LA RIVIERE DE GÊNES
La première ville que nous rencontrâmes sur notre chemin, après avoir dépassé les Etats de Monaco, est Vintimigha. VAlbentimilium des Romains, dont Cicéron parle dans ses lettres familières, livre VIII, ép. xv, et à laquelle Tacite s arrête un instant pour enregistrer un fait historique digne dune Spartiate: une mère ligurienne, Interrogée par les soldats d'Othon pour qu'elle indiquât la retraite où était cache son fils qui avait pris les -nues contre cet empereur i ette sublime impudence antique dont Agrippîne avait déjà donné un si magnifique exemple (1), montra son ventre en disant : Il est là ! et mourut dans les tortures sans pousser d'autre cri que ce cri de maternité.
Une lettre d'TJgo Foscolo, la plus éloquente peut-être de toutes celles qu il a écrites, complète l'Illustration de Vintimiglia.
Vais dînâmes dans cette petite ville; on nous servit des lapins rie l'île de Galinara. Au dessert, nous eûmes un instant ri inquiétude en voyant qu'on nous portait pour la somme de vingt sous un chat sur la carte. Explication demandée et reçue, nous apprîmes que c'était le dîner de Mylord
Cette carte éclaircissait un point qui avait été souvent débattu d'avance entre Jadin et moi : c'était le prix que pourrait nous coûter un chat en Italie. Mylord, selon les habitudes qu'il avait transportées de Londres à Paris, et qu'il exportait maintenant de Paris à l'étranger, ne pouvait pas apercevoir un chat qu'en un tour de main le malheureux animal ne fût mis à mort. En France, cela avait enrore été assez bien, en général les chats étant peu proar les aubergistes qui trouvent que, presque toujours, ils mangent plus de fromage que de souris Mais en Italie, le changement de mœurs, et par conséquent de goûts, pouvait sur ce point nous amener mille difficultés, sans compter celle d'un surcroît de dépense a laquelle nous n'avions point songé en établissant notre budget. Xous étions donc nés qu'a peine le pied posé en Sardaigne une occasion se fût présentée de fixer un tarif. Nous fîmes en conséquence venir l'aubergiste, et nous lui demandâmes s'il croyait que le prix qu'il nous faisait payer son chat était le prix courant des chats en Italie. Celui-ci crut que nous voulions marchander, et nous énuméra aussitôt toutes les qualités du défunt. Xous l'arrêtâmes au milieu de son apologie pour lui dire qu'il se méprenait à nos intentions, et que nous ne discutions pas la valeur de son animal, seulement que nous voulions savoir si cette valeur ne haussait pas ou ne baissait pas selon certaines localités. L'aubergiste secoua la tète, et nous assura que moyennant deux paulcs en Toscane, et deux carlins à Xaples. il croyait qui» Mylord pouvait etiangler ce qu'il y avait de mieux dan e féline, à l'exception cependant des chats angora» ou des chats savans. qui avaient dans tous le* pays dl! monde une valeur de convention, et qu'il y aurait mêmt de petits villages, loin de toute industrie et prive- d.tout commerce, où nous pourrions, pour ce prix, exiger la peau : c était tout ce que nous desirions savoir. En conséquence, nous payâmes la carte, mais " fîmes
donner un reçu détaillé du chat: ce reçu étail impo puisqu'il devait faire planche. Après une mu ration,
nous le rédigeâmes donc en ces termes :
« Reçu de deux messieurs français qui voyageaient avec un boule-dogue, vingt sous de Sardaigne ou un franc de France, qui l'ont environ deux pailles de 1 l) deux carlins de
Naples, en paiement d'un chat il" première qualité mis à mort par ledit boule-dogue.
« Vintimiglia, ce Su mai 1838.
« FRANCESCO Biagioli.
•padrone délia locanda délia Croce d'oro. ■>
1 1 1 Fer •
Au bout de Huit jours, nous avions trois reçus en règle, «< Pai I détaillés, où les chats étaient estimés au
lui était pour nous une grande tranquillité pour le reste du voyage, attendu que lorsqu'on n..us demandait davantage, ce qui arrivait souvent, nous tirions notre
registre, en disant : Voyez, c'est le pria nous les payons
partout. Le propriétaire du mort jetait alors les yeux desonvaincu par les témoignages respectables que nous lui présentions, il finissait toujours par dire: — Dun- <jih-, vu bette per due i>a<dt. — Et les deux paules empochés .par lui. nous nous remettions en route avec sa bénédiction, qu'il nous donnai- par-dessus h- marché, en regrettant au fond du cœur qu'au lieu d'un chat Uy lord n'en eût pas étranglé di
Nous continuions dom notri route enchantés de l'inventi0". lorsq int de Borduguerra, nous lûmes dis.
traits de ces idées par l'aspect du charmant petit village de San-Remo avec son ermitage de Saint-Romulus tout entouré de palmiers Nous nous arrêtâmes un instant pour reposer nos veux, fatigués de ces éternels oliviers grisâtres et rabougris, sur celte belle végétation orientale. En ce moment un paysan ppro a de nous, et. voyant avec quelli faction nous nous étions arrêtés dans cette petite oasis 11 """'" dil 'i'"' le moment était mauvais pour regarder les palmiers de San-Remo, et qu'a cette heure nous le* voyio is a leur désavantage. En effet, ils venaient d'être dépouillas de leurs plus belles palmes, qui avaient été envoyées à Rome pour la fête de Pâques. Je lui demandai alors
es palmes étaient envoyées à Rome, et si les lin tiraient de cet envoi quelque profil temporel ou spirituel; ors J'appris que c'était un droit de la famille Bresca, qui lui avait été 01 êri 6-Quint, et qu'elle avait
maintenu depuis Voici à quelli
En 1586. il y avait encore a l'endroit ou Pie VI a fait tâtir la sacristie de Saint-Pierre, un magnifique obélisque -élevé autrefois p. a- Nuncoré, roi d'Egypte, dans la Mlle d'Héhopoiis. transporté par CaliguU a Borne, et placé ensuite dans le cirque de Néron au Vatican sur remplacement duquel Constantin lit élever sa basilique. Or, jusqu'en 15S0, c'est-â-dire jusqu'il la seconde année du pontificat de Sixte-Quint, cet obélisque était resté debout au
milieu des construcl - successives qu'avaient fall
Nicolas V, .un, -s n, Léon X, ei Sixte V, lorsque ce grand
:" •>'" 81 Plus en i Inq ans que i autres papes n en
niais fait en un siècle, résolut de faire transporter le "• i"e monolithe I sur cette belle place, que. soixante dix ans pins tard, Bernin devait étreindre de nque colonnade
ce fui l'architecte Fontana, le pins habile mécanicien de son temps qui fut chargé de cette gran iration il disposa ses machines en homme qui comprend que i, de toute une ville se fixent sur lui. Le pape lui dll de ne rien épargner pour réussir. Fontana opéra en consé-
'lueine ''' "'■'"'- 1 seul, quoiqu'il lut de cent cinquante
pas à peine, coula 200000 francs.
