MARSEILLE EN P3 ■ QUELIN
Vers le mois de mars 179.1. un homme arriva de Paris à Marseille, >e rendu immédiatement au palais, mit sur sa tête un chapeau orné de plumes tricolores, et déploya un papier signé par les membres du comité de salut public, lequel papier l'instituait président du tribunal révolutionnaire. On le laissa faire sans s'opposer en rien à son installation ; seulement • > 1 1 lui demanda comment il s'appelait: il répondit qu'il s'appelait le citoyen Brutus. C'était un nom fort à la mode à cette époque: aussi personne ne -étonna du i hoix qu'on avait, fait à Paris du citoyen président du tribunal révolutionnaire de Marseille- Pendant toute l'année 92 e,t tout le commencement de l'année 93. la guillotine avait un peu langui à Marseille, on en avait porté plainte au i omité de salut public, et le comité de salut put, lie avait envoyé, comme nous l'avons dit, le citoyen Brutus pour rendre un peu d'activité à la machine patriotique A la première vue on put s'apercevoir que le choix était bon : le citoyen Brutus s'entendait a merveille à déverser sur les planches de la guillotine le trop-plein des prisons. On lui remettait chaque matin des listes de suspects. Pour ne pas perdre son temps, Brutus emportait ces listes au
il, C'esl la chronique Je Louis Mory; que nous avions promise -Urne des Impression* < ' > étant le Midi de la
fiance
tribunal révolutionnaire, condamnait à mort sans que la moindre émotion de plaisir ou de peine apparût su: t longue et sèche figure. Puis, pendant que le greffier lisait l'arrêt, il indiquait, sur les listes des suspects qu'on lui avait remises le matin, le nom de ceux qui devaient rem dans la prison les vides qu'il y faisait le soir.
Cette besogne achevée, il rentrait dans son obscur tl i -ième étage, qui, par une de ces traverses comme on en trouve fréquemment dans lès vieilles villes, mettait en communication la Grande-Rue et la rue de la Coutellerie. La, il restait seul et invisible, même pour les Saron et les Mouraille, qui étaient les Carrier et les Fouquier-Tinville de cet autre Robespierre.
Quant parfois Brutus sortait pour se promener par la ville, il se coiffait d'une casquette en peau de renard et attachait à son cou un grand sabre qui traînait en t jaillir des étincelles des pavés. Le reste de son accoutrement, se composait d'une carmagnole et d'une paire de panl de couleur sombre. Quand on le rencontrait ainsi, faisant sa tournée, chacun s'empressait de lui ôter son chapeau, de peur qu'il ne lui ôtàt la tête.
Grâce à son beau soleil, à ses joyeuses maisons peintes de vives couleurs, et à cette mer d'azur qui rit à ses pieds, Marseille, quoique profondément atteinte par cette fièvre révolutionnaire qui lui tirait le plus pur de son sang, avait conservé pendant quelque temps encore cet aspect de bonheur et de gaîté qui fait le caractère principal de sa physionomie. Cependant, peu à peu, m voile de deuil s'était étendu sur elle, ses rues bruyantes étaient devenues silencieuses, ses fenêtres, qui. pareilles au tournesol, s'ouvrent tour à tour pour aspirer les premiers rayons du soleil et les premières brises du soir, demeuraient fermées ; enfin, dernier symptôme de douleur, encore plus terrible dans une ville commerciale que dans toute autre, les boutiques s'étaient closes, à l'exception dune seule.
Sans doute c'était à cause de l'innocent commerce de celui qui l'habitait, car au-dessus de la porte de cette boutique il y avait une enseigne qui disait :
' oqueUn, faiseur de -joujoux en. carton.
Du reste, probablement pour appeler la protection de la république sur son établissement, le propriétaire avait fait peindre un bonnet rouge au-dessus de cette enseigne, dont l'inscription se trouvait en outre encadrée entre une hache et un croissant.
La boutique de Coquelin s'ouvrait sur la place du Petit- Mazeau. C'était une espèce de voûte, petite et obscure. Celui qui en passant y jetait un coup d'oeil apercevait, à peu de distance du seuil de la porte, une table et une chaise, et devant cette table, et sur cette chaise, un homme à l'oeil éteint, aux joues pendantes, occupé à promener les deux branches de ses ciseaux à travers une feuille de carton, à achever une boîte, une brouette, une maison, un puits, un arbre, ou bien encore à faire rouler un carrosse attelé .-le ses chevaux, à faire danser un pantin en le tirant par le fil qui pendait entre ses jambes, ou à habiller et déshabiller une poupée. Au reste, quelle que fût la chose dont il S eupât, ses mouvemens étaient doux et modérés ; il dirigeait lentement sa main vers le compas ou le pot à colle, prenait, en remuant méthodiquement la tète, le pinceau ou le canif, et sa figure restait constamment animée d'une bienveillante somnolence parfaitement d'accord avec ses juvéniles occupations.
De temps en temps il se levait, entrait dans son an boutique, et là disparaissait aux regards des passans entendait alors le bruit d'une roue, des sons clairs et ratudes pareils à ceux dont le rémouleur modère ou augmente l'activité, selon qu'en se courbant sur sa pierre, il pres-e ou ralentit le mouvement de son pied. Quelquefois un è brillait dans la nuit permanente de cette arrière-boni Cet éclair la traversait pour s'éteindre dans une obscurité soudainement interrompue. On aurait cru voir le jet de ce rayon, qu'un enfant, à l'aide d'un verre, dirige sur le nez de son professeur. — Puis l'homme à la figure bonace vrait et refermait la porte de son arrière-boutique, revenait s'asseoir sur la chaise, et continuait le cheval de carton interrompu.
Cet homme, c'était Coquelin.
Depuis quelques semaines, une jeune femme s'arrêtait devant la boutique de Coquelin ; non pas qu'elle se plût beaucoup à examiner les petits ouvrages que cet homme confectionnait ; mais par déférence pour les désirs de sa fille, jolie enfant de six ans, à la tête de chérubin, qui, chacnio fois qu'elle passait devant la boutique, tirait sa mère i ; la main, afin qu'elle s'arrêtât, et fixait ses grands yeux bleus sur les chefs-d'œuvre du bonhomme. Quant à sa mère, qu'a son teint pâle et à ses longs cheveux blonds on pouvait reconnaître pour une fleur étrangère a la chaude atnv phère provençale, elle trouvait son enfant si heureuse à
la vue de la tahle de Coquelin, que le bonheur de sa fille était presque un adoucissement au chagrin profond qui paraissait la dominer, et qu'elle ne s'arrachait qu après une pause, d'une demi-hei.< ontempla-
tion Journi artoiuiages du faiseur de /'juets d en-
fans.
Coquelin avait l'esprit et l'œil fort peu curieux, mais il urtant fini par ren. mme et cette en-
fant auxqu maiique absolu <i éducation, il
un signe de tête assez amical, qui rassurait la mère et enhardissait la fille.
