auj'.u 1er une i i

■ fort monument qui résiste à la mer

UNE ANNEE A FLORENCE

N'-us n'avons ni palais, ni temple?, ni portiques.

Les seuls mcnts d'alentour sont nos trésors antique-,

Et mime, tant Marseille a subi de malheurs.

Us n'ont plus ni leurs bois, ni leurs Talions de fleurs.

Tourne ta proue, on ! viens, la ville, grecque est morte,

Oui, mais Marseille vit , elle t'ouvre sa i ort<

La splendide cité, reine de ces climats.

raclie l'eau de son port sous l'ombre de ses

Elle est riche ; elle peut, à défaut de ruines,

rir de monumens sa plaine et ses collines. Son nom. que sur le globe elle fait retentir. I •• plus grand que les noms de Sidon ei de Tyi . Elle envoie aujourd'hui les enlaus de son mi Aux feux de la Torride, aux glacières du pôle: Partout, son pavillon, à l'heure où je t'écris. L univers commerçant le salue à grands i - Les trésors échangés de sa rive féconde Illustrent les bazars de Dellïy, de Golco Pe Lahore, d'Alep, de Bagdad, d'Ispahan, Que la terre couronne et que ceint l'Océan. Notre voisine sœur, l'Orientale Asie, Couvre ce port heureux de tant de poésie Les, longs quais de ce port, congrès de l'univers. Sont broyés nuit et jour par tant d'hommes divers Qu'un voyageur mêle dans la foule mouvante, Marbre aux mille couleurs, mosaïque vivante, l il vivre en Orient, ou, dans les jours premiers, s»u; Didon de Cartilage, au pays des palmiers. Ainsi donc le commerce est chez nous poétique. Poète, viens t'asseoir sous quelque frais portique; M je ne puis offrir à ton brillant regard Ni les temples nîmois, ni l'aqueduc du Gard ; Ni la vieille Phocée a -a gloire ravie : A défaut de la mort, viens contempler la Le cœur se réjouit à cet éclat si beau. L'opulente maison vaut mieux que le tombe

— Maintenant, me dît Méry après q'ie : en- lu ses vi n'est pas le tout. Pendant le temps que j ai perdu a vous attendre, je vous ai retrouvé une chronique qui vous manque pour compléter votre tableau de Marseille.

— Laquelle ?

— C'est Marseille en 93.

— Vite la chronique.

— Allons d'abord place du Petit-Mazeau mon frère nous y attend avec ses manuscrits.

Nous nous rendîmes à la rue désignée : Louis Méry me montra une petite maison, basse et de chétive apparence, et que cependant on avait récrépie et mise a neuf autant que la chose était possible.

— Regardez bien cette maison, me dit Louis Méry.

— C'est fait. Eh nien : qu'est-ce que c'est que cette maison?

— Rentrez à l'hôtel, lisez ce manuscrit et vous le sau-

J'obéis ponctuellement : je lus le manuscrit de la première à la dernière ligne.

Voici ce que c'était que cette maison.

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