Enfin tous les préparatifs achevés, Fontana indiqua le '""' "" " comptai! dresser l'obélisque sur son piédestal, et ce joui lut publié a son de trompe par toute la ville Cha-
•'■<" assister a L'opération, mais a la condition du
ureua slleni e - i tan ,,„ poini mu .naît réclamé Fontana, afin que sa voix a lui, le seul qui eûl le droit
i * "li ans ce grand jour, pût être entendue
ravailleurs Or, comme Sixte-Quint ne faisait pas le* ■choses .. fleml la proclamation poi al que la moindre pv rôle, le moindre cri, la moindre exclama. a, n seau punie -de mon, quels que fussem le rang et la condition di qui l'aurait proféré
Fontana commença son travail au milieu dune fouie immense; d'un n le pape ei toute si u sur un
faudage élevé expies, de l'autre, était le bourreau et la potence; au milieu, dans un espace resserré et que respecter un cei I Ba et ses ,,m ,.„.,..
La base de i obélisque avall t , ,, . , . ,, , ,, ,
destal; ce qui restall .. I : m ,i.,„r de le .1
"'" attachéi mité devaient par un méca-
nisme Ingénieux lui I sa position horizontale pour
I amener doucement a une position perpendiculaire La "'"'"' 'u"~ '"] a rivées
leur point d'arrêt, i obéltsqui
' ' '■ll anmenca au milieu du plus profond -ilence-
■lue lentement soulevé obi -,,,,. ,,.,,, ma
la force attractive qui le mettait en n vemeni Le pape
comme les autres, encourageait la manœuvre par des de tête la voix de l'an hlta te donnant d< s retentissait euli au milieu de ce silence solennel L'obélls
<IUé montait toujours, un nu deux tours de i
<"' " "■•>' établi i e Tou1 a , oup i oi
mi t,e tourne plus , la m ordes
v: ->'■'■ pieda do haut «t la cr..ix qui lo se
avait été exactement prise, mais les cordes avaient été distendues par la masse, et elles se trouvaient maintenant de quelques pieds trop longues; nulle force huma,
' suppléer à la force qui manquait. C'était une opération manquée, une réputation perdue; Fontana pressait les maires, multipliait les commandemens, Du moment où les cordes n'attiraient plus l'obélisque, l'obélisque pesait d'un c'ouble poids sur les cordes. Fontana porta les mains a son front, il ne voyait aucun moyen de remédier a lextrémitâ où il se trouvait, il sentait qu'il devenait fou En ce moment un des cAbles se brisa
oup, un homme s'écrie dans la foule: Aqua aile
— de l'eau aux cordes, — et, traversant l'espace, va se remettre aux mains du bourreau
est un trait de lumière pour Fontana. Sur toute
il fait aussitôt verser des seaux d eau.
Les cordes se resserrent naturellement, sans effort, et comme
par la main de Dieu l'obélisque se remet en mouvement
se, au milieu des applaudissemens de
la multitude
Alors Fontana court à son sauveur, qu'il trouve la corde au cou et entre les mains du bourreau; il le prend dans ses bras, l'embrasse, l'entraîne, l'emporte aux pieds de Sixte-Quint, et demande pour lui une grâce déià accordée. -Mais ce n'était pas le tout d'accorder la grâci fallait
une récompense. Le pape demande a l'étranger de lui-même celle qu'il désire. L'étranger répond qu'il est de la famille Bresca, qui est riche, et qui par conséquent n'a point de faveurs pécuniaires à demander; mais qu'il habite .san-Remo. village fameux par ses palmiers, et qu'il demande le privilège d'envoyer tous les ans gratis les palmes
lï lS fête de Pâques al
corda , e privilège, et y ajouta une pension de six mille sains affectée à l'entretien des palmiers.
Depuis ce temps ia famille Bn \iste toujoui
osé du privilège d'envoyer tous li i tisseau
chargé de palmes; el depuis -.'15 ans que ce privilège a été
elle en a joui sous la protection visible du car Jamais le moindre accident n'est arrivé a aucut
i , qui ont lie i ment et annuellement trans-
porté la sainte cargai
Nous arrivâmes à Oneille à neuf heures du soir, car ci -tre vetturino nous avant promis de
troisième jour à deux heures, â la porte des Quatre Nations, faisait ses journées en conséquence 11 en résulta que repartîmes d'Onellle le lendemain au point du jour. Nous
• " dirons pas grand ce u est lî
du grand André Dorla, ce qui i pas, a en juger
par lie où nous couchâmes, que ses auberges n'en
Au i it du jour, nous nous remîmes en route. Nous com-
menclons a nous réveiller, lors, pie nous n • Ales-
■ ' ou nous vîmes pan- la première fols les femmes coiffées le iiii-::iiiii génois, voile blanc, qui, sans \, leur visage Quant aux hommes lUtrefolS de har-
dis marin;, qui prirent par la conqutl
Pérou, et avec don Juan d'Autrli lie a la victoire de Lép.int,
Nous nous arrêt i s pour déjeuner a Albenga, ville an
doux nom. mais à laquelle ses remparts croulans et ses tours en ruines donnent un - plus sombres
Ubenga, - 11 faut en I roue madame de i;enlis, que la dm liesse de Cerllalco fut enfermée pendant neuf ans dans un souterrain par son mari
tu autre point historique plus
tut a Albenga que naqull ce Proculus qui disputa l'empire a Probus, et nerius Pertinax, qu'il ne fan confoi n Pertinax qui devint empereur.