Cn Jour, la jeune femme demanda à G xruelin le prix d'une Jolie maisonnette en carton dont le toit simulait parfaitement les tuiles, et qui avait des contrevens peints en vert. L'enfant sautait de joie en frappant 'es mains l'une contre 1 autre à l'idée que sa mère allait lui acheter cette jolie ii. Coquelin examina le travail de l'objet demandé, et i il prononça ces paroles:
francs. C'étaient les seules que la jeune femme lui avait JamaJ dire. J "lie posa le prix de 1 estima-
tion sur la table, car Coquelin n'avait point tendu la main vers elle pour recevoir 1 argent, et la petite fille, toute radieuse de Joie et d'orgueil, emporta le superbe joujou.
Le lenden i|ue l'enfant, s&t ambi-
tion de lu veille, n'eût conserve aucun désir pour les Jouets que renfermait la boutique de Coquelin. soi! que la Jeune femme fut retenue loin de la rue du Petit-Hazeau par cette affaire qui la rendait si triste-, ni la mère ni la fille ne parurent.
Jusqu'à 1 heure où elles avaient 1 habitude de s'arrêter 'lue. Coquelin demeura fort tranquille, se livrant assidûment a ses occupations habituelles. Lorsque cette heure fut venue, il se retourna plusieurs fois vers la porte avec un certain air d'impatience, e; loinnie si quelqu'un qu'il attendait ne fût pas venu au rendez-vous ; mais quand l'heure fut passée, Coquelin passa de l'impati l'Inquiétude, quitta fréquemment sa chaise pour aller der aux deux extrémités de la rue, revenant, cnaqui qu'il voyait son espérance trompée, d un air chagrin de la porte à sa our-là il découpa mal. il ne put ache-
ver une b" 'jorceaux ne s'ajustaient pas; la
iix se montraient revécues ; bien plus chose étonname : il n'y eut point, ce jour-là, d • vifs et rapi cuits grinçans dans lanière-boutique.
le lendemain, les Jones pendantes et ridées * quelln passèrent du vert au rouge quand la jeune femme et son enfant Pourtant il ne
grosses lèvres et s'en alla mourir stupidement dans un coin la petite 811 r le sourire,
entra résolument dans la boutique et vint poser sa petite main sur l'épaule de ' ure elle fai-
sait tourner une girouette placée sur un château de carton :
lui fil une grrlmftee d'amitié: la petite fille se familiarisa loti'
la figure lourde et sale du faiseur de Joujoux, et finit .'ir sans façons, de sorte que, tandis que sa mère avait
où le tribunal ■ances, la petite fille s'Installa dans la boutique de Coquelin trempant ses petits doigts dans le pot de colle, faisant dai rouler les carrasses, ouvrant les
fein'; de carton
Ire plainte. I 1 île l'enfant a la mêr" Pendant un mi l'entant se
ant un cri. réparai sur le seuil te iniérieure avec un
i dans la !■■
— ©1 mon Dieu' lui dit elle qu'as tu fait.
— Oh ! maman, maman infant en secouant sa
• Ile pouvait pour retenir ses larmes, ne me gronde pas c'est un gros vilain couperet qui ma mordue
— i la mère.
La figure de roqn-lin devint li .nir F.t, fermant
oin la port nt il mit la clef dans sa poche :
— Ce n'est rien, ce n est rien, dit-il d une voix tremblante Voici iin Angleterre même; mol. J'ai la main trop lourde.
nu cément extraor ojuellD pré-
genoux devant l'enfant, tandis que sa mire lui lavait le doigt et appliquait sur la coupure un morceau de taffetas I gleterw-
— Elle .n -nain Imprudemment sur quelque couteau de entame I ■ la Jeune femme un peu rassurée Ces malheureux ont ni la main pal
— Oh ! citoyenne, répondit Coquelin, j en suis bien fâché : car j'aurais dû y veiller; c'est ma faute. Mais mademoiselle Louise est légère comme une biche
— Et étourdie comme un hanneton, dit la jeune femme avec un triste et doux sourire
Ce soujire, si passager qu il eût été. rend In ex-
pansif. Il regretta de n'avoir pas une chaise, pas un tabouret à présenter à la citoyenne et à sa nlle. Sa conversation | était celle d'un homme qui a peu d idées, et une certaine ténacité de caractère, ce qui va presque toujours ensemble. D ailleurs, sa phrase était courte, saccadée, inattendue, et il la débitait avec un accent montagnard De son c&te. la jeune femme commentait s s habituer à cet homme, qui avait commencé par lui inspirer une répugnance dont elle ne se rendait pas compte. Aussi lui fit-elle, a son tour, quelques questions.
— Et ce que vous faites-la suffit à vos besoins? lui demanda-t-elle.
— Oh ! j'ai du travail en ville, répondit Coquelin.
— Mais ce travail vous rend-il beaucoup r
— Oui, oui ! on me paie bien.
— Et jamais il ne manque"
— c est-à-dire, repondit l'ouvrier, qui s'était remis, à sa
De renversant en arrière et mps.
— Et vous êtes dans un bon moment, a ce qu'il parait? demanda la jeune femme, car vous me semblez content.
— Mais oui t mais oui ! Depuis deux
commandes ne vont pas mal. et s'augmentent tous les Jours. grâce au citoyen Brutus.
— Vous ie citoyen Brutus? s écria la jeune femme, sans réfléchir à celte étrange influence que pouvait avoir le citoyen Brutus sur le commerce d'un faiseur de jouets d'enfans.
— Si je connais le citoyen Brutus Coquelin . parbleu ! si je le connais C est un chaud qui :
us le connaissez : oh ! mon .Di Providence qui m'a conduite ici. — Et le vent?
— Oui, comme cela de tet
mon travail du jour >UT le
lendemain Nous prêt i
trinquons a la santé de la république, une et indivisiM il n'est pas fier, le citoyen Brutus.
— Citoyen Coquelin ivb homme
— Un brave horani toyenne !
\ ous me rendriez
— SI je le poir inemoni je ne il<
— Tenez, citoyen Coquelin. je veux tout vous dir mon mari en prison, voilà pourquoi je passe tous les
me . il est tnno nemis parce qu'il est riche. Si • pour lui la justice du c'toyen Brutus?... 11 se nomme ltobert. mon mari ; retenez bien son
.. ..'.i à la fin de votre travail, eh bien : dites lui. la première fols que vous Irez, dites-lui qu'une pauvre femrm malheureuse le supplie au nom du ciel de lui coi mari Dites-lui qu'il n'a rien fait, mon pi
im aime 1
mme il ain
I passe devant une petite fenêtre grilsigne . aussi, tous le- inq heures.
aons -, ant la fenêtre J'ai tel
ce que j ai pu pour voir le citoyen Brutus. mais on n
Is tant n:\it donn,- mon
mari. J'en suis siïre Mais c'est le bon Dieu qui m dulte ■ ,. '
ne tuera p irlea Lan riri J
■ mère toute éperdu- ' Prie
avec mol le citoyen Coquelin pour qu'on ne le tue ;
int j,> Iir meure mon-ietir Coquelin .
ne tuez i
in devint h t ''eidfrj
(ant :-'éer, elle i itimi bon mm
«lut prendre les mains rc ur de
;m les retira vivement nne. ne touchez i mains lui dit-il avec
une sorte d effroi
pauvre femme se recula imprenalt i
mouvement de Coq m int de sllei
— Vou. ti iielin. que la vie de mari dépend du citoyen Brutus?