Aibei" " deux monumen
qui remonte. assure-Ion. a ProculUS et s,„, ponte lOrtflO qui lut bâti par le gênerai romain «'. Une I BOSe '
-si que les liabitans d'Albenga, l'ancienne
\ lurent i omprls dans le traité de paix qu'il nt avi romain Publlus EUus; et depuis ce temps, jusqu'au
mi slècl en i le i i t ralté, se g t par leurs
lois, frappant monnaie ci un Etat Indépem
Au xir siècle, les Pisans en guerre a lois prirent
Albenga el le saccagèrent B Génois, elle resta
e temps en leur pouvoir, -ans être brûlée, c'est
ne ici. an, .i fait qu'Albenga
aurait grand !'■ l'être brûlée une seconde fols.
La roui ntinuait au n délicieuse et pleine
pi p| ,n qui - les un- que |i
, aime comme un la et respll
mine un m t et a notre gauche, tantôt des r<
mans valions avec de:
i. : cosses touffes de lauriers-roses ; tant' Happées do vue. avec quelque village pi ,,.,,,, sur des ronds bleuâtres comme on net, voit que dans le |m>- des montagnes 11 en résulta que. sans
UNE ANNEE A FLORENCE
fatigue aucune, nous arivâmes à Savone où nous devions coucher.
Savone est une espèce de ville à gui il reste une espèce de port que les Génois ont laissé se combler peu à peu malgré les réclamations des habitans, afin cxue le commerce de Savone ne nuisit point au commerce de Gênes. Il en résulte que Savone est à peu près ruinée Comme toutes les puissances tombées et forcées de renoncer à leur avenir la ville est tout orgueilleuse de son passé. En effet, Sa-
Enfin, pour accumuler les preuves, on déterra un vieux portrait qui représentait le visage vénérable de quelque bailli de Cogoletto, et on l'installa en grande pompe à la maison communale comme étant le portrait de Colomb.
Ceux qui passeront à Cogoletto sont priés de faire au cicérone qui leur montrera ce portrait l'aumône de quelques coups de canne, en mémoire du pauvre Colomb, si cruellement persécuté pendant sa vie, et si traîtreusement calomnié après sa mort.
Gènes
vone a donné naissance à l'empereur Pertinax, à Grégoire VII, à Sixte IV, à Jules II, et à Chiabrera, qui passe pour le plus grand poète lyrique que l'Italie moderne ait jamais eu. De toutes ces grandeurs, il reste à Savone la façade du -.Vais de Jules II, attribué à l'architecte San Gallo, et le ..as-relief de la Visite de la Vierge à sainte Elisabeth, l'un des meilleure du Bernin. Le sacristain montre en outre au voyageur un tableau de la Présentation de la Vierge au temple, comme étant du Dominicain. Défiez-vous du sacristain de Savone. payez comme s'il vous avait montré un Vasari ou un Gaëtano, et vous serez encore volé.
A trois ou quatre lieues de Savone, nous trouvâmes Cogoletto, petit village qui prétend mieux savoir que Colomb lui-même où Colomb est né. et qui réclame le grand navigateur comme un de ses enfans, quoiqu'il ait dit dans son testament : Que siendo yo nacido en Genova, como natural d'alla porque de ella sali y en ella naci. L'argument eût peut-être été concluant pour tout autre que Cogoletto, mais Cogoletto est entêté, et il répondit à Colomb en écrivant sur la porte d'une espèce de cabane qu'il prétend être la maison du grand magistrat :
Pmvincia di Savona, Commune di Cogoletto.
Patria di Colombo, Scopritor del nuovo monde
Puis, à tout hasard, et comme ne pouvant pas faire de mal, il ajouta ce vers latin de Gagluiffl :
Unus erat mundus : duo sint, ait iste : fuere (il.
(1) Il u'y avait qu'un monde : Qu'il v en ait deux, dit Colomb; et ils furent.
GENES LA SUPERRK
A partir de Cogoletto, Gênes vient pour ainsi dire au devant du voyageur. Pegli.'avee ses trois magnifiques villas, n'est qu'une espèce de faubourg qui passe par Cestri di Ponente, et se prolonge jusqu'à Saint-Pierre-d'Arena. digne entrée de La ville qui s'est donnée à elle-même le surnom de la Superbe, et que depuis six ou sept lieues déjà on aperçoit à l'horizon, couchée au fond de son golfe avec la nonchalante majesté d'une reine. Un seul mot explique, au reste, ce luxe presque inexplicable de palais, que le voyageur trouve éparpillés sur sa route avec la même profusion que les bastides des environs de Marseille. Les lois somptuaires de la république qui défendaient de donner des fêtes, de s'habiller de velours et de brocart, et de porter des diamans. ne s'étendaient point, au delà des murailles de la capitale : c'était donc à la campagne que s'était réfugié le luxe de ces turbulens et orgueilleux républicains.
La première chose que nous aperçûmes en arrivant à Gênes, et en traversant, pour nous rendre à notre hôtel, la Porta di Vacca, qui est située près de la Darse, c'est un fragment des chaînes du port de Pise, rompues r>ar 1k Génois en 1290. Depuis 600 ans, ce témoignage de la haine des deux peuples, haine que leur chute commune n'o. pu éteindre, est étalé à la vue de tous. Ce fut Conrad Doria, sorti de Gênes avec 40 galères, « qui, secondé de (eux de Lucques, dit l'historien Accinelli, attaqua J?orto Pisano, le pilla, et se tournant ensuite contre Livourne, en détruisit,
U.EXANDRE DUMAS ILLI'STRE
<le l'église Saint- Jean •.