— ne lui i ia la jeune femme
UNE ANNEE A FLOBENCE
— C'est qu il est bien dur, le citoyen Brutus ! continua Caquelin en secouant la tète. Bien dur. bien dur, — et il poussa un soupir.
— .Me refusez-vous votre protection ? demanda avec timidité la jeune femme en joignant les mains.
— Moi, dit Cocruelin, moi vous refuser quelque chose de ce qu'il m'eM possible de faire? ah ! vous ne me connaissez pas, citoyenne. D'ailleurs, est-ce que vous ne m'avez pas acheté une maison en carton ? est-ce que vous ne venez pa.s tous les jours dans ma boutique où il vient si peu de monde? Est-ce que vous ne parlez pas avec votre bonne petite voix si douce, à un pauvre homme à qui personne ne parle : Et cependant rendez-moi justice, est-ce que je n'ai pas la boutique la mieux fournie de Marseille? Est-ce qu'il y en a un pour manier les ciseaux comme moi? Oh! allez, j'ai de ladresse, j'ai du goût, mol. — Tenez, voyez ce petit pantin, c'est cela qui est drôle; je n'ai qu'à tirer la ficelle, et les bras, les jambes, la tête, tout cela s'agite, tout cela remue ; voyez ! voyez !
La jeune femme, par complaisance, regarda à travers les
- qui s étaient répandues dans ses yeux, le grotesque
pantin, dont Coquelin, la figure ébahie avec une satisfaction
— Vous devez être bien heureuse, citoyenne, d'avoir une aussi jolie enfant?
— Oui, dit la jeune femme, et comme elle est bien sage, je vais encore lui acheter ce pantin.
Louise poussa un cri de joie. Coquelin se leva dans tout 3 la fierté de sa taille, et remit le pantin à la pauvre mère, qui le paya quatre francs, recommanda une dernière fois son mari aux bons offices de Coquelin et sortit.
— A propos! votre adresse, citoyenne? lui demanda-t-il.
— Rue des Ttiionvillois, île 4* n° 6.
— Merci, dit Coquelin. Et il rentra dans son magasin, écrivit sur un morceau de papier l'adresse que venait de lui donner la jeune femme, mit le morceau de papier dans la poche grasse de son gilet à ramages, poussa un soupir, et passa dans l'arrière-boutique.
Un instant après, les éclairs jaillirent, et le bruit grinçant se fit entendre.
Le lendemain, vers les onze heures du malin, la jeune femme apprit que son mari avait paru devant Brutus, et que Brutus lavait condamné à mort
La jeune femme resta d'abord toute étourdie de ce coup. Mais elle vit son enfant qui jouait avec la jolie maison ; elle
Brutus emportait ces listes au tribunal révolutionnaire.
orgueilleuse d artiste, faisait bondir les jambes et les bras. De son côté, la petite Louise, passant de la douleur à la joie, comme une enfant qu'elle était, sautait sur la pointe do ses pieds en riant comme une folle- La .scène avait pris un caractère touchant et presque patriaii.u Renversé, sur sa chaise. Coquelin tenait d'une main, a la hauteur de son nez, le petit bonhomme de carton suspendu par la tête, et de l'autre main il communiquait. au moyen de la ficelle, un mouvement rapide aux bras et aux jambes de ce pantin. Plus le bonhomme se démenait, plus les rires de Louise devenaient joyeux. Coquelin savourait son succès de mécanicien ; sa figure s'épanouissait. Et 11 disait, tout en tirant la ficelle et en accordant sa voix avec les gestes du pantin :
— Vous dites donc, citoyenne, que votre mari est accusé? Eh bien, je verrai le citoyen Brutus; je lui parlerai... Il est dur, le citoyen Brutus! Mais, qui sait?... En tout cas. je ferai tout ce que je pourrai pour votre mari : soyez tranquille, citoyenne... Malheureusement, je ne peux pas grand chose... mais tout ce que je peux, je le ferai... tout!
— Oh ! -^on bon monsieur Coquelin !
— Oh ! jai de la mémoire, moi, citoyenne. J'en ai... je n'oublierai jamais que, depuis deux semaines, vous venez me voir travailler une demi-heure tons tes jours, et que pendant cette demi-heure, je ne sais pourquoi, mais je suis heureux. C'est qu a Marseille, voyez-vous, on n'aime pas les artistes . j'étais forcé de m'admirer tout seul... Voyez donc comme il danse, mon pantin, ma petite citoyenne. Elle aime bien son papa, n'est-ce pas?
— De tout mon cœur, répondit I enfant
— C'est bien. Elle n'a pas cassé sa maison ?
— Oh non ! monsieur Coquelin, je l'ai mise sur la table a Jeu du salon.
pensa a Coquelin, dit à la petite Louise d'être sage et de s'amuser avec ses joujoux, ferma la porte à clef, et courut, comme une folle, rue du Petit-Mazeau.
La boutique du faiseur de jouets d'enfans était fermée C'était, un dernier espoir qui lui échappait ; "aussi se mitelle cà frapper du poing contre cette porte comme une insensée, renversant de temps en temps la tête en arrière et poussant des sanglots.
Personne ne répondit, mais une vieille femme voisine de Coquelin ouvrit sa fenêtre, et, voyant cette jeune femme qui frappait sans relâche, elle lui demanda ce qu'elle voulait :
— Je veux parler au citoyen Coquelin ! s'écria la jeune femme.
— Le citoyen Coquelin est parti avec son tombereau, répondit la vieille; il doit être à cet( I heure-ci sur La Cannebière. Et la vieille referma la fenêtre.
La jeune femme se mit à courir du coté indiqué ; mais à mesure qu'elle approchait, la foule était si considérable, qu'elle fut obligée de s'arrêter dans une des rnes voisines. Des gens à face patibulaire disaient ;
— Quc'^malheur de ne pas pouvoir aller plus loin ! On en mène douze aujourd'hui. Ceux qui ont les pre mères places en verront pour leur argent
La pauvre femme s'évanouit
On la porta dans une maison, on fouilla dans sos poches, orf» trouva une lettre à son adresse, et on la reporta rue desrThionvillois.
Quand elle revint â elle, la petite Louise était à gen.^u--;. et une vieille femme, qui L'avili suivie de Paris, lui jetait de l'eau sur la figure.
Elle voulut se lever, mais elle était si faible qu'elle fut forcée de se rasseoir.
Elle resta deux heures, les mains appuyées sur les bras
Au bout de deux heure-, on sonna violemment a la ixirte.
— Allez voir ce que la vieille serrante. La bonne femme descendit in instant apri - elle rentra
tfire tremblante et tenant un billet a la main. In homme, coiffé d'un bonnet rouge-, avait ..été ce billet l'escalier, en criant — Pour la i Itoyenne veuve t.
La jeune Jemme prit le ] . c« qui y était
« Citoyenne, ils Étaient louze votre mari était le dou- / • me, je l'ai fait passer le premier: vous voyez que j'ai tenu ma promesse J'ai j'ai pu.
• COQUHXIN,
i - hautes-œut
En ce moment. Lou -, mère:
— Maman, vois , omme il saute, mon pantin : La pauvre femme se leva, mit .
maison de carton, et. prenant sa fille dan- si - I ■ • i • retomba i dlsai
— Le- monstresl ils ont tué on père:
rjtjxo
Attendu à il. qu'il n'y a si i
qu'il ne faille quitter, après trois jours di fêtes et de plai-
force me fut de qu bonne <
compagnie marseillaise, an milieu de laquelle nm s s'était envolée avec la rapidité d'une heure.
En me conduisant a la voiture Méry recommanda a Tadin de ne point oublier de lui faire en passant un dessin du lac de Cuges, puis nous nous embras! unes le | Toulon, et Méry rentra dans Marseille
La route que l'on prend pour sortir de la capitale de la i si brûlée et aussi poussiéreuse que • ne que
suit pour y arriver! rien de plus uniforme et di
'i ste q Ilvlers entremêlés di vignes dans tes
quel comme dit le président des Bi par curiosité des plantes de froment
Au i t d une heure ou deux, non- non- engageâmes dans
montagnes pelées et nues xqueïles • soli
pluies n'ont laissé que leur ossature de granit Non vîmes le fond d'une, vallée aussi le reste du
chemin: enfin, vers la nul iur dune roche gigan-
tesque qui force la route de déi rire une courbe, noutrouvâmes en face d une grande de Cuges.
Comme le volturler était a nos ordres nous fimes .'adin. ainsi qu'il l'aval) promis dessina une vue ponr Méry. Le la et son égl
: le troisi. nu n.iii ;, | m. | ai les I - Pen-
• •• mps ]i ]>i i- mon fusil et I suit i- ses bordi poui i ni [tirerais p..- qui t> d : malheu-
roseaux n'avalent point encore eu 1. ici Pi '• et le- canards se tenaient au large.
; ii- de Tadin qui avait fini .--on croquis et nous r le lac.
Ce i
pul • n -l'ns nue leur lac
on voyal min entn > été et sortir d.'
1 ■ 'i espai e d'un quart de lien. a
n'avaii .i autre i le nit quelques
s a droite i hemln I
•'e. boni peu m ii-
OU de l'autre, non- to
pouvions me iirei pat salent
■ des broussailles a fleur d i au Fi ommi m
qui
de lui donner an pareil 1
n.lnr II o - | | i,
fut de prendre notre parti , . ,-iale.
■ ■ '""' in. ■ notre
. titra braves . •
l'autre bord ivamee < a ■ .-ment
m lac i irait mis la m ili lai -
nv. i ni mens - oit mi
' as h' • [H.ur , «lui 'I i ■ ' lit un la. dl
\eiu date ei q remontait pas commi
création du ,,ar ]e
déluge, cou. m. q ,. :. font leur preuve de no-
Le délugi esi li 1399 des lai runes
nr de- propriétés q ...
bien laisser le lac au gouvernement mais ils voulaient être indemnisés des terres qu'ils perdaient -ion. Les Eaux et Forêts leur riaient au nez. ils montraient les dents aux Eaux et Forêts; bref il y avait déjà eu du papier marqué d'échangé, et les Ci comme le pauvre savetier devenu riche, étaient qu.i-i i a rendre leur lac, si on voulait leur rendre leur tranquillité
Noirs nous arrêtâmes a Cuges, d'où nous repartirai lendemain à six heures du matin.
La seule chose curieuse que nous offrit la route jusqu à Toulon, c'était les gorges dOllioules; les gorges dOllioules sont les Thermopyles de la Provence. Que l'on se fig . des rochers à pic de deux à trots mille pieds de haut, du sommet desquels quelque- villages perdus, où l'on monte on n. sait par où, se penchent curieusemen1 i
rder passer. Quelques-unes de ces montagnes ont .le plus la prétention d'étn 61 n e m'y
opposi
A peine est-on sorti es dOllioules. que le con-
traste est grand au lieu de ces deux parois de gi It -i nues et u elles vous étouffent, on se trouve
tout a ...ni. dans une plaine délicieuse em tissé che
bar le: a sent en demi-cer. le et à
par la mer. Cette plaine, c'est la serre chaude de la Proveni la que poussent ni pleine ; n
l'un de l'autre, le palmier de syrie, l'oranger de Maj le néflier du Japon, le troyavier des Antilles, le d'Amérique, le lentisque de Crète, et l'acacia de i.onstantinople ■ est la le pied à terre des plantes qui vlennt l'orient et du midi, pour s'en aller mourir dans nos iardins botaniques du nord. Heureuses celles qui s'y arrêtent elles peuvent se croire encore dans leur pays natal
C'est .. gaui lu- sur le revers du chemin qui condul gorges d'OHI i inlon qu'eut lieu, le 18 Juin
le jour même de la bataille de Waterloo, l'entrevue d réchal Brune et de Murât Mural était vêtu en mendiant, avait une i. . ise. une résille espagnole, un .
I or. Ce que demand mendiant royal. . .-tan de reprendre sa plaie comme -impie soldat dans les armées de celui qu'il avait perdu la première en se déclarant .unie lui. la second)
; i. i m sait quel fut le ré ; i ette
entrevue Murât, repoussé de France, | - ..rse. et de
s'embarqua pour la i libre un peut retrouvi . a. Livre dans l'église du Pi??.
titrant a Toulon, non- passâmes devant balcon du Puget. qui lit dire an chevalier Bernin lorsqu'il arriva en France, que était pas la peine d'envoyer
chercher des artistes en Italie quand on avait .lie/ srens capables de faire de pareilles choses.
nent < e i ai. on sont h ii-ui- d. roulon dont Puget était mécontent; ni-i la ville les gardi ieusemenl commi
de famille.
.1 avals de- 1. -lires pour Ml iveri ne, jeune im-d. • in dH plu- grand mérite, qui ompagné le duc de
ville dans -ou excursion de Corse, d'Italie et de S frère d. Lau marine, qui a fait deux ou
trois fols le t..ur du mondi i mme
oulon, il nous offrit, au in n di appartement en ville, une petite bastide pi soleil qu'il avait au tort Lan e. 1
tani de franchisé que non- acceptâmes a l'instai î •■ Soir même nous étions installés de sorte que le lendemain. en nous éveillant et en oui devant tout cette mer Infinie qu'on a hosoln de rei
temps en temps une fols qn n l'a vue, et dont on m- -e
lasse pas tant tru ..n la voit
roulon a peu de souvenli siège qu'et
,i. savob .t la trahison qui le mit aux mains de- \
dans i blsto o dernière fols i rouve
inscrite dune manière Ineffaçable: c'est de Toulon une date réellement la carrière militaire de Bonaparte
Comme urlOSltéS, Toulon n'a que son bagne , Malgré le peu de sympathli qui m'attirait vers
|e ne lui en lis pas 1 n- tu. visite
nd jour après mon arrivée. Malheureusement, le .i. Toulon n'avait poui le moment uucui \. naît il y avall ■'.• mo
qu'il | 'dal! de mieux a i
Les trois ] qui frappent la \ue i
au bagne sont, d abord un < upldon appuyé sur uni
n.\ puis d. a-., pli ' es o.
mitraille.
reniier for. ai que non rencontrâmes vin
i i par ne .n nom en me demandant si je a a petite boutique «,. .
désir que • lui rendre sa polîtes si
me rappeler la ligure de cet homme . il ■ m ■' mi. oïl- e mit ■ rire.