seule preuve de haine que les Génois aient donnée aux autres peuples de la péninsule Rn 1262, 1 empe- SXec ayant abandons m qui
Vénitiens, les Bé ' une de ceux-ci,
dont Us avaient reçu je ne sais que démolirent
en transportèrent les urs navires,
ramenèrent ces pi ues. et en i connu
autrefois sous le nom de Banque de Saint-Georges, et aubui sous celui de la Doua de ven-
geance renferme un monument c'est le griffon
génois, étouffant igle impériale et le
renard pisan, avec i ptlon :
[ ingit
Si l'on monte à la Douane, un y trouvera les anciennes es de dénonciation qui, dans les demi a ce qu'on assure, ne sont pas toujours res
■ | i Tes de la liai , nous
dîner, j eus donc le temps d'aller, Schiller à i, faire ma visite au Par la même occasion, je parcourus l'arsenal de met la pn Cènes, encore aujourd'hui
sarme ou répai ses va
une seconde, desséchée, et qui n'est a celte heur. le vaste chantier maritime où la république construisait
qui coûtaient chacune sept mille livi - s. et qui,
montai i : en maîtresses toute
inte sert aujoui d'atelier a ~ ou i ouiets
bel «le Boccam Dan rsena] est un ex-voto sarde avec cette
commandato du eaj Feltcc Prit lai is m r. tcbbrujo isss, ess.
alerta u„ „ , (Jo;a di
Laire.
e l'événement: le navire sombre, la chaloupe s'aba la mer. et la voque,
<-' (iu> -'pp. le la toile, calme
igné.
En allai) I nal de ni n noria,
"n '' .it Thomas : une
petite porte s'ouvre dans la grande; c'est en franchissant le seuil de cette petite porti , doge,
fut n
1 averse la plai e • . Aqua Verde tenu
avoir
mangé jusqu'aux -.Iles des i hevau mêmes
m pont de l
l'amiral Keitb n le i t, sa belle capitulât! ni'll
invention, rassembla le reste d
qui, pendant trois jours, y chantous les chai tiques
de la i i
il semble, i i
laines
[Ue le vieux .1,.
iniin' le dit li unira] .lu pape, de i barles
Quint, de 1 IS I '. et .1
an, et
gai, un .les meilleurs .levés de
Raphaôl, que le me par les soldats du connétable
.le Bourbon ht tolr de la ville que il
n- h- poètt i artiste
u ou la plume a la main
•.- . U y (ut reçu u i amb .-s ideor .1 un u œuvre les murs qui nu offrirent un ah n Le r i l'un d'eu
on y arrive par une
lui-même et conduit à une ' re qui commande
le golfe. C'est sur , , i mnalt
aux an fameux rei
gent renouveli haque lert
jetait a la mer i quelques nlets
. i. squels ..ii repê. bail le lende-
main plats et aiguières; mais c'en le secret de l'orgueil ducal, et il n'a jamais été révélé
ue colossale de Jupiter s'élève le monument funéraire du fameux chien Radam, donne par Charleset qui étant trépassé en l'absence de Doria, fut enterré au pied de cette statue, afin, dit son êpltaphe, que tout mort qu'il était, il ne cessât point de revint de son expédition, trouva l 'épitaphe toute simple, et la laissa comme elle était.
\ndré Doria lui-même, il est enterré dans l'église in-Mattei. Ma religion pour l'historique m'avait d'abord conduit où
i avec i lesque et avec ... jetai un regard sur
la lanterne bAtie par Charles \ III. et, en longeant pendant dix minutes le rempart. Je me trouvai a la porte de l'arsenal, où était le fameux rostrum antique qui fut retrouvé dans le port de qu'on supj appartenu
a un vaisseau coulé à fond dans le combat naval qui eut lieu entre li igon, frère d'Annibal. Prés de ce
rostrum, qn in 524 de Home, est un canon de
altlens au siège (ie chlozza,
en 1379. et qui, par conséquent, est un des premiers qui
aient été faits après 1 invention de la poudre. Quant aux
trente-deux eu liasses de femmes portées en 13»! par les crol-
il.ui' la forme a fait élever au président
lieux sur ces nobles amazones (l),
elles ont été, en 1815, vendues dans les rues au pria de la
vieille ferraille, par les Anglais qui ten.n s Une
a cette spéculation de laquais, encore ne
m'a-t-elle point paru bien authentique.
De l'Arsenal, il n'y a qu un pas au bout de la rue Balbl,
1 une des trois seules rues qui exister; les autres
ut a peine le nom de ruelles. 11 est vrai aussi que
.is rues, que madame de Staël prétendait être battes
pour un congrès de rois, et qu'AIfierl appelait un magasin
de palais, n ..ut peut-être pis leurs pareil le.
Sur tous ces palais le i Mips g passé une couche de tristesse
dent, les autres s'écaillent; ris qui en tombent sont poussés dans les ruelles qui les séparent, oii ils - avec d'autres Immondices.
a douloureux de plâtre et de marbre, de grandeur et de misère, et l'on sent qu'au dixième du prix on aurait palais, meubles, tableaux, et, lut en croise le proVi lis, la ilu.hesse par-
dessus.
Le proverbe n'est point comme l'Investigation scientifique du président Desbrosses, et peut se citer. En conséquence, le voici tel qu'il a couru de tout temj
Moi 'cff»o, uominl tenu fede,
son, montagnes sans bols, me* -..us vergogne.
i est ce provi rbe qui taisait sans doute dire à Louis XI .
.. Le- nent a moi. et moi je les donne au
diable. »
11 n'y a qu'une petite observation à faire, c'est que Je Le proverbe pisan et non génois. Brldoison dit avec qu'on ne se dit pas di
soi m. nie : . m eue plus bête
que l
Irada Balbi nous mena à la strada S et la
stra&a .%»•" la tlrada \ o> der-
nière rue. terminée par la place des l mitaines nmnureuses, tout encadrée dan- -es maisons à fres.; .ures,
que se trouvent ti ix palais Parmi i eux i I, nous en
i rural, et le palais Rouge, l un propriété publique appartenant à l'Etat, l'autre propriété privée appartenant a M de Brlgnole, ambassadeur du roi Chai Le palais Tursi. dont on attribue à tort l'architecture à
. .en n. •• par le i ombai
et aux fenêtres par Tha.l.lei Carlonl,
et achevé i m Randonl; les peintures -..ut du chevalier Mi-
Au reste, l'un des plus riches au dehors, Il
est I un des moins beaux en de.l
U n'en est point ail xtérleùr est
légant, quoiqu'il ne mai l'un ci In grandiose,
mais il renferme la plus belle galerie de Gênes peut-être,
r la galerie royale On y trouve .les Titien,
1 i nia Vecchlo, des Parls-Bordone. des
i An moment .1.' citer foptniôo 'lu spirituel président, j^ ' contente d.