\NNEE A FI < IRENCE
— Monsieur cherche â me reconnaître? mi dil
— Oui, je l'avoue, mais sans aucui -
— J'ai pourtant eu l'honneur de voi) bien ent.
La chose devenait de plus en plus flatteuse seulement je ne me rappelais pas avoir jamais fréquent ne com-
e ; enfin il prit pitié do mon embarras.
— le vois bien qu'il faut que je dise à monsieur ">i je l'ai vu, car monsieur ne se le rappellerait ; monsieur chez mademoiselle Mars.
— Et que fai-iez-vous chez mademoiselle Mars
— Je servais, monsieur, j étais valet Je c est moi qui ai volé ses diamans.
— Ah ! ah ! vous êtes Mulon, alors?
Il me présenta une carte.
— Mulon. artiste forçat, pour vous servir.
— Mais, dites-moi. il me semble que vous êtes à mer-
— Oui, monsieur, grâce à Dieu : je ne suis pas mal il
u jours bon de s'adresser aux personnes comme il faut.
! on a su que c'était moi qui avais volé mademoiselle
Mai-, .la m'a valu une certaine distinctijn. Alors, mon-
comme je me suis toujours bien conduit, on m'a dis-
des travaux durs: d'ailleurs on a bien vu cru
- pas un voleur ordinaire: j'ai été tenté: voilà I al j eur sait le proverbe: l'occasion fait le lart
— Pour combien de temps en avez-vous encore
— Pour deux ans, monsieur.
— Et que comptez-vous faire en sortant d'ici?
— Je compte me mettre dans le commerce, monsieur . j ai fait ici un très bon apprentissage, et comme j< sortirai. Dieu merci: avec d'excellens certificats et une ertaine .-■•mine provenant de mes économie- raj an petit fonds. En attendant, si monsieur veut voir mû
tique ?
— Volontiers.
Mulon marcha devant moi et me conduis :,e es-
<le baraque en pierre, pleine de toutes -oiics d'ou-
- en cocos, en corail, en ivoire et en ambre, qui faisaient réellement de cet étalage un assortiment assez curieux de l'industrie du bagne.
— Mais, lui dis-je. ce n'est pas vous qui pouvez confectionner tout cela vous-même?
i ' non, monsieur, me répondit Mulon. je fais travailler. Comme ces malheureux savent que .j'exploite en grand, ils m'apportent tout ce qu'ils font ; si ce n'est pas bien, je leur donne des avis, des conseils . I rlge leur goût : puis je revends aux étrangers.
— Et vous gagnez cent pour cent sur eux. bien •.•.tendu?
— Que voulez-vous, monsieur, je suis a la mode, il faut
que j'en profite: monsieur sait bien que n'a pas la
qui veut Oh ! si je pouvais rester ici dix ans de
plu- -eulement. je ne serais pas inquiet de ma fortune, jt
me retirerais avec de quoi vivre pour le reste de mes jours.
Malheureusement, monsieur, je n'en ai eu que pour -i
ut. et dans deux ans il faudra que je sorte Oh : si j'avais su...
J'achetai quelques babioles à ce forçat optimi-te et . . ntinuai ma route, tout stupéfait de voir qu'il y avarl les gens qui pouvaient regretter le bagne.
Je trouvai Jadin en marché avec un autre industriel qui
vendait des cordons d'Alger : c'était un Arabe, qui nous
m tout.- sa vie. Il était là pour avoir un peu tué deux
Mais depuis ce temps, nous dit-il. la grâce de Dieu
: touché, et il s'était fait chrétien. — Parbleu, lui
répondit Jadin. voilà un he-au triomphe pour notre religion
- avions commencé par les exceptions, mais nous en revînmes bientôt aux généralités.
Les forçats sont divisés en quatre lasses: les indociles,
idives, les intermédiaires et les éprouvés- Les Indociles, comme 1 indique leur nom - dont
il n'y a rien a faire: ceux-là ont le bonnet vert, la casaque rouge et une manche brune.
Ensuite viennent les récidives, qui ont le bonnet vei
•'': rouge et une manche brune.
Puis les intermédiaires, qui 01
Et enfin les éprouvés, qui ont la a-an et le
et violet.
Les individus des trois première- classes sont deux a deux : ceux de la dernière n'ont que l'anneau autour de la jambe et pas de chaîne: de plu-, on leur distribue une demi-livre de viande les dimanches et les jours de fêtes, * que les autres ne sont nourris que de - up< et de pain
He> chantiers e-t du port, nous passâmes dans les toirs la couche des forçats est un immense lit de camp en bois, dont les deux extrémités sont en pierre- A 1 extrémité Inférieure* qui forme rebord, sont scellés des anneaux; c'est anneaux que, chaque soir, on cadenasse la chaîne que les forçats traînent à la jambe ; la maladie r.e la fait pas
tomber, et le cond rpétuité vit, dort et i
avec les 1er-
A chaque issue du ba^-ne. deux pièces de. canon chargées a mitraille, sont braquée- Jour et nuit.
Comme j'avais des l-*ues de recommandation pour le commissaire de marine, il me fit, lorsqu'il eut appris que je demeurais à une demi-lieue de Toulon, la gracieuseté de m'offrir. pour mon service particulier, pendant tout le temps que je resterais a Toulon, un canot de l'Etat et douze éprouvés. Comme nous comptions visiter les différen.s ; du golfe qui attirent les curieux, soit par leur site, soi leurs souvenirs, non- acceptâmes avec reconnaissance en conséquence le canot fut mis à notre disposition à l'instant même, et nous en profitâmes pour retourner à notre bastide.
En nous quittant, le gardi i hiourme nous demand. ordres comme auran pu faire un cocher de bonne maison. Nous lui dimes de se trouver le lendemain â neuf heures matin à notre porte. P.ien n'était plus facile que d littéralement a cet ordre Dotn bastide baignant ses dans la mer.
Du reste, il serait difficile d'exiger de ces malheureux forçats un sentiment plus profond de leur abaissement qu ils ne l'expriment eux-mêmes. Si vous êtes assis dans le canot, ils s'éloignent le plus qu'Us peuvent de vous ; si vous marchez, ils rangent longtemps â l'avance leurs jambes, pour que vous ne les rencontriez pas Enfin, lorsque vous mettez pied à terre, et que le canot vacillant vous force de chercher un appui, c'est le coude qu'ils vous présentent, tant ils sentent que leur main n'est pas digne de toucher votre main. En effet, les malheureux comprennent que leur tact est immonde, et par leur humilité ils désarment presque votre répugnance.
Le lendemain, à l'heure dite, le canot était sous nôtres : il n'y a pas de serviteurs plus exacts que les forçats: le bâton répond de leur ponctualité, et n'était la livrée, je désirerais fort n'avoir jamais d'autres domestiques. Pendant que nous achevions de nous habiller, nous leur finies boire deux bouteilles de vm. qui leur furent distribuées par le garde chiourme. Ce brave homme fit les parts avec une justesse de coup d'oeil qui prouvait une pratique fort exercée du droit individuel. Il poussa même l'impartialité Jusqu'à boire le dernier verre, qu'il ne pouvait diviser en douze portions, plutôt que de favoriser les uns aux dépens des autres.
Nous allions d'abord à Saint-Mandrier. Saint-Mandrier est un hôpital non seulement bâti par les forçats, mai- en quelque sorte créé entièrement par eux. En effet, ils om tiré la pierre de la carrière, ils ont. équarri les charpentes, il- ni •aillé les briques, forgé la serrurerie, cuit les tuiles, et laminé les plombs: il n'y a que la verrerie qui leur est arrivée toute faite.
Au-dessus de Saint-Mandrier au-dessus de la deuxième colline, s'élève la tour des -i.sii.nix qui sert en même temps de tombeau à l'amiral de Latouche-Tréville.
En quittant Saint-Mandrier. nous traversâmes toute la rade et nous allâmes descendre au petit Gibraltar. C'est ce fort, comme on le sait, qui fut emporté par Bonaparte en personne, et dont la prise amena presque immédiatement la reddition de Toulon. Le vainqueur, en montant à l'assai t, y fut grièvement blessé d'un coup de baïonnette à la cuisse.
En revenant du peut Gibraltar, nous traversâmes toute la flotte du contre-amiral Massieu de Clairval : elle se composait de six magnifiques vaisseaux : le Stiffren, la Didon. le Nestor, le Duquesne, la Bellone et le Triton. Nous aecostûmcce dernier, car j'avais une visite à y rendre à un ami déjà célèbre alors, mais dont la célébrité s'est accrue depuis, grâce à un des plus beaux faits d'armes dont s'honore notre marine; cet ami était le vice-aruiral Baudin. Quant au fait d'armes on a déjà nomme la prise de Saint-Jean-d'UlIoa.
Le vice-amiral n'était alors que- capitaine, et commandait le Triton. C'était une de ces existences brisées par la restauration de 1815. et qui venaient de se reprendre à la révolution de 1830. Pendant ces quinze ans, le capitaine Baudin s'était réfugié dans la marine marchande: et dan partie de sa carrière, je pourrais, si je le voulais, a défaut de belles actions, citer do bonnes actions.
Le capitaine Baudin nous fit les honneurs de son bâtiment avec cette grâce parfaite qui n'appartient qu'aux offii t< marine ; puis en s'Invltant à déjeuner le lendemain dans notre petite bastide, il mit a néant toutes les mauvaises raisons que nous lui donnions pour ne pas rester â dîner avec lui â bord: il en résulta que nous quittâmes le ; à huit heures du soir.
Je voudrais bien savoir ce qui empêcha les forçats, qui étaient douze, de nous prendre quelque vingt-cinq louis q'ie nous avions dans nos poches, de nous jeter â la mer. .Tadn. moi et le garde chiourme et de s'en aller où bon leur aurait semblé avec le canot du gouvernement.
Lorsque nous fûmes rentrés à notre bastide, et tous deux couchés, nos portes bien fermées, dans la même chambre, je fis part de nia >• I • I ■■ ladin.
ALEXANDRE DUMAS ILLUSTBE
Jadin m avoua que. tout le long de la rouie il n avait à autre chose.
i rriver p rtve dans sa yole élégante rames
I eau d un mouvement et Si uniforme,
.uirait crues m d'une machine. Le capitale pet! débar-
cadère et monta Chej BK>
faute que celle du Triton on pi > glnguette des em
ni lait tons les irais. Heureusement une des qualités de I air de la mer est d.- donner un éternel et insatiable • ni.
A deux heures, le capitaine nous quitta: je le reconduisis jusqu La yole se balançait seule et vide sur la
mer. Les matelot, mal avalent probablement ci notre 11 en dîner, étaient allés faire
leurs ■haret du fort Lamalgoe.
■ j ; j 1 1 . une faute énorme COI gles di voulu les appeler, le capi-
talne me i a lire, et me dit nu il s'ei
sans et les cou] gi-an-
deur de leur péché Comme le i seul, et qui-,
comme on le sait, il avait eu le boulet de canon, j'offris alors de lui servir d'éqinp qu'il accepta :i la condition qu'à mon tour Jl dîner avec lui. Ce n'était 1 de qui
ton. Je répondis donc que je suivrais le capitaine au bout
du monde, et au
En co
fond du canot, u déployâmes
la voile, et nous ;
Quoique nous fussions se] eux milles à peine du
un certain danger ; il y avait la mer en (
or tout le mondi - de la mer
Certi apltaine avj
ment qu'une plai-
santer!, mais n'ayant qui et moi seul pour
compagnon, sa position n l oublia I en marine, de
me commandait la m: .mm? il aurait pu fa
riant i et en amarrant quand il aurait
fallu larguer; Il [tait des quiproquos qui, avei
pieds de liant, et ave: un vent aussi capricieux que le ni l'offrir
quelque danger. Deux ou ie crus l'embarcation
sur le. point i
texte d'être plus : manœuvre, mais de fait, pour
être moins emp< me fallait par hasard continuer
ma route a La d
De temps en temps au milieu de mes perplexités, |i les yeux sur le I
amass sur le s manœut rer sai
perdre un seul
me ; il était
: que l'on Is |u'on
mment n'envoyaitron pas à notre
Inalité
toute la marine Iran roue que, da
ment rltable
point de. vue.
i mie à gagner la bâtlni iiume nous ml, ce ne fut
qu'a l'aide de manoBui res U
qui firent l'admit mous attelgi
notre maji -
tous ci la mer. se balani
peine sur ses ancres \ peine Se, que
cinq ot le alors le
caplt a qui ne l'avaient
un seul Instant n a i ■ tu I
sait que c est du Iqt rd 11 expli-
qua en deux m donna
quelques oi ilri aux matelots
lorsqi: mot, qui
1 i le plus , complnii.'i,- sur l pli les
matin m ... i • • été i gauo
d'un aii m
qu'il ' d'étonna
pareils
Le dîner u et tort spirituel notre expédition fit
en pa •!. la oonvi -
des r.: in. Il- s le lieutenant qui.
lunett- pas perdus da rua un Instant
abstenu d'envoyer n n devant de nous n nous
répondit que, s.ii,v un signe du capitaine qui Indlqu I
nous étions en détresse, il ne se serait jamais permis une telle inconvenance.
- Mais, lui demandai-je. si nous avions chat
— Oh ! dans ce cas, c'était autre chose, me répondit-il ;
nions une embarcation toute prête.
ait arrivée- quand nous aurions été noyé- : ruer. î Le lieutenant me répondit par un geste de la bou uiles, qui signifiait :
— Que voulez -vojis, c'est la réglé
J avoue qu'à part moi je trouvai cette règle I surtout quand on l'applique Je compte à demi qui n'ont pas lhouneur d'appartenir au c de la
marine.
En m'en allant, j'eus la matelots de La yole qui prenaient le frais dans II
lur jusqu'au quart du matin â compt étoiles et a flairer de quel coté venait le vi
FRF.lt I. JEAX-BAPTI!