Voir .mi en- : '
UNE ANNEE A FLORENCE
Albert Durer, des Louis Carrache, des Michel-Ange de Carravage, des Carlo Dolci, des Guerchin, des Guide, et su des Van-DycK.
Il est inutile de dire Que le palais Brignole n'est point de ceux qui sont à vendre.
Après avoir visité la tombe de Fiesque, il me restait i voir la place où était bâti son palais. Je m y fis conduire : cette place, toujours vide, est située près de l'église de Santa-Maria-in-Yia-Lata. Cette inscription, sans nommer 'e conspirateur, indique à quelle époque le terrain est devenu une propriété de l'Etat.
Ha i janua intus et extra Publicam proprietatem Indicabat ex décréta P. P.
Communis diei 18 july
Dans tout autre pays, cet emplacement, qui a à peine 30 pieds carrés, donnerait une pauvre idée de la richesse et de la puissance de son propriétaire. Mais à Gênes, il ne faut pas prendre le palais en largeur, mais en hauteur ; les plus 'riches, à l'exception de celui d'André Doria et de deux ou trois autres peut-être, n'ont de jardins que sur leurs terrasses et sur leurs fenêtres.
Un autre souvenir du même genre se trouve à quelques minutes de chemin du premier, près de la petite église romane de San-Donato, où Ion vient de découvrir, sous le badigeon qui les recouvrait comme le reste de l'édifice, quatre charmantes colonnes de granit oriental, les plus belles et les mieux conservées peut-être qu'il y ait dans toute la ville de Gênes, qui est cependant la ville des colonnes.
Ce souvenir, qui date de 1360, se rattache à la conspiration Raggio ; le palais a été rasé comme celui de Fiesque : mais 1 inscription a été enlevée par un descendant du conspirateur, ministre de la police, et portant le même nom.
Cette conspiration, moins connue que celle de Fiescrae, parce qu'il ne s'est point trouvé de Schiller qui en fît un chet-d œuvre tragique, ne faillit pas moins être aussi fatale (rue l'autre a la république et fut découverte par un hasard non moins remarquable que celui qui fit échouer les projets de Fiesque.
Le marquis de Eaggio était le chef de cette conspiration ; il faisait creuser de son château au palais ducal une galerie souterraine, de laquelle devaient sortir, à une heure convenue, trente conjurés parfaitement armés et résolus, lorsqu'un tambour qui était de garde au palais, ayant par hasard posé sa caisse à terre, remarqua qu'elle frémissait comme il arrive lorsqu'on creuse quelque mine -, il appela aussitôt son officier qui prévint le doge. On contremina, et l'on trouva les travailleurs. La galerie souterraine conduisait droit a la maison du marquis Raggio; il n'y avait donc point à nier. D'ailleurs le coupable était trop fier pour en avoir même l'idée : il avoua tout et fut condamné à mort.
Au moment où il marchait au supplice, et comme il était arrivé à moitié chemin du castellaccio où il devait être exécuté, il demanda comme grâce suprême de mourir en tenant à la main un crucifix rapporté, dit-il. par un de ses ancêtres de la Terre-Sainte, et dans lequel il avait une grande foi.
A cette époque de croyance, on trouva la demande toute simple, et on se hâta de l'accorder au condamné ; un prêtre fut en conséquence dépêché au palais Raggio, et le cortège funèbre fit halte pour l'attendre. Au bout d un quart d'heure le prêtre revint apportant le crucifix.
Le marquis baisa avec amour les pieds du Christ, puis. tirant la partie supérieure du crucifix, qui n'était autre Chose que la garde d'un poignard dont la lame rentrait dans la gaine, il se l'enfonça tout entière dans la poitrine, et mourut du coup.
De San-Donato nous allâmes visiter le pont Carignan ; C'est une curieuse bâtisse destinée, non pas à conduire d'un bord a l'autre d'une rivière, mais à joindre deux montagnes ; il se compose de sept arches, dont les trois du milieu ont, je crois, quatre-vingts pieds de hauteur ; ce qu'il y a de certain, c'est qu'il pn^e au-dessus de plusieurs maisons à ii'es. C'est une promenade fort fréquentée dans les chaudes soirées d'été, attendu qu'à cette hauteur on est toujours â peu près sûr de trouver de 1 air.
Le pont de Carignan conduit à l'église du même nom ; bijou du seizième siècle, bâti par le marquis de Sauli, sur les dessins de Galeas Alessio. Voici a quel, événement cette église, l'une des plus belles de Gênes, doit son existence.
Le marquis de Sauli. l'un des hommes les plus riches et les plus probes de Gênes, avait plusieurs palais dans la ville, et un entre autres qu il habitait de préférence et qui était situé sur l'emplacement même où s'élève aujourd'hui l'église de Carignan. Comme il n'avait point de chapelle â lui, il avait l'habitude d aller entendre la messe dans celle
i-Lata, qui appartenait à la famille i h ; eu i l'heure de l'office, de
sorte que le marquis de Sauli arriva quand il était fini. I.a première fois qu il rencontra son élégant voisin, il s'en plai gnit a lui en riant.
— .Mon cher marquis, lui dit Fiesque, quand on veut aller à la messe, on a une chapelle à soi.
Le marquis de Sauli fit jeter bas son palais, et fit élever à la place l'église de Sainte-Marie-de-Carignan.
Une partie de ces beaux palais qui feraient honneur à des princes, et de ces belles églises qui sont dignes de servir de demeure à Dieu, a été bâtie par de simples particuliers. Le secret, de ces fondations, dans lesquelles des millions ont été enfouis, est toujours dans ces lois somptuaires du moyen âge qui défendaient le jeu, les fêtes, les diamans, les étoffes de velours et.de brocart. Alors tous les avenu commerçans qui, pendant vingt ans, avaient sillonné la mer en tous sens, et qui avaient amassé chez eux ces richesses des trois mondes, se trouvaient en face de monceaux d'or, dont il (allait bien faire quelque chose. Ils en faisaient des églises et des palais.
L église Saint-Laurent est la première en date sur le catalogue des curiosités de Gènes. Néanmoins, comme nous marchions devant nous sans suivre aucun ordre ni chronologique, ni aristocratique, nous la visitâmes une des dernières. C'est une belle fabrique du onzième siècle, toute revêtue de marbre blanc et noir, comme le sont la plupart des églises d'Italie, mais qui a sur beaucoup d'autres 1 avantage d'être achevée. Entre autres choses curieuses, l'église de Saint-Laurent renferme le fameux plat d'émeraude sur lequel Jésus-Christ fit, dit-on, la Cène, et qui avait été donné â Salomon par la reine de Saba. Il était gardé à Jérusalem dans le trésor du temple, et il est connu sous le nom de Sacro-Cattino. Que l'on discute ou non l'antiquité de l'origine, la sainteté de l'usage et la richesse de la matière, la manière dont il tomba entre les mains des Génois n'en est pas moins merveilleuse, et rien que la façon dont ils l'acquirent suffirait pour expliquer les précautions dont la république l'avait entouré, dans la crainte qu'il ne lui arrivât malheur.
Ce fut en 1101 que les croisés génois et pisans entreprirent ensemble le siège de Césarée. Arrivés devant la ville, ils tinrent un conseil de guerre pour savoir comment ils l'attaqueraient. Plusieurs avis avaient déjà été émis et combattus, lorsqu'un des soldats pisans. nommé Daimbert, qui passait pour prophète, se leva et dit :
— JÇous combattons pour la cause de Dieu, ayons donc confiance en Dieu : il n'est besoin, ni de tours, ni d'ouvrages, ni de machines de guerre. Ayons la foi seulement, communions tous demain, et quand le Seigneur sera avec nous, prenons d'une main notre épée, de l'autre les échelles de nos galères, et marchons aux murailles.
Le consul génois Caput-Malio appuya l'avis ; tout le camp y répondit par des cris d'enthousiasme. Les croisés passèrent la nuit en prières, et le lendemain au point du jour, ayant communié, et sans autres armes que leurs épées. sans autres machines que les échelles de leurs galères, sans autres exhortations que le cri de Dieu le veut, guidés par le consul et le prophète, Génois et Pisans, se pressant à l'envi, prirent Césarée du premier assaut.
Puis, la ville prise, les Génois abandonnèrent aux Pisans toutes les richesses, à la condition que ceux-ci leur laisseraient le Sacro-i attino.
Le Sacro-Cattino lot en conséquence rapporté de Césarée â Gênes, où dès lors il fut en grande vénération, tant par les souvenirs religieux que par les souvenirs guerriers qui se rattachaient à lui. On créa douze chevaliers Clan que devaient, chacun à son tour et pendant un mois, garder la clef du tabernacle où il était renfermé, et d'où on ne le tirait qu'une fois l'an, pour l'exposer à la vénération de la foule ; alors un prélat le tenait par un cordon, tandis que tout autour de la relique étaient rangés ses douze défenseurs. Enfin, en 1176, parut une loi qui condamnait à la peine de mort quiconque toucherait le Sacro-Cattino avec de l'or, de l'argent, des pierres, du corail, ou toute autre matière, « afin, disait cette loi, d'empêcher les curieux et les incrédules de faire un examen pendant lequel le Cattino pourrait souffrir quelque atteinte ou même être cassé, ce rui serait une perte irréparable pour la république. » Malgré cette loi, monsieur de la Condamine, qui avail cru remarquer dans le Saoro-( attino, des bulles pareilles à celles qui se trouvent dans le verre fondu, cacha un diamant sous la manche de son habit, afin d'éprouver sa dureté : le diamant devant mordre dessus s'il était de verre, et demeurer impuissant s'il était d'émeraude. Heureusement pour monsieur de la Condamine, qui. peut-être, au reste, ignorait cette loi. le prêtre s'aperçut â temps de son intention et releva 'e Sacro-Cattino, au moment même OÙ 1 indiscret visiteur tirait son diamant. Le moine en fut quitte pour la peur, et monsieur de la Condamine resta dans le dout
Les juifs de Gênes étaient mou. ; Mes que le savant
français car ils prêtèrent pendant le siège quatre millions sur ce • Les quatre millions furent probablement rem-
boursa ■ i ' ■ .17 fut transporté à Paris en f809,
et y resta Jusqu'en 1815, époque à laquelle il fut rendu à la ville, avec les différen- objets d'art que nous lui avions empruntés en même temps que lui. Le voyage fut fatal a la sainte relique, car elle fut brisée entre Gènes et Turin, et un morceau même en fui perdu , de sorte qu'aujourd'hui le Sacro-Cattino e-t non seulement privé de ses honneurs, de
urdes et de son mystèn mais encore il es i nime une simple assiette de porcelaine.
lin demanda la pi d'en faire un dessin, per-
mission qui lui lut accordée sans aucune difficulté.
il n it cela que Gênes ne croit plus que le Sa-
cro-Cattino ude.
i" ne! ne i roll plus que cette émeraude ait été donnée
la reine de Saba i salomon ; — Gènes ne croit plus que dans cette êmei mde Jésus-Christ ait mangé l'agneau pascal, m au i nés reprenait Césarée, Gênes de-
li rail sa pari du butin, et laisserait aux Pisans le S Cattin de verre.
Mais aussi Gênes n'est plus libre. Gênes a une citadelle toute hérissée de canons donl les bouches verdatres s'ouvrent sur chacune de ses rues. — Gênes n est plus marquise, Gènes n'a plus de doge. Gênes n'a plus de griffon qui dans ses serres l'aigle Impériale et le renard plsan. — Gênes a un roi; elle est toul bonnement la seconde ville du royaume.
La foi ut autre chose que la foi. Peut-
être Gênes serait-elle encore libre si elle i rayait toujours que le Sai ro-Cattino esl une émeraude.