Nous ne pouvions pas être venus si près de la ville
>aradis de la Provence; seulement nous hésitâmes un instant si nous irions par terre ou par mer. limon fut fixée par le commissaire de la marine, us dit qu'il ne pouvait pas no
• iirse. attendu qu il :
- de découcher.
■ y.imes donc tout bonnement n
! ■ Hyères , qui ir s
h[ heures du soir a quelque . . nt pas de ha-tide.
■rame la route de Toulon à Plaines, des val] que l'on
Immense jardin q- , . . 00
de la rouiedessus desquelles on voit de temps en temps flotter, comme un panache, la cime de quelque palmiei, ou surgir, comme la fleur puis au de
mer de verdure, la mer azurée, toute peuplée, le long de ses
le ban passe gravement le trois mats av.
nie avi : a vapeur, lai-- re lui
une longue tramée de (ornée, lenie à se perdre dans
En arrivant a 1 hôtel, nous n y pus premier mot fut pour demander a notre I un jardin, etl si dans ce jardin il y ainse affirmative, nous nous \ pn gourai mortel, n.
Iiieu garde tout chrétien, ne p-
telier d.- Déslrabode. di
le rîmes dans les oranges d'Hyi
nous a:
debout sur le seuil di an beau moine carmel
figure i longue barbe grisonnant, couvert d un
n levant!) - are arase.
Mai le j.as. curieux ce qui me valait
■ non et me saluant daus le plus pur romain, me présenta un li\ :
..- La- .
martine Ce livre était l'album du mont Carmel.
I > en a peu d'aussi simples et d'an En ' qui habitait Rome.
Pli v 1 1 de pai tir pour la 'l'en ■
i Carmel.
n le sait, est un sain-
Sinal, 11 gneur re Tyr et Césa nt de
- tribus. Il échut en pa 'abllt
t. ni-. n. qui s enn m orient, et
tentes au midi l"i ident.
: m, i vient baigner - U une pointe
. loin an i vient
,l Euroi m m, le point le plus avancé de la Terre Sainte,
mit lequel 11 puisse poser ses deux gai
lut sur le sommet du Carmel qu'F.lie donna raux huit cent cinquante faux pn
afin qu'un miracle dé. id.it aux yeux de quel était le véritable Dieu, de Baal ou de Jehovah autels alors furei ir le plateau de la montagi
mes as c chacun deux Les taux prop
n nom laïq ini : c'était un consbi islu do gcrmlM
,-rjplir.
UNE ANNEE A FLORENCE
crièrent à leurs idoles qui restèrent sourdes, Elle invoqua Dieu et a jieme s'était-il agenouilé, qu'une flamme descenn.l et dévora tout a la fois, non seulement le bois et la victime, mais encore la pierre du sacrifice. Les Taux prophètes, vaincus, lurent égorgés par le peuple, et le nom tlu vrai Dieu glorifié : cela arriva 900 ans avant le Clirist. Depuis ce jour, le Carmel est resté dans la possession des Elie laissa à Elisée non seulement son manteau, more sa grotte. A Elisée succédèrent les fils des procnii sont les ancêtres de saint Jean. Lors de la mort du Christ, les religieux qui l'habitaient passèrent de la loi écrite à la loi de grâce. Trois cents ans après, saint Bazile -ticcesseurs donnèrent à ces pieux cénobites des règles lieres. A l'époque des croisades, les moines abanrent le rit grec pour le rit romain, et de saint Louis à Bonaparte, le couvent bâti sur l'emplacement même où phète dressa son autel, fut ouvert aux voyageurs de religion et de tout pays. et. cela gratuitement, a la glorification de Dieu et du prophète Elie, lequel est en égale vénération aux rabbins, qui le croient occupé à écrire les événemens de tous les âges du monde, aux Mages de Perse, qui disent que leur maître Zoroastre a été disciple de ce grand prophète ; et eufln aux Musulmans qui pensent qu'il habite uue oasis délicieuse dans laquelle se trouvent l'arbre et la fontaine de la vie qui entretiennent son immortalité.
La montagne sainte avait, donc été vouée au culte du Seigneur pendant deux mille six cents ans, lorsque Bonaparte vint mettre le siège devant Saint-Jean-d'Acre ; alors le Carmel ouvrit, comme toujours, ses portes hospitalières, non plus aux pèlerins, non plus aux voyageurs, mais aux mourans et aux blessés. A huit cents ans d'intervalle, il avait vu venir à lui Titus, Louis IX et Napoléon.
Ces trois réactions de l'Occident contre l'Orient furent fatales au Carmel. Après la prise de Jérusalem par Titus, les soldats romains le dévastèrent ; après l'abandon de la Terre- Sainte par les chrétiens, les Sarrasins égorgèrent ses habitons : enfin, après l'échec de Bonaparte devant Saint-Jeand'Acre, les Turcs s'en emparèrent, massacrèrent les blessés français, dispersèrent les moines, brisèrent portes et fenêtres, et laissèrent le saint asile inhabitable.
11 ne restait donc du couvent que ses murs ébranlés, et de la communauté qu'un seul moine qui s était retiré à Kaïffa, lorsque frère Jean-Baptiste, désigné par son général au pape, reçut de Sa Sainteté l'ordre de se rendre au Carmel, et île voir dans quel état les infidèles avaient mis la sainte hôtellerie de Dieu, et quels étaient les moyens de la réédifier.
Le moment était mal choisi. Abdallah-Pacha commandait pour la Porte, et ce ministre du sultan portait une haine profonde aux chrétiens; cette haine s'augmenta encore de la révolte des Grecs. Abdallah écrivit au sublime empereur que le couvent du Carmel pourrait servir de forteresse à ses ennemis, et demanda la permission de le détruire ; elle lui fut facilement accordée. Abdallah fit miner le monastère, et l'envoyé de Rcme vit sauter les derniers débris de l'édifice qu'il était appelé â reconstruire. Cela se passait en 1821. Il n'y avait plus rien à faire au Carmel, le frère Jean-Baptiste revint à Rome.
Cependant il n'avait point renoncé à son projet. En 1826, il partit pour Constantinople, et grâce au crédit de la France et aux instances de l'ambassadeur, il obtint de Mahmoud un firman qui autorisait la reconstruction du monastère. Il revint alors à Kaïffa et trouva le dernier moine mort.
Uors il gravit tout seul la montagne sainte, s'assit sur un débris île colonne byzantine, et là. son crayon â la main, architecte élu pour la maison du Seigneur, il fit le plan d'un nouveau couvent plus magnifique qu'aucun de ceux qui avaient jamais existé, et après ce plan le devis. Le devis montait à 250,000 fr. ; puis enfin, le devis arrêté, l'architecte miraculeux, qui bâtissait ainsi avec la pensée sans s'occuper de l'exécution, alla à la première maison venue demander un morceau de pain pour son repas du soir.