Nons revînmes à notre hôtel par le Port-Franc, espèce de ville à part dans la i Il institutions, ses lois, et
pulatlon .i elle. Cette population, toute bergamasque. fut fondée en 1840 par la banque de saint-Georges, qui. sous le nom arabe de Caravane, tu venir douze portefaix de la vallée de lirembana Ces douze portefaix avaient leurs fein-
i ni venaient accoucher au Port-Franc, ou qui retournaient accoui lier aux villages de Plazza et de Zugno, pour donner a leurs enfans le privilège de succéder à leurs | i D ilnsl perpétuée depuis cinq cents ans.
m lusqti au nombre de deux rem- membres, ei se lals-
de père en Us de telles traditions de probité, que Jade un ni' ne de polli e m"' seule plainte n'a été porti e un portt ne Les Caravanas sans en-
fans peuvent vendre leurs leurs compatriotes, il
y a de ces chari lusqu'à dix et douze nulle
i endanl toute notri urse ei à chaque coin de rue non*
i ant en grande pompe la
on .m théâtre Diurne de la Itforl •/•' Marie
Sfiiari mes non eaux Nous n'eûmes garde, comme
on le comprend bli manquer une si belle aslon nous
nous donnâmes un coup di e, el nous nous tendîmes
au bureau, qui s'ou\ rail à deux heures et demie.
Le théâtre Diurne est une tradition des cirques antiques: c omme les spei tateui recs ou romains, les spectateurs modernes sont assis soi des gradins circulaires, a peu près
■ omme i hez Fri ni. ]
n ■ 0 autre voûte qui du i le! il en résulte que.
comme il est bâti dans un .quartier assez fréquent
de i barmantes villas ei ombragé par des peupliers et
itani - il \ a ai iteurs sur les arbres et
aux fenêtres qu h s en s dans le théâtre ce qui ne doit pas
rtaln torl à la recette Comme
rend bien nous ne tentâmes aucune èconom ■
les douze iou que i oûtaii le billet d - nous
i ^ exécutâmes bravement Jadln ei mol, de nos soixante
iu tin le ralall bien cel mme i annom
i ■ un peu trop
nouve m', ii passi l'ai lion,
unes remontaient toul i nement à 181S,
Héla | quelque pauvre
Impériale en i rieuse et spirituelle grand se Elise n y avall les ro
bes de velours r< leurs tailles sous les
épaules el leur longues queues traînantes: U y ava unes île prtni es el de i eaux à pin
i.i Henri rv el leurs manteaux a la Louis \in. seuil les culottes il*-' lenl mani ru'il parait acteurs Intelligent > avalent suppléé par des pantalons de sole ne, auxquels ils avaient, pour leur di i air étranger fait des ligatures au-dessous des gt et au-dessus des chevilles Quant a Lelcester, au heu Jarretli re, Il en avait deux façon Ingénieuse d Lndlqui doute ie i redit donl il loulssatl près de la n La représentation se passa sans accident, e' à U vive
spectateurs; seulement au moment
allait signer l'arrêt de n rivale, on coup de vent emporta la ■ . d'Elisabeth Elisabeth qui,
comme on le sait, aimait assez à faire ses affaires elle-même, au lieu de sonner quelque page ou quelque huissier, se mit à courir après, mais un second coup de vent envoya la sentence dans le parterre. Nous fûmes au moment, Jadin et moi, de crier grâce, en voyant que lé ciel se déclarait aussi ouvertement pour la pauvre Marie, mais en ce moment un spectateur ramassa le papier et le présenta a la reine, qui lui fit une révérence en signe de remerciement, alla se rasseoir à la table, et le signa aussi gravement que s'il n état] rien arrive Marie Smart définitivement condamnée, fut e\e, utêe sans miséricorde à l'acte suivant.
Mous i hôtel où nous attendait notre diner.
que nous mangeâmes tout en philosophant sur les n, humaines. Au dessert on m annonça qu'un homme de la police désirait me parler Comme je ne croyais pas
eût de serre' s entre t et la police sarde, je lis
nie du huun ,im-erno de se donner la peine d'entrer, L'émissaire me salua avec une grande politesse, me pn • • pour Llvourne, me dit que le i ayant appris mou arrivée de la veille dans la villa es. m'invitait à en sortir le lendemain. Je priai du buon governo de remercier de ma part le roi bert de ce qu'il voulait bien m'accorder vingt-quatre heures, ce qu'il ne faisait pas pour tout le monde, et je lui exprimai combien j'étais ilatté d être connu de son roi, que lis bien pour un roi guerrier, mais non pas i ur un roi littéraire. L'émissaire du buon governo me den s'il n y avait rien pour boire. Je lui donnai quarante
que ma réputation fût parvenue au pied du troue de s M sarde, et l'émissaire du buon govet n i n mi 1 i -.nu les mains. Quand Alberto Nota est venu en France, nous lui avons donné une médaille d or.
Quoique je conalsse bien la devise littéraire du roi Charles- Alliert. qui est poco df Dlo, niente <let re, c'est-a-dln lez peu de Dieu, el pas du tout du roi ; et peut-être même parce que Je connaissais bien cette devise, je ne comprenais rien a la bonté qu'il avait de s'occuper ainsi de mol .1 ai lieu •■( rit mu lueu dans rua vie. mais ce peu n . être pas été inutile à la religion. J'ai parlé du roi i Mlieii i est vrai, mais c'était pour faire l'éloge dl
de Carlgnan, et il n'y avait point la Etats. Je lui avai- I ant, brûlé, mol septième, une nous
I .nions payée, Il n i avait donc rien a dire ; et cornu impies finit les limis amis, et que le
i iroyal e titre, un des bons anus du roi
Charles-Albert.
J'eus grand'peur que cet événement n'enflât fort le pria de la carte payante, vu l'impression qu il avait dû pro sur l'esprit de l'hôte des Quatre-Nattoru, qui nécessairement me prendre pour quelque prince constitutionnel délit meusement J'avais affaire a un brave homne position, et qui me fit payer omme paie tout le inonde, le lendemain m, mu l'émissaire du buon governo eut la ponte de venii en personne me prévenir que le bateau irait- Sully, partant a quatre heures, le roi Charles A i erl plaisir que Je choisisse la voie de mer au lieu de la voie de terre, cela s'accordait à merveille ave
ittendu que par la vole de lerre je n les i tats du dm .le Modêne, que je ne me souciais pas de Mis-i le n- rem. r. 1er sa Majesté de cette nonvelle i' ,■ je donnai a son représentant ma pa-
role qu i quatre heures moins un quart je serais i du -a -i n un me demanda -
av. m rien pour la bonne-main; je lui donnai vingt s, u > eu alla en m appelant e teetienet.
Non- allèmea I rnler tour dans la strada I
la slroda \ et la strada Nuova, Jadin prit une'
» ne de la pi ai ni euses puis nous tirâmes]
n'était que midi Nous visitâmes alors les palais Balbl el Durazzo, que nous avions oubliés dan: première tournée, el cela nous fit encore passer deux heures.
■ me rappelai qu il y avait, a 1 ancien pal.; du Commun, une
même rendue I an G'.ia de la fondai le Romi
deux Jurisconsultes romains, ,, propos de quelques différend!
lus entre les gens de cènes et de Langasco. et ti par un paysan qui piochait la terre dans la Polun nous nous rendîmes S l am len palais des Pères du C unmun :
cela nous prit e re une demi heure plal le jugement,
pour 1 offrir a mes lecteurs, mais poui dure quelque chose, car le temps que m avait accordé le rej Charles Uberl commençait à me paraître long, el lit gagner encore un quart ci i , ure enfin, comme 11 ne nmis • plus qu'une heure un quart pour (aire nos paqu ne au bateau, nous regagnâmes 1 comptes, el nous montâmes dans m ■ que. partageant parfaitement 1 .ni* de ce bon i
qui prétend que, parmi les plaisirs que
UNE ANNEE A FLORENCE
urer. les voyageurs oublient ordinairement de mentionner le plus grand, gui est celui d'en être dehors.
La première personne que j'aperçus en montant à bord du fut mon émissaire du buon governo qui venait s'aspirer, par ses propres yeux, si je quittais bien réellement Nous nous saluâmes comme de vieux amis, et j'eus tage d'être honoré de sa conversation jusqu'au moment où la cloche du paquebot sonna. Alors il m'exprima son regret de se séparer de moi, et me tendit la main. ,1 y déposai généreusement une pièce de dix sous. L'émissaire du buon governo m'appela monseigneur et descendit dans sa chaloupe, en m envoyant toutes sortes de bénédictions.
es est vraiment magnifique, vue du port. A l'aspect de
lendides maisons bâties en amphithéâtre, avec leurs
ns suspendus comme ceux de Sémiramis, on ne peut
s'imaginer quelles ruelles infectes rampent à leurs pieds de
marbre. Si au lieu de me faire sortir de Gênes, Charles-Albert
m avait empêché d'y entrer, je ne m'en serais jamais consolé.
Je m'éloignais donc avec un sentiment profond de reconnaissance pour Sa .Majesté sarde, lorsque je sentis que malgré la conversation attachante de mon voisin, monsieur le marquis de R , qui me racontait la première de ses trois émigrations en 9-2, un autre sentiment moins pur venait s y mêler. La mer était grosse, et le vent contraire, de sorte que le bâtiment, outre cette odieuse odeur d'huile chaude, que tout paquebot se croit le droit d'exhaler, avait encore un roulis dont chaque mouvement me remuait le cœur. Je regardai autour de moi. et vis que quoique nous fussions partis depuis deux heures à peine et qu'il fit encore grand jour. le pont était presque vide. Je cherchai des yeux Jadin, et je l'aperçus fumant sa quatrième pipe et marchant à grands pas suivi de Mylord, qui ne comprenait rien à cette agitation Inaccoutumée de son maître. Je crus remarquer que, malgré la fermeté de la démarche, son teint devenait pâle, son œil vitreux. Je compris cependant que le mouvement devait être une reaction bienfaisante contre l'engourdissement qui commençait à s'emparer de moi, et je demandai à monsieur le marquis de R . s'il ne pouvait pas continuer son récit en marchant. 11 paraît que peu importait au narrateur pourvu qu il narrât, car, sans s'interrompre, il se mit aussitôt sur ses jambes. Je voulus en faire autant, mais je sentis que e me tournait : je retombai sur le banc en demandant d'une voix plaintive un citron. Cette demande fut répétée avec une basse-taille magnifique par le marquis de R..., qui se rassit auprès de moi, et passa de sa première à sa seconde émigration.
On m'apporta le citron ; je voulus mordre dedans, mais pour mordre il faut ouvrir la bouche : ce fut ce qui me perdit.
Celui qui n a jamais souffert du mal de mer ne sait pas ce que c'est que de souffrir.
Quant a moi. j'avais la tète complètement étourdie, j'entendais mon émigré qui, dans tous les intervalles de mieux que j'éprouvais, continuait son récit. J'aurais voulu le battre, j'aurais même donné bien des choses pour cela, mais je n avais pas la force de lever le petit doigt. Cependant je fis un effort violent et je me retournai. J'aperçus alors Jadin, dans une position non équivoque, et Mylord le regardant avec H»:- lus yeux hébétés. Tout cela m apparaissait comme à travers une vapeur, quand un corps opaque vint se placer Bntre moi et Jadin. c'était mon diable de marquis, qui ne Voulait pas perdre le récit de sa troisième émigration, et qui. voyant que je m'étais retourné, venait de nouveau se mettre à ma portée.
La réunion de ces deux supplices me sauva, l'un me donna de la force contre l'autre. Un matelot passant à ma portée en ce moment, je le saisis au bras en demandant ma chambre. Le matelot avait 1 habitude de ces sortes de demandes ; il me prit je ne sais par où. m'emporta je ne sais comment, et je me trouvai couché. J'entendis qu'il me disait que du iç ferait du bien, et je répétai machinalement.
— Oui. du thé.
— Combien? me demanda-t-il.
— Beaucoup, répondis-je.
Puis je ne me souviens plus de rien, si ce n'est que de
cinq minutes en cinq minutes j'avalai force liquide, et que
inglutition dura quatre ou cinq heures; enfin, moulu,
rompu, je m'endormis à peu près de la même façon
dont on doit mourir
Quand je me réveillai le lendemain, nous étions dans le port de Livourne ; j'avais dévoré trois citrons, bu pour 28 francs de thé. et entendu raconter les trois émigrations au marquis de R...
Je montai sur le pont pour chercher Jadin, et je le trouus un coin, insensible aux caresses de Mylord et aux consolations d'Onésime. tant il était humilié d'avoir rendu les nations étrangères témoins de fa faiblesse.
Quant â moi, je ne pus toucher un citron de six semaines, je ne pus boire du thé de six mois, et je ne pourrai revoir le marquis de R... de ma vie.