Le lendemain, il commença à s'occuper de trouver les 250.000 fr. nécessaires â l'accomplissement de son œuvre sainte
La première chose à laquelle il pensa fut de créer un revenu à la communauté qui n'existait point encore. Il avait remarqué, à cinq heures de distance du Carmel et à trois heures de Nazareth, deux moulins a eau abandonnés, soit par les suites de la guerre, soit parce que l'eau qui les faisait mouvoir s'était détournée. Il chercha si bien qu'à une lieue de là il trouva une source que. par le moyen d'un . aqueduc, il pouvait conduire jusqu'à ses usines. Cette trouvaille faite, et. certain qu'il pouvait mettre ses moulins en mouvement, le frère Jean-Baptiste s'occupa d'acquérir les moulins Ils appartenaient à une famille de Druses : c'était une tribu qui descendait de ces Israélites qui adorèrent le Veau d'Or ; ils avaient conservé l'idolâtrie de leurs pères. Les femmes, aujourd'hui encore, portent pour coiffure la corne d'une vache Cette corne, qui n'est relevée d'aucun orne-
ment chez les femmes pauvres, est argentée ou dorée chez les femmes riches. La famille druse, qui se composait d'une vingtaine de personnes, ne voulût pas se défaire du terrain légué par ses ancêtres, quoique ce terrain ne rapportât rien ; elle aurait cru faire une impiété. Le frère Jean-Baptiste lui offrit de louer ce terrain quelle ne voulait pas vendre. Le chef consentit à cette dernière condition. Le revenu des moulins devait être divisé en tiers : un tiers aux propriétaires, et les deux autres tiers aux bailleurs.
En effet, les bailleurs devaient être deux: l'un apportait son industrie, et celui-là, c'était frère Jean-Baptiste ; mais il fallait qu'un autre apportât l'argent nécessaire aux frais de réparation des moulins et de construction de l'aqueduc. Le frère Jean-Baptiste alla trouver un Turc de ses amis qu'il avait connu dans son premier voyage, et lui demanda neuf mille francs pour mettre à exécution sa laborieuse entreprise. Le Turc le conduisit à son trésor, car les Turcs, qui n'ont ni rentes, ni industrie, ont encore à cette heure, comme dans les Mille et une Nuits, des tonnes d'or et d'argent. Le frère Jean-Baptiste y prit la somme dont il avait besoin, affecta au remboursement de cette somme le tiers de la vente des moulins ; et grâce à cette première mise de fonds faite par un musulman, l'architecte put jeter les fondemens de son hôtellerie chrétienne. D'intérêts, il n'en fut pas question, et cependant il fallait au moins douze ans pour que sa part dans la rente couvrit le bon mahométan de l'avance qu'il venait de faire ; quant au contrat, ce fut chose toute simple, les conditions en furent arrêtées de vive voix, et les deux contractans jurèrent par leur barbe, 1 un an nom de Mahomet, l'autre au nom du Christ, de les observer religieusement.
Savez-vous rien de plus simplement grand que ce chrétien qui s'en va demander de l'argent à un Turc pour rebâtir la maison de Dieu, et rien de plus grandement simple que ce Turc, qui le prête sans autre garantie que le serment du chrétien 1
C'est que la réédifiçation du Carmel était non seulement une question de religion, mais encore d'humanité ; c'est que le Carmel est une hôtellerie sainte, où sont reçus, sans payer, les pèlerins de toutes les croyances, les voyageurs de tous les pays, et où celui qui arrive n'a qu'à dire pour trouver un lit et un repas : — Frère, je suis fatigué et j'ai faim.
Bientôt le frère Jean-Baptiste partit pour sa première course, laissant le soin de l'exécution de son aqueduc et la réparation de ses moulins à un néophyte intelligent. En partant, il écrivait que ceux qui voulaient se réunir au supérieur des carmélites d'Orient n'avaient qu à venir, et que, dans quelque temps, un monastère s'élèverait pour les recevoir. Alors il parcourut les côtes de l'Asie mineure, de l'Archipel, et les rues de Constantinople, demandant partout l'aumône au nom du Seigneur, et, six mois après, il revint, rapportant une somme de vingt mille francs, suffisante aux premières dépenses de son édifice. Enfin, le jour de la Fête-Dieu, sept ans heure pour heure après qu'Abdallah-Pacha avait fait sauter les murs de l'ancien couvent, frère Jean-Baptiste posa la première pierre du nouveau.
Mais, avant la fin de l'année cette somme fut épuisée ; alors le père Jean-Baptiste repartit pour la Grèce et pour l'Italie ; et porteur d'une somme considérable, il revint une seconde fois, ramenant la vie au monument qui continua de grandir, et qui déjà à cette époque était assez avancé pour donner l'hospitalité aux voyageurs. Lamartine, Taylor, l'abbé Desmazures, Champmartin et Dauzatz, y furent logés pendant leurs voyages en Palestine.
Et c'est ainsi que. sans se lasser de la fatigue, sans se rebuter des refus, offrant a Dieu ses dangers et ses humiliations, le frère Jean-Baptiste, quoique âgé aujourd'hui de 65 ans. poursuivit son œuvre. Il partit onze fois du Carmel et y retourna onze fois. Pendant dix ans que durèrent ses courses, il visita tout un hémisphère : il alla à Jérusalem. .as, à Jaffa, à Alexandrie, au Caire, à Rama, à Tripoli de SvTie. à Smyrne, à Malte, â Athènes, à Constantinople. à Tunis, à Tripoli d'Afrique, à Syracuse, à Palerme, à Alger, à Gibraltar. Il pénétra jusqu'à Fez et jusqu'à Maroc, il parcourut toute l'Italie, toute la Corse, toute la. SarHaigne, toute l'Espagne, et une partie de l'Angleterre, d'où il revint, par l'Irlande et le Portugal, si bien qu'à la dixième fois il était retourné au Carmel avec le complément d'une somme de 230.000 francs. Mais son devis, comme tout devis doit être, se trouvait dune centaine de mille francs au-dessous de la réalité, de sorte qu'il arrivait, parti pour la douzième lois du Carrnel. afin de faire une dernière quête en France, ayant, gardé le royaume très chrétien pour sa suprême ressource
Et ce qu'il y avait d'admirable dans cet homme, c'est que. pendant dix ans qu'il aurait fait la quête du Seigneur, pas une obole de ces 230 000 francs qu'il avait recueillis, ne s'était détournée de la masse commune au profit de ses besoins personnels. S'il avait eu â franchir les mers, il avait reçu son passage gratis sur quelque pauvre bâtiment, qui avait espéré, par cette bonne œuvre, obtenir une mer ralmft
et un vent favorable S'il avait eu des royaume* à -ra verser
il les avait traversés, soit à pi< ure de
pauvres rouliers qui lui avaient demandé pour toute récom-
de puer pour eus s il avait eu faim. H .-.van demandé
du pain a la chaumère, et s il avait eu soit, de l'eau u la
fontaine: chaque presbytère lui avait prêté un lit pour sou
le quelques heures. Et ainsi paru du même lieu que
le Juif errant, avec une bénédiction au lieu d'un anathème.
il vena avoir vu presque autant de pays, que lui,
par la France.
J'offris mon offrande au frère Jean-Baptiste, honteux de
la lui faire si faible : mais je lui donna, des lettres pour des
amis plus riches que moi.
Aujourdhui. frère Jean-Baptiste est retourné demander une tomb. montagne qu'il a dotée d un pal:
Et maintenant, lucu garde le couvent du Mont-Carmel Mm. d'Abdul-Medjid, et surtout du commodore Xa- I 